Noix Vomique

Moscovici ferait bien de se faire oublier

Pierre Moscovici est le directeur de la campagne de François Hollande pour l’élection présidentielle. Ce n’est pas la honte qui l’étouffe. Et il risque de représenter un handicap pour Hollande. Voilà pourquoi.

Dans l’émission « Déshabillons-les » diffusée le 18 janvier sur Public Sénat, Moscovici raconte qu’il a pris ses distances avec Dominique Strauss-Kahn dès 2008. À l’époque, c’était quelques mois avant le congrès de Reims, Moscovici était candidat à la direction du parti et il s’était senti lâché par les strauss-kahniens, ce qui l’avait «blessé»:

«Ce qui m’a blessé c’est mon rapport avec Dominique Strauss-Kahn. Un rapport de mentor. Lui m’a connu comme le ‘petit Pierre’, lui m’a fait venir au Parti socialiste. J’étais son étudiant quand il est était un jeune prof, il devait avoir 33 ans, moi j’en avais 24, et puis pendant 25 ans, toutes les semaines, on s’est vu toutes les semaines. On a passé des vacances ensemble. On avait des relations intimes et c’est lui qui, à un moment donné, a décidé – Jean-Christophe Cambadélis et les autres n’ayant été que les instruments de ça – que, non, ce n’est pas comme ça que ça devait se passer. Et ça a marqué entre nous un éloignement personnel et politique (…) ça m’a fait de la peine».

C’est ce qui s’appelle un beau retournement de veste. Et une façon un peu trop visible de prendre les gens pour des cons. On se souvient en effet que Moscovici était un fervent partisan de Dominique Strauss-Kahn jusqu’à l’histoire de la suite 2806 du Sofitel: il se présentait volontiers comme son «lieutenant» et laissait entendre qu’il serait son directeur de campagne. La veille de l’arrestation de DSK, Moscovici était sur le plateau de Ruquier pour vendre son bouquin et vanter les qualités d’homme d’Etat de son « mentor« .
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Dans une interview, parue le 1er mai 2011 dans Le Monde, Moscovici prenait position en faveur de DSK, l’occasion d’égratigner François Hollande en soulignant son manque d’expérience:
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Si François Hollande a décidé de prendre les devants, c’est parce qu’il a senti qu’il avait besoin d’un certain temps pour installer sa candidature. C’est son droit, légitime, d’aspirer à occuper de hautes fonctions. Cela dit, s’agissant de la présidence de la République, celui qui a le plus de carrure et d’expérience pour occuper le poste est, selon moi, Dominique Strauss-Kahn – s’il souhaite bien sûr être candidat.

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Et puis, le 15 mai, Dominique Strauss-Kahn est inculpé pour avoir agressé sexuellement une femme de chambre dans sa suite du Sofitel. Pierre Moscovici apparaît alors sur toutes les chaînes de télévision pour nous asséner que « ce n’est pas le Dominique que je connais« . Il suffit de revoir cette interview accordée à France24:

Qu’il allait, j’en suis convaincu aussi, être désigné et qu’il allait peut-être être le Président des Français. Et puis aujourd’hui, c’est vrai, on a vu ces images d’une dureté absolument terrible et, quand je pense à ça, je suis toujours sidéré et incrédule. Incrédule parce que c’est un événement absolument considérable, qui d’ailleurs fait un peu le tour des médias mondiaux. Incrédule aussi parce que l’homme que je connais, je n’arrive pas à imaginer qu’il ait pu commettre les fautes graves – elles le sont et, si elles étaient avérées, ce serait évidemment très grave – qu’on lui impute. Mais c’est pas un homme de violence, Dominique Strauss-Kahn. Vous l’avez rappelé, j’ai été son étudiant il y a, malheureusement pour nous, longtemps. C’était il y a près de 30 ans. Je suis son compagnon, son ami et je n’ai jamais vu de violence en lui. […] Dominique Strauss-Kahn est un homme séduisant, un séducteur sans doute. C’est ce qu’on dit. Mais, entre cela et ce qu’on lui reproche, il n’y a pas seulement une différence de degré, il y a une différence de nature. Et donc c’est ça que je ne peux pas imaginer voir franchi. […] Moi, je ne vois pas dans mon ami cet homme-là. Je crois qu’il a la présomption d’innocence.
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Le 31 mai, dans son blog, Moscovici revient sur son soutien à DSK:
Mon soutien à la candidature de Dominique Strauss-Kahn n’était pas au premier chef affectif – même si l’amitié et la confiance y jouaient un rôle évident. Je souhaitais son entrée en lice parce qu’il me semblait pouvoir apporter des solutions aux problèmes économiques et sociaux du pays, et parce que je partage avec lui une certaine conception du socialisme, défini comme un réformisme radical.
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Et maintenant, il voudrait nous faire croire qu’il avait pris ses distances avec DSK dès 2008? Et sans doute était-ce une façon de soutenir François Hollande quand il écrivait dans son blog, le 10 février 2011, que François Hollande semblait « pour sa part un peu pincé, voire hautain« ? Ça donne envie de vomir.
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Une chose encore. Pierre Moscovici se vante de bien connaître Dominique Strauss-Kahn. D’être parti en vacances avec lui. D’avoir eu avec lui « des relations intimes« . Et il n’a jamais remarqué que DSK pouvait avoir un problème d’ordre sexuel avec les femmes. À moins d’être complice, c’est ce qui s’appelle avoir de la merde dans les yeux! Et en étant aussi peu clairvoyant, il prétendrait être le premier ministre de François Hollande? Il n’a vraiment pas honte! En fait, Pierre Moscovici est l’archétype du socialiste faux-cul, arriviste et donneur de leçon. Fils à papa, diplômé de Science-Po et de l’ENA, trotskyste passé au PS par opportunisme. Encore un qui va à la rencontre des ouvriers comme on va au zoo et qui prétend penser en leur nom. La France se meurt d’être gouvernée par des mecs comme ça.
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Encore une erreur à l’actif de François Hollande: avoir pris un tel Tartuffe comme directeur de campagne.

Written by Noix Vomique

21 janvier 2012 à 15 h 48 min

Publié dans Uncategorized

Une Réponse

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  1. […] du beau monde pour applaudir Hollande. Pensez donc: Jack Lang, Bertrand Delanoë, Martine Aubry, Pierre Moscovici qui revenait tout bronzé de ses vacances en Toscane, Mazarine et même Ségolène Royal, […]


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