Noix Vomique

Archive for mai 2012

Je ne voudrais surtout pas faire de l’anti-hollandisme primaire…

Étrange sensation, mardi soir, en regardant François Hollande invité sur France 2. Étrange sensation, comme si la campagne présidentielle n’était pas terminée. Mais non: François Hollande, qui a répété plusieurs fois que « la France est un grand pays« , comme s’il venait de le découvrir ou comme s’il voulait s’en convaincre, a bel et bien été élu le 6 mai dernier. Et là, on se pince, on se dit que « non, pas ça, ce n’est pas possible« . Mais on ne rêve pas. En fait, cette interview sur le plateau du vingt heures est l’occasion de mesurer à quel point, par démagogie, on feint de confondre « normalité » et « médiocrité« . L’homme qui se trémousse devant David Pujadas et qui tient des propos creux d’un air suffisant est bien le Président de la République française. Il fallait vraiment que les Français détestent Nicolas Sarkozy pour voter François Hollande. Peut-être, finalement, qu’ils se détestent eux-mêmes: ceci expliquerait cela.

Toujours est-il que François Hollande, même s’il est l’un des présidents les plus mal élus de la Vème République, mérite le respect dû à sa fonction. J’avais commencé à écrire un billet très critique. À quoi bon. Je ne voudrais surtout pas faire de l’anti-hollandisme primaire. Un peu comme il existait un anti-sarkozysme primaire. Je ne voudrais surtout pas ressembler à ces blogs de gauche qui, pendant 5 ans, ont déversé des tonnes de merde sur le Président de la République. C’est bien la gauche, ça, qui méprise le suffrage universel quand il ne lui est pas favorable. Tout était bon pour flinguer Nicolas Sarkozy et ceux qui l’entouraient: c’était aussi odieux que débile. Parce que je tiens à ma liberté et que je respecte la démocratie, je ne voudrais donc pas faire comme ces blogueurs de gauche qui étaient obsédés par l’objet de leur haine et qui, en insultant, en disqualifiant et en calomniant, ont confondu l’engagement politique et l’hystérie la plus imbécile.

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Source de l’illustration: Chimulus, 24 mai 2012.

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De quoi Christiane Taubira est-elle le symbole?

Lundi, Le Monde nous rapporte que Christiane Taubira, depuis qu’elle a été nommée Garde des sceaux, est « l’une des cibles privilégiées de la droite et de l’extrême droite sur le Web« . Une rumeur, étayée par de vieilles photos de drapeaux français brûlés à Toulouse en 2007, prêterait à Christiane Taubira des propos qu’elle n’a en fait jamais tenu. L’auteur de l’article, Samuel Laurent, dénonce alors, tweets à l’appui, les attaques dont Christiane Taubira est victime: l’occasion, pour lui, de confondre la droite et l’extrême-droite, mais, surtout, de mettre sur un même plan une rumeur imbécile et les critiques que la loi Taubira de 2001 sur la traite négrière a suscitées. La réacosphère reprocherait ainsi à Christiane Taubira de vouloir « étouffer la traite arabo-musulmane » pour accuser les seuls « Blancs ». Le journaliste du Monde semble oublier que de nombreux historiens, indépendamment de leurs opinions politiques, ont dénoncé cette loi. Il préfère parler de la réacosphère, comme pour dévaloriser les attaques: une façon de suggérer que ceux qui s’en prennent à Christiane Taubira seraient avant tout des racistes, ce qui les discrédite. C’est une explication facile, qui revient à dire que Christiane Taubira, à cause de la couleur de sa peau ou de ses revendications communautaires, est intouchable. Or n’est-il pas légitime de s’interroger à propos de la nomination de Christiane Taubira à la justice? Pourquoi cette nomination, justement, suscite-t-elle tant de controverses?

Christiane Taubira a donné son nom à la loi du 21 mai 2001 qui condamne la traite négrière et l’esclavage. C’est une loi mémorielle qui stipule dans son article 1er que « La République française reconnaît que la traite négrière transatlantique ainsi que la traite dans l’océan Indien d’une part, et l’esclavage d’autre part, perpétrés à partir du XVème siècle, aux Amériques et aux Caraïbes, dans l’océan Indien et en Europe contre les populations africaines, amérindiennes, malgaches et indiennes constituent un crime contre l’humanité« .

Une telle loi pose problème, notamment parce qu’elle remonte loin dans le temps et qu’elle est rétroactive. D’abord, l’esclavage ayant été aboli en 1848 et la traite condamnée depuis plus de deux cents ans, ceux qui en ont souffert sont morts depuis longtemps et leurs descendants appartiennent au moins à la sixième génération. Ensuite, le crime contre l’humanité est une notion contemporaine, qui était inconnue de ceux qui, à l’époque, pratiquaient la traite ou l’esclavage. Ainsi, l’anachronisme s’ajoute à la rétroactivité. Or, parce qu’elle est anachronique, la loi Taubira apparaît comme une manipulation intolérable de l’histoire. Passons sur le fait qu’elle oublie les traites internes à l’Afrique et celles en direction du monde musulman, du Maroc à l’Inde. Ce n’est en effet pas au législateur de dire l’histoire. L’objectif ici est de reconnaître aux descendants d’esclaves le droit de défendre la mémoire de leurs ancêtres et, éventuellement, d’engager des poursuites contre ceux qui nieraient ou minimiseraient le fait. L’historien Olivier Pétré-Grenouilleau, qui a étudié le trafic d’esclaves dans toute sa complexité, sans le limiter à la traite atlantique, mais en le replaçant dans un contexte plus global [1], en a fait les frais. En 2005, un collectif d’Antillais, de Guyanais et de Réunionnais l’accusa en effet de négationnisme parce qu’il avait déclaré lors d’une interview au Journal du Dimanche que «Les traites négrières ne sont pas des génocides». Olivier Pétré-Grenouilleau reçut le soutien de 19 historiens, parmi lesquels René Rémond et Pierre Nora, qui fondèrent l’association Liberté pour l’Histoire. Dans un excellent petit livre publié en 2006 [2], le regretté René Rémond revenait sur cette histoire, en précisant que la traite ne pouvait pas être un génocide, quoiqu’en dise Christiane Taubira: les négriers, qui avaient des objectifs mercantiles, ne pouvaient pas avoir l’intention d’exterminer les esclaves puisqu’ils en tiraient profit. De la même façon, selon René Rémond, la loi Taubira fait implicitement le procès de la colonisation en oubliant que c’est justement la colonisation qui, au XIXème siècle, a entraîné dans les colonies françaises l’abolition de l’esclavage.

L’affaire Pétré-Grenouilleau a révélé à quel point une loi mémorielle comme la loi Taubira, qui fixe une vérité officielle, est une menace pour la connaissance historique. Les historiens savent qu’ils peuvent se retrouver sur le banc des accusés. De plus, en stipulant dans l’article 2 que «les programme scolaires et les programmes de recherche en histoire et en sciences humaines accorderont à la traite négrière et à l’esclavage la place conséquente qu’ils méritent », elle impose aux enseignants et aux chercheurs des objectifs quantitatifs sans que l’on sache vraiment ce qu’est une «place conséquente». Cette ingérence du pouvoir politique dans le domaine de l’enseignement et de la recherche, qui suppose une judiciarisation de l’histoire, n’existe habituellement que dans les régimes totalitaires. Enfin, en introduisant la notion de «crime contre l’humanité», la loi renvoie implicitement à la Shoah, un peu comme si on assistait ici à une surenchère victimaire. D’ailleurs, quitte à remonter dans le passé, pourquoi s’arrêter à la traite? Puisque je suis protestant, pourquoi ne demanderais-je pas, moi aussi, réparation pour les persécutions que mes ancêtres ont subies après la révocation de l’Édit de Nantes ?

En fait, la loi Taubira est l’expression d’un communautarisme, comme Pierre Nora l’expliquait en 2008: « ces lois traduisent à la fois la logique compassionnelle des sociétés modernes et la parcellisation de notre mémoire nationale entre différents groupes et communautés« . C’est comme si des mémoires particulières se développaient, entraient en concurrence les unes avec les autres et menaçaient, finalement, de désagréger la mémoire nationale. Il est donc inquiétant que l’auteur d’une telle loi soit nommé garde des sceaux: parce qu’elle est l’auteur d’une loi mémorielle très controversée, mais aussi parce qu’elle milite encore à Walwari, un mouvement guyanais vaguement indépendantiste, Christiane Taubira est un symbole du communautarisme qui est en train de gangréner l’identité de la France.

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[1] Olivier PÉTRÉ-GRENOUILLEAU. Les traites négrières : essai d’histoire globale, Paris, Folio Histoire, 2006, 733 pages.

[2] René RÉMOND. Quand l’État se mêle de l’histoire, Paris, Stock, 2006, 109 pages.


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Les sauts de cabri et la pensée magique

La croissance, la croissance, la croissance. Que ce soit pendant la campagne électorale, puis avec Angela Merkel ou Barack Obama, au G8, François Hollande ne cesse d’invoquer la « croissance« . À force, et avec la complicité des médias, il va finir par nous faire croire qu’il est le seul Chef d’État à vouloir cette fameuse croissance. François Hollande veut ainsi renégocier le traité budgétaire européen, qui fut adopté le 30 janvier dernier par les 27 pays de l’Union, pour lui ajouter notamment un « volet croissance« . À l’issue du G8 de ce weekend, à Camp David, François Hollande s’est vanté d’avoir imposé la question de la croissance au coeur des discussions. « Il apparaît d’évidence que la croissance a été le grand sujet de ce G8« , a-t-il souligné, bouffi d’orgueil, lors de la conférence de presse finale. Comme si les autres Chefs d’État n’avaient jamais pensé à la croissance auparavant, comme s’ils se satisfaisaient finalement de la récession.

La croissance, la croissance, la croissance. Est-ce parce que François Hollande n’a pas grand chose à dire qu’il se raccroche à cette idée? Bien sûr qu’il faut de la croissance. Tout le monde est d’accord. Reste à savoir comment on va la susciter. François Hollande n’a pas hésité à conclure le G8 avec une lapalissade (« Il n’y aura pas de croissance sans confiance, et il n’y aura pas de confiance sans croissance« ). Or il est loin d’avoir convaincu ses partenaires du G8. Dans le communiqué  final, ils se sont en effet engagés à «encourager la croissance», tout en prenant des mesures contre les déficits. D’ailleurs, samedi, Barack Obama, avait tenu à rappeler que la recherche de la croissance et la lutte contre les déficits allaient de pair. Enfin, le communiqué final plaide pour une zone euro «forte et unie», avec la Grèce, qui devra notamment «respecter ses engagements». Cela ne va pas exactement dans le sens de ce que souhaitait François Hollande.

La croissance, la croissance, la croissance. On pourrait reprendre la célèbre phrase du Général de Gaulle et l’adapter: « Bien entendu, on peut sauter sur sa chaise comme un cabri en disant la croissance! la croissance! la croissance!… mais cela n’aboutit à rien et cela ne signifie rien« . En fait, on a l’impression que François Hollande, qui sait qu’il doit son élection au hasard, a recours à une forme de pensée magique, comme s’il s’agissait de nommer les choses de façon incantatoire pour qu’elles existent. À force d’invoquer la croissance, va-t-elle finir par apparaître?

François Hollande et Jean-Marc Ayrault semblent avoir eu également recours à la pensée magique au moment de composer le gouvernement. Les noms des ministères, dignes d’un gouvernement cubain ou nord-coréen, sont à ce titre significatifs: « Économie sociale et solidaire« , « Redressement productif« , « Économie sociale et solidaire« , « Réussite éducative« , ou encore « Éducation populaire« . Ces nouvelles appellations, qui ont quelque chose d’euphorique, ne formulent-elles pas des objectifs? En fait, on est ici dans une forme de pensée magique: on voudrait que le nouveau nom d’un ministère ait la force de provoquer l’accomplissement de désirs, voire de prières.

Il n’a échappé à personne que certains ministères sont redondants: « Éducation nationale« , « Réussite éducative« , ou encore « Éducation populaire« . Une fois de plus, comme si l’insistance, qui prend ici un caractère incantatoire, allait permettre de changer le monde, et en l’occurence, améliorer l’éducation en France. Or, la réussite éducative n’est-elle pas déjà un objectif de l’Éducation nationale?

Enfin, le nom, en se confondant avec un objectif de résultat, est comme la garantie que les problèmes vont se résoudre. C’est la logique de la magie blanche: on essaie de bien baptiser le ministère en espérant obtenir un bénéfice. Il faut que le magicien et les patients y croient. Ainsi, le ministère du Redressement productif, confié à Arnaud Montebourg, se devra d’être plus productif qu’un simple ministère de l’industrie. S’il n’y parvient pas, le désenchantement risque d’être violent.

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L’hommage à Jules Ferry, l’homme pour qui toutes les civilisations n’avaient pas la même valeur

Mardi, François Hollande va commencer son quinquennat par un gag. Quelques heures après son investiture à l’Élysée, il ira en effet fleurir la statue de Jules Ferry. Or, dans un discours resté célèbre, le 28 juillet 1885 devant la chambre des députés, Jules Ferry justifiait ainsi la politique d’expansion coloniale de la France:

Je répète qu’il y a pour les races supérieures un droit, parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures… (Marques d’approbation sur les mêmes bancs à gauche – Nouvelles interruptions à l’extrême gauche et à droite.)

Nous éviterons de tomber dans l’anachronisme et nous n’instruirons pas le procès de Jules Ferry à l’aune d’une bien-pensance toute contemporaine. Mais quand même: n’est-il pas incongru, après la polémique que Claude Guéant avait provoqué en février dernier, de rendre hommage à un homme qui voulait « civiliser des races inférieures » ?

Souvenons-nous. Claude Guéant avait déclaré que toutes les civilisations ne se valaient pas: “Celles qui défendent l’humanité nous paraissent plus avancées que celles qui la nient, celles qui défendent la liberté, l’égalité et la fraternité nous paraissent supérieures à celles qui acceptent la tyrannie, la minorité des femmes, la haine sociale ou ethnique“. Aussitôt, à gauche, on s’était indigné et on avait hurlé au nazisme. François Hollande avait estimé que c’était «une provocation de dire qu’il y a une hiérarchie entre les civilisations». Or, ce mardi, il a justement choisi de s’incliner devant la statue de Jules Ferry qui tenait des propos similaires. Certes, dans la mythologie des socialistes, Jules Ferry est avant tout un homme de gauche, à l’origine des lois scolaires. Peu importe, d’ailleurs, que ces lois soient finalement l’aboutissement d’un long processus qui, depuis la loi Guizot de 1833, a mûri pendant tout le XIXème siècle: on sait combien la gauche aime instrumentaliser l’histoire à son avantage. Et on pourrait d’ailleurs s’interroger sur la véritable signification de cet hommage.

En fait, quand il invoque la mission civilisatrice de la France et qu’il affirme que toutes les civilisations ne se valent pas, Jules Ferry  incarne bien les prétentions universalistes de la gauche: la gauche, persuadée qu’elle défend des valeurs supérieures, est toujours prête en effet à donner des leçons au monde entier. L’universalisme de gauche est à l’origine de la colonisation: merci à François Hollande d’avoir pensé à nous le rappeler.

Quoi? Ce n’est pas le sens de l’hommage à Jules Ferry? Après avoir vu tous ces drapeaux africains, le soir de son élection à la Bastille, François Hollande n’aurait pas choisi, dès son investiture, la voie de la repentance post-coloniale? Vincent Peillon, que l’on va sans doute devoir se coltiner comme ministre de l’Éducation, veille à ce que le catéchisme socialiste ne soit pas mal interprété. Il a donc précisé dimanche que c’était le Jules Ferry «des grandes lois scolaires, de la lettre aux instituteurs, de la scolarité obligatoire, de la laïcité, de la gratuité de l’école» qui sera honoré. Un peu comme François Mitterrand qui, président de la République, faisait fleurir chaque année la tombe du Maréchal Pétain sur l’île d’Yeu: n’était-ce pas le Maréchal Pétain «de la Première guerre mondiale» qu’il honorait?

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L’étrange défaite

La soirée de dimanche soir a laissé une drôle d’impression, un peu comme si l’élection d’un président de la république, moment que le Général de Gaulle avait voulu crucial dans l’histoire de la Vème République, était une formalité somme toute assommante. Car, en cette soirée électorale, on s’ennuyait ferme. État-ce un avant-goût de cette « présidence normale » que François Hollande appelle de ses voeux? Comment ne pas être envahi par un sentiment d’étrangeté devant les images et les discours qui se sont succédés à la télévision?

Depuis des mois, le résultat de l’élection avait tellement été annoncé, et anticipé, qu’il n’a finalement suscité aucune surprise. À tel point que l’on pouvait croire que l’on regardait la énième rediffusion d’un film archi-connu. Cette vague sensation de déjà-vu était renforcée par les journalistes en direct de la Bastille: en interviewant Pierre Bergé, ils nous renvoyaient à la soirée du 10 mai 1981. Ce que l’on pouvait voir de la fête à la Bastille n’avait cependant rien d’excitant: des drapeaux algériens ou maliens, des jeunes braillards alcoolisés. Tout ce beau monde aurait pu fêter la victoire d’une équipe de football à la Coupe d’Afrique des Nations.

Ce que les instituts de sondages avaient prédit s’était donc réalisé. À un détail près: on comprenait soudain que les sondages n’avaient jamais annoncé la victoire de François Hollande. Peu importe, après tout, que le vainqueur soit Dominique Strauss-Kahn ou François Hollande. C’était la défaite de Nicolas Sarkozy que leur petite ritournelle, depuis des mois, nous avait logée dans le crâne. Cette défaite était donc sans surprise: les médias nous y avaient longuement préparés. Or la défaite n’était pas aussi nette qu’on avait voulu le dire: François Hollande a obtenu 51,6% des voix, contre 48,4% pour Nicolas Sarkozy. Jamais aucun institut de sondage n’avait annoncé un écart aussi faible. En nous répétant que tout était joué, les médias avaient réussi à installer un climat de fatalisme qui a finalement contaminé une partie de la droite. Puisque la défaite semblait inéluctable, les ministres n’ont-ils pas mollement défendu le bilan de 5 ans de sarkozysme, alors que ce bilan, loin d’être mauvais, méritait d’être défendu?

La victoire de François Hollande n’était donc pas aussi large que prévue. Parce que le nombre des bulletins blancs et nuls est élevé (2,1 millions, soit 7% des électeurs), le candidat socialiste a en fait réuni sur son nom moins de 50% des votants (47,52% exactement). Les médias pourront toujours nous répéter que François Hollande est un étonnant stratège: on sent bien qu’il n’a pas suscité d’adhésion populaire et, au fond, on sait bien qu’il est devenu président par hasard (il peut remercier Nafissatou Diallo). Avant François Hollande, en 1995, Jacques Chirac avait également été élu avec moins de 50% des votants (49,5% en raison de près de 6% de bulletins blancs ou nuls): sa légitimité fut tout de suite contestée par la gauche, les syndicats bloquèrent toute vélléité de réforme et Chirac, après une dissolution calamiteuse, se retrouva en cohabitation avec Jospin.

Au vu des résultats, on peut se dire que la victoire de Nicolas Sarkzoy était possible. Elle n’est pas passée loin. Avec le temps, François Hollande, qui se contentait de se cacher derrière son statut de favori, faisait de moins en moins illusion. Son image s’effritait. Le second tour aurait eu lieu une semaine plus tard: le résultat de l’élection aurait sans doute été bien différent. Toujours est-il que l’élection est passée et qu’il n’est pas difficile de prévoir que l’image de François Hollande, confrontée à la réalité du pouvoir, va continuer à s’effriter.

Ainsi, dans cette campagne, le temps jouait en faveur de Nicolas Sarkozy. Une drôle de campagne qui, après le 1er tour, s’était transformée en lynchage en règle de Nicolas Sarkozy: la charge des médias de gauche fut en effet d’une rare violence. En fait, la gauche a montré combien elle pouvait être brutale et clivante: justement tout ce qu’elle reprochait à Nicolas Sarkozy! En parlant de pétainisme et des rassemblements nazis de Nuremberg, on insultait le président sortant et ses électeurs. François Hollande, qui se pose maintenant en réconciliateur, laissa dire sans jamais condamner l’outrance de ces propos. Réconciliation: c’était dimanche soir le mot d’ordre de tous les socialistes. Qu’il est facile de parler de réconciliation quand on a cautionné toutes les insultes, décrété que les Français étaient racistes, refusé l’ouverture, opposé les riches aux pauvres…

Ce dimanche soir, le discours de Nicolas Sarkozy, à la mutualité, fut brillant et d’une rare élégance. Le président semblait libéré d’on ne sait quel poids. L’émotion était palpable. Les drapeaux français s’agitaient avec fougue et fierté. Comme s’ils saluaient la victoire de Nicolas Sarkozy. À l’inverse, le discours de François Hollande, à Tulle, fut long et soporifique. Un discours d’énarque sans souffle ni charisme. Plus tard, à la Bastille, les drapeaux français étaient rares: on voyait surtout les drapeaux de pays étrangers. En les voyant, comment ne pas être envahi par un sentiment d’étrangeté? Manuel Valls peut prétendre qu’il est « convaincu que tous ces jeunes, de toutes les couleurs, de toutes les origines, de toutes les appartenances se sentaient français« : les images de la place de la Bastille étaient étranges. Et de mauvais augure. D’ailleurs, la dernière fois qu’un nouveau chef de l’État était salué à Paris par des drapeaux étrangers, n’était-ce pas le 10 juillet 1940? Le Maréchal Pétain venait de recevoir les pleins de pouvoirs et les drapeaux nazis flottaient dans les rues de Paris.

Au final, cette fête à la Bastille était d’une tristesse crasse comme un soir de défaite. Sans doute parce que la victoire de François Hollande, malgré le soutien des médias, est loin d’être un triomphe. À l’inverse, la défaite de Nicolas Sarkozy, qui s’est battu seul contre tous, est loin d’être déshonorante. Et, quand on voit le climat médiatique nauséabond et la mine soulagée de Nicolas Sarkozy, on peut se dire qu’il valait peut-être mieux que François Hollande gagne: dans le cas contraire, on ne sait pas en effet à quelles extrémités l’anti-sarkozysme aurait pu conduire.

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11 mai 2012 at 22 10 24 05245

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Des racines et des Heil

Vendredi matin, en salle des profs, une collègue m’apostrophe devant la machine à café: « Sarkozy, c’est Pétain« . J’essaie de rester calme. En fait, je suis plutôt désespéré: comment une prof d’histoire-géo peut-elle affirmer le plus sérieusement du monde une telle imbécilité? À la rigueur, que ce soient les peigne-culs de L’Humanité, du Monde, de Libé, de Marianne, des Inrockuptibles ou encore de Mediapart… Mais une prof d’histoire-géo! En même temps, c’est vrai que Nathalie Arthaud est agrégée d’économie: tout est donc possible.

Ce lundi matin, dans la même salle des profs, certains collègues se félicitent grassement « d’avoir fait dégager Sarkozy« . Car, finalement, Nicolas Sarkozy n’a pas installé cette dictature qu’ils annonçaient à corps et à cris lors de son élection en 2007. Ce matin, donc, ces gauchistes qui n’avaient eu de cesse de se déclarer « vigilants » et « en résistance« ,  proclament que « la victoire de Hollande, c’est la victoire de la démocratie« . Curieuse conception, à sens unique, de la démocratie. Histoire de faire mon rabat-joie, je fais remarquer, l’air de rien, que les drapeaux que l’on pouvait apercevoir hier soir, place de la Bastille, étaient rarement français. D’accord, je l’ai cherché: je me suis aussitôt fait traité de facho.

Je reviendrai plus tard sur cette histoire de drapeaux. Car il y a des symboles qui sont lourds de sens. Est-ce parce qu’il y avait des milliers de drapeaux français que Axel Kahn, candidat aux législatives pour le PS, a comparé le meeting de Nicolas Sarkozy au Trocadéro aux rassemblements nazis de Nuremberg? Pour la gauche, les drapeaux algériens brandis à la Bastille par des jeunes issus de l’immigration, c’est beau, c’est bien. Mais si vous êtes français et que vous revendiquez vos racines et votre identité, vous êtes un fasciste.

Entre les deux tours, la gauche et une partie des médias ont transformé la campagne en lynchage systématique de Nicolas Sarkozy. On comparait le président sortant à Pétain. Pourquoi pas à Hitler. Les électeurs de l’UMP n’étaient pas mieux traités. C’est quand même extraordinaire: on ne peut plus dire que l’on aime la France sans se faire traiter de fasciste ou de pétainiste. Bientôt, le nom de la France lui-même deviendra suspect: on préférera parler de « République« : une façon, l’air de rien, de nier nos racines et de faire passer à la trappe mille ans d’histoire. De la même façon, malheur à celui qui manifeste son opposition au droit de vote des étrangers et qui dénonce le communautarisme: il se fera traiter de nazi par les donneurs de leçon de la gauche vertueuse. Des donneurs de leçon qui travestissent l’histoire à leur avantage. Soixante-dix ans après l’occupation, ils aiment jouer aux petits résistants; c’est quand même plus facile aujourd’hui et ça permet de se donner bonne conscience à peu de frais.

Written by Noix Vomique

7 mai 2012 at 17 05 05 05055

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Le 6 mai, votez Nicolas Sarkozy

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Dimanche, je voterai Nicolas Sarkozy. Comme je l’ai déjà expliqué, mon vote est motivé par 5 raisons principales:

1/ Nicolas Sarkozy a montré qu’il a l’envergure et les qualités d’un Chef d’État: il est respecté dans le monde entier et, dans les crises internationales, qu’elles soient politiques ou économiques, il a fait preuve d’un vrai volontarisme et a su prendre des décisions courageuses. Dans le contexte tendu de la mondialisation, Sarkozy est le seul candidat à avoir vraiment l’étoffe d’un chef.

2/ Nicolas Sarkozy a un vrai bilan. En l’espace de 5 ans, il a su mener des réformes structurelles très importantes que personne n’avait osé faire auparavant: autonomie des universités, réforme des retraites, service minimum dans les transports, réduction du nombre de fonctionnaires, Grenelle de l’environnement.

3/ Nicolas Sarkozy est le Président qu’il nous faut pour affronter la crise économique. La France a mieux résisté à la crise que ses voisins européens. Je ne veux pas que la France suive le chemin de la Grèce ou de l’Espagne. Or le programme économique de François Hollande, en proposant d’augmenter les dépenses publiques, va creuser les déficits et conduira sans aucun doute la France à la faillite.

4/ Nicolas Sarkozy est attaché aux valeurs de la République. Il défend la laïcité et refuse le droit de vote des étrangers. Je n’accepte pas le projet de François Hollande d’une France multiculturelle et je ne veux pas d’une société où l’on cède à tous les communautarismes.

5/ Enfin, je ne veux pas de François Hollande comme président: son anti-sarkozysme bête et méchant, le soutien inconditionnel que lui apportent les médias et ses postures mitterrandiennes qui sentent la naphtaline me révulsent. À part un goût malsain pour les petits mensonges et l’immobilisme, cet apparatchik du parti socialiste n’a jamais rien prouvé. Il ne veut pas voir la gravité de la crise économique, ignore les enjeux de la mondialisation et affiche une méconnaissance totale des dossiers internationaux. Je ne veux pas de François Hollande comme président et je ne veux pas voir le retour de tous les ringards du PS sur le devant de la scène car le changement qu’ils promettent, vers une société multiculturelle où l’assistanat serait devenue la règle, sera un changement désastreux qui fera le lit des totalitarismes à venir.

Pour toutes ces raisons, je voterai Nicolas Sarkozy. Parce que la France a besoin d’un second quinquennat.

Written by Noix Vomique

4 mai 2012 at 22 10 05 05055

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