Noix Vomique

Réforme du collège: naufrage pour tous ?

with 21 comments

Qu'attendre d'un gouvernement qui s'adresse aux citoyens comme s'ils étaient complètement débiles?

Qu’attendre d’un gouvernement qui s’adresse aux citoyens comme s’ils étaient complètement débiles?

En se précipitant pour publier le décret et l’arrêté sur la réforme du collège, le gouvernement a donc décidé de faire un gigantesque bras d’honneur aux enseignants qui venaient de manifester. À moins que ce ne soit un début de panique, car la réforme du collège soulevait une contestation de plus en plus véhémente. La polémique s’était fixée sur la suppression des options latin et grec, la disparition des classes bilangues ou encore le caractère optionnel de certains chapitres d’histoire, comme la Chrétienté au Moyen-Âge ou le Siècle des Lumières. La ministre de l’Éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, avait tenté de balayer les critiques d’un revers de la main, en qualifiant les opposants de «pseudo-intellectuels». Les petits carriéristes qui soutiennent la réforme cherchèrent ensuite à transformer le débat en bataille idéologique qui aurait opposé le camp du progrès à celui de la réaction. Les syndicats d’enseignants, qui ont manifesté ce 19 mai et qui sont majoritairement à gauche, ont certainement apprécié d’être assimilé à des réacs -mais ne l’avaient-ils pas cherché en s’opposant à la réforme aux côtés d’un Nicolas Sarkozy? Et d’ailleurs, à l’UMP, ne sont-ils pas un peu couillons? Qu’ont-ils fait, eux-mêmes, lorsqu’ils étaient au pouvoir? Ils réclament depuis des années la fin du collège unique et davantage d’autonomie pour les établissements scolaires, et, alors que la réforme prévue par le gouvernement va dans ce sens, ils trouvent aujourd’hui le moyen de moufter? Le diable lui-même y perdrait son latin.

Très vite, les programmes d’histoire furent le prétexte pour jouer la querelle des Anciens et des Modernes: pour un peu, il aurait fallu prendre parti entre Dimitri Casali  et Laurence De Cock. Le premier prône un retour à l’enseignement du «roman national» -sans avoir peur d’être grotesque lorsqu’il prolonge jusqu’à nos jours le petit Lavisse, ce manuel de l’école de la Troisième République, et qu’il tente vainement d’imiter le style d’Ernest Lavisse; la seconde, qui défend l’idée d’une histoire scolaire «ouverte à l’altérité», «décloisonnée et indisciplinée», soutient la réforme -le contraire eût été surprenant puisqu’elle fait partie des experts consultés par le Conseil supérieur des programme. Personnellement, je n’ai pas envie de choisir entre les certitudes de ces deux collègues. Certes, la polémique sur les programmes aurait pu rappeler cette controverse qui opposa Edmund Burke à Thomas Paine -Burke regrettait que les révolutionnaires français aient fait table rase du passé. Mais non. Le talent n’est pas au rendez-vous -sans doute la faute à l’Éducation nationale- et nous n’avons qu’un débat bidon, comme un contre-feu allumé en toute hâte. En réalité, les enjeux de la réforme se situent ailleurs.

J’avoue ne pas comprendre ceux qui, soudainement, s’inquiètent d’une éventuelle baisse du niveau des élèves: la réforme du collège s’inscrit en effet dans la continuation d’une politique qui, depuis une quarantaine d’années, a lentement déconstruit les savoirs. Que l’enseignement du français ou de l’histoire soit sacrifié, ce n’est pas une nouveauté. D’ailleurs, cette fois-ci, le contenu des programmes change peu [1]. Nous pouvons regretter, évidemment, que la chrétienté médiévale, l’humanisme ou encore les Lumières soient devenus des thèmes optionnels. Nous pouvons regretter, encore, comme le dit Pierre Nora, que les programmes d’histoire soient «l’expression d’une France fatiguée d’elle-même». Mais nous nous consolerons en songeant que la réforme laisse encore beaucoup de liberté aux professeurs. Cette liberté a toujours existé: en classe, dans le cadre fixé par le programme, je fais finalement ce que je veux. Qu’est-ce qui m’empêche, en 5ème, de parler à mes élèves de Philippe Auguste, de Saint Louis et de Jeanne d’Arc, de façon à ce qu’ils comprennent ce que représentent ces personnages, ou encore d’insister sur ce Temps des cathédrales cher à Georges Duby? Je ne vais pas me gêner! Et, contrairement à ce que semble craindre Michel Lussault, qui préside le Conseil supérieur des programmes, il n’est pas question de transformer l’histoire en une sorte de «roman national» quasi-mythologique: il s’agit de produire en classe un récit national, soucieux d’exactitude historique, où l’on peut aborder la colonisation et les traites négrières sans tomber dans la repentance, et qui permette finalement aux élèves de comprendre cette nation à laquelle ils appartiennent. N’est-il pas légitime, en effet, que les jeunes connaissent l’histoire du pays où ils vivent? Bien sûr, on ne niera pas que l’histoire doit être ouverte sur le monde: par exemple, loin d’être une nouveauté en 5ème, l’enseignement sur les débuts de l’islam est l’occasion de montrer la véritable nature de cette religion, lorsque Mahomet, en 630, s’empara de La Mecque par la force puis détruisit les idoles de la Kaaba. Les élèves pourront ainsi faire le lien avec notre époque, lorsque les djihadistes de l’État islamique anéantissent les vestiges archéologiques de Mossoul, ou peut-être lorsqu’ils déboulent au milieu des ruines de Palmyre en gueulant «rien à branler des cultures antiques, foutez-moi ça en l’air» -et oui, il existe des gens, comme ça, qui n’aiment pas ceux qui les ont précédés.

Mais cessons de discutailler sur les programmes: le vice le plus néfaste de la réforme du collège est ailleurs. Horrifiés à l’idée que certains élèves puissent mieux réussir que d’autres, Najat Vallaud Belkacem et les idéologues du Conseil supérieur des programmes ont donc décidé de s’attaquer à cette injustice en coupant les têtes qui dépassaient. Au nom de l’égalité, il s’agit d’adapter l’ensemble du collège aux élèves qui, selon la ministre, «s’ennuient». Puisque les élèves sont incapables de rester concentrés, on leur proposera des «enseignements pratiques interdisciplinaires» (EPI) pour qu’ils travaillent différemment, sur des thèmes tarte-à-la-crème définis par le ministère. Et là, il faut résister à la déprime. Pendant une dizaine d’années, dans les lycées agricoles successifs où j’ai exercé, j’ai pratiqué l’enseignement pluridisciplinaire: nous étions plusieurs professeurs à travailler avec les élèves sur des projets communs. Par rapport au temps investi, les résultats étaient souvent décevants: les bons élèves s’impliquaient volontiers et arrivaient à s’approprier quelques vagues notions; les autres, qui n’avaient pas acquis les bases suffisantes dans les différentes disciplines, glandouillaient et ne tiraient rien de ces activités. Aussi, en 1994, René Rémond rédigea un rapport sur l’enseignement agricole [2] où il concluait que «les pratiques pluridisciplinaires ne sauraient masquer la médiocrité disciplinaire». Or, la réforme du collège prévoit de systématiser des enseignements interdisciplinaires qui seront mis en place au détriment des disciplines traditionnelles. En histoire-géographie, les élèves devront travailler des compétences telles que «s’informer dans le monde du numérique» ou «coopérer et mutualiser», qui ne sont évidemment pas spécifiques à l’histoire ou à la géographie: les connaissances passent au second plan. C’est la logique perverse des compétences: les élèves doivent être de bons exécutants -peu importe qu’ils soient ignares. Chaque établissement sera chargé d’organiser ses EPI, et il est probable que le principal aura le dernier mot au moment de répartir les heures et de choisir les thèmes et les matières. Cela signifie qu’il y aura de grandes disparités d’un établissement à l’autre: selon les moyens et le bon vouloir des chefs d’établissement, les EPI seront plus ou moins fauchés. Toujours est-il que les enseignements disciplinaires vont dérouiller au nom d’un égalitarisme niveleur. De la même façon, les options de latin et grec, jugées élitistes, seront supprimées. Elles connaissaient pourtant un succès grandissant, notamment dans les établissements de ZEP où l’inspection générale avait souligné qu’elles permettaient de «donner plus à des élèves qui sont de bonne volonté et ont le désir d’apprendre et de réussir». Mes parents étaient ouvriers et ils m’ont encouragé à faire du latin, pour me donner le goût de me cultiver -c’était la fin des années soixante-dix, j’étais élève au collège Jules Ferry de Conflans et, dans un souci d’imiter les punks, nous rêvions de bousiller notre collège, nous griffonnions sur les tables de classe des «Destroy Jules Ferry» qui se voulaient furibards; quarante ans plus tard, en rompant avec la culture du mérite et en refusant aux meilleurs élèves le droit d’être les meilleurs, Najat Vallaud-Belkacem et Michel Lussault réalisent hélas ce souhait: leur réforme signe la mise à mort de l’école républicaine, les élèves issus des milieux les plus modestes seront désormais condamnés à la médiocrité et les inégalités vont immanquablement se creuser. L‘hommage que François Hollande avait rendu à Jules Ferry au lendemain de son élection était bel et bien un enterrement de première classe.

.

[1] Cette fois, nous avons évité le pire. Annie Genevard, membre du Conseil supérieur des programmes, raconte dans Le Figaro, que nous avons échappé, entre autres délires idéologiques, à un thème mettant sur le même plan les invasions barbares, la colonisation et l’immigration «pour accréditer l’idée que tous les Français seraient le produit de ces mouvements migratoires».

[2] René Rémond, Commission d’évaluation de la rénovation pédagogique de l’enseignement agricole public et privé ; Rapport à Monsieur le Ministre de l’agriculture et de la pêche, 1994. – 79 p.

Written by Noix Vomique

22 mai 2015 at 21 h 42 min

Publié dans Uncategorized

Reichstag, flies red flag, signalling the end

with 18 comments

Le drapeau de la victoire

Tout le monde connaît l’histoire de cette photo, prise le 2 mai 1945 par l’ukrainien Yevgeny Khaldei: un premier drapeau soviétique, qui fut planté sur le Reichstag le soir du 30 avril, fut aussitôt arraché par des soldats allemands. Attendant que le jour se lève, Yevgeny Khaldei n’avait pas eu le temps de prendre une photo. Le 2 mai, alors que le quartier était définitivement sécurisé, il remonta sur le toit du Reichstag avec deux soldats et réalisa ce cliché. La propagande veilla ensuite à effacer les montres que le soldat portait aux deux poignets, car elles indiquaient que les soviétiques se livraient au pillage, ce qui était honteux, et elle utilisa ce drapeau qui flotte sur le toit du Reichstag pour signifier au monde entier que c’était l’Armée Rouge qui avait pris Berlin.

Staline était comblé, car les Soviétiques étaient arrivés à Berlin avant les Américains. La perfidie payait: début avril, alors qu’il avait déjà décidé que l’attaque aurait lieu le 16 avril, il avait annoncé à Eisenhower que Berlin ne l’intéressait pas et qu’il ne lancerait aucune offensive avant la mi-mai. Le 16 avril, l’armée du maréchal Joukov tira plus d’un million d’obus sur les lignes allemandes et traversait l’Oder. Au même moment, plus au sud, le maréchal Koniev atteignait la Spree et se vantait d’être en mesure de prendre Berlin. Staline lui demanda alors d’encercler la capitale pour couper la route aux Américains. Les soldats soviétiques firent une percée et entrèrent dans la ville le 21 avril. Ils avaient reçu des drapeaux soviétiques: le premier qui réussirait à hisser le sien sur le Reichstag serait décoré de la médaille de l’Étoile d’or.

Le 2 mai, après une terrible bataille de rue qui dura dix jours, Berlin tombait et le drapeau soviétique flottait sur le Reichstag. La capitulation de l’Allemagne était imminente. Les troupes soviétiques se déchainèrent contre les Berlinois -ils traquaient les femmes mais aussi les petites filles jusque dans les caves pour les violer. Staline, qui venait d’apprendre la mort d’Hitler, exigeait une reddition sans conditions de la part des plénipotentiaires allemands. Mais hors de Berlin, les combats se poursuivaient. Aussi, Staline piqua une colère noire le 7 mai lorsqu’il apprit que la capitulation avait été conclue à Reims, dans la zone libérée par les Britanniques et les Américains. En effet, ce matin-là, à 2h41, dans un collège technique de Reims, Jodl avait signé l’acte de capitulation au nom du Haut Commandement allemand et l’avait remis au général Bedel-Smith, chef d’état-major d’Eisenhower. Certes, les soviétiques étaient présents, représentés par le général Susloparoff mais, aux yeux de Staline, ces deux pages dactylographiées en deux coups de cuiller à pot ressemblaient à une victoire des Américains. Il exigea donc qu’une nouvelle capitulation soit mise en scène le soir du 8 mai à Berlin, au quartier général des forces soviétiques du maréchal Joukov.

the-damned-generals-bronze

Aujourd’hui, j’écoute toujours avec le même plaisir cette chanson des Damned, Generals, composée par le bassiste Paul Gray et extraite de l’album Strawberries, qui tourna et tourna sur ma platine alors que j’étais lycéen: elle raconte la chute de Berlin, avec une allusion à ces exactions commises par les Soviétiques que des historiens semblent découvrir aujourd’hui, et les Damned avaient eu l’idée saugrenue de la sortir en single [1] -ce fut bien sûr un bide. Mais nous nous en foutions car c’est aussi pour cela, et pas seulement parce qu’ils étaient extraordinaires, que nous aimions les Damned: leur absence de succès nous donnait l’impression d’appartenir à une sorte de gratin décadent. Il y a deux semaines, je les ai à nouveau vus en concert -comme si le temps ne filochait pas, Captain Sensible continue à être un fabuleux guitariste et Dave Vanian bouge toujours comme un Elvis déglingué: ils jouèrent de vieilles chansons, de celles qui m’ont accompagné durant ces trente-cinq dernières années et qui donnent encore envie de pogoter, au risque d’envoyer valdinguer mes lunettes -mais ils ne jouèrent pas Generals. Il faut dire qu’il n’y avait pas, non plus, de nonnes sexy qui dansaient sur scène… Peut-être que l’un ne va pas sans l’autre.

GENERALS

Big city all scratched out, revenge is not so sweet
Once proud once so devout, they’re tired and they are weak
They came from east to west, counting up the cost
Red star soon to arrive, they know that all is lost

And only the wounded remain
The generals have all left the game
With no will to fight
They’ll fade with the light
There’s nobody left they can blame

What once was decadence, now nothing but razed land
The end so imminent, big city’s not so grand
They came they saw, they conquered, people hid in fear
They looted, raped and plundered, angry Russian bear

And only the wounded remain
The generals have all left the game
With no will to fight
They’ll fade with the light
There’s nobody left they can blame

Reichstag, flies red flag, signalling the end
Party now bad bad, suicide the end
There’s some who think that golden years might lie ahead
No leaders anymore, in the bunker dead

And only the wounded remain
The generals have all left the game
With no will to fight
They’ll fade with the light
There’s nobody left they can blame

And only the wounded remain
The generals have all left the game
With no will to fight
They’ll fade with the light
The whole world is going insane

. [1] The DAMNED. Generals, Bronze Records BRO nº159, novembre 1982.

Written by Noix Vomique

6 mai 2015 at 16 h 23 min

Publié dans Uncategorized

Nichons et salut nazi

with 7 comments

amour-et-sexe-sous-l-occupation-roger-schall-collection-sch

Alors que les Femen vociféraient sur ce balcon d’un hôtel de la place de l’Opéra et mimaient le salut nazi, les seins à l’air, comment ne pas penser à ces pisseuses qui fricotaient avec les Fridolins? Ou à l’esthétique vaguement érotique de ces séries Z des années soixante-dix telles que Ilsa, la louve des SS? Ce n’était pas l’effet recherché; il est cependant difficile de ne pas y penser.

Ilsa_she_wolf_of_ss

Written by Noix Vomique

3 mai 2015 at 11 h 24 min

Publié dans Uncategorized

Migrants: le talon d’Achille de l’Europe

with 35 comments

Les routes de l'immigration vers l'Europe (Source: Le Figaro, 24 avril 2015)

Les routes de l’immigration vers l’Europe (Source: Le Figaro, 24 avril 2015)

Rendus tout mélancoliques après le naufrage d’un chalutier qui a fait 800 morts au large des côtes de Libye, les dirigeants de l’Union européenne ont donc décidé jeudi de tripler le budget des opérations de surveillance maritime. Ces moyens serviront pour que l’agence européenne Frontex, plutôt que protéger efficacement les frontières, se consacre au sauvetage en mer des migrants. Autant dire que cette décision, qui risque de produire un «effet d’aspiration», puisque les clandestins sont désormais assurés d’arriver à bon port, n’est pas à la hauteur des enjeux.

Mais que pouvait-on espérer de l’Union européenne? Ces derniers jours, n’avait-on pas entendu Gil Arias-Fernández, directeur adjoint de Frontex, déclarer qu’il serait temps d’envisager l’ouverture de «nouvelles voies d’immigration légale» et Cecilia Malstrom, commissaire européen, répéter que «l’immigration est une opportunité pour l’Europe»? Bien sûr, et c’est heureux, le droit maritime oblige tous les navires à prêter assistance aux personnes en difficulté. Mais après? Fidèle à son credo immigrationniste, l’Union européenne continue à encourager les candidats à l’immigration puisque ceux-ci, une fois sauvés, savent qu’ils auront le loisir de rester en Europe. En 2012, au motif que l’article 4 de la Convention européenne des droits de l’homme interdit les expulsions groupées, la Cour européenne des droits de l’homme n’a-t-elle pas, en effet, condamné l’Italie parce qu’elle avait refoulé des clandestins interceptés en Méditerranée? Depuis, le nombre de migrants en provenance de Libye n’a pas cessé d’augmenter -dans ces conditions, l’Union européenne va réussir à nous faire regretter l’époque du colonel Kadhafi.

4709831_ide-migrants-mediterranee-150420

Depuis le début de l’année, environ mille six cents personnes ont péri en traversant la Méditerranée vers l’Italie. C’est évidemment tragique. Mais, contrairement à ce que répètent les bonnes consciences, qui accusent l’Europe «de non-assistance à personne en danger», l’Union européenne n’est pas responsable de la mort de ces pauvres gens -elle serait plutôt responsable d’imposer aux peuples européens une immigration dont ils ne veulent pas. De fait, la responsabilité de ces tragédies n’incombe-t-elle pas d’abord aux passeurs qui, dévorés par la cupidité, embarquent les migrants sur des rafiots improbables?

Alors qu’il commentait la mort des migrants au large des côtes libyennes, François Hollande a dit quelque chose d’intéressant -c’est d’ailleurs si étonnant que l’on soupçonne un lapsus: il a qualifié les passeurs de «terroristes». Au même moment, les terroristes de l’État islamique diffusaient une vidéo mettant en scène l’assassinat de chrétiens sur une plage de Libye. Coïncidence? En février dernier, l’État islamique n’avait-il pas menacé d’envoyer 500000 migrants depuis la Libye? En ce début d’année, les flux migratoires à travers la mer Méditerranée ont augmenté de 42% par rapport à la même période de 2014 -le directeur exécutif de Frontex estime que le nombre de migrants pourrait atteindre le million en 2015. Parmi ces clandestins qui embarquent pour l’Italie, tous ne ne sont évidemment pas des djihadistes: on trouve des réfugiés, notamment de Somalie ou d’Érythrée, qui fuient la guerre ou les persécutions, et de nombreux Africains de l’Ouest en quête de conditions de vie plus faciles. Il y a une majorité de musulmans; certains d’entre eux sont si fervents qu’ils n’ont d’ailleurs pas hésité, récemment, à jeter par dessus bord leurs compagnons d’infortune chrétiens. Ceux qui réussissent à passer en Europe sont cent fois plus nombreux que ceux qui périssent et l‘État islamique, qui nous a déclaré la guerre, cherche à les instrumentaliser pour déstabiliser l’Europe. En effet, lorsque les guerres sont asymétriques, les combattants les plus faibles, qui ont recours à la guérilla et au terrorisme, ne peuvent pas projeter d’envahir militairement le territoire de leur ennemi, car ils n’en ont pas les moyens, et l’invasion doit donc prendre une autre forme. L‘État islamique a compris que la gestion des flux migratoires vers la botte italienne était le talon d’Achille des démocraties européennes. Il n’est pas impossible que les départ de bateaux vers l’Italie s’amplifient: les djihadistes utiliseront ces flottilles chargées de malheureux comme les instruments d’une invasion.

En réponse à cette menace, le «plan de sauvetage européen» n’a pas été conçu pour sauver l’Europe: il entérine, au nom de la solidarité, le fait d’être envahi. Or, soyons réalistes: l’Europe ne peut pas accueillir ces nouveaux migrants; elle n’en a pas les moyens. Mais les dirigeants européens semblent persister dans leurs erreurs, à tel point qu’on ne sait plus s’ils ont une mentalité de négriers ou s’ils sont suicidaires. Qu’ils ne s’étonnent pas, ensuite, si les peuples européens, qui se sentent méprisés, soient révoltés. Car c’est à la source qu’il faut attaquer le problème de l’immigration transméditerranéenne: pour empêcher les migrants de mourir, il faut les empêcher de partir. Aussi, la solution passe d’abord par un blocus maritime de la Libye puis, n’en déplaise au branquignol Ban Ki-moon, par une véritable intervention militaire au sol. C’est seulement ensuite, lorsque la région sera sécurisée et stabilisée, que l’on pourra envisager des aides au développement. Mais l’Union européenne n’a pas le courage de prendre de vraies décisions. On se consolera en songeant que Laurent Fabius n’a pas proposé de livrer des bateaux neufs aux passeurs. C’est déjà ça.

Written by Noix Vomique

28 avril 2015 at 11 h 13 min

Publié dans Uncategorized

Amen

with 6 comments

Jean-Luc Godard, Masculin Féminin (1966).

La délicieuse Mademoiselle 19 ans n’aime pas les gens qui disent Amen à tout.

Written by Noix Vomique

19 avril 2015 at 20 h 13 min

Publié dans Uncategorized

Jean-Marie fait don de sa personne

with 24 comments

Jean-Luc Mélenchon râle, car les médias, captivés par les querelles de la famille Le Pen, ont passé sous silence la manifestation que les syndicats avaient convoquée le 9 avril. C’est sans doute rageant, mais, franchement, qui allait s’intéresser à une mobilisation aussi foireuse? L’égocentrisme des gauchistes est tout-de-même extraordinaire, comme si la mornifle des départementales ne leur avait pas servi de leçon: ils sont persuadés que les Français, en votant à droite, ont exprimé le souhait d’un virage à gauche! Aussi, on comprend que les journaleux préfèrent parler du Front National, désormais premier parti de France, plutôt que du Front de Gauche: le programme économique est le même mais, au moins, avec les Le Pen, le spectacle est assuré.

Car tout cela, n’en doutons point, est un spectacle. Les médias ont d’abord monté en épingle une interview que Jean-Marie Le Pen a accordée à l’hebdomadaire nationaliste Rivarol -je me souviens qu’au début des années quatre-vingt-dix, chaque jeudi, alors que les banlieusards sortaient du boulot et montaient sur les quais pour prendre leur train, une voix résonnait avec autorité dans le hall de la gare Saint-Lazare, celle d’un gars, le cheveu ras et l’air peu commode, qui vendait Rivarol à la sauvette; et aujourd’hui, je trouve facilement Rivarol au rayon presse du Leclerc de Conflans -le supermarché où l’un des frères Kouachi travailla comme poissonnier: les gens sont-ils nombreux à mettre Rivarol dans leur caddie? Combien de personnes auraient eu connaissance de l’interview de Jean-Marie Le Pen si les médias n’en avaient pas parlé?

Dans cette interview, Jean-Marie Le Pen est fidèle au discours qu’il a toujours tenu, si bien qu’on ne l’excusera pas, comme on le fit pour Pétain, en invoquant son grand âge. Rien de nouveau, donc. C’est même plutôt anodin, lorsqu’il déclare qu’il n’a jamais considéré le maréchal Pétain comme un traître: «Je considère que l’on a été très sévère avec lui à la Libération» ou lorsqu’il s’interroge sur l’attachement de Manuel Valls à la France: «Valls est Français depuis trente ans, moi je suis Français depuis mille ans». Mais c’est suffisant pour que les médias soient épouvantés, comme s’ils ne connaissaient pas le personnage, comme s’ils n’étaient toujours pas habitués à ses provocations. Marine Le Pen a aussitôt saisi l’occasion. Invitée du journal de TF1, elle a fait son étroite: elle a fermement condamné les propos de son père et envisagé une procédure disciplinaire. Soudain, on la découvre républicaine jusqu’à la moelle: pour un peu, lors des prochaines élections régionales, elle prendrait la tête de ce front républicain tant désiré par Manuel Valls. Évidemment, dans ces conditions, on se demande comment elle a pu accepter, pendant trente ans, d’être membre du FN.

Désavoué par sa fille, Jean-Marie Le Pen a finalement annoncé qu’il ne serait pas candidat comme tête de liste pour le Front national aux élections régionales de décembre en Provence-Alpes-Côte d’Azur: «Je ne ferai rien qui puisse compromettre la fragile espérance de survie de la France que représente le Front national avec ses forces et ses faiblesses». Et il a demandé aux cadres du mouvement de soutenir la candidature de sa petite-fille, la députée du Vaucluse Marion Maréchal-Le Pen. Un beau sacrifice -ça me rappelle celui de kamikazes qui espèrent en retour un peu de virginité. La comédie qui s’est jouée, trop parfaite pour être honnête, a en effet permis à Marine Le Pen, avec la complaisance des médias, d’achever la dédiabolisation du Front National et de ne plus apparaître comme une héritière. On peut juste déplorer que le signe le plus évident de normalisation soit passé totalement inaperçu: le Front National est soupçonné de faits de financement illégal de campagne électorale.

Que Jean-Luc Mélenchon se console. Pendant que les médias nous servaient jusqu’à l’écœurement les bisbilles de la famille Le Pen, ils ne pouvaient pas parler, non plus, de la loi sur le renseignement que les députés nous préparent, du rapport de la Cour des comptes sur le droit d’asile, des nouveaux programmes scolaires ni de la loi de santé, votée cette semaine à l’Assemblée. Cette dernière loi prévoit notamment que nous sommes tous, désormais, donneurs d’organe par défaut: maintenant que Marine Le Pen a tué son père, il y en a qui vont sans doute flipper à l’idée, un peu destroy, de pouvoir recevoir un organe de Jean-Marie.

Written by Noix Vomique

15 avril 2015 at 14 h 09 min

Publié dans Uncategorized

Le Royaume

with 15 comments

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Je ne connais pas Emmanuel Carrère. J’ai lu seulement deux de ses livres, que j’ai sans doute achetés parce qu’ils me rappelaient d’anciennes velléités, lorsque j’envisageais d’écrire des textes sur Philip K. Dick et sur Luc l’évangéliste. Il n’y a rien de masochiste à vouloir lire ce que d’autres ont réussi à produire: je mesure seulement à quel point j’étais un branleur -sans doute le suis-je encore. Aujourd’hui, je réalise que je n’ai pas parlé de Philip K. Dick dans ce blog; quant à Luc, je l’ai évoqué brièvement l’an dernier à l’occasion de la Pentecôte. Mais venons-en à l’objet de ce billet: après Je suis vivant et vous êtes morts (Le Seuil, 1993), je viens donc de lire Le Royaume (P.O.L, 2014). Un bouquin ambitieux que j’ai lu avec plaisir, même si c’est parfois long ou écrit comme un article du Nouvel Obs.

Au départ, quand Emmanuel Carrère nous parle d’une crise mystique qui l’a secoué au début des années quatre-vingt-dix, et que je trouve quelque peu caricaturale, j’ai cru qu’il allait nous proposer une façon de Transmigration de Timothy Archer, le dernier roman de Philip K. Dick, et qu’il allait nous emmener sur les traces de l’évêque Archer dans le désert de Judée. L’épisode de la nounou psychotique renforça ce sentiment mais le récit, page 145, prend soudain une autre tournure: quinze ans ont passé et Emmanuel Carrère, qui se définit désormais comme un sceptique, décide d’enquêter sur les origines du christianisme. Contrairement à Philip K. Dick, qui avait puisé son inspiration dans le Laphroaig pour expédier son roman en quelques semaines, Emmanuel Carrère est méticuleux et prend le temps de se plonger dans les textes. Les sources primaires sont bien sûr chrétiennes -principalement les quatre évangiles, les épîtres de Paul et surtout les Actes des Apôtres, que Jacqueline de Romilly considérait comme l’aboutissement de la littérature grecque depuis Homère; mais aussi non-chrétiennes -quelques brèves indications de Suétone et Tacite, ainsi que des extraits des Antiquités judaïques de l’historien juif Flavius Josèphe, contemporain de Paul. Rien de nouveau, certes, mais ces maigres sources vont permettre à Emmanuel Carrère de donner vie aux premières communautés chrétiennes, à une époque où il était encore difficile de distinguer les chrétiens des juifs.

Car, lors de ses voyages, Paul s’adressait d’abord aux juifs. Dans toutes les villes où il passait, il visitait la synagogue: le samedi, après la lecture de la Bible, il prenait la parole pour expliquer que Jésus est le messie attendu par Israël. Sa prédication n’était pas toujours bien accueillie, et il échappa plus d’une fois à la lapidation, si bien qu’il décida aussi de prêcher Jésus aux païens. Les judéo-chrétiens commencèrent à lui reprocher de ne pas vouloir imposer la circoncision aux chrétiens venus du paganisme. Paul se rendit alors à Jérusalem pour rencontrer les apôtres -il devait leur remettre les sommes d’argent collectées lors de ses voyages mais il avait également l’intention de soulever le problème des prescriptions rituelles. Emmanuel Carrère souligne bien la rivalité qui oppose Paul à Jacques, le frère de Jésus, qui dirigeait la communauté des Jérusalémites. Paul, accusé d’avoir introduit un païen dans le temple, fut arrêté et déféré devant la justice romaine: durant deux ans, comme si les Romains hésitaient à le livrer au Sanhédrin, il fut gardé prisonnier à Césarée. Finalement, après avoir invoqué sa qualité de citoyen romain, ce qui lui permettait de faire appel auprès du tribunal impérial, il fut transféré à Rome. Le voyage fut pénible mais valait la peine puisque Paul fut, semble-t-il, acquitté. Emmanuel Carrère nous plonge alors avec délectation dans la Rome du premier siècle et il imagine Paul, en régime de liberté surveillée, qui «a été autorisé à louer un petit logement, […] un studio ou un deux pièces  dans une de ces barres qu’aujourd’hui nous connaissons par coeur».

Le Royaume regorge de ce genre d’analogie, auxquels les historiens peuvent certes se risquer, à l’instar de Fernand Braudel qui, dans La Méditerranée, comparait les mouvements de colonisation phéniciens et grecs à un «Far-West méditerranéen». Mais le recours à de tels anachronismes, plus ou moins audacieux, donne l’impression ici de tourner au procédé, et c’est parfois malheureux, quand les premiers chrétiens sont comparés à des «djihadistes», ou un publicain à un «collabo», c’est-à-dire un «sale type». D’ailleurs, les limites du livre d’Emmanuel Carrère se trouvent dans ces allers-retours entre notre époque et les débuts du christianisme: l’écrivain n’a pas vraiment réussi à emboiter le récit de sa vie d’ancien chrétien dans celui des premiers chrétiens, et la confrontation entre les deux époques reste artificielle.

En fait, plutôt que parler de lui, Emmanuel Carrère préfère se projeter dans le personnage de Luc: cela nous donne certainement les meilleurs moments du livre. Il nous présente Luc comme un romancier qui se fixe des objectifs d’historien, ce qui le distingue des autres évangélistes:

Tout en étant le plus ferme de la bande des quatre sur le bonheur promis aux pauvres et la malédiction liée à la richesse, Luc est aussi le plus porté à rappeler qu’il y a de bons riches , comme il y a de bons centurions. Il est le plus sensible aux catégories sociales, à leurs nuances, au fait qu’elles ne déterminent pas entièrement les actions. Historien de la Seconde guerre mondiale, il aurait insisté sur le fait que des gens d’Action française et des Croix-de-Feu ont compté parmi les premiers héros de la résistance.

Emmanuel Carrère imagine beaucoup de choses: que Luc, par exemple, est Macédonien -alors que j’ai toujours pensé, sans doute une réminiscence de l’École du dimanche, qu’il était originaire d’Antioche et qu’il avait justement fait la connaissance de Paul dans cette ville de Syrie, bien avant ce fameux voyage à Troas au cours duquel il dit «nous» pour la première fois dans les Actes des Apôtres. Luc reste en Macédoine, à Philippe, pour animer la petite communauté chrétienne que Paul a fondée. Il rejoint ensuite Paul lors de son troisième voyage, dont il fait un récit très détaillé, comme s’il avait tenu un journal de bord, puis il cesse de dire «nous» à Jérusalem après l’entrevue avec Jacques. Pendant les deux ans du séjour de Paul en prison, Luc rassemble les matériaux nécessaires à la rédaction de son évangile et Emmanuel Carrère imagine alors qu’il recueille le témoignage de Philippe, qui serait l’un des disciples d’Emmaüs:

Je suis certain pourtant qu’il y a un moment où Luc s’est dit que cette histoire devait être racontée et qu’il allait le faire. Que le sort l’avait mis à la bonne place pour recueillir les paroles des témoins: Philippe d’abord, puis d’autres que lui ferait connaître Philippe, qu’il allait rechercher lui-même.

Mille questions devaient se lever dans son esprit. Depuis des années, il participait à des repas rituels au cours desquels, en mangeant du pain et buvant du vin, on commémorait le dernier repas du Seigneur et, mystérieusement, entrait en communion avec lui. Mais ce dernier repas, qu’il s’était toujours imaginé avoir lieu dans une sorte d’Olympe, suspendue entre ciel et terre, ou plutôt qu’il n’avait jamais eu l’idée d’imaginer, ce repas, il en prenait soudain conscience, avait eu lieu vingt-cinq ans plus tôt dans une pièce réelle d’une maison réelle, en présence de personnes réelles. Il allait falloir que lui, Luc, entre dans cette pièce, parle avec ces personnes. De même, il savait que le Seigneur, avant de ressusciter, avait été crucifié. Pendu au bois, selon l’expression de Paul. Luc savait parfaitement ce qu’était le supplice de la croix, qui était pratiqué dans tout l’Empire romain. Il avait vu, au bord des routes, des hommes crucifiés. il sentait bien qu’il y avait quelque chose d’étrange et même de scandaleux d’adorer un dieu dont le corps avait été soumis à cette torture infamante. Mais il ne s’était jamais demandé pourquoi il y avait été condamné, dans quelles circonstances, par qui. Paul ne s’y attardait pas, il disait « par les juifs », et comme tous les ennuis de Paul venaient des Juifs on ne s’y attardait pas non plus, on ne posait pas de questions plus précises.

Emmanuel Carrère réussit un magnifique portrait de Luc: il le rend vivant et nous raconte qu’il construit son œuvre comme un véritable écrivain. L’occasion de redécouvrir la splendeur de la parabole du fils prodigue. Évidemment, lorsqu’il «démonte les rouages» de l’évangile, Emmanuel Carrère a souvent tendance à affirmer que Luc invente. Il réduit aussi, un peu trop facilement, les Actes des Apôtres à une «biographie de Paul». Enfin, et surtout, il oublie que Luc est animé par la foi. Mais la foi est étrangère à Emmanuel Carrère; il a du mal à en parler et il tergiverse jusqu’à terminer Le Royaume par un «je ne sais pas» qui rappelle les fins béantes de certains romans de Philip K. Dick. Sa conversion au christianisme, qui dura trois ans dans les années quatre-vingt-dix, n’était qu’un simulacre: il allait à la messe tous les jours et noircissait des pages de cahiers comme un fou furieux, un peu comme Philip K. Dick composait son Exégèse. Or, la foi n’est pas un refuge névrotique: il s’agit simplement de croire. Aujourd’hui, Emmanuel Carrère ne veut pas croire mais il reste fasciné. Il ne croit plus en la résurrection mais ça l’intrigue que «des gens normaux, intelligents» puissent croire à «une histoire tout aussi délirante». Or, aucun historien ne peut lui apporter de réponse.

L’historien ne peut pas se prononcer sur la réalité de la résurrection -s’il s’intéresse à Jésus, le champ de ses recherches s’arrête avec l’épisode de la mise au tombeau, et il peut seulement constater que quelque chose s’est produit, qui va favoriser ensuite l’émergence du christianisme. La fin tragique de Jésus avait jeté le désarroi parmi ses disciples: ils n’avaient pas attendu la fin du procès pour décaniller et Luc montre à quel point les disciples d’Emmaüs étaient désabusés: «Nos grands-prêtres et nos chefs l’ont livré pour être condamné à mort, et l’ont crucifié. Nous espérions que ce serait lui qui délivrerait Israël». Les choses auraient pu en rester là. Le troisième jour, tout le monde s’est résigné à l’idée que Jésus est mort et, lorsque les femmes se pointent avec des aromates pour embaumer le cadavre, elles trouvent le tombeau vide. Elles courent avertir les apôtres restés sur place: ceux-ci considèrent que ce sont des «inepties». Jésus apparaît alors à des gens convaincus de sa mort: les disciples d’Emmaüs puis les onze apôtres, avec lesquels il partage un morceau de poisson grillé. Luc écrit ici des passages superbes pour nous signifier que la résurrection est un événement aussi extraordinaire qu’inattendu. Et c’est pour cela qu’on y croit.

Je vous souhaite un bon dimanche de Pâques; n’oublions pas les chrétiens d’Orient.

Written by Noix Vomique

5 avril 2015 at 8 h 00 min

Publié dans Uncategorized