Noix Vomique

Hollande: les référendums sur les traités européens, c’est son truc

Hier soir, sur le plateau du 20 heures de France 2, François Hollande a réitéré sa volonté de renégocier le traité européen.

Il a souligné que le traité sera signé le 1er mars mais qu’il faudra ensuite que le Parlement. le ratifie. Il ajoute alors, commençant sa phrase par l’artifice d’un lien logique: « Donc les Français vont voter« , puis il explique qu’il « manque un volet » dans ce traité: « Rien n’est dit sur l’emploi, la relance de la croissance« , Il compte donc renégocier sur la croissance. comme si la croissance, ça s’obtenait en négociant. On croit rêver. Et voilà, l’interview du candidat socialiste est ensuite l’occasion du petit couplet habituel, qui est complètement déconnecté des véritables enjeux économiques: l’industrie, blabla, les riches paieront, blabla. Un François Hollande qui, derrière le masque mielleux de la démagogie, apparaît de plus en plus comme un type prétentieux, sûr de sa victoire, esquissant un sourire mauvais à l’évocation du « sort » de Nicolas Sarkozy. Quel sort veut-il donc lui faire subir? Le livrer au peuple de gauche pour qu’il soit lynché? Le pendre à un croc de boucher?

Quand Pujadas fait remarquer, au moyen d’une phrase particulièrement alambiquée, que « lorsqu’un traité a été négocié, la parole de celui qui succède à un autre chef d’État doit être la même« , François Hollande botte en touche en prenant l’exemple de Mitterrand qui signa le traité de Maastricht et qui organisa un referendum en 1992. Et là, toujours dans la mauvaise foi, Hollande nous cite également l’exemple du traité constitutionnel européen de 2005, rejeté par référendum. Pujadas a manqué l’occasion qui aurait fait de lui un vrai journaliste: il aurait dû alors demander à Hollande quelle était sa position à l’époque.

En effet, pour ce référendum, François Hollande, à l’époque Premier secrétaire du Parti socialiste,  avait défendu le même oui que la droite. Manquant singulièrement d’autorité, il n’avait pas réussi à imposer son avis à l’ensemble des socialistes qui s’étaient divisés. Et là, ce fut vraiment le bordel au PS. Finalement, le non l’avait emporté. Hollande avait alors perdu tout crédit, non seulement comme premier secrétaire du PS, puisqu’il avait été désavoué par ses propres troupes, mais tout simplement comme homme politique.

Finalement, l’apparition de François Hollande au 20 heures de France 2 était vaine. C’est le visage de la vanité qu’on a vu ici. D’ailleurs la presse étrangère ne s’y trompe pas: Hollande ne pourra pas renégocier un traité signé par 25 pays. Ainsi, en Espagne, un pays qui vient de connaître 8 ans de gouvernement socialiste et qui est particulièrement touché par la crise (23% de la population active est au chômage), un quotidien, pourtant de gauche, comme El País, laissait entendre dimanche dernier que la gauche française, incarnée par Hollande, en refusant le traité, menaçait l’avenir de l’Europe. Bah oui, les gars, ici, en France, nous avons la chance d’avoir la gauche la plus ringarde d’Europe.

Written by Noix Vomique

8 février 2012 à 11 h 40 min

Publié dans Uncategorized

3 Réponses

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  1. Merci Strychnos, voilà un billet salvateur. Et vraiment bien écrit, c’est un véritable plaisir -)

    Amicalement.
    Al.

    Al West

    8 février 2012 at 15 h 41 min

    • Merci Al.

      En fait, l’autre soir, sur France 2., Hollande n’avait rien à dire. Lui-même n’avait pas l’air de croire à ce qu’il disait.

      strychnos

      9 février 2012 at 14 h 56 min

  2. Référendum, qd c’est Hollande qui en parle…la gauche applaudit. Quand c’est Sarko qui y songe, on parle d’assassinat de la démocratie. Ça être étrange, tout de même !

    corto74

    9 février 2012 at 17 h 35 min


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