Noix Vomique

Des racines et des Heil

Vendredi matin, en salle des profs, une collègue m’apostrophe devant la machine à café: « Sarkozy, c’est Pétain« . J’essaie de rester calme. En fait, je suis plutôt désespéré: comment une prof d’histoire-géo peut-elle affirmer le plus sérieusement du monde une telle imbécilité? À la rigueur, que ce soient les peigne-culs de L’Humanité, du Monde, de Libé, de Marianne, des Inrockuptibles ou encore de Mediapart… Mais une prof d’histoire-géo! En même temps, c’est vrai que Nathalie Arthaud est agrégée d’économie: tout est donc possible.

Ce lundi matin, dans la même salle des profs, certains collègues se félicitent grassement « d’avoir fait dégager Sarkozy« . Car, finalement, Nicolas Sarkozy n’a pas installé cette dictature qu’ils annonçaient à corps et à cris lors de son élection en 2007. Ce matin, donc, ces gauchistes qui n’avaient eu de cesse de se déclarer « vigilants » et « en résistance« ,  proclament que « la victoire de Hollande, c’est la victoire de la démocratie« . Curieuse conception, à sens unique, de la démocratie. Histoire de faire mon rabat-joie, je fais remarquer, l’air de rien, que les drapeaux que l’on pouvait apercevoir hier soir, place de la Bastille, étaient rarement français. D’accord, je l’ai cherché: je me suis aussitôt fait traité de facho.

Je reviendrai plus tard sur cette histoire de drapeaux. Car il y a des symboles qui sont lourds de sens. Est-ce parce qu’il y avait des milliers de drapeaux français que Axel Kahn, candidat aux législatives pour le PS, a comparé le meeting de Nicolas Sarkozy au Trocadéro aux rassemblements nazis de Nuremberg? Pour la gauche, les drapeaux algériens brandis à la Bastille par des jeunes issus de l’immigration, c’est beau, c’est bien. Mais si vous êtes français et que vous revendiquez vos racines et votre identité, vous êtes un fasciste.

Entre les deux tours, la gauche et une partie des médias ont transformé la campagne en lynchage systématique de Nicolas Sarkozy. On comparait le président sortant à Pétain. Pourquoi pas à Hitler. Les électeurs de l’UMP n’étaient pas mieux traités. C’est quand même extraordinaire: on ne peut plus dire que l’on aime la France sans se faire traiter de fasciste ou de pétainiste. Bientôt, le nom de la France lui-même deviendra suspect: on préférera parler de « République« : une façon, l’air de rien, de nier nos racines et de faire passer à la trappe mille ans d’histoire. De la même façon, malheur à celui qui manifeste son opposition au droit de vote des étrangers et qui dénonce le communautarisme: il se fera traiter de nazi par les donneurs de leçon de la gauche vertueuse. Des donneurs de leçon qui travestissent l’histoire à leur avantage. Soixante-dix ans après l’occupation, ils aiment jouer aux petits résistants; c’est quand même plus facile aujourd’hui et ça permet de se donner bonne conscience à peu de frais.

Written by Noix Vomique

7 mai 2012 à 17 h 05 min

Publié dans Uncategorized

Une Réponse

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  1. Oui, ils sont fatigants… Et tellement ridicules quand ils se disent résistants. Le pire c’est que la plupart de ces nases fermeraient leurs gueules face à un vrai facho bien flippant et déterminé.
    Genre les racailles qui insultent les faces de craie. Ceux-là ont un régime de faveur, on les salue avec la main sur le coeur. Mais à part ça on se la joue rebelle et on insulte l’électeur lambda UMP. C’est tellement plus simple.


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