Noix Vomique

François Hollande a du mal à motiver ses troupes

Ça cafouille au PS si bien que Flanby a été obligé de se fâcher. Il a adressé hier une « sévère mise au point » à son équipe de campagne, après que l’aile gauche du PS a critiqué sa mesure phare relative aux 60.000 postes dans l’éducation.

La veille, en effet, Benoît Hamon, porte-parole du parti, Henri Emmanuelli et Marie-Noëlle Lienemann, semblaient tomber des nues en découvrant que cette mesure se réaliserait par « rédéploiement » et non par des créations nettes de postes. Ils dénonçaient ainsi dans un communiqué: « Si les 60 000 créations de postes annoncées par François Hollande  ne devaient l’être que par redéploiement, cela reviendrait à réduire le  service public de la santé ou de l’emploi pour consolider les moyens de  l’éducation nationale. Cela n’aurait aucun sens. Un poste de professeur en plus ne peut être payé par un poste d’infirmière en moins« . Pourtant, dès le mois d’octobre, Michel  Sapin, responsable du projet du candidat, avait assuré qu’il « n’a jamais été question d’augmenter le nombre de fonctionnaires ».

En fait, ces 60000 postes dans l’éducation, François Hollande va les trainer comme un boulet pendant toute la campagne. Et cela révèle que même au PS, on est incapable de dire quelles sont les propositions de François Hollande.

De toute façon, cette création de 60000 postes est incohérente. Pour financer les 60000 postes sur 5 ans, il faudrait dégager un total de 7,3 milliards d’euros sur l’ensemble de la mandature. Par ailleurs, on oublie qu’il y a de moins en moins de candidats pour être prof, si bien qu’on peut se demander comment les 60000 postes annoncés seront pourvus.

La mise au point de François Hollande tranche singulièrement avec les déclarations de Pierre Moscovici qui déclarait que Sarkozy ne pouvait plus battre François Hollande. Ce genre de déclaration nous rappelle la campagne de Jospin en 2002, où l’élection était gagnée d’avance, et il y a de quoi s’inquiéter. Tout cela semble indiquer qu’il y aurait le feu dans la maison PS. On murmure d’ailleurs que certains auraient déjà intégré l’idée d’une défaite de François Hollande et penseraient déjà au « coup d’après« , c’est-à-dire les législatives.

Enfin, au final, au delà d’un certain nombre de cafouillages (l’accord avec les verts sur le nucléaire et le rétropédalage à propos du quotient familial), François Hollande semble incapable de tenir ses troupes: ça nous rappelle le bordel au PS lors du référendum sur le traité européen. Ce manque flagrant d’autorité nous promet de jolis couacs si, par hasard, Hollande était élu président.

Written by Noix Vomique

19 janvier 2012 à 10 h 36 min

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