Noix Vomique

Hollande au Bourget: il n’en faut vraiment pas beaucoup pour combler les groupies

Dimanche, François Hollande a donné son premier grand meeting de campagne au Bourget. Comme pour n’importe quel rassemblement politique, ceux qui étaient déjà convaincus d’avance ont trouvé ça réussi. Autant dire que les groupies ont mouillé leur petite culotte. En entendant les hourras et les commentaires des militants interrogés à la sortie du meeting, on a en effet vraiment l’impression que la victoire n’a jamais été aussi proche: ce n’est pas sans nous rappeler le dernier meeting de Jospin, à Toulouse, en avril 2002.

Et puis, il n’y avait que du beau monde pour applaudir Hollande. Pensez donc: Jack Lang, Bertrand Delanoë, Martine Aubry, Pierre Moscovici qui revenait tout bronzé de ses vacances en Toscane, Mazarine et même Ségolène Royal, l’ex, qui demande à être respectée. Il ne manquait que DSK. Côté show-bizz, on a pu voir Gérard Darmon, Benjamin Biolay et Yannick Noah. Yannick Noah, le chanteur français le mieux payé en 2011, avec 3800000 euros, qui s’est exilé en Suisse, rappelons-le, pour ne pas payer ses impôts en France.

Depuis dimanche, les groupies n’en finissent plus de se masturber. Apparemment, elles ne se sont pas rendu compte qu’une partie du concert discours était en play-back. Bah oui. Quand François Hollande déclare que son véritable adversaire, c’est «le monde de la finance», on a l’impression d’entendre Mitterrand au congrès d’Épinay en 1971: «Le véritable ennemi, j’allais dire le seul, parce que tout passe par chez lui, […] c’est le monopole! Terme extensif… pour signifier toutes les puissances de l’argent». François Mitterrand qui, comme tout le monde le sait bien, n’aimait pas l’argent…

Bref, on ne pouvait pas faire plus démagogique que cette déclaration de guerre au monde de la finance et aux banques. En période de crise, c’est tellement facile. D’ailleurs, pendant qu’il y était, Hollande aurait pu ajouter que tout ça, hein, c’était la faute aux Juifs. Un peu d’antisémitisme, ça pourrait lui apporter ce vote des banlieues qu’il recherche tant.

Cette déclaration de guerre au monde financier est surtout débile. Car François Bayrou l’a bien souligné: le véritable ennemi, c’est le chômage. En fait, les vraies propositions économiques de François Hollande, qui se résument souvent à des formules creuses comme  « interdire les produits financiers sans lien avec l’économie réelle » sont inconsistantes et irréalisables. Elles sont faites pour flatter le gauchiste lambda. Cerise sur le gâteau: Hollande proposer de supprimer les stock-options, dont le régime fiscal avait été mis en place en 1998 par le gouvernement Jospin et par Dominique Strauss-Kahn!

François Hollande nous a donc servi des louches de démagogie. Comme il a peu d’idées nouvelles, il recycle les anciennes. Ainsi, Hollande propose d’inscrire la laïcité dans la constitution. Or la laïcité figure déjà dans la constitution, précisemment, dans l’article 1er qui stipule que « la France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale« . On peut donc s’interroger sur cet intérêt soudain pour la laïcité, alors que la loi de 1905 devrait suffire, d’autant plus que les socialistes ont l’habitude de se moquer ouvertement de la laïcité: Hollande n’a pas voté la loi sur l’interdiction du port de la burqa, Martine Aubry a institué des horaires réservés aux femmes dans les piscines de Lille et Daniel Vaillant, qui ne voit pas de problème dans les prières de rues, finance la construction d’une mosquée dans le XVIIIème arrondissement de Paris avec l’argent des contribuables. Ce dimanche, il était donc particulièrement écoeurant de voir Aubry et Vaillant applaudir Hollande quand il parlait de la laïcité.

Dernière louche de démagogie: l’égalité. François Hollande a fait de l’égalité un thème de sa campagne. Ça veut dire quoi? Ce qui est amusant, c’est de voir François Hollande, à qui on prête le caractère mou et indécis de Louis XVI, faire reférence à 1789. Or il semble confondre l’égalité en droit, héritage de 1789, et l’égalité tout court, qui est un fantasme totalitaire. Enfin, n’est-ce pas au nom de l’égalité qu’on a institué le collège unique, ce qui est synonyme de nivellement par le bas, et qu’on a ainsi mis l’éducation nationale dans l’impasse?

Le nivellement par le bas: voilà ce que reflète le discours de François Hollande. Un discours creux et poussif, qui n’est pas seulement démagogique mais qui confine aussi à l’autisme. François Hollande évite de dire la vérité aux Français: il les caresse dans le sens du poil et leur promet des choses impossibles, un peu comme si la crise économique et la mondialisation n’existaient pas. Mais ce n’est pas grave: l’essentiel, en attendant l’élection, n’est-ce pas finalement d’amuser les groupies avec des danses débiles?

Written by Noix Vomique

25 janvier 2012 à 12 h 14 min

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2 Réponses

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  1. Du grand n importe quoi, nous sommes d accord qui n’avait que vocation de combler les groupies et autres fans en extase. A tel point, comme je l ai dit chez moi, que j’en ai trouvé un pour trouver que ds le discours d’Hollande, il y avait du … Martin Luther King tant c’était …beau. Je crois qu on est mal barrés🙂

    corto74

    25 janvier 2012 at 17 h 11 min

    • Oui, Corto, cette Hollandemania, c’est en effet n’importe quoi. Ça ne repose pas sur grand chose. Le plus risible, c’est de voir toutes ces groupies s’enflammer alors qu’il y a un an, à peine, elles soutenaient DSK et considéraient Flanby comme le dernier des ringards…

      strychnos

      31 janvier 2012 at 12 h 36 min


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