Noix Vomique

Archive for février 2012

La sarkophobie, c’est la brutalisation du débat politique

Dimanche matin, sur Europe 1, Pierre Moscovici dénonçait la brutalité de l’UMP et demandait une campagne sans snipers. L’après-midi, Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole de François Hollande, comparait Nicolas Sarkozy à une sorte de « mélange de Silvio Berlusconi et de Vladimir Poutine, avec le vide idéologique de l’un et la brutalité des méthodes de l’autre. » Rien que cela.

Depuis l’entrée en campagne de Nicolas Sarkozy, comme s’il y avait un vent de panique dans l’entourage de François Hollande, les socialistes redoublent  de violence dans leurs attaques contre Nicolas Sarkozy. Il est quand même comique de voir les porte-flingues du PS, qui traitent régulièrement le Président de la République de « sale mec« , de « Madoff« , d' »anormal » ou encore de « Voyou de la République« , se plaindre de la brutalité de la campagne à droite.

Sous des airs faussement patelins, c’est d’ailleurs François Hollande qui est le plus opiniâtre au moment d’être hargneux. La semaine dernière, invité au «20 heures» de TF1, tout en appelant à ce que le débat présidentiel soit placé à une «hauteur digne de l’enjeu», il a accusé Nicolas Sarkozy de «falsification, caricature, manipulation» avant de juger que durant son quinquennat, Sarkozy avait fait preuve de «brutalité, de méchanceté». Ailleurs, en banlieue, alors qu’il visite une barre d’appartements promise à la destruction, François Hollande, plein de morgue, égratigne le président de la République sur la question du logement: «J’en connais un qui avait dit: “Plus personne ne dormira dehors.” On verra où il dormira après le 6 mai». Il ne manque jamais de présenter Sarkozy comme quelqu’un de violent ou d’agressif: «Moi, je ne participe pas de la violence ni de l’agressivité. Ce ton n’est pas digne de la fonction à laquelle je suis candidat. Si Nicolas Sarkozy veut être dans le registre de l’agressivité, je le laisse. Cela correspond sans doute à son tempérament. Ceux qui s’énervent, ceux qui s’agitent sont souvent ceux qui s’inquiètent. Moi je ne m’inquiète pas

Depuis des années, c’est la même rengaine: Nicolas Sarkozy serait brutal. Pour un peu, il violerait des femmes de chambre dans des hôtels de luxe. Ces attaques, systématiques, qui sont d’une violence inouïes, ont fait prospérer un antisarkozysme viscéral et irrationnel, qui n’a plus rien à voir avec le débat politique. L’antisarkozysme, devenu pavlovien, s’est tout simplement mué en sarkophobie. En transformant le président de la République en ennemi, ou en quelqu’un d’anormal, les socialistes nient le jeu démocratique. Il n’y a plus d’adversaire ou de contradicteurs: juste des ennemis qu’il faut abattre.De l’insulte à la calomnie, tous les moyens sont bons. Le PS, en cultivant la sarkophobie, a largement contribué à la brutalisation de la vie politique. Une brutalisation qu’il a le culot ensuite de dénoncer. En fait, la brutalisation du débat politique est faite pour que les adversaires comme les électeurs de l’autre camp soient intimidés, voire anéantis.

En 2007, quand Jean-Marie Le Pen, à la veille de l’élection présidentielle, dénonça plusieurs fois « le juif Sarkozy », on n’entendit guère les socialistes s’indigner comme ils ont l’habitude de le faire en pareille occasion. Au contraire, ils se réjouissaient en secret qu’une telle saillie puisse alimenter l’antisarkozysme… Les attaques sur le physique du Président de la République ont suivi cette logique.

Toujours est-il que les attaques systématiques à l’encontre de Nicolas Sarkzoy n’ont pas tardé à porter leurs fruits dans l’opinion, indépendamment de la politique menée. On ramène tout à Sarkozy: tout est de sa faute et tout ce qu’il fait est forcément mal. En 2010, un prêtre lillois ne déclarait-il pas qu’il priait pour « la mort de Sarkozy »? Ce rejet plein de haine a été constamment attisé par les socialistes, qui ont fait de l’opposition systématique, comme ils l’ont encore fait mardi dernier, en refusant de voter pour le mécanisme européen de stabilité. La sarkophobie est en effet plus forte que les convictions européennes des socialistes: par haine du président, les socialistes se sont ainsi opposés au compromis de 27 pays! Cette haine va très loin.

Enfin, la sarkophobie est violemment obsessionnelle. Les sarkophobes sont en effet obsédés par le Président: ils le voient partout et ont l’impression qu’il monopolise tous les médias, même ceux de gauche: le nombre de couvertures que le Nouvel obs, Libé ou Marianne ont consacré durant ces cinq dernières années au Président de la République est impressionnant. Cette sarkophobie obsessionnelle, on la retrouve bien sûr sur internet, dans les réseaux sociaux et les blogs.

Le symbole de cette sarkophobie, ce sont les blogs de Sarkofrance: un type, sans doute charmant mais obsédé par l’objet de sa haine, et qui remplit des milliers de pages sur internet pour exprimer sa haine: au détour d’un texte, en se remémorant le 21 avril 2002, il dit que si cela se reproduisait en 2012, il irait « simplement acheter un fusil« . Un fusil, rien que ça: on croirait lire un Ander Behring Breivik qui ne serait pas encore passé à l’acte. Le Ander Behring Breivik de la gauche française.

Rien n’est plus brutal que la sarkophobie.

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Sarkozy dîne au Fouquet’s: les socialistes ont la nausée pendant 5 ans

Ce matin, interrogé par France Inter sur le mea culpa de Nicolas Sarkozy à propos du dîner au Fouquet’s, le soir de son élection, François Hollande n’a pu s’empëcher, une fois de plus, de déverser son fiel:  «Oui, ça m’a touché. Il y a un côté petit garçon qui vient de dire qu’il ne retournerait plus au Fouquet’s la fois prochaine. Il a même balbutié. Il n’aura pas besoin d’y revenir puisque j’espère qu’il ne sera plus président

En même temps, François Hollande peut remercier Cécilia Sarkozy d’avoir choisi ce restaurant des Champs-Élysées pour fêter l’élection présidentielle. Car, sans le Fouquet’s, de quoi la gauche aurait-elle parlé pendant ces cinq dernières années?

Comme l’a dit Nicolas Sarkozy, le Fouquet’s, « ça a été vraiment le feuilleton« . Depuis cette fameuse soirée, qu’elle considère sans doute comme le péché originel de Sarkozy, la gauche n’a pas cessé d’utiliser le Fouquet’s comme le symbole, non seulement d’un luxe bling-bling et indécent, mais aussi de la collusion avec les riches, les people, bla bla bla. On a même entendu parler d’État-Fouquets! Ce qui est en cause ? L’image d’une poignée de beautiful people qui auraient fêté leur victoire plus que celle d’un homme. On a ainsi parlé de la bande du Fouquet’s. Les socialistes, mauvais perdants, n’ont cessé de ressasser cette histoire. Encore et encore. Ad nauseam. Ça a donné le ton de leur opposition. À deux mois du premier tour, François Hollande continue à exploiter cette histoire car il n’a rien d’autre à dire.

En fait, il n’y a pas de quoi fouetter un chat. C’était juste une soirée de victoire électorale: Nicolas Sarkozy venait d’être élu par 23 millions de Français. Ce n’est pas rien. Comme si une victoire, démagogie oblige, ça devait se fêter dans un boui-boui. Mais passons. Par ailleurs, Nicolas Sarkozy n’est pas le seul à aimer les restaurants de luxe…

En janvier dernier, François Hollande a rencontré Bernard-Henri Lévy dans un restaurant qui s’appelle Le Laurent. La salade est à 140 euros. Ce n’est pas rien. Comment peut-on dénoncer le dîner du Fouquet’s, déclarer la guerre à « l’empire de la finance » puis déjeuner ensuite dans un quatre étoiles parisien avec le philosophe le plus bling-bling que l’on puisse imaginer? François Hollande est un hypocrite.

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23 février 2012 at 23 11 50 02502

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Hollande prépare l’État-PS tout en dénonçant l’État-UMP

Probablement à cours d’idées, François Hollande s’est souvenu d’une époque où le Parti Socialiste dénonçait l’État-RPR. Aussi, ce dimanche, sur BFM, il a recyclé cette vieille ficelle et a déclaré que les hauts fonctionnaires liés au «système» Sarkozy devraient «forcément à laisser la place à d’autres» s’il était élu à l’Elysée: «Eh bien nous aurons, sans qu’il y ait de brutalité, sans qu’il y ait d’excès, à remettre l’Etat républicain à sa place», a-t-il promis.

Ainsi, sous couvert de dénoncer l’État-UMP, François Hollande nous annonce, l’air de rien, une véritable chasse aux sorcières. Et c’est lui qui parle de la «brutalité» de Nicolas Sarkozy! Nathalie Kosciusko-Morizet, lorsqu’elle parle de  «purge», ne s’y est pas trompée.  La gauche est travaillée par ses vieux démons.

Les propos de François Hollande sont choquants à plus d’un titre.

D’abord, parce que l’État-UMP est une fiction. Hollande feint d’ignorer que Nicolas Sarkzoy a toujours fait en sorte que des personnalités d’opposition soient nommées à des postes qui, habituellement sous la Vème République, reviennent à la majorité. C’est la fameuse ouverture: Sarkozy a fait l’erreur de croire que ça pouvait marcher. Les socialistes ont refusé collectivement cette ouverture. Mais, à titre individuel, ils n’ont pas hésité à accepter tous les postes ou toutes les missions que Sarkozy leur proposait. Ainsi, en 2010, le député socialiste de l’Isère Didier Migaud a été nommé à la tête de la Cour des comptes par décret présidentiel. Au PS, où l’on est toujours prêts à dénoncer le «système Sarkozy» , on s’était réjoui de cette nomination. C’est un bel exemple de duplicité.

Les propos de François Hollande sont également choquants parce qu’ils font écho à une réunion, début janvier à Paris, avec près de trois cents hauts fonctionnaires. Hollande leur avait annoncé: « Je sais que certains d’entre vous sont aussi là parce qu’ils cherchent des postes. Ils ont raison, car des postes, il y en aura ».  En fait, François Hollande, qui n’a pourtant pas de mots assez durs pour dénoncer le «système» Sarkozy, est en train de préparer un État-PS: il essaie de débaucher des hauts fonctionnaires en leur promettant des postes. Mais aussi, plus subtilement, parce que c’est implicite, il les menace: si vous êtes dans notre camp, vous aurez des postes, si vous ne l’êtes pas, ce sera le placard.

Alors, bien sûr, il y aura toujours un gauchiste pour me rappeler l’épisode, certes regrettable, de Jean Sarkozy à l’EPAD. Mais ce n’est pas la même chose: d’un côté, on a un candidat qui promet en privé des postes à des hauts fonctionnaires, ce qui ressemble quand même à une tentative de corruption, et de l’autre, un cas hélas banal de népotisme. Or le népotisme, il existe à droite comme à gauche. François Mitterrand avait casé ses fils avec le bonheur que l’on sait et, encore aujourd’hui, les gens lèchent les bottes de Mazarine parce qu’elle est la fille de Mitterrand. Quand on y songe, cela expliquerait d’ailleurs le brusque regain d’activité de Ségolène Royal, ces derniers jours: l’ex-candidate à l’élection présidentielle de 2007, qui est aussi l’ex-compagne de François Hollande, ne pense-t-elle pas à ses enfants qui pourraient avoir leur père à l’Élysée?

François Hollande n’aura pas de mal à convaincre les hauts fonctionnaires de le rejoindre: entre énarques, on se comprend. Entre énarques, on est prêt à s’entendre pour chasser un président qui, horreur, n’est pas énarque. En effet, les technocrates n’ont jamais pardonné à Sarkozy de ne pas faire partie du sérail. En définitive, cela nous montre que le PS, qui n’est pourtant pas avare lorsqu’il s’agit de donner des leçons, a toujours fonctionné comme un clan. Si Hollande est élu, le PS aura tous les pouvoirs: les régions, le Sénat, la Cour des comptes, la Commission des finances à l’assemblée… Il n’y aura aucun contre-pouvoir pour empêcher la mise en place d’un État-PS.

Addendum: Sur le même sujet, on peut l’article de Serge Federbusch publié par Atlantico: Sous prétexte de lutter contre « l’Etat-UMP », Hollande renie un de ses engagements avant même son éventuelle élection .

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Un menteur qui n’a jamais rien foutu

L’Hérétique se demandait la semaine dernière si François Hollande était un menteur ou un fou. Le programme du candidat socialiste étant tout-à-fait irréalisable, on peut en effet se poser la question. Personnellement, je refuse de porter un jugement sur la santé mentale de François Hollande: c’est un terrain indigne qui n’enrichit pas le débat et je préfère le laisser à la gauche qui ne s’est pas privée, depuis des années, de le pratiquer pour attaquer violemment Nicolas Sarkozy.

Il reste donc l’idée que François Hollande est un menteur. Et en effet: il promet n’importe quoi, de façon à être élu. Une fois président, il ne pourra pas, évidemment, appliquer son programme sans risquer de précipiter la France dans la faillite. C’est tout simplement de la démagogie.

Les chiffres qu’il avance sont bidons. Or, le mensonge, systématisé avec autant d’aplomb, ne reflète-t-il pas ici un trait de caractère? On peut le penser. C’est Claude Allègre qui a le mieux cerné, dans Le Monde, la personnalité de François Hollande: « C’est un type intelligent, mais aussi un menteur. Et son ex-femme qui le connait bien a raison, il n’a jamais rien foutu. »

François Hollande est un menteur par lâcheté. Il n’aura jamais le courage de dire aux Français que la situation est grave et que, dans le contexte d’une économie globalisée, cela dépasse largement le clivage gauche/droite. C’est un trait de caractère que l’on connaît bien au PS: lorsqu’il était premier secrétaire, Hollande a préféré étouffer dans le mensonge les problèmes de certaines fédérations socialistes (Pas de Calais, Bouches du Rhône) ou encore l’agression de Tristane Banon par Dominique Strauss-Kahn. Ainsi, pour contenter tout le monde, fuyant le conflit, il a l’habitude de mentir tous azimuts. D’ailleurs, pendant cette campagne, n’a-t-il pas menti sur le nucléaire en disant une chose aux Verts puis son contraire à la CGT?

François Hollande est un menteur car il dit tout et son contraire. Ainsi, après avoir déclaré en France que son adversaire, c’était le monde de la finance, il rassure les marchés dans un entretien au Guardian publié lundi, en déclarant qu’il n’y a plus de communistes en France: «Les années 80 étaient une époque différente. […] C’était la guerre froide et Mitterrand a nommé des communistes au gouvernement. Aujourd’hui il n’y a pas de communistes en France… La gauche a gouverné pendant quinze ans, pendant lesquels elle a libéralisé l’économie et ouvert les marchés à la finance et à la privatisation. Il n’y a pas de crainte à avoir. C’est énorme: les adversaires du libéralisme apprécieront.

François Hollande n’est pas menteur seulement par lâcheté ou par démagogie. Il l’est aussi par goût: apparemment, il aime ça. Ainsi, dans la vidéo ci-dessus,  jeune énarque, conseiller à l’Élysée, à la demande de Jacques Attali, il se fait passer pour un homme de droite en 1983 pour faire la promotion d’un bouquin à la radio. Un menteur qui se complaît dans l’intox.

De la même façon, pendant la campagne pour l’élection présidentielle de 2007, il joue la comédie, avec la complicité des médias, du compagnon de Ségolène Royal. Alors qu’ils sont séparés depuis déjà un an. Comme pour les frasques sexuelles de DSK, cette connivence entre les politiques et les journalistes pose d’ailleurs question: quelle est la crédibilité des médias qui savaient que Ségolène Royal n’était plus avec François Hollande mais qui ont continué à entretenir cette fable? Que savent-ils encore que nous ne devons pas savoir?

Enfin, François Hollande ment également parce qu’il est paresseux: il passe son temps à faire semblant. C’est quelqu’un « qui n’a jamais rien foutu« . Il n’a jamais été ministre. Pendant des années, il a fait semblant d’être premier secrétaire du PS. Il fait semblant d’être député de la Corrèze: il est l’un des députés les plus remarqués pour son absentéisme. Déjà, dans cette interview que j’ai découverte chez Corto, il expliquait, avec cette ironie lourdingue dont les énarques ont le secret, que s’il n’était plus député, il redeviendrait Conseiller référendaire à la Cour des Comptes: « Ça veut dire que si je ne faisais absolument rien à la Cour des Comptes, je continuerais à gagner 15000 Francs par mois, 25000 si je faisais des rapports, mais sans forcément en faire énormément« .

En définitive, François Hollande n’est pas seulement un menteur: c’est un tricheur.

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Toutes les indignations ne se valent pas

«Toutes les civilisations ne se valent pas, ni tout dans chacune d’elles… Disons le donc tranquillement: de notre point de vue, non d’Européens mais de démocrates, une civilisation qui respecte les droits de l’homme est supérieure à une civilisation qui ne les respecte pas. Une civilisation qui prône l’égalité des sexes est supérieure à une civilisation qui veut maintenir les femmes en situation d’infériorité et d’oppression. Une civilisation laïque qui protège la liberté de croyance et d’incroyance est supérieure à une civilisation intégriste…»

André Comte-Sponville. Le Goût de vivre, Albin Michel, 2010.

Le philosophe André Comte-Sponville, quand il écrit que toutes les civilisations ne se valent pas, nous ramène-t-il à l’époque du nazisme? C’est ce qu’on pourrait croire lorsqu’on voit la polémique déclenchée par le discours prononcé par Claude Guéant, le weekend dernier, lors d’une conférence de l’UNI. Rappelons ici les terribles propos du ministre de l’intérieur:

«Contrairement à ce que dit l’idéologie relativiste de gauche, pour nous, toutes les civilisations ne se valent pas. Celles qui défendent l’humanité nous paraissent plus avancées que celles qui la nient. Celles qui défendent la liberté, l’égalité et la fraternité, nous paraissent supérieures à celles qui acceptent la tyrannie, la minorité des femmes, la haine sociale ou ethnique.»

Ceux qui s’indignent aujourd’hui et dénoncent les propos de Guéant sont les mêmes qui critiquaient vertement Nicolas Sarkozy lorsqu’il accueillait le colonel Kadhafi à Paris ou encore lorsqu’il rencontrait le président chinois Hu Jintao et n’abordait pas la question du Tibet et des droits de l’Homme en Chine. En fait, ces bien-pensants sont convaincus que la France, parce qu’elle est la patrie des droits de l’Homme, est supérieure à bien des nations et qu’elle peut donc, à ce titre, leur faire la leçon.

De la même façon, désireux de conserver leurs fameux acquis sociaux, les 35 heures ou la retraite à 60 ans, ils pensent que le modèle français est supérieur aux autres modèles: d’ailleurs, tous ces européens qui retardent l’âge de la retraite sont particulièrement cons, n’est-ce pas?

A priori, nos indignés devraient être d’accord avec Guéant car, comme le souligne Daoud Boughezala dans Causeur, « tous ces gentilshommes du PS ou du Front de Gauche qui crient aujourd’hui à la «xénophobie d’Etat» n’ont de cesse de proclamer la supériorité du modèle républicain, et du triptyque Liberté-Egalité-Fraternité. Bref, «toutes les civilisations ne se valent pas» est probablement l’une des assertions les plus consensuelles du paysage politique hexagonal« .

Mais non, ils ne sont pas d’accord: ils préfèrent voir du racisme dans les propos de Guéant et ils crient au nazisme. En fait, Guéant a osé s’attaquer à « l’idéologie relativiste de gauche« . Or nos vertueux gauchistes, qui n’ont pas peur d’adopter des postures contradictoires, sont à la fois dogmatiques et relativistes: à les entendre, toutes les civilisations se valent. Et ça ne se discute pas. Ainsi, ils mettent sur le même plan une civilisation qui a produit la déclaration des droits de l’Homme et une autre qui lapide les jeunes filles violées.

Évidemment, il y aura toujours un crétin qui, oubliant la démocratie, l’État de droit et l’État providence, ces créations occidentales qui lui sont pourtant si chères, viendra dire que notre civilisation n’est pas supérieure puisqu’on lui doit deux guerres mondiales, la Shoah ou encore la bombe atomique. Justement, parlons-en: ces épisodes meurtriers de notre histoire, qui sont en fait l’expression d’une supériorité incontestable dans les domaines scientifiques et technologiques, ont été une étape dans la construction d’une véritable conscience politique et humaniste. Ils nous ont servi de leçon: ils appartiennent au passé et nous ont permis d’évoluer. En revanche, au Rwanda en 1993, les Hutus ont tué en quelques semaines 800000 Tutsi à à coups de machette: imaginons ce que cela aurait donné s’ils avaient eu les mêmes moyens techniques que les nazis! De même, imaginons le magnifique attentat suicide que les Talibans pourraient s’offrir s’ils prenaient le pouvoir au Pakistan et disposaient enfin de la bombe atomique: et combien de jeunes vierges les attendraient au paradis!

N’en déplaise aux éternels repentants qui n’en finissent pas de chier sur leurs parents, notre civilisation est celle de la démocratie et des droits de l’Homme. Sans parler des progrès de la médecine: il y a des civilisations où l’on greffe des mains, et d’autres où on les coupe.

Mais voilà, pour une phrase qu’ils ne sont pas capables de comprendre, ces gens de gauche, qui s’indignent si facilement, s’autorisent à comparer un ministre de la République avec un nazi. Le député apparenté socialiste de Martinique, Serge Letchimy, a ainsi évoqué les « camps de concentration » et le « régime nazi » en dénonçant les propos de Claude Guéant. Les membres du gouvernement s’indignèrent à leur tour et quittèrent l’hémicycle. Et comme l’a très bien dit Corto, cette comparaison n’est pas seulement honteuse: elle galvaude le martyre des victimes du nazisme, le vrai, celui qui est responsable de la mort de millions de personnes. Mais quand on est à gauche et qu’on est prêt à tout pour des raisons partisanes, cela n’est sans doute qu’un… détail.

Written by Noix Vomique

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Hollande: les référendums sur les traités européens, c’est son truc

Hier soir, sur le plateau du 20 heures de France 2, François Hollande a réitéré sa volonté de renégocier le traité européen.

Il a souligné que le traité sera signé le 1er mars mais qu’il faudra ensuite que le Parlement. le ratifie. Il ajoute alors, commençant sa phrase par l’artifice d’un lien logique: « Donc les Français vont voter« , puis il explique qu’il « manque un volet » dans ce traité: « Rien n’est dit sur l’emploi, la relance de la croissance« , Il compte donc renégocier sur la croissance. comme si la croissance, ça s’obtenait en négociant. On croit rêver. Et voilà, l’interview du candidat socialiste est ensuite l’occasion du petit couplet habituel, qui est complètement déconnecté des véritables enjeux économiques: l’industrie, blabla, les riches paieront, blabla. Un François Hollande qui, derrière le masque mielleux de la démagogie, apparaît de plus en plus comme un type prétentieux, sûr de sa victoire, esquissant un sourire mauvais à l’évocation du « sort » de Nicolas Sarkozy. Quel sort veut-il donc lui faire subir? Le livrer au peuple de gauche pour qu’il soit lynché? Le pendre à un croc de boucher?

Quand Pujadas fait remarquer, au moyen d’une phrase particulièrement alambiquée, que « lorsqu’un traité a été négocié, la parole de celui qui succède à un autre chef d’État doit être la même« , François Hollande botte en touche en prenant l’exemple de Mitterrand qui signa le traité de Maastricht et qui organisa un referendum en 1992. Et là, toujours dans la mauvaise foi, Hollande nous cite également l’exemple du traité constitutionnel européen de 2005, rejeté par référendum. Pujadas a manqué l’occasion qui aurait fait de lui un vrai journaliste: il aurait dû alors demander à Hollande quelle était sa position à l’époque.

En effet, pour ce référendum, François Hollande, à l’époque Premier secrétaire du Parti socialiste,  avait défendu le même oui que la droite. Manquant singulièrement d’autorité, il n’avait pas réussi à imposer son avis à l’ensemble des socialistes qui s’étaient divisés. Et là, ce fut vraiment le bordel au PS. Finalement, le non l’avait emporté. Hollande avait alors perdu tout crédit, non seulement comme premier secrétaire du PS, puisqu’il avait été désavoué par ses propres troupes, mais tout simplement comme homme politique.

Finalement, l’apparition de François Hollande au 20 heures de France 2 était vaine. C’est le visage de la vanité qu’on a vu ici. D’ailleurs la presse étrangère ne s’y trompe pas: Hollande ne pourra pas renégocier un traité signé par 25 pays. Ainsi, en Espagne, un pays qui vient de connaître 8 ans de gouvernement socialiste et qui est particulièrement touché par la crise (23% de la population active est au chômage), un quotidien, pourtant de gauche, comme El País, laissait entendre dimanche dernier que la gauche française, incarnée par Hollande, en refusant le traité, menaçait l’avenir de l’Europe. Bah oui, les gars, ici, en France, nous avons la chance d’avoir la gauche la plus ringarde d’Europe.

Written by Noix Vomique

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Des agriculteurs marginalisés et des enseignants au rabais

On n’examine jamais assez attentivement les équipes de campagne des candidats à l’élection présidentielle. Ces équipes, qui sont le souvent le résultats de compromis, car il faut ménager les egos des uns et des autres, préfigurent souvent ce que pourrait être le futur gouvernement: chacun est affecté à un poste, selon son thème de prédilection.

En décembre dernier, Authueil analysait avec beaucoup de finesse l’équipe de campagne de François Hollande et parlait, à juste titre d’une « armée mexicaine, avec beaucoup de chefs, des secteurs parfois microscopiques« . L’organigramme de l’équipe, assez délirant, reflète en fait deux traits de caractères de François Hollande qui poseraient problème s’il était élu président: l’incapacité de trancher et l’envie de satisfaire tout le monde.

Quand on examine l’organisation de cette équipe, une première chose retient l’attention: la disparition d’un pôle spécifique pour l’agriculture. Cela semblerait indiquer la disparition du Ministère de l’Agriculture. Tout un symbole. À la place, on aurait un ministère de la production, sans doute attribué à André Rousselet, qui regrouperait l’industrie, l’agriculture et la pêche. Cela signifie qu’une page est en train de se tourner et que les socialistes ne s’identifient pas avec l’image, ô combien entretenue par le République, d’une France agricole. L’agriculture n’est plus qu’un secteur de production comme un autre.

Deuxième observation: le pôle éducation et jeunesse est confié à Vincent Peillon. Or comme L’Hérétique le faisait justement remarquer, Vincent Peillon, qui se voit déjà en futur ministre de l’éducation, est partisan « de coller les enseignants 35 heures dans les établissements et d’allonger leur année scolaire ». Lors de l’élection présidentielle précédente, c’est d’ailleurs lui qui avait soufflé à Ségolène Royal de faire passer les enseignants aux 35 heures. Bizarrement, François Hollande reste très évasif sur ce point. Il préfère parler des 60000 emplois qu’il entend créer dans l’enseignement. Or, cette dernière mesure, qui coûtera cher, sans doute 7,3 milliards, suscite les interrogations. Est-elle nécessaire? Qui va-t-on recruter? Selon quelles modalités? On oublie qu’il y a de moins en moins de candidats pour être prof: en 2011, 20% des 4880 places offertes aux Capes externes n’ont pas été pourvues, faute de candidats au niveau (rien qu’en maths, ce sont 40% des postes qui n’ont pas été pourvus). Dans ce cas, comment les 60000 postes annoncés seront-ils pourvus? Va-t-on abaisser le niveau de recutement des profs? Cette mesure ne signifie-t-elle pas, paradoxalement, une éducation au rabais avec un recrutement au rabais? Voilà qui va contribuer à dévaloriser davantage le métier d’enseignant. Bizarrement, quand j’en parle en salle des profs, mes collègues font la sourde oreille. La sarkophobie, patiemment attisée depuis des années par les socialistes, est plus forte que tout.

L’agriculture et l’enseignement: deux symboles historiques de la République qui sont appelés à évoluer si François Hollande est élu. En fait, les agriculteurs et les professeurs n’intéressent pas les socialistes. Le think tank socialiste Terra Nova a défini l’an dernier les nouvelles cibles électorales du PS: les jeunes, les femmes, et les « minorités », notamment les musulmans. Ensuite, les socialistes savent que les agriculteurs votent à droite et que le vote des enseignants leur est, en principe, acquis. Dans ce cas, pourquoi courir après eux?

Toujours est-il que je n’aimerais pas être l’un de ces professeurs de l’enseignement agricole, qui dépendent du Minsitère de l’Agriculture: entre leur rattachement à l’EN et les 35 heures, ce sont de sérieux changements qui s’annoncent pour eux. Et la fin d’une époque.

Written by Noix Vomique

6 février 2012 at 14 02 07 02072

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