Noix Vomique

Archive for janvier 2012

Programme de Hollande: une petite cuisine de mots trop agréable pour être honnête

Aristophane, dans Les Cavaliers, en 424 avant notre ère, nous raconte comment Démos, qui représente le peuple, est tombé sous le charme d’un démagogue. Aristophane vise ici Cléon, riche tanneur dont les discours belliqueux ont convaincu les Athéniens de continuer la guerre contre Sparte. Selon Thucydide, cet épisode montre que les Athéniens avaient été déraisonnables: ils en voulaient toujours plus et personne n’eût le courage de les retenir. Dans l’extrait suivant, Aristophane met en scène un serviteur de Démos qui propose à un charcutier de supplanter le tanneur:

« Le serviteur : Mortel béni du sort ! Te voilà richement doué pour la politique.

Le charcutier: Mais mon bon, je n’ai pas fait d’étude, je connais mes lettres, et encore tant bien que mal.

Le serviteur: Voilà ton seul défaut, de les connaître tant bien que mal. Pour gouverner le peuple, il ne faut pas un homme pourvu d’une bonne culture et d’une bonne éducation. Il faut un ignorant doublé d’un coquin […].

Le charcutier: Mais je ne vois pas comment je serais capable de gouverner le peuple ?

Le serviteur: Rien de plus bête. Ne cesse pas de faire ce que tu fais. Tu n’as qu’à tripatouiller les affaires, les boudiner toutes ensemble, et quant au peuple, pour te le concilier, il suffit que tu lui fasses une agréable petite cuisine de mots.»

Au delà du fait que François Hollande ressemble à mon charcutier, quand on découvre son programme, comment ne pas penser à ce texte d’Aristophane?

Création de 60000 postes à l’Éducation nationale, 150000 emplois d’avenir pour les jeunes, allocation d’autonomie pour les jeunes étudiants, création de 500000 contrats de génération, retraite à 60 ans: ce n’est plus de la démagogie, c’est tout simplement du délire. Pas la peine d’en rajouter: l’Amiral Woland a très bien résumé l’esprit de ce programme.

Mais quand même. Derrière cette démagogie, y’a-t-il de l’inconscience ou le cynisme de celui qui prend ses propres électeurs pour des abrutis? Pour financer ces distributions d’argent tous azimuts, François Hollande, qui sait pertinemment que l’argent ne tombe pas du ciel, devra nécessairement augmenter les impôts. Il a déjà annoncé que le taux de prélèvements obligatoires passera de 45,1% en 2012 à 46,9% en 2017. Mais ce sera loin d’être suffisant pour financer l’ensemble des mesures qu’il a prévues et leurs conséquences: on peut donc s’attendre à un véritable matraquage fiscal. D’autant plus qu’en déclarant la guerre à la finance et aux banques, Hollande risque de se priver d’un soutien important, notamment pour le financement de la dette et du déficit budgétaire. Il est donc facile pour François Bayrou de souligner le peu de crédibilité de ce programme: «Ce programme est très éloigné de ce qu’il faudrait pour qu’on ait un retour à l’équilibre crédible. On ne reviendra pas à l’équilibre avec ce programme-là. Ce n’est pas vrai, ce n’est pas imaginable. Il n’y a pas dans ce programme une seule mesure d’économie».

Bah oui, le programme de Hollande, c’est tout simplement de la démagogie. Et on retrouve bien là le caractère molasse de François Hollande car, comme le soulignait Jacqueline de Romilly,  à propos des démagogues athéniens, « le démagogue ne conduit pas le peuple, il le suit ; il n’a pas l’autorité« .

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27 janvier 2012 at 13 01 56 01561

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Hollande au Bourget: il n’en faut vraiment pas beaucoup pour combler les groupies

Dimanche, François Hollande a donné son premier grand meeting de campagne au Bourget. Comme pour n’importe quel rassemblement politique, ceux qui étaient déjà convaincus d’avance ont trouvé ça réussi. Autant dire que les groupies ont mouillé leur petite culotte. En entendant les hourras et les commentaires des militants interrogés à la sortie du meeting, on a en effet vraiment l’impression que la victoire n’a jamais été aussi proche: ce n’est pas sans nous rappeler le dernier meeting de Jospin, à Toulouse, en avril 2002.

Et puis, il n’y avait que du beau monde pour applaudir Hollande. Pensez donc: Jack Lang, Bertrand Delanoë, Martine Aubry, Pierre Moscovici qui revenait tout bronzé de ses vacances en Toscane, Mazarine et même Ségolène Royal, l’ex, qui demande à être respectée. Il ne manquait que DSK. Côté show-bizz, on a pu voir Gérard Darmon, Benjamin Biolay et Yannick Noah. Yannick Noah, le chanteur français le mieux payé en 2011, avec 3800000 euros, qui s’est exilé en Suisse, rappelons-le, pour ne pas payer ses impôts en France.

Depuis dimanche, les groupies n’en finissent plus de se masturber. Apparemment, elles ne se sont pas rendu compte qu’une partie du concert discours était en play-back. Bah oui. Quand François Hollande déclare que son véritable adversaire, c’est «le monde de la finance», on a l’impression d’entendre Mitterrand au congrès d’Épinay en 1971: «Le véritable ennemi, j’allais dire le seul, parce que tout passe par chez lui, […] c’est le monopole! Terme extensif… pour signifier toutes les puissances de l’argent». François Mitterrand qui, comme tout le monde le sait bien, n’aimait pas l’argent…

Bref, on ne pouvait pas faire plus démagogique que cette déclaration de guerre au monde de la finance et aux banques. En période de crise, c’est tellement facile. D’ailleurs, pendant qu’il y était, Hollande aurait pu ajouter que tout ça, hein, c’était la faute aux Juifs. Un peu d’antisémitisme, ça pourrait lui apporter ce vote des banlieues qu’il recherche tant.

Cette déclaration de guerre au monde financier est surtout débile. Car François Bayrou l’a bien souligné: le véritable ennemi, c’est le chômage. En fait, les vraies propositions économiques de François Hollande, qui se résument souvent à des formules creuses comme  « interdire les produits financiers sans lien avec l’économie réelle » sont inconsistantes et irréalisables. Elles sont faites pour flatter le gauchiste lambda. Cerise sur le gâteau: Hollande proposer de supprimer les stock-options, dont le régime fiscal avait été mis en place en 1998 par le gouvernement Jospin et par Dominique Strauss-Kahn!

François Hollande nous a donc servi des louches de démagogie. Comme il a peu d’idées nouvelles, il recycle les anciennes. Ainsi, Hollande propose d’inscrire la laïcité dans la constitution. Or la laïcité figure déjà dans la constitution, précisemment, dans l’article 1er qui stipule que « la France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale« . On peut donc s’interroger sur cet intérêt soudain pour la laïcité, alors que la loi de 1905 devrait suffire, d’autant plus que les socialistes ont l’habitude de se moquer ouvertement de la laïcité: Hollande n’a pas voté la loi sur l’interdiction du port de la burqa, Martine Aubry a institué des horaires réservés aux femmes dans les piscines de Lille et Daniel Vaillant, qui ne voit pas de problème dans les prières de rues, finance la construction d’une mosquée dans le XVIIIème arrondissement de Paris avec l’argent des contribuables. Ce dimanche, il était donc particulièrement écoeurant de voir Aubry et Vaillant applaudir Hollande quand il parlait de la laïcité.

Dernière louche de démagogie: l’égalité. François Hollande a fait de l’égalité un thème de sa campagne. Ça veut dire quoi? Ce qui est amusant, c’est de voir François Hollande, à qui on prête le caractère mou et indécis de Louis XVI, faire reférence à 1789. Or il semble confondre l’égalité en droit, héritage de 1789, et l’égalité tout court, qui est un fantasme totalitaire. Enfin, n’est-ce pas au nom de l’égalité qu’on a institué le collège unique, ce qui est synonyme de nivellement par le bas, et qu’on a ainsi mis l’éducation nationale dans l’impasse?

Le nivellement par le bas: voilà ce que reflète le discours de François Hollande. Un discours creux et poussif, qui n’est pas seulement démagogique mais qui confine aussi à l’autisme. François Hollande évite de dire la vérité aux Français: il les caresse dans le sens du poil et leur promet des choses impossibles, un peu comme si la crise économique et la mondialisation n’existaient pas. Mais ce n’est pas grave: l’essentiel, en attendant l’élection, n’est-ce pas finalement d’amuser les groupies avec des danses débiles?

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25 janvier 2012 at 12 12 14 01141

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Moscovici ferait bien de se faire oublier

Pierre Moscovici est le directeur de la campagne de François Hollande pour l’élection présidentielle. Ce n’est pas la honte qui l’étouffe. Et il risque de représenter un handicap pour Hollande. Voilà pourquoi.

Dans l’émission « Déshabillons-les » diffusée le 18 janvier sur Public Sénat, Moscovici raconte qu’il a pris ses distances avec Dominique Strauss-Kahn dès 2008. À l’époque, c’était quelques mois avant le congrès de Reims, Moscovici était candidat à la direction du parti et il s’était senti lâché par les strauss-kahniens, ce qui l’avait «blessé»:

«Ce qui m’a blessé c’est mon rapport avec Dominique Strauss-Kahn. Un rapport de mentor. Lui m’a connu comme le ‘petit Pierre’, lui m’a fait venir au Parti socialiste. J’étais son étudiant quand il est était un jeune prof, il devait avoir 33 ans, moi j’en avais 24, et puis pendant 25 ans, toutes les semaines, on s’est vu toutes les semaines. On a passé des vacances ensemble. On avait des relations intimes et c’est lui qui, à un moment donné, a décidé – Jean-Christophe Cambadélis et les autres n’ayant été que les instruments de ça – que, non, ce n’est pas comme ça que ça devait se passer. Et ça a marqué entre nous un éloignement personnel et politique (…) ça m’a fait de la peine».

C’est ce qui s’appelle un beau retournement de veste. Et une façon un peu trop visible de prendre les gens pour des cons. On se souvient en effet que Moscovici était un fervent partisan de Dominique Strauss-Kahn jusqu’à l’histoire de la suite 2806 du Sofitel: il se présentait volontiers comme son «lieutenant» et laissait entendre qu’il serait son directeur de campagne. La veille de l’arrestation de DSK, Moscovici était sur le plateau de Ruquier pour vendre son bouquin et vanter les qualités d’homme d’Etat de son « mentor« .
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Dans une interview, parue le 1er mai 2011 dans Le Monde, Moscovici prenait position en faveur de DSK, l’occasion d’égratigner François Hollande en soulignant son manque d’expérience:
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Si François Hollande a décidé de prendre les devants, c’est parce qu’il a senti qu’il avait besoin d’un certain temps pour installer sa candidature. C’est son droit, légitime, d’aspirer à occuper de hautes fonctions. Cela dit, s’agissant de la présidence de la République, celui qui a le plus de carrure et d’expérience pour occuper le poste est, selon moi, Dominique Strauss-Kahn – s’il souhaite bien sûr être candidat.

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Et puis, le 15 mai, Dominique Strauss-Kahn est inculpé pour avoir agressé sexuellement une femme de chambre dans sa suite du Sofitel. Pierre Moscovici apparaît alors sur toutes les chaînes de télévision pour nous asséner que « ce n’est pas le Dominique que je connais« . Il suffit de revoir cette interview accordée à France24:

Qu’il allait, j’en suis convaincu aussi, être désigné et qu’il allait peut-être être le Président des Français. Et puis aujourd’hui, c’est vrai, on a vu ces images d’une dureté absolument terrible et, quand je pense à ça, je suis toujours sidéré et incrédule. Incrédule parce que c’est un événement absolument considérable, qui d’ailleurs fait un peu le tour des médias mondiaux. Incrédule aussi parce que l’homme que je connais, je n’arrive pas à imaginer qu’il ait pu commettre les fautes graves – elles le sont et, si elles étaient avérées, ce serait évidemment très grave – qu’on lui impute. Mais c’est pas un homme de violence, Dominique Strauss-Kahn. Vous l’avez rappelé, j’ai été son étudiant il y a, malheureusement pour nous, longtemps. C’était il y a près de 30 ans. Je suis son compagnon, son ami et je n’ai jamais vu de violence en lui. […] Dominique Strauss-Kahn est un homme séduisant, un séducteur sans doute. C’est ce qu’on dit. Mais, entre cela et ce qu’on lui reproche, il n’y a pas seulement une différence de degré, il y a une différence de nature. Et donc c’est ça que je ne peux pas imaginer voir franchi. […] Moi, je ne vois pas dans mon ami cet homme-là. Je crois qu’il a la présomption d’innocence.
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Le 31 mai, dans son blog, Moscovici revient sur son soutien à DSK:
Mon soutien à la candidature de Dominique Strauss-Kahn n’était pas au premier chef affectif – même si l’amitié et la confiance y jouaient un rôle évident. Je souhaitais son entrée en lice parce qu’il me semblait pouvoir apporter des solutions aux problèmes économiques et sociaux du pays, et parce que je partage avec lui une certaine conception du socialisme, défini comme un réformisme radical.
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Et maintenant, il voudrait nous faire croire qu’il avait pris ses distances avec DSK dès 2008? Et sans doute était-ce une façon de soutenir François Hollande quand il écrivait dans son blog, le 10 février 2011, que François Hollande semblait « pour sa part un peu pincé, voire hautain« ? Ça donne envie de vomir.
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Une chose encore. Pierre Moscovici se vante de bien connaître Dominique Strauss-Kahn. D’être parti en vacances avec lui. D’avoir eu avec lui « des relations intimes« . Et il n’a jamais remarqué que DSK pouvait avoir un problème d’ordre sexuel avec les femmes. À moins d’être complice, c’est ce qui s’appelle avoir de la merde dans les yeux! Et en étant aussi peu clairvoyant, il prétendrait être le premier ministre de François Hollande? Il n’a vraiment pas honte! En fait, Pierre Moscovici est l’archétype du socialiste faux-cul, arriviste et donneur de leçon. Fils à papa, diplômé de Science-Po et de l’ENA, trotskyste passé au PS par opportunisme. Encore un qui va à la rencontre des ouvriers comme on va au zoo et qui prétend penser en leur nom. La France se meurt d’être gouvernée par des mecs comme ça.
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Encore une erreur à l’actif de François Hollande: avoir pris un tel Tartuffe comme directeur de campagne.

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21 janvier 2012 at 15 03 48 01481

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François Hollande a du mal à motiver ses troupes

Ça cafouille au PS si bien que Flanby a été obligé de se fâcher. Il a adressé hier une « sévère mise au point » à son équipe de campagne, après que l’aile gauche du PS a critiqué sa mesure phare relative aux 60.000 postes dans l’éducation.

La veille, en effet, Benoît Hamon, porte-parole du parti, Henri Emmanuelli et Marie-Noëlle Lienemann, semblaient tomber des nues en découvrant que cette mesure se réaliserait par « rédéploiement » et non par des créations nettes de postes. Ils dénonçaient ainsi dans un communiqué: « Si les 60 000 créations de postes annoncées par François Hollande  ne devaient l’être que par redéploiement, cela reviendrait à réduire le  service public de la santé ou de l’emploi pour consolider les moyens de  l’éducation nationale. Cela n’aurait aucun sens. Un poste de professeur en plus ne peut être payé par un poste d’infirmière en moins« . Pourtant, dès le mois d’octobre, Michel  Sapin, responsable du projet du candidat, avait assuré qu’il « n’a jamais été question d’augmenter le nombre de fonctionnaires ».

En fait, ces 60000 postes dans l’éducation, François Hollande va les trainer comme un boulet pendant toute la campagne. Et cela révèle que même au PS, on est incapable de dire quelles sont les propositions de François Hollande.

De toute façon, cette création de 60000 postes est incohérente. Pour financer les 60000 postes sur 5 ans, il faudrait dégager un total de 7,3 milliards d’euros sur l’ensemble de la mandature. Par ailleurs, on oublie qu’il y a de moins en moins de candidats pour être prof, si bien qu’on peut se demander comment les 60000 postes annoncés seront pourvus.

La mise au point de François Hollande tranche singulièrement avec les déclarations de Pierre Moscovici qui déclarait que Sarkozy ne pouvait plus battre François Hollande. Ce genre de déclaration nous rappelle la campagne de Jospin en 2002, où l’élection était gagnée d’avance, et il y a de quoi s’inquiéter. Tout cela semble indiquer qu’il y aurait le feu dans la maison PS. On murmure d’ailleurs que certains auraient déjà intégré l’idée d’une défaite de François Hollande et penseraient déjà au « coup d’après« , c’est-à-dire les législatives.

Enfin, au final, au delà d’un certain nombre de cafouillages (l’accord avec les verts sur le nucléaire et le rétropédalage à propos du quotient familial), François Hollande semble incapable de tenir ses troupes: ça nous rappelle le bordel au PS lors du référendum sur le traité européen. Ce manque flagrant d’autorité nous promet de jolis couacs si, par hasard, Hollande était élu président.

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19 janvier 2012 at 10 10 36 01361

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François Hollande rencontre des ouvriers

Les socialistes visitent des usines comme d’autres vont au zoo, un peu comme s’ils allaient voir des espèces en voie de disparition. Sans doute parce que je suis un fils d’ouvrier (mon père était chaudronnier), je n’ai jamais supporté cette condescendance à la fois mielleuse et larmoyante des socialistes quand ils s’adressent à des ouvriers. Ces airs préoccupés, ces sourires forcés. Beurk.

Mardi, François Hollande et Martine Aubry étaient réunis pour un déplacement en Moselle sur le thème de l’industrie. Apparemment, personne ne leur a expliqué que la désindustrialisation, elle date de Mitterrand. Ils ont visité une entreprise qui a réussi sa restructuration, Akers, puis ont rencontré des salariés de l’ancienne usine Arcelor-Mittal. Patelin, François Hollande leur a expliqué qu’il souhaitait mener une véritable politique industrielle, à travers notamment la proposition d’une banque publique d’investissement. Encore un truc qui va plomber les finances publiques. Mais peu importe.

Ensuite, chose curieuse, Hollande s’est cru obligé de justifier la présence de Martine Aubry: «Parce Martine Aubry est la première secrétaire du PS, ça devrait suffire. Parce qu’elle est pleinement dans la campagne. Parce qu’elle a été ministre de l’Emploi».

Enfin, on a vu Hollande en difficulté face aux syndicalistes qui lui demandaient de s’engager sur une loi qui obligerait un actionnaire à céder un site s’il ne souhaite plus l’exploiter. Il se tortille en disant que c’est «compliqué»: «On est en train d’y travailler. Je n’ai pas de réponse juridique». Puis il se retourne vers Martine Aubry: «Martine Aubry peut dire un mot?» et la laisse se démmerder: en l’occurence, elle va réciter son habituel laïus sur les licenciements boursiers qu’il faudrait rendre «plus coûteux».

Après la visite, on imagine très bien Hollande faire le bilan de la visite dans sa voiture: «C’était sympa, hein, de rencontrer des ouvriers? Je dois dire que j’ai eu un peu peur à un moment, on ne sait jamais comment ils peuvent réagir, mais c’était quand même sympa.». Comme une visite au zoo.

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18 janvier 2012 at 11 11 08 01081

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La Corrèze n’existe pas pour les agences de notation

C’est un François Hollande qui n’avait pas l’air au mieux de sa forme qui a finalement réagi, samedi midi, à l’annonce, vendredi après-midi, de la dégradation de la note de la France. Ça en dit long sur la réactivité du bonhomme…

Et il nous a dit, quoi, Flanby?

«Ce n’est pas la France qui a été dégradée, c’est une politique, c’est une stratégie, c’est une équipe, c’est un gouvernement, c’est un président».

Une nouvelle fois, il se montre incapable de proposer une solution ou d’avoir ne serait-ce que le début d’une idée. Comme d’habitude, il se contente de charger Nicolas Sarkozy. Ceci dit, au moins, il n’a pas raconté de salades comme Martine Aubry, qui expliquait vendredi soir qu’il fallait « relancer la croissance » et que Sarkozy avait fait le contraire en faisant « le choix de l’austérité ». Comme si le choix de l’austérité, vue la situation, ne s’imposait pas.

François Hollande a l’air de dire que Nicolas Sarkozy est le seul responsable de tout ce qui va mal: de la crise, de la dette, etc. Avec beaucoup de mauvaise foi, il préfère nier que la crise économique mondiale a un effet très réel sur les finances publiques: les recettes sont insuffisantes tandis que les dépenses (indemnisation de chômeurs et plans de relance) augmentent. Sarkozy a fait ce qu’il a pu, il a même limité les dégâts. Les socialistes n’auraient pas fait mieux. D’ailleurs, en Espagne, où le socialiste Zapatero était au pouvoir, la dette a également explosé.

Par ailleurs, François Hollande refuse la règle dor. C’est-à-dire qu’il refuse d’inscrire l’interdiction des déficits dans la Constitution. Ce n’est pas étonnant puisqu’il promet de recruter 60000 professeurs et 300000 emplois dit « d’avenir ». Cette conception de l’économie, qui va à l’encontre de l’équilibre budgétaire, est pourtant largement dépassée: on sait en effet que l’État ne relancera pas la croissance en multipliant les embauches.

Comme François Bayrou l’a très justement souligné, les gouvernements qui se sont succédés depuis trente ans, qu’ils soient de gauche comme de droite, ont contribué à creuser les déficits et à augmenter la dette. Bayrou a ainsi dénoncé une « coresponsabilité » des « gouvernements successifs« , qui ont pratiqué une « politique d’insouciance« , et a affirmé que la situation actuelle avait « pris naissance au milieu ou à la fin des années 90« .

Mais François Hollande se targue de ne pas être responsable. En effet, il n’a jamais été dans aucun gouvernement. Son expérience en la matière est nulle. Cependant, si on regarde la Corrèze, le seul endroit où il a exercé des responsabilités, son bilan n’est pas brillant: avec environ 1400 euros de dette par habitant, la Corrèze est l’un des départements les plus endettés de France. Ça promet.

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14 janvier 2012 at 23 11 10 01101

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La note de la France dégradée pour la plus grande joie de la gauche

Standard & Poor’s a dégradé la note de la France. Dans le même temps, les notes de l’Italie et de l’Espagne sont dégradées de deux crans chacune. La dégradation de la note de la France n’est qu’une demi-surprise: elle entérine ce que les marchés savaient déjà. Ce n’est pas vraiment une bonne nouvelle. Elle va avoir des conséquences à la fois pour le Fonds européen de stabilité financière et, en France, pour les collectivités locales telles que Paris ou la région Ile-de-France qui verront leur note abaissée. Pour les ménages, on peut redouter une hausse du coût du crédit.
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Au PS, on se gargarise. Jean-Marie Le Guen, député de Paris, ne peut dissimuler sa joie: «C’est un triple échec pour Nicolas Sarkozy: échec de sa politique économique depuis cinq ans qui a mené la France dans cette situation, échec de la gestion de la crise et échec social.» Pour Jean-Marc Ayrault, la dégradation de la note «est la rançon d’un quinquennat calamiteux qui a affaibli la crédibilité du pays, la faillite d’une gestion erratique qui a fait exploser la dette et conduit à la récession, la conséquence d’une politique européenne qui a échoué à rétablir la confiance des peuples comme des investisseurs». Martine Aubry, quant-à-elle, se surpasse:  «M. Sarkozy avait dit qu’il ferait tout pour garder le triple A, qu’il avait érigé en ‘trésor national’. En réalité, il a fait le contraire de ce qui était nécessaire et juste. Il aurait fallu relancer la croissance: il a fait le choix de l’austérité. La perte du triple A a un seul responsable: M. Sarkozy».
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Tant que la France conservait son triple A, les socialistes émettaient des doutes sur la crédibilité des agences de notation. Aujourd’hui, avec la perte d’un A, ces doutes sont, comme par miracle, dissipés.
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Ces gens qui se réjouissent des malheurs de la nation, ça ne vous rappelle rien? Mais si, voyons. souvenez-vous: le parti communiste français ne s’est-il pas réjoui de la défaite de juin 1940?
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Après la signature du pacte germano-soviétique, en 1939, le PCF reste fidèle à Staline. Quand la France déclare la guerre à l’Allemagne, les communistes français ne sont pas d’accord. Le PCF invite alors ses militants à refuser de porter l’uniforme. Certains communistes vont jusqu’à prôner le sabotage dans l’industrie de guerre:  comme ce fut le cas dans la Poudrerie de Sorgue ou dans les usines Farman, à Paris, où des moteurs d’avion furent sabotés. Le Parti est dissous le 26 septembre par Édouard Daladier et des militants communistes, considérés comme traîtres, sont emprisonnés. Le comportement d’André Marty et de Marcel Cachin est à ce point anti-français que le gouvernement doit les déchoir de leur nationalité. Maurice Thorez, secrétaire général du Parti, mobilisé, déserte et s’enfuit à Moscou: il franchit la frontière belge le 2 octobre et traverse de part en part l’Allemagne nazie.
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Après la débâcle, les communistes français se réjouissent de la défaite de l’armée française en juin 1940. L’Humanité du 19 juin 1940 peut proclamer, sans aucun complexe: « Notre drapeau, c’est celui de la paix, celui de la lutte contre le capitalisme, celui de la fraternité des peuples, et tout cela c’est la pensée profonde de notre grand Parti ». Le 4 juillet 1940, L’Humanité se félicite des relations de collaboration entre les soldats allemands et la population française: «Travailleurs français et soldats allemands. Il est particulièrement réconfortant, en ces temps de malheur; de voir de nombreux travailleurs parisiens s’entretenir amicalement avec des soldats allemands, soit dans la rue, soit au bistrot du coin. Bravo, camarades, continuez, même si cela ne plaît pas à certains bourgeois aussi stupides que malfaisants». Les communistes distribuent alors des tracts «Nous avions raison», «Les soldats allemands sont vos frères, pactisez, ne vous trompez pas, votre ennemi c’est le grand capital, les trusts de France, d’Angleterre, d’Amérique» ou encore «De Gaulle est un salaud»…
Les communistes vont entrainer dans leur sillage de nombreuses fiottes de la SFIO qui vont accueillir l’envahisseur allemand à bras ouverts et qui, au nom du pacifisme et de l’internationalisme, vont se lancer dans l’aventure douteuse de la collaboration. Au même moment, des patriotes traversent la Manche pour rejoindre De Gaulle.
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C’est quand il y a des difficultés, face à l’adversité, que l’on peut faire ce constat: il y a ceux qui aiment leur pays. Et il y a ceux qui ne l’aiment pas.

Written by Noix Vomique

13 janvier 2012 at 23 11 14 01141

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