Noix Vomique

La sarkophobie, c’est la brutalisation du débat politique

Dimanche matin, sur Europe 1, Pierre Moscovici dénonçait la brutalité de l’UMP et demandait une campagne sans snipers. L’après-midi, Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole de François Hollande, comparait Nicolas Sarkozy à une sorte de « mélange de Silvio Berlusconi et de Vladimir Poutine, avec le vide idéologique de l’un et la brutalité des méthodes de l’autre. » Rien que cela.

Depuis l’entrée en campagne de Nicolas Sarkozy, comme s’il y avait un vent de panique dans l’entourage de François Hollande, les socialistes redoublent  de violence dans leurs attaques contre Nicolas Sarkozy. Il est quand même comique de voir les porte-flingues du PS, qui traitent régulièrement le Président de la République de « sale mec« , de « Madoff« , d' »anormal » ou encore de « Voyou de la République« , se plaindre de la brutalité de la campagne à droite.

Sous des airs faussement patelins, c’est d’ailleurs François Hollande qui est le plus opiniâtre au moment d’être hargneux. La semaine dernière, invité au «20 heures» de TF1, tout en appelant à ce que le débat présidentiel soit placé à une «hauteur digne de l’enjeu», il a accusé Nicolas Sarkozy de «falsification, caricature, manipulation» avant de juger que durant son quinquennat, Sarkozy avait fait preuve de «brutalité, de méchanceté». Ailleurs, en banlieue, alors qu’il visite une barre d’appartements promise à la destruction, François Hollande, plein de morgue, égratigne le président de la République sur la question du logement: «J’en connais un qui avait dit: “Plus personne ne dormira dehors.” On verra où il dormira après le 6 mai». Il ne manque jamais de présenter Sarkozy comme quelqu’un de violent ou d’agressif: «Moi, je ne participe pas de la violence ni de l’agressivité. Ce ton n’est pas digne de la fonction à laquelle je suis candidat. Si Nicolas Sarkozy veut être dans le registre de l’agressivité, je le laisse. Cela correspond sans doute à son tempérament. Ceux qui s’énervent, ceux qui s’agitent sont souvent ceux qui s’inquiètent. Moi je ne m’inquiète pas

Depuis des années, c’est la même rengaine: Nicolas Sarkozy serait brutal. Pour un peu, il violerait des femmes de chambre dans des hôtels de luxe. Ces attaques, systématiques, qui sont d’une violence inouïes, ont fait prospérer un antisarkozysme viscéral et irrationnel, qui n’a plus rien à voir avec le débat politique. L’antisarkozysme, devenu pavlovien, s’est tout simplement mué en sarkophobie. En transformant le président de la République en ennemi, ou en quelqu’un d’anormal, les socialistes nient le jeu démocratique. Il n’y a plus d’adversaire ou de contradicteurs: juste des ennemis qu’il faut abattre.De l’insulte à la calomnie, tous les moyens sont bons. Le PS, en cultivant la sarkophobie, a largement contribué à la brutalisation de la vie politique. Une brutalisation qu’il a le culot ensuite de dénoncer. En fait, la brutalisation du débat politique est faite pour que les adversaires comme les électeurs de l’autre camp soient intimidés, voire anéantis.

En 2007, quand Jean-Marie Le Pen, à la veille de l’élection présidentielle, dénonça plusieurs fois « le juif Sarkozy », on n’entendit guère les socialistes s’indigner comme ils ont l’habitude de le faire en pareille occasion. Au contraire, ils se réjouissaient en secret qu’une telle saillie puisse alimenter l’antisarkozysme… Les attaques sur le physique du Président de la République ont suivi cette logique.

Toujours est-il que les attaques systématiques à l’encontre de Nicolas Sarkzoy n’ont pas tardé à porter leurs fruits dans l’opinion, indépendamment de la politique menée. On ramène tout à Sarkozy: tout est de sa faute et tout ce qu’il fait est forcément mal. En 2010, un prêtre lillois ne déclarait-il pas qu’il priait pour « la mort de Sarkozy »? Ce rejet plein de haine a été constamment attisé par les socialistes, qui ont fait de l’opposition systématique, comme ils l’ont encore fait mardi dernier, en refusant de voter pour le mécanisme européen de stabilité. La sarkophobie est en effet plus forte que les convictions européennes des socialistes: par haine du président, les socialistes se sont ainsi opposés au compromis de 27 pays! Cette haine va très loin.

Enfin, la sarkophobie est violemment obsessionnelle. Les sarkophobes sont en effet obsédés par le Président: ils le voient partout et ont l’impression qu’il monopolise tous les médias, même ceux de gauche: le nombre de couvertures que le Nouvel obs, Libé ou Marianne ont consacré durant ces cinq dernières années au Président de la République est impressionnant. Cette sarkophobie obsessionnelle, on la retrouve bien sûr sur internet, dans les réseaux sociaux et les blogs.

Le symbole de cette sarkophobie, ce sont les blogs de Sarkofrance: un type, sans doute charmant mais obsédé par l’objet de sa haine, et qui remplit des milliers de pages sur internet pour exprimer sa haine: au détour d’un texte, en se remémorant le 21 avril 2002, il dit que si cela se reproduisait en 2012, il irait « simplement acheter un fusil« . Un fusil, rien que ça: on croirait lire un Ander Behring Breivik qui ne serait pas encore passé à l’acte. Le Ander Behring Breivik de la gauche française.

Rien n’est plus brutal que la sarkophobie.

Written by Noix Vomique

28 février 2012 à 9 h 36 min

Publié dans Uncategorized

2 Réponses

Subscribe to comments with RSS.

  1. Excellent billet. Rien à ajouter !

    corto74

    28 février 2012 at 21 h 59 min

    • Merci Corto,

      En fait, la sarkophobie ambiante, qui est entretenue par le PS, vise aussi à intimider les sympathisants de droite. Des amis me disaient qu’ils n’osaient plus dire qu’ils voteraient Sarkozy, de peur de se faire lyncher. Comme si c’était honteux, un peu comme si c’était Le Pen. À force d’attaques tous azimuts, d’insultes et de fausses polémiques, les socialistes ont ainsi réussi à donner des complexes aux électeurs de droite. D’ailleurs, les instituts de sondage sont en train d’appréhender ce phénomène et se demandent si les intentions de vote en faveur de Sarkozy ne sont pas sous-estimées…

      Noix Vomique

      29 février 2012 at 15 h 29 min


Les commentaires sont fermés.

%d blogueurs aiment cette page :