Noix Vomique

L’islamisme servi sur un plateau

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En quelques jours, sur deux plateaux de télévision, nous avons donc vus des musulmans épancher leur fiel et, par leur arrogance, tenter de réduire au silence leurs contradicteurs. Certains crient au scandale. Pourtant, nous ne devrions pas bouder notre plaisir lorsque les chaînes de télévision, parce qu’elles invitent de tels musulmans, échouent à faire l’éloge de la diversité et accréditent involontairement l’idée que l’islam est en train de devenir un problème en France. Il est temps, en effet, d’ouvrir les yeux.

Jeudi dernier, Alain Finkielkraut, invité de l’émission Des paroles et des actes sur France 2, fut violemment agressé et finalement sommé de se taire par une jeune professeur d’anglais -que David Pujadas, plus nabot que jamais, nous avait présentée comme «musulmane» et «encartée dans aucun parti», alors qu’elle est proche du parti des indigènes de la République et membre du MAFED, un «collectif composé exclusivement de femmes subissant le racisme d’État». La jeune femme dissimulait difficilement sa haine d’une France «islamophobe» derrière un sourire mielleux et elle prononça un interminable laïus victimaire -il est surprenant que cette enseignante qui dénonce un «racisme d’État» n’ait pas songé à démissionner de l’Éducation nationale: comment peut-elle accepter de travailler pour un employeur raciste? On en a tondues pour moins que cela! Sans doute éreinté de subir autant d’attaques débiles, Alain Finkielkraut exprima son accablement -déjà, en janvier 2015 dans la même émission, la ministre de l’Éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, l’avait accusé de vouloir provoquer un «déchaînement de haine» contre la communauté musulmane.

Justement, Najat Vallaud-Belkacem était dimanche sur Canal+ l’invitée de l’émission Le supplément. Or, elle avait perdu sa faconde habituelle. Canal+ faisait, l’air de rien, la promotion d’une obscure ONG salafiste. Assis à la même table que la ministre, le président de cette ONG, gueule d’empeigne, habillé et barbu comme un bédouin, s’est présenté comme «un musulman normal» mais s’est aussitôt vanté d’être «fiché S» et de ne pas serrer la main aux femmes «comme certains rabbins» -personne sur le plateau ne s’est étonné qu’un antisémite se compare à des Juifs pour justifier son propre comportement. Lorsque le journaliste lui demanda s’il condamnait l’État islamique, ce qui est une question franchement stupide, comme s’il était possible de ne pas condamner une organisation terroriste qui commet des attentats sanglants, le barbouseux, visiblement embarrassé, baragouina que «ce n’est pas qu’on ne condamne pas l’Etat islamique, c’est qu’on essaye d’avoir une certaine pédagogie pour essayer de discuter avec les jeunes et pour leur faire comprendre qu’on est une alternative qui est bien, qui est pacifique». Étrangement, toutes ces provocations laissèrent Najat Vallaud-Belkacem sans voix -on l’a connue plus pugnace lorsqu’elle traque le sexisme dans les manuels scolaires ou qu’elle dénonce les errances pseudo-Z-intellectuelles de Pierre Nora. Sans doute avait-elle été piégée: son regard envoyait des signes de détresse en direction de l’animateur de l’émission, comme pour dire qu’elle aurait aimé qu’il abrégeât ce moment. Finalement, elle fut juste capable de marmonner que l’ONG islamiste «porte une façon de voir les choses qui n’est pas la mienne, à laquelle je ne souscris pas et qui me met aussi mal à l’aise, honnêtement, sur votre plateau, et donc je n’ajouterai rien». Comme si toutes les visions du monde se valaient, comme si l’égalité entre les femmes et les hommes ou la violence terroriste n’étaient qu’une question de point de vue. Ainsi, deux mois après les attentats qui ont endeuillé Paris, frappée de mutisme face à un salafiste, la ministre nous montrait ce qu’il en est des fameuses valeurs républicaines. Le spectacle fut certes choquant, mais nous pouvons nous réjouir que les télévisions, qui invitent des musulmans au nom du vivre-ensemble, donnent finalement la parole à des islamistes: de cette façon, les masques tombent et nous pouvons constater l’incompétence des uns et l’animosité des autres.

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Dans un long entretien pour le FigaroVox, Céline Pina, conseillère régionale socialiste du Val d’Oise, revient sur ce moment de télévision mais aussi sur la lâcheté et la complaisance de nos élites. Et voilà que je suis d’accord, moi, avec une élue socialiste, qui est, de surcroît, féministe:

Ce qui est arrivé à la ministre de l’éducation aurait pu arriver à presque tous les membres de notre classe politique, droite et gauche confondue. Mais la gauche a un double problème, elle abrite en son sein des islamo-gauchistes, qui sont bien plus que les idiots utiles des islamistes. Ils en deviennent leurs hommes de main et leur servent de caution morale et de certificat de respectabilité. Ils assurent même leur sale boulot de délégitimation de nos principes laïques et républicains, en essayant de faire passer tous les lanceurs d’alerte pour des islamophobes et en leur reprochant de faire le jeu du FN. Ils ont manifestement tout compris des stratégies d’intimidation des islamistes et les mettent en œuvre au sein de la gauche et à l’intérieur des partis, chassant les républicains pour les remplacer par des communautaristes ou des hommes sans conviction, pour qui la politique est un plan de carrière.

Comme les islamistes, cette gauche-là a intérêt à l’amalgame musulman=islamiste. Pour deux raisons: pour pouvoir l’exploiter dans les faits et le dénoncer dans le discours. Comme cela, sous couvert de défendre une cause en soi inattaquable: la liberté de culte, la tolérance ; ils favorisent une démarche de déstabilisation de la société: l’islamisme. Puis ils utilisent le risque d’amalgame que d’autres pourraient faire, comme le FN, pour interdire toute référence à l’islam dans l’analyse du phénomène… Mais les dernières élections et la déperdition de leurs militants montrent que cette stratégie les déconnecte du réel et n’est pas en prise avec la société. Pour autant elle sature notre paysage médiatique qui n’a jamais semblé aussi éloigné des réalités de notre pays et offre des tribunes à des personnes qui ne représentent pas grand chose.

Quant à notre gouvernement, il est toujours aussi peu clair quand il s’agit de désigner l’ennemi. Or le refus du président de la république de désigner clairement le terrorisme islamiste nous fragilise. Les français ont parfaitement compris quelle violence ils affrontaient, voir leur gouvernement refuser de le dire ne peut s’interpréter que de deux façons: ils sont dans le déni par refus d’agir (ils ne prennent pas la mesure du phénomène) ou ils sont dans le déni par incapacité à agir (ils n’ont pas de grilles de lecture de ce qui nous arrive ou ne le comprennent pas). Dans les deux cas, le danger n’est pas combattu et la population se retrouve en première ligne.

Or, Charlie, l’hyper cacher et le 13 novembre ont changé la donne. Un gouvernement ne prononce pas impunément les mots de guerre et ne met pas en place l’état d’urgence sans que la situation ne soit grave et que la conscience de cette gravité ne soit prise. Sauf que derrière, l’action reste assez peu lisible et ne fait pas sens: il reste l’impression que l’on parle beaucoup, mais que l’on agit peu ou mal.

Ainsi, s’il est vrai que les courants islamistes quiétistes condamnent les attentats, ils prônent pourtant la même idéologie obscurantiste et belliqueuse que leurs avatars sanguinaires. Ils ne sont pas des terroristes, mais ils sont les préparateurs du terrain, ceux qui ensemencent les têtes de haine, de rejet et de violence. Il faut nommer l’islamisme pour ce qu’il est: une stratégie politique qui vise à islamiser les pays où elle s’implante et qui est en opposition avec les fondamentaux de notre contrat social. Si on refuse de le faire, c’est la frontière entre islamiste et musulmans que l’on floute. Et c’est le doute que l’on installe: comme si le silence venait de ce que l’on ne soit pas sûr que la porosité ne soit pas avancée.

Non seulement ce silence des politiques est une démission, non seulement il expose tous les français, mais il expose particulièrement ceux de confession musulmane. C’est idiot. Il faut nommer l’islamisme et assumer de le combattre dans toutes ses dimensions, en distinguant ce qui relève de l’anti-terrorisme et ce qui relève du combat politique. Si le pouvoir n’a pas ce courage, ce sont tous les amalgames qu’il autorise, ne lui en déplaise et c’est son autorité qu’il détruit.

Les propos de Céline Pina sont sensés et méritent d’être lus dans leur totalité; vous les trouverez ici.

Ajout du 27 janvier: À propos du manque de fermeté de Najat Vallaud-Belkacem, je vous conseille également la lecture de l’excellente tribune de Fatiha Boudjahlat, qui est secrétaire nationale du Mouvement Républicain et Citoyen.

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26 janvier 2016 at 11 h 53 min

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Deutsche Frauen

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BDM, Gymnastikvorführung

C’est sans doute l’explication. Les Allemandes ont un charme inouï; c’est pour cette raison qu’elles se font agresser chaque fois que l’Allemagne est envahie. Qui n’aurait pas envie de les tripoter, voire de faire une petite tournante? Les envahisseurs, ravagés par le désir, ont parfois versé dans l’excès, comme les troupes soviétiques en 1945. Un épisode douloureux que Clémentine Autain, conseillère régionale d’Île-de-France, a tenu à nous rappeler.

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Bien sûr, nous n’allons pas soupçonner Clémentine Autain de vouloir saligoter l’Armée Rouge: communiste, elle chérit certainement la mémoire des dix millions de soviétiques qui sont morts en luttant contre le fascisme. Avec ce tweet ahurissant, elle cherche plutôt à démontrer que les agressions sexuelles commises le 31 décembre dernier en Allemagne n’ont rien à voir avec le fait que leurs auteurs soient musulmans: pour elle, l’islam n’étant pas responsable des viols de 1945, il ne l’est pas, non plus, aujourd’hui.

Nous pourrions croire qu’il n’est pas facile d’être à la fois féministe et antiraciste. Or, en voulant disculper l’islam, Clémentine Autain, nous montre que les choses sont beaucoup plus simples et que l’antiracisme l’emporte forcément sur le féminisme. Puisque les violeurs de Cologne sont de pauvres migrants, il faut les excuser. Henriette Reker, qui dirige la ville de Cologne, a d’ailleurs invité les irrésistibles Allemandes à avoir un comportement «mieux adapté». Bah oui, si elles se font violer, c’est qu’elles l’ont bien cherché, elles ont ça dans le sang, ce sont des salopes. Non seulement elles ont provoqué tous ces Arabes en rut mais elles veulent aujourd’hui les faire condamner comme au temps des colonies -un écrivain de pissotière comme Édouard Louis doit d’ailleurs regretter de ne pas avoir passé le réveillon à Cologne; les structures sociales qu’il se serait prises dans le cul lui auraient sans doute inspiré un chef-d’oeuvre.

Le plus désolant, dans cette histoire, c’est que Clémentine Autain est diplômée en histoire; elle n’ignore donc pas que 600 Allemandes furent violées en avril 1945 par les Goumiers marocains du Corps expéditionnaire français qui s’était emparé de Freudenstadt, en Forêt Noire. En 1944, ces mêmes goumiers avaient déjà joué les quéquettes en Ciociarie, faisant plus de deux mille victimes, à tel point que les italiens parlent aujourd’hui de marocchinate pour désigner les viols de masse. Nous pourrions conclure que les crimes sexuels commis dans un contexte de guerre, par des communistes ou des musulmans, en 1945 ou aujourd’hui en Allemagne, s’inscrivent dans une double logique de domination et de terreur. Rien de nouveau, mais il ne faudrait pas négliger le caractère culturel de ces violences sexuelles -en y réfléchissant, nombre de soldats soviétiques, originaires du Caucase ou d’Asie centrale, n’étaient-ils pas de culture musulmane? Si elle avait su gamberger, j’aurais volontiers conseillé à Clémentine Autain la lecture de Claude Lévi-Strauss, quand il explique que les musulmans sont des «cambrioleurs de harems». Cela l’aurait changé des discours doucereux de Tariq Ramadan.

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16 janvier 2016 at 14 h 21 min

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Nazis dans le métro

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Décidément, ils sont forts, ces nazis. Ils nous ont fait croire qu’ils avaient perdu la guerre et, soixante-dix ans après, nous les voyons triompher partout. Alors qu’ils obtenaient 30% des voix aux dernières élections régionales en France, ils ont crânement tapissé le métro new-yorkais de la Croix de fer et de l’Aigle allemand -nous avons échappé de peu à la croix gammée. Cette magnifique opération de propagande n’était toutefois pas orchestrée par le bon Docteur Goebbels: c’était une campagne publicitaire d’Amazon pour sa nouvelle sérieThe Man In The High Castle, inspirée du fameux roman de Philip K. Dick.

Au début des années soixante, Philip K. Dick avait imaginé que l’Allemagne nazie et l’empire japonais avaient vaincu les Alliés. Japonais et Allemands s’étaient donc partagé le monde: tandis que l’ouest des États-Unis est en voie de japonisation, les nazis contrôlent la côte est. Là, ils essaient vainement de censurer un mystérieux livre qui rencontre un succès grandissant, La sauterelle pèse lourd, qui raconte que les Alliés ont gagné la guerre -mais le monde que ce roman-dans-le-roman décrit ne correspond pas tout-à-fait au nôtre, il est en léger décalage.

Tels des personnages de roman à qui l’on révèle que leur monde n’est pas le bon, les voyageurs du métro de New York ont, semble-t-il, éprouvé un malaise lorsqu’ils ont découvert les symboles du Verdienstorden vom Deutschen Adler dans les wagons de la ligne S: nombre d’entre eux se sont donc plaint auprès de la MTA, l’organisme qui gère les transports publics de New York. Une passagère a même expliqué qu’elle avait été obligée d’offrir ses fesses: «La moitié des sièges étaient recouverts d’insignes nazis. L’autre moitié portait le drapeau japonais, dans un graphisme qui rappelle celui de la Seconde guerre mondiale. J’avais donc le choix, et je me suis assise sur l’aigle nazi, parce que je n’avais vraiment pas envie de le regarder

Ainsi, le pouvoir de séduction du nazisme est tel que nous devons détourner le regard. En France, alors que Mein Kampf tombera dans le domaine public en 2016, la maison Fayard ayant annoncé la publication d’une nouvelle traduction, Jean-Luc Mélenchon, saisi d’horreur, n’a pu s’empêcher de ramener sa poire: selon lui, le livre d’Adolf Hitler, qui «est l’acte de condamnation à mort de 6 millions de personnes dans les camps nazis», pourrait faire le jeu de l’extrême-droite -il ne doit donc pas être réédité. Peu importe que cette réédition soit chapeautée par un vrai travail d’historiens. Jean-Luc Mélenchon a trouvé son Yi King: il est convaincu que Mein Kampf annonce les abominations qui arriveront ensuite; que c’est un livre qui exerce un étrange maléfice sur ses lecteurs, qu’il a le pouvoir de transformer ipso facto en nazis.

En fait, à l’instar de l’écrivain dans le roman de Philip K. Dick, comme si les gauchistes avaient des fulgurations d’oracle, Jean-Luc Mélenchon nous dévoile que nous sommes les personnages d’une uchronie. La France n’a jamais cessé d’être pétainiste -d’ailleurs, âgé de 159 ans, le vieux maréchal bande encore, et ce n’est pas un hasard si François Hollande se fait traiter de vichyste lorsqu’il propose la déchéance de nationalité pour les djihadistes. Nous vivons dans un monde où les nazis n’ont pas perdu la guerre, un monde où la démocratie libérale était vouée à l’échec, un monde où le péril islamiste n’existe pas.

 

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27 décembre 2015 at 15 h 45 min

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Noël

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Nativité - Guido da Siena

Guido da Siena: « Nativité »
(seconde moitié du XIIIème siècle, Musée du Louvre).

Je vous souhaite à tous un joyeux Noël!

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24 décembre 2015 at 15 h 33 min

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Uchronie (4)

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Rue Soufflot

Rue Soufflot.

Depuis l'Arc de Triomphe

Vue depuis l’Arc de Triomphe.

Montparnasse

La tour Montparnasse.

Quand le Paris de la Belle-Époque se toquait d’architecture et imitait New York. Ces photos sont extraites de Haussmanhattan.

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21 décembre 2015 at 15 h 37 min

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Une nation de Croisés

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Bernard Grasset publia en 1930 un essai passionnant qui dépeignait la France comme un «paradis négligé» [1]. L’auteur, Friedrich Sieburg, un Allemand qui avait combattu les Français sur le front de la Somme, était revenu en France après-guerre pour vivre à Paris. Ses observations d’une «France têtue», qui prétend à l’universalité mais préfère finalement le bonheur à la modernité, sont savoureuses; les pages où il place Jeanne d’Arc au coeur de l’identité française sont étonnantes, notamment lorsqu’il compare la Pucelle de Domrémy à Robespierre. Il explique que «tout Français est de naissance un Croisé, et cette vertu fait parfois de lui aujourd’hui un citoyen assez peu commode de l’Europe». Or cette appréciation trouve un écho inattendu dans le communiqué qui revendique les attentats du 13 novembre. En effet, dans la terminologie de l’État islamique, les Français sont généralement désignés comme les «Croisés». De cette façon, les djihadistes nous rappellent ce que nous nous efforçons d’oublier: notre civilisation est d’abord chrétienne et c’est précisément pour cette qualité qu’ils l’attaquent. Mais nombre de Français ne peuvent l’admettre, car l’idée même de religion leur est devenue étrangère -comme ils refusent d’ailleurs de préciser que les terroristes sont islamistes, et donc musulmans.

Au Moyen-Âge, nous aurions attribué la neutralisation d’Abdelhamid Abaaoud et la foirade des kamikazes aux abords du stade de France à l’intervention miraculeuse de ce bon vieux saint Denis. Mais aujourd’hui, il n’y a guère que les djihadistes pour se croire au Moyen-Âge et signaler Paris comme la capitale «qui porte la Croix en Europe». Certes, dans son discours d’hommage, le 27 novembre, le Président de la république, en parlant des «martyrs du 13 novembre», a utilisé un terme religieux, calquant involontairement son vocabulaire sur celui des djihadistes, comme si les victimes des attentats avaient été tuées parce qu’elles avaient refusé d’abjurer leur foi. Il nous susurre qu’elles se sont sacrifiées pour la liberté. Avaient-elles seulement le choix? En buvant un verre en terrasse d’un café ou en allant écouter un concert de rock, avaient-elles l’intention de souffrir un quelconque martyre?

Lorsque l’État islamique essaie de nous attirer sur le terrain d’une guerre de religions, nous ne savons pas quoi lui opposer, si ce n’est, comme l’a annoncé le Président de la république, le 27 novembre, que «nous multiplierons les chansons, les concerts, les spectacles ; nous continuerons à aller dans les stades.» L’Homo festivus a claironné, non sans grandiloquence, qu’il allait donc résister en fréquentant davantage les terrasses de café -Abou Bakr al-Baghdadi doit être terrifié. C’est désolant, mais je ne jetterai pas la pierre à ces résistants de la dernière heure: moi aussi, je traîne volontiers au bistro et il fut un temps où j’allais régulièrement m’assourdir dans les salles de concert -la dernière fois que je suis allé au Bataclan, c’était un concert des Posies, en 1994. Bizarrement, ce 27 novembre, en observant François Hollande, assis sur sa petite chaise dans la cour des Invalides, qui surjouait l’émotion tout en présumant du regain de sa popularité, j’ai pensé à Néron, lorsqu’il contemple, seul, et vêtu de son costume de comédien, l’incendie qu’il a contribué à allumer. La situation de la France ne semble tourmenter notre président d’aucun remords.

Au moment où ces attentats épouvantables ont ensanglanté Paris, j’étais justement en train de lire le dernier livre de Pierre Manent [2]. C’est une lecture stimulante mais également éprouvante, car elle nous oblige à regarder la vérité en face: la France d’avant, telle que nous l’aimons, appartient au passé; nous ne la retrouverons jamais. Nos concitoyens musulmans sont désormais trop nombreux, persuadés de leur bon droit, pour que nous puissions espérer un retour en arrière. Pierre Manent nous explique que l’islam, pour la France comme pour les pays européens, est à la fois un phénomène de politique intérieure et de politique extérieure -l’intrication des deux est perceptible lorsque les pays du Golfe financent en France la construction de mosquées et rémunèrent les imams. Par complaisance ou aveuglement, notre classe politique n’a jamais pris au sérieux la poussée de l’islamisme; elle préférait nous répéter que l’unique danger venait de ceux qui remettaient en question l’immigration. Pour cette raison, il est impossible aujourd’hui de sangloter avec les François Hollande et les Alain Juppé; il est juste exaspérant qu’ils préconisent dans l’urgence ce qui les révulsait hier -la déchéance de la nationalité, le rétablissement des contrôles aux frontières ou encore la fermeture des mosquées salafistes. Ces politicards n’ont cessé d’affaiblir la nation; qu’ils brûlent en enfer.

Les attentats du 13 novembre ont-ils dissipé le mirage d’un multiculturalisme heureux? Si tous les Musulmans ne sont évidemment pas complices, il est indéniable que les terroristes appartiennent à leur communauté. Or, nous savons bien qu’il y aura d’autres giclures de sang et de cervelle, d’autres vies brisées. Aussi, pour Pierre Manent, il est temps «de nous défendre et de préserver autant que possible ce qui est nôtre, nos biens matériels, moraux et spirituels.» Mais la République ne nous sauvera pas, car ce n’est finalement qu’un régime politique, et les valeurs dont on nous rabat les oreilles, telles la laïcité, sont trop abstraites pour transformer l’islam: plutôt que la République, c’est donc la France que notre coeur doit aimer. La France, bordel.

Les djihadistes nous attaquent non seulement pour ce que nous sommes, mais aussi parce qu’ils sentent que nous le sommes mollement. Pour nous défendre, nous avons donc besoin de restaurer un vrai sentiment national. N’est-il pas temps, en effet, de réaffirmer la grandeur de la France? Dans Dieu est-il Français? Friedrich Sieburg expliquait que la France se distinguait non seulement par son art de vivre et son amour de la liberté, mais aussi parce qu’elle est une nation chrétienne: «Comprendre que la Marseillaise continue les prières de Jeanne, c’est comprendre la France.» Cette dimension est essentielle: le christianisme, parce qu’il est à l’origine de notre identité nationale, doit continuer à former un cadre, notamment pour éviter que l’islam, profitant du vide, n’introduise sur notre sol le radicalisme et les conflits du Moyen-Orient. Il est heureux que nous donnions aux Musulmans de France la liberté de pratiquer leur culte mais nous devons également poser des conditions à leur présence: ils ne peuvent pas vivre en France comme s’ils vivaient dans un pays arabo-musulman. Pour être français, il leur faudra donc se comporter comme des Français et rompre avec leur folklore et leurs superstitions de bédouins. Cela dépend de leur bon vouloir -Friedrich Sieburg rappelle joliment que l’on peut devenir Français «comme on se fait baptiser. On entre dans la nation française comme dans une communauté religieuse constituée non par le sang, mais par l’esprit.» Si par aventure ils refusaient d’appartenir à une «une nation de Croisés», il faudrait qu’ils soient conséquents et qu’ils partent ailleurs, dans un pays plus approprié à leurs moeurs -ils nous éviteraient ainsi d’envisager la solution extrêmement brutale de la remigration. Comme le dit Pierre Manent: «Donc c’est dans un pays de marque chrétienne que les musulmans français doivent trouver leur place. Cela ne rend pas l’opération plus difficile, mais au contraire plus facile car c’est toujours dans ces termes que les musulmans considèrent les pays européens et en général occidentaux. Certains d’entre eux, on le sait, désignent Européens et Américains comme les croisés. Il y a plus de vérité dans cette exagération que dans nos dénégations.»

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[1] Friedrich Sieburg. Dieu est-il français? Grasset, 1930, 335 pages.

[2] Pierre Manent. Situation de la France, Desclée de Brouwer, 2015, 173 pages. Lisez l’excellent compte-rendu d’Aristide.

Written by Noix Vomique

11 décembre 2015 at 18 h 27 min

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Cécité

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L’Humanité et Le Figaro semblent d’accord. Mais de quel choc parlent-ils? Le résultat de ce premier tour des élections régionales n’était-il donc pas prévisible?

Written by Noix Vomique

7 décembre 2015 at 10 h 40 min

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