Noix Vomique

Archive for avril 2012

La fille de l’un, l’ex-compagnon de l’autre: un petit monde parfait

Juste une petite réflexion, après avoir lu cette interview de Thomas Hollande publiée au soir du 1er tour par Le Monde. Le fils de Ségolène et François déclare qu’il « va falloir développer des thèmes forts qui parlent autant à l’électorat de Mélenchon qu’à celui de Le Pen. » On le voit beaucoup, ces temps-ci, le fils Hollande: les journalistes semblent lui lécher les bottes. Ce qui est savoureux, c’est que ce sont les mêmes journalistes qui participèrent au lynchage de Jean Sarkozy lorsqu’il présenta sa candidature  à la présidence de l’Etablissement public d’aménagement de La Défense (EPAD). À l’époque, l’effet sur l’opinion fut désastreux et les anti-sarkozystes, de gauche comme d’extrême-droite, s’en donnèrent à coeur joie, dénonçant un « népotisme nouveau riche » et la main-mise d’un soi-disant clan Sarkozy sur la République.

Le « népotisme nouveau riche« : rien que cela. Ce qui semble déranger, ici, c’est que Nicolas Sarkozy soit un nouveau riche et qu’il se comporte comme tel. Il n’est pas énarque, il ne fait pas partie du sérail: il est un intrus dans un petit monde médiatico-politique qui fonctionne en vase clos.

Or, ce petit monde qui fonctionne en vase clos est habitué à s’auto-reproduire. Passons sur les politiques qui partagent leur vie avec des journalistes et intéressons-nous plutôt à ceux qui sont candidats à l’élection présidentielle. Ainsi, entre 2007 et 2012, d’une élection à l’autre, le Front National a présenté le père puis la fille et le Parti Socialiste la femme puis l’ex-compagnon. Jean-Marie puis Marine. Ségolène puis François. Je n’ai entendu aucun commentaire à ce sujet alors que cela pose quand même clairement la question du renouvellement du personnel politique dans un pays qui prétend être une démocratie moderne. De plus, si François Hollande est élu président, il est fort probable qu’il prenne Martine Aubry comme premier ministre. La fille de Jacques Delors.

Bref, le népotisme de ceux qui appartiennent depuis longtemps à l’etablishment ne semble scandaliser personne. François Hollande, énarque, petit bourgeois de Neuilly dont le père fut directeur de clinique avant de spéculer dans l’immobilier, n’a rien à craindre. Son fils non plus. Ils font partie du système. Mais, quand on voit la hargne avec laquelle une certaine presse traite Nicolas Sarkozy, on peut se demander si finalement le vote pour Nicolas Sarkozy n’est pas en train de devenir un vote anti-système.

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Est-ce le journalisme français dans toute sa splendeur ou plus simplement un début de panique à gauche?

Depuis le 1er tour de l’élection présidentielle, les journalistes ont soigneusement évité d’analyser l’ensemble des résultats et ont focalisé l’attention de l’opinion publique sur le score de Marine Le Pen. Dimanche soir, France 2 annonçait 20% pour la candidate du Front National et, depuis, il semble que tout le monde soit resté avec ce chiffre. En réalité, elle a recueilli 17,9% des suffrages. Ce qui n’est pas mal; mais ce n’est pas 20%, n’en déplaise aux frontistes et à la gauche.

Depuis dimanche, à la radio, à la télévision ou dans la presse écrite, les journalistes ne nous parlent que du FN et des élections légilsatives du mois de juin. Comme si l’élection présidentielle était terminée et que François Hollande était déjà élu. Cette stratégie des journalistes, qui rend la campagne plutôt confuse, a deux conséquences:

1/ en détournant l’attention des véritables enjeux de l’élection présidentielle, elle permet à François Hollande de rester camouflé derrière son statut de favori;

2/ en rendant le discours de Nicolas Sarkozy inaudible, elle le réduit finalement à tous les stéréotypes de l’anti-sarkozysme.

En réalité, tout ce vacarme autour du Front national détourne l’attention du résultat de François Hollande: 28,63% des suffrages. Il est loin des 30% d’intention de vote encore annoncés le 18 avril dernier par CSA pour BFMTV. C’est même plutôt médiocre pour un candidat archi-favori, qui prétend réenchanter le rêve et ramener la gauche à la tête de l’État après 10 ans d’opposition. Avec 27,18%, Nicolas Sarkozy, malgré les effets de la crise économique et la violence de l’anti-sarkozysme, n’est qu’à 1,45% du candidat socialiste. Moins de 500000 voix séparent les deux hommes. Jean-Luc Mélenchon, qui, à en croire les journalistes, devait casser la baraque avec son discours passéiste, n’a obtenu que 11,11% des suffrages. Au vu de ces résultats, il apparaît que la gauche est minoritaire en France: pour les socialistes, il y a de quoi paniquer car cela signifie que l’élection n’est pas jouée, contrairement à ce que l’on veut nous faire croire.

Du coup, la presse de gauche,  comme France Inter, Libération ou Le Monde, ont décidé de passer à la vitesse supérieure en terme d’engagement. Ces quotidiens, notamment, sont en train de se transformer en de vulgaires tracts électoraux en faveur de François Hollande. Il ne s’agit plus d’informer, et d’analyser avec la distance nécessaire: comme si François Hollande avait du mal à mener sa campagne, il s’agit de l’aider.

Lundi, la une de Libération se résumait à une photo de François Hollande et à cette déclaration: « À moi de convaincre les électeurs de Front national« . Si c’était Sarkozy qui avait dit « À moi de convaincre les électeurs du Front National« , on l’aurait tout de suite accusé de vouloir « siphonner les voix du FN« . On a donc, en apparence, un changement de stratégie à gauche: François Hollande court après les électeurs de Marine Le Pen et il feint de s’intéresser à leur désarroi. Cependant, alors qu’il promet le droit de vote aux immigrés, cette course ne semble-t-elle pas désespérée?

Le lendemain, nouvelle Une de Libération: un portrait en noir et blanc de Nicolas Sarkozy avec cette phrase: « Le Pen est compatible avec la République« . Il s’agit d’une citation à la fois tronquée et sortie de son contexte. En réalité, Nicolas Sarkozy a dit lors du meeting de Longjumeau: « À partir du moment où Marine Le Pen est autorisée à se présenter, le vote pour elle n’est pas un vote contre la République puisqu’il s’exprime à l’intérieur de la République. Si la République avait voulu empêcher la candidate du FN, il fallait qu’elle dise pourquoi ». La petite phrase en Une de Libé aurait été prononcée lors d’un aparté avec des journalistes: « A partir du moment où vous vous présentez aux élections, où vous avez le droit de vous présenter aux élections, vous êtes compatible avec la République. » On le voit: la manoeuvre de Libération est grossière et malhonnête. C’est ce que l’on appelle de la désinformation. Comme le dit Corto: « presse de gauche, presse poubelle » et il y a clairement deux poids, deux mesures. Quand Hollande drague les électeurs du FN, c’est parce qu’il est à leur écoute. Si c’est Sarkozy, c’est simplement un scandale.

Mais il y a plus grave. La Une de Libé, qui n’est qu’une manipulation, a été relayée et a suffi à susciter une indignation d’une rare violence à l’encontre de Nicolas Sarkozy: Libération parle dans son éditorial, d’un « élan pétainiste« . Jean-François Kahn, l’homme qui défendait Dominique Strauss-Kahn en parlant d’un « simple troussage de domestique » dit que le discours de Sarkozy est « ouvertement pétainiste ». L’Humanité met à sa une les photos de Sarkozy et de Pétain et titre en page intérieure : « 1er Mai : le sarkozysme, un néopétainisme ? ». Pour faire diversion, les gauchistes nous ressortent les accusations habituelles de pétainisme, sans d’ailleurs savoir de quoi ils parlent, et traitent leurs adversaires de fascistes. C’est cette bonne vieille « reductio ad hitlerum« , un procédé finalement totalitaire qui permet, en accusant l’adversaire d’être un nazi, de le disqualifier et d’éviter d’aborder les débats de fond. On a réussi à rendre la campagne de Nicolas Sarkozy inaudible.

Un peu comme la gauche qui, quand elle parle de la République, se réfère à 1793 et au jacobinisme, les journalistes, quand ils couvrent la campagne de l’élection présidentielle, semblent s’inspirer de Hébert et son Père Duchesne: on ne recule devant aucune insulte ni aucune calomnie. Ce sont là des comportements proches du terrorisme intellectuel et ils pourraient annoncer des dérives totalitaires inquiétantes. En effet, pour nombre de journalistes, l’anti-sarkozysme n’est pas une opinion mais une vérité incontestable, qui n’a plus besoin de se démontrer ou de s’argumenter. Le 30 janvier 2009, au théâtre du Châtelet, de nombreux représentants de Charlie Hebdo, des Inrockuptibles, de Marianne, Mediapart, du Nouvel Observateur, de Rue89, de Libération et de Reporters sans Frontières s’étaient retrouvés avec le prétexte de défendre « le pluralisme des médias » et « la liberté de l’information« : ils avaient juré, ce soir-là, d’avoir la peau de Nicolas Sarkozy. On peut considérer que c’est l’acte fondateur de l’anti-sarkozysme médiatique. À partir de ce moment-là. ont commencé à circuler les listes des journalistes « de droite » qu’il fallait faire taire. Amis du pluralisme et de la démocratie, bonjour!

Inquiétante également est cette connivence entre les médias et la gauche. On l’avait découverte au moment de l’affaire DSK: les journalistes et les socialistes savaient que DSK avait un sérieux problème avec les femmes. Cela ne les avait pas empêchés d’en faire leur favori pour l’élection présidentielle. Ils ont ensuite reporté leurs espoirs sur François Hollande, qu’ils avaient tant critiqué ou moqué auparavant. Cette connivence, qui ressemble aujourd’hui à de la complicité, ne peut que susciter le malaise.

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26 avril 2012 at 15 03 33 04334

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Cinq raisons de voter Nicolas Sarkozy

En 2002 et 2007, j’ai voté François Bayrou au premier tour. En 2002, au second tour, je me suis abstenu: je ne voulais pas que ma voix en faveur de Chirac soit récupérée par les socialos qui brandissaient alors une menace fasciste imaginaire, comme si Le Pen avait une quelconque chance d’être élu. En 2007, j’ai voté Nicolas Sarkozy: Je n’en ai pas à rougir et je ne le regrette pas: je ne veux même pas imaginer ce que serait le pays si l’ex-compagne de François Hollande avait été élue. Je me souviens que Ségolène Royal et les socialistes considéraient le socialiste espagnol Zapatero comme un modèle: aujourd’hui, l’Espagne est au bord de la faillite et compte 23% de sa population active au chômage.

Cette année, je ne voterai pas François Bayrou. Pourtant, Bayrou a plutôt fait une bonne campagne, n’éludant aucun problème et évitant de tomber dans une démagogie facile. On peut évidemment regretter qu’il ait été mal traité par des médias favorables à François Hollande. Mais il a eu trop tendance à adhérer à l’anti-sarkozysme ambiant et sa stratégie du « ni-ni« , qui n’est pas sans faire penser à l’autisme obstiné des gauchistes, me déplaît. Quand on n’est pas en position de l’emporter, on ne peut pas s’enfermer dans un « ni gauche, ni droite » car, qu’on le veuille ou non, il y aura forcément un vainqueur: il faut alors savoir si on partage les mêmes valeurs et la même idée de la France que Mélenchon, Joly, Hollande ou Sarkozy. Et cela n’est pas incompatible avec le fait d’être centriste.

Je vais donc voter Nicolas Sarkozy dès le 1er tour. Quand Maxime Tandonnet voit 7 raisons de voter Sarkozy, mon vote est motivé par 5 raisons principales:

1/ Nicolas Sarkozy a montré qu’il a l’envergure et les qualités d’un Chef d’État: il est respecté dans le monde entier et, dans les crises internationales, qu’elles soient politiques ou économiques, il a fait preuve d’un vrai volontarisme et a su prendre des décisions courageuses. Dans le contexte tendu de la mondialisation, Sarkozy est le seul candidat à avoir vraiment l’étoffe d’un chef.

2/ Nicolas Sarkozy a un vrai bilan. En l’espace de 5 ans, il a su mener des réformes structurelles très importantes que personne n’avait osé faire auparavant: autonomie des universités, réforme des retraites, service minimum dans les transports, réduction du nombre de fonctionnaires, Grenelle de l’environnement.

3/ Nicolas Sarkozy est le Président qu’il nous faut pour affronter la crise économique. La France a mieux résisté à la crise que ses voisins européens. Je ne veux pas que la France suive le chemin de la Grèce ou de l’Espagne. Or le programme économique de François Hollande, en proposant d’augmenter les dépenses publiques, va creuser les déficits et conduira sans aucun doute la France à la faillite.

4/ Nicolas Sarkozy est attaché aux valeurs de la République. Il défend la laïcité et refuse le droit de vote des étrangers. Je n’accepte pas le projet de François Hollande d’une France multiculturelle et je ne veux pas d’une société où l’on cède à tous les communautarismes.

5/ Je ne veux pas de François Hollande comme président: à part un goût malsain pour les petits mensonges et l’immobilisme, cet apparatchik du parti socialiste n’a jamais rien prouvé. Il ne veut pas voir la gravité de la crise économique, ignore les enjeux de la mondialisation et affiche une méconnaissance totale des dossiers internationaux. Je ne veux pas de François Hollande comme président et je ne veux pas voir le retour de tous les ringards du PS sur le devant de la scène car le changement qu’ils promettent, vers une société multiculturelle où l’assistanat serait devenue la règle, sera un changement désastreux qui fera le lit des totalitarismes à venir.

Pour toutes ces raisons, je voterai Nicolas Sarkozy. Pour un second quinquennat.

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Quand Hollande et Hirsch se gaussaient des pauvres

L’une des principales erreurs de Nicolas Sarkozy, sans doute trop désireux de séduire au-delà de son propre camp, est d’avoir cru à l’ouverture. Le Parti Socialiste a d’un bloc refusé cette ouverture, préférant au contraire accentuer le clivage gauche/droite. Cependant, individuellement, nombre de socialistes n’ont pas hésité à accepter les postes ou les missions que le président de la République leur proposait. Cela leur a permis de se goinfrer sur le dos de la majorité. Cette ouverture, qui partait sans doute d’un bon sentiment, était donc une erreur: en effet, comme François Brigneau l’écrivait déjà en 1982 dans Mon village à l’heure socialiste, « un président élu à droite aura beau gauchir sa politique, il ne s’attirera jamais les bonnes grâces, le bon choix, les bons votes de la gauche« . Et c’est donc en vain que Nicolas Sarkozy a nommé le député socialiste de l’Isère Didier Migaud à la tête de la Cour des comptes: cela n’a pas empêché les socialistes, qui sont pourtant bien incapables de la moindre ouverture, de dénoncer la mise en place d’un « État-UMP« .

Parmi ces socialistes qui ont fait preuve d’une belle duplicité, il y a Martin Hirsch, qui fut haut-commissaire aux Solidarités actives de 2007 à 2010: Nicolas Sarkozy lui demanda de mettre en oeuvre le fameux RSA. Martin Hirsch, qui s’est par ailleurs distingué en déclarant que « la vraie intégration, c’est quand des catholiques appelleront leur enfant Mohamed« , est aujourd’hui directeur de l’agence du service civique et ne cache pas qu’il votera François Hollande.

Lorsqu’il était encore Haut-commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté, Martin Hirsch expliqua à François Hollande, président du conseil général de la Corrèze, tout le crédit qu’il pouvait tirer, électoralement, de cette mesure. Cette conversation a été enregistrée lors d’un repas, et la vidéo a été rendue publique récemment, sans doute par quelqu’un qui fut écoeuré par tant de cynisme. On y voit Martin Hirsch et François Hollande, attablés tels des gentilhommes, en train de rire au détriment des 2 millions de ménages à qui on fera croire qu’ils touchent le RSA grâce à l’action des conseils généraux.

Quand on écoute cette conversation, on croit tout simplement halluciner.

D’abord, Martin Hirsch explique:

On a mis dans la loi que le Revenu de Solidarité Active pour tout le monde est attribué au nom et par décision du président du Conseil général. Ce qui fait que vous allez avoir 2 millions de ménages pour lesquels vous n’allez rien décaisser et auxquels vous pouvez envoyer une petite lettre en disant: « Cher Monsieur, j’ai l’honneur de vous attribuer… »

François Hollande l’interrompt. Son visage s’est soudain illuminé car, on le voit bien, il se délecte à l’idée de pouvoir mentir et manipuler:

La lettre ne sera pas celle-là: « Grâce à l’action du Conseil général, et malgré une politique ignoble du gouvernement… » Hilarité générale.

Cette conversation n’est pas seulement hallucinante: elle est abjecte. Nos donneurs de leçon socialistes sont en réalité de gros bourgeois cyniques et hypocrites qui se gaussent des pauvres et qui n’ont reculé devant rien pour salir un gouvernement qui faisait son boulot dans un contexte difficile.

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Les saucisses du changement

 

Photo: Maciej Eszett / Contrepoints.org

François Brigneau est mort le 8 avril dernier, à l’âge de 92 ans. En 1982, ce hussard avait publié l’excellent Mon village à l’heure socialiste, un journal où il raconte la première année de la France mitterrandienne. C’est un ouvrage savoureux qui, étrangement, parce que François Hollande veut à tout prix ressembler à François Mitterrand, trouve un écho dans la campagne électorale actuelle. Ainsi, quand on voit les images de l’esplanade de Vincennes, dimanche, où 60000 personnes étaient venues, à la fois pour François Hollande et pour le zouk du groupe Kassav’, comment ne pas se remémorer l’ambiance festive de la place de la Bastille, au soir du 10 mai 1981? François Brigneau avait brillamment saisi l’esprit de cette soirée [1]:

Ce même soir du 10 mai, quelques heures plus tard. Un orage de cinéma s’abat sur le populo parigo-maghrébin massé à la Bastille. Les dignitaires de la gauchopouvoir l’y ont appelé, par radio, dès la victoire acquise. Non pour promener la tête de Giscard au bout d’une pique selon la tradition républicaine. C’est encore trop tôt. Il faut préparation à tout. Mais pour écouter Rocard, Juquin, plus quelques autres comiques engagés. Et surtout pour magnifier la Révolution en se marchant sur les pieds au rythme des musiques afro-cubaines qui véhiculent, désormais, le message de l’humanisme occidental.

Le ciel qui s’ouvre sur les têtes douche la fiesta. Il pleut des cordes. Trempé comme des soupes d’autrefois, le chômeur syndiqué s’arrache au calypso du changement et détale vers sa bagnole, symbole de l’exploitation de l’homme par l’homme. Triste spectacle que celui de cette nature hostile aux forces de la biguine et du progrès.

Pourtant, curieusement, M. René Andrieux, l’éditorialiste de L’Humanité, s’en tamponne. C’est qu’il est à l’abri, lui, au chaud, et au sec. Ni Rocard, ni Juquin, ni les autres n’ont rien à lui apprendre. Les raouts en plein vent, à la merci des éléments réactionnaires, il les laisse aux camarades partisans du communisme grégaire et aux militants de la java démocratique. Lui, il a d’autres goûts. C’est chez Castel, haut lieu du noctambulisme décadent, qu’il fête la victoire des travailleurs et des masses laborieuses. Wolinski, le dessinateur de l’organe du parti communiste, l’accompagne ainsi que quelques autres représentants du prolétariat intellectuel et de dames, en grand équipage.

Photo: Maciej Eszett / Contrepoints.org

Dimanche, ce n’était pas un meeting de victoire. Dans son discours, comme s’il vivait dans le passé, un passé où la mondialisation et l’euro n’existent pas, François Hollande a fait, une fois de plus, référence au Mitterrand de 1981. Le problème, c’est que nous ne sommes pas en 1981. Et Sarkozy n’est pas Giscard d’Estaing. D’ailleurs, puisqu’on en parle, le slogan que Giscard avait choisi lors de la campagne de 1974, était le «le changement dans la continuité». Le thème du changement, que François Hollande est en train de recycler: cette année, le candidat socialiste prétend en effet incarner le changement. Or, cela ne signifie pas grand chose, comme le soulignait François Brigneau:

[Giscard] n’a rien donné à la droite mais il a tout offert à la gauche, à commencer par le mot magique, le mot de passe, le mot clé de l’opération: le changement. Vous remarquerez que c’est un mot particulièrement mal choisi. Je ne suis pas ce qu’on appelle un progressiste. Mais dans le « progrès », il y a une notion d’amélioration. Tandis que dans le « changement »! C’est idiot. On peut changer en bien, mais aussi en mal! Il y a des changements catastrophiques.

Et oui, il y a des changements catastrophiques.

[1] François BRIGNEAU, Mon village à l’heure socialiste, Paris, La Table ronde, 1982, 276 pages (Je tiens à remercier Anthony S. d’avoir bien voulu me prêter l’exemplaire qu’il possède).

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18 avril 2012 at 13 01 58 04584

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François Hollande racole en banlieue

« François Hollande, si Allah le veut ? »

On le sait: en accordant le droit de vote et l’éligibilité aux étrangers aux élections locales, François Hollande va dans le sens du multiculturalisme et du communautarisme. Cela marquera la fin d’une certaine idée de la France et de la République.

Prêt à toutes les indécences lorsqu’il s’agit de racoler des voix, François Hollande a tenu récemment des propos qui ont indigné à juste titre Malika Sorel, qui est membre du Haut Conseil à l’intégration. Je reproduis ci-dessous le billet qu’elle a publié le 15 avril dans son excellent blog:

« François Hollande, si Allah le veut »

C’est ce qui est exprimé dans la vidéo ci-dessous (1’13 et 2’19). En arabe, inch’Allah signifie « si Allah le veut ». Il est dangereux, pour une République qui a instauré la séparation des Églises et de l’État et surtout une hiérarchie entre les deux, qu’un candidat soit porté par un tel message.

François Hollande ne peut ignorer l’existence de cette vidéo qui est relayée par sa porte-parole Najat Vallaud-Belkacem sur son blog, assortie de ce commentaire : « Transition parfaite entre la fin du festival L’Original Hip Hop à Lyon, et la campagne présidentielle à j-11, c’est à dire à l’heure de la mobilisation générale, et notamment des jeunes… ce très beau clip par 2H12 CREW. Quel talent! Merci à eux! »

J’ai été indignée par les propos de François Hollande (2’34), s’adressant aux populations de l’immigration que cible ce clip, afin de les inciter à aller voter ; voter pour lui, bien sûr. Différentes études, dont celle de Terra Nova, ont en effet déjà mis en évidence le fait que les migrants extra-européens et leurs descendants, lorsqu’ils se rendaient aux urnes, votaient massivement pour la gauche, ce que Ségolène Royal a pu vérifier aux élections présidentielles de 2007.

François Hollande : « Les quartiers, les cités, sont une chance pour la République. Ne sous-estimez pas la force de votre décision. Avec le suffrage universel une voix en vaut une autre, et si certains sont plus riches que vous, vous, vous êtes plus nombreux qu’eux. » Ce qui est grave, c’est le clivage qu’il met en scène de façon subliminale : votez pour moi contre le vote des Français de souche européenne. Car nous savons très bien ce que signifient désormais dans la bouche des politiques « cités », « quartiers », « banlieues »…

Étrange conception de la démocratie que celle de François Hollande : la démocratie par le ventre !

Les propos de François Hollande méritent d’être dénoncés. C’est ce que je fais ici et c’est ce que tout citoyen devrait s’appliquer à faire.

Passons sur le rap, ce misérabilisme musical, comme si on ne pouvait pas écouter autre chose quand on vit en banlieue, et les « inch’Allah » qui nous montrent quel traitement les socialistes réservent à la laïcité. François Hollande fait preuve d’un véritable mépris lorsqu’ils s’adresse aux habitants de banlieue, et cette façon de dire « si certains sont plus riches que vous, vous, vous êtes plus nombreux qu’eux » est purement abjecte.

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Merci à Aristide pour avoir attiré mon attention sur le billet de Malika Sorel.

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Le politicard et le chef d’État

Deux photos de campagne prises la semaine dernière où l’on voit ceux que nous devrions retrouver au second tour de l’élection présidentielle. Ils sont avec des jeunes. À chacun ses jeunes: sur la photo de gauche, François Hollande, qui vient chercher des voix en banlieue, semble s’applatir devant des jeunes et leur promet finalement 150000 emplois d’avenir. Des jeunes qu’il méprise pourtant, puisqu’il est persuadé qu’ils « ne savent même pas qui était M. Marshall » quand on parle de « plan Marshall« . À droite, Nicolas Sarkozy, est acclamé par les jeunes de l’UMP. Et l’on peut distinguer ainsi, en un coup d’oeil, celui qui n’est qu’un vulgaire politicien de celui qui a l’envergure d’un chef d’État.

Car, quoiqu’on en dise, le bilan de Nicolas Sarkozy montre qu’il a bien la carrure d’un chef d’État, capable de prendre des décisions courageuses.

Le bilan du Président de la République n’est pas si mauvais qu’on le dit, n’en déplaise à ses détracteurs. Ainsi, Nicolas Sarkozy a réussi la réforme des retraites, ce qui n’est pas rien, et il a donc sauvé notre système de retraite. Ensuite, il a revalorisé de 25% l’Allocation adulte handicapé et le minimum vieillesse. Les droits de succession ont été supprimés pour 95% des Français. Les heures supplémentaires ont été exonérées de façon à revaloriser le travail. La réforme de l’Université et le Plan Campus ont été menés à bien afin de redonner aux universités françaises ce prestige qu’elles avaient perdu. Le port de la burqa a été interdit dans l’espace public afin de garantir la laïcité et l’autorité de la République. Des services minimum ont été mis en place dans les transports et à l’Éducation nationale pour essayer d’améliorer la qualité des services publics. Enfin, le Grenelle de l’environnement a permis une réflexion et des avancées significatives dans le domaine des énergies renouvelables et des transports.

Ensuite, en politique étrangère, et notamment lorsqu’il présida brillamment l’Union européenne, au début de son mandat, Nicolas Sarkozy a renforcé l’influence de la France dans le monde: retour de la France dans l’OTAN, libération des infirmières bulgares, cessez-le-feu en Géorgie, soutien sans faille du vainqueur de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire, reconnaissance du Conseil National de Transition en Libye. Au niveau européen, Nicolas Sarkozy a, avec le Traité de Lisbonne, permis de sortir de la crise qui mettait les institutions politiques européennes dans l’impasse. Il s’est opposé avec succès à l’adhésion de la Turquie dans l’Union Européenne. Enfin,  dans un contexte global de crise économique et financière, il a montré sa détermination durant tout l’automne pour sauver la zone euro.

Alors, bien sûr, tout n’est pas parfait: on peut regretter notamment que les flux migratoires n’aient pas été suffisamment maîtrisés et que l’État n’ait pas réduit plus drastiquement ses dépenses. Le déficit et la dette ont hélas continué à augmenter et le chômage s’est aggravé. Ces difficultés semblent réjouir l’opposition, qui répète à l’envi que le bilan est mauvais. C’est d’ailleurs un peu lassant, à force, tous ces gauchistes qui pleurnichent parce que le bilan est lamentable: on pourrait croire qu’ils avaient voté pleins d’illusion pour Nicolas Sarkozy. Par ailleurs, quand ils reprochent à Sarkozy l’aggravement de la dette ou l’augmentation du chômage, ils semblent nier la réalité de la mondialisation, comme si la crise était strictement française. Or la crise économique mondiale a eu un effet très réel sur les finances publiques: les recettes sont insuffisantes tandis que les dépenses (indemnisation de chômeurs et plans de relance) ont augmenté. Sarkozy a fait ce qu’il a pu, il a même limité les dégâts. La France a en effet  mieux résisté à la crise que ses voisins: en Espagne, le gouvernement socialiste de Zapatero, qui fut un temps le modèle des socialistes français, n’a-t-il pas laissé un pays en faillite, avec un taux de chômage de 23%?

Face à Nicolas Sarkozy, François Hollande ne peut présenter qu’un bilan à la fois maigre et loin d’être fameux. Mitterrand et Jospin n’ont jamais voulu de lui comme ministre. En tant que premier secrétaire du PS, il a fermé les yeux sur la corruption dans les fédérations socialistes des Bouches-du-Rhône et du Pas-de-Calais, il a étouffé l’affaire Banon pour protéger Dominique Strauss-Kahn et il a perdu 2 élections présidentielles, en 2002 et 2007. En tant que président du conseil général de Corrèze, il a fait de la Corrèze le département le plus endetté de France. Aussi, n’ayant pas de bilan à faire valoir, François Hollande promet aujourd’hui tout et n’importe quoi. La semaine dernière, il a annoncé ce qu’il ferait la première année: pas une économie, que des dépenses. Avec quel argent? Est-ce là une façon de réduire les dépenses publiques? Son programme n’est pas seulement irréaliste: il est dangereusement démagogique. Et c’est là qu’on voit que François Hollande n’est qu’un politicard. Finalement, sa vision de la politique est à la mesure de ses petites tractations électorales avec les Verts.

Face à François Hollande, Nicolas Sarkozy apparaît comme le seul à être vraiment apte à diriger le pays. Mercredi et jeudi, les deux émissions «Des paroles et des actes» ont renforcé cette impression. Certes, François Bayrou est apparu également comme un candidat sérieux. Mais à la question «Qui est le mieux à même de prendre des décisions difficiles?», le nom de Sarkozy s’impose. Et ce ne sont pas les socialistes, qui contestaient il y a encore un an les qualités de François Hollande pour diriger le pays, qui diront le contraire. La majorité des socialistes soutenaient alors la candidature de Dominique Strauss-Kahn: tout en sachant que le directeur du FMI avait un sérieux problème avec les femmes, à l’instar d’Aurélie Filipetti qui a déclaré qu’elle évitait de se retrouver seule dans une pièce avec lui, ils étaient prêts à l’envoyer à l’Élysée. Aujourd’hui, François Hollande, avec son bégaiement mitterrandien et son charisme de mimolette, n’est donc qu’un second choix, soutenu par des tartuffes.

Written by Noix Vomique

13 avril 2012 at 14 02 21 04214

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