Noix Vomique

Archive for novembre 2012

Un gouvernement sans opposition ni majorité

Décidés à se faire la peau, François Fillon et Jean-François Copé continuent donc à se bigorner sévèrement. François Fillon a refusé hier la demande de Jean-François Copé de dissoudre le groupe qu’il a constitué à l’Assemblée. Dans le camp Copé, on estime que les négociations sont terminées. Comme le dit Corto, dans cette histoire, François Hollande est pour l’instant le grand gagnant puisque, depuis dix jours, les médias ne parlent plus que de l’implosion probable de l’UMP. Ainsi, hier, au journal de France 2, il a fallu poireauter un quart d’heure avant d’entendre David Pujadas évoquer, en trente secondes, le rejet par le Sénat du projet de loi de finances pour 2013. C’est pourtant intéressant, ça: le gouvernement Ayrault peine à trouver une majorité au Sénat! Pourtant, on se souvient que cette chambre a basculé à gauche l’an dernier: à l’époque, les médias ne nous avaient-ils pas tartinés que c’était historique, blablabla?

Le Sénat a donc envoyé à la poubelle le premier projet de budget du quinquennat de François Hollande. Au Sénat, en quelques semaines, c’est la quatrième fois qu’un texte est repoussé, après ceux sur l’énergie, la programmation budgétaire 2012-2017 et le projet de budget de la Sécurité sociale. Chaque fois, le bide du gouvernement est imputable aux sénateurs communistes et du Front de gauche. Et quand un texte passe, comme le traité budgétaire européen, c’est grâce à l’apport des voix de la droite! Apparemment, on a donc un gouvernement sans majorité et sans opposition, puisque la droite est trop occupée à se castagner. À la limite, l’opposition, on ira plutôt la chercher du côté du Front de gauche, voire des écologistes. Ça promet.

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Written by Noix Vomique

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Le grand n’importe quoi

La pouvoir socialiste ne pouvait espérer mieux. Le spectacle donné par les responsables coqs de l’UMP est non seulement pitoyable: il occulte le reste de l’actualité, et notamment ce qui pourrait vraiment intéresser les Français. Pendant que les médias, réjouis d’une telle aubaine, focalisent notre attention sur la guerre Copé-Fillon, François Hollande et le gouvernement Ayrault s’enfoncent dans l’impopularité, la croissance est en berne, l’agence Moody’s sanctionne l’absence de réformes structurelles et dégrade la note de la France, les taux OAT remontent doucement et, surtout, le président de la République se retrouve empêtré avec son projet de mariage homosexuel.

Pour la gauche, ces derniers jours auront été exemplaires dans l’art d’utiliser la stupidité du camp adverse.

La mobilisation de ce samedi contre le mariage homosexuel, en réunissant près de 200000 personnes fut indiscutablement un succès. Koltchak et Io Froufrou en ont fait d’excellents compte-rendus, qui soulignent chaque fois la diversité et la courtoisie des manifestants. Comme Corto l’a déploré, les médias ont tu l’ampleur du mouvement et les gauchistes ripostaient, non sans hargne, sur Twitter. Alors qu’ils sont toujours prompts à dénoncer les amalgames, ils n’hésitaient pas à caricaturer les manifestants en catholiques-intégristes-fachos-homophobes. Le lendemain avait lieu la manifestation de Civitas: elle fut perturbée par l’irruption des hystériques du FEMEN, avec un service d’ordre vite débordé et quelques échaufourrées. Les gonzesses qui étaient venues chercher le contact, armées de bombes lacrymogènes, pleurnichèrent aussitôt parce qu’elles avaient été bousculées. Le piège était grossier et on peut regretter, comme l’Amiral Woland, que quelques skinheads soient tombés dedans à pieds joints: des idiots utiles qui ont ainsi confirmé l’image caricaturale, celle des catholiques-intégristes-fachos-homophobes, que les médias et la gauche donnent d’eux. Les FEMEN ont réussi leur coup: on a oublié les 200000 manifestants de la veille. À ce sujet, on lira l’excellente analyse de Fikmonskov.

Ceci dit, les manifestations du week end ont quelque peu ébranlé les certitudes du Camp du Bien. Si bien que le Président de la République a semblé faire marche arrière. Mardi, devant les maires de France, il a expliqué que la loi sur le « mariage pour tous » devrait s’appliquer, si elle est adoptée, dans « le respect de la liberté de conscience ». Aussitôt, furieux, les fanatiques de la cause homosexuelle, ont exigé d’être reçus à l’Élysée et nous avons finalement vu François Hollande se désavouer: il a aussitôt «retiré» l’expression «liberté de conscience» qu’il avait utilisée devant les maires. François Hollande a ainsi apporté la preuve de son absence de conviction. C’est du Hollande typique: mollasse, lâche, toujours prêt à la reculade et au compromis. Il y a du Louis XVI chez ce type là et on ne serait pas étonné d’apprendre qu’il se passionne pour la serrurerie; reste à savoir si l’échafaud se trouve au bout du parcours.

Le revirement du président de la République, que la cacophonie à l’UMP a permis de minimiser, est significatif de notre vie politique: c’est le grand n’importe quoi, et tant mieux, apparemment, si on peut gagner ainsi des élections et en vivre. Or, le grand n’importe quoi, c’est ce qui abaisse la politique. C’est également ce que vit aujourd’hui l’UMP. Comme François Hollande, Jean-François Copé et François Fillon n’ont pas de convictions: ils se battent pour des places. Quant à Marine Le Pen, elle ne fait pas mieux quand elle permet l’élection de François Hollande. Aujourd’hui, la droite se déchire parce qu’elle s’est vidée de tout contenu idéologique. Constamment intimidée par une bienpensance venue de la gauche, elle n’a de droite que le nom. D’ailleurs, si elle essaie de revendiquer ses valeurs, ses adversaires montent aussitôt au créneau pour dénoncer une droitisation: comme s’il était honteux, pour la droite, d’avoir des valeurs de droite. Aujourd’hui, Copé et Fillon sont cramés: espérons que ce suicide politique aura permis de crever les abcès qui s’accumulaient.

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L’avenir selon François Hollande

Point de départ d’une vaste campagne de communication, qui coûte quand même la bagatelle de 1,7 million d’euros, le Président de la République a signé hier en Seine-et-Marne les premiers emplois d’avenir, destinés à lutter contre le chômage des jeunes. On remarquera que le dispositif concerne seulement les jeunes qui n’ont pas de diplôme: les autres iront se faire foutre. C’est ce que l’on appelle du clientélisme.

François Hollande a fait semblant d’y croire: « Nous pourrions nous décourager, nous pourrions attendre, eh bien, nous ne perdons aucun temps et nous engageons tout de suite la bataille de l’avenir« . Ainsi donc, l’avenir, pour les socialistes, c’est cela: des sous-emplois subventionnés, sous-payés, pour des sous-adultes. Dans cette histoire, il n’y a que les contribuables qui ne soient pas des sous-contribuables: c’est en effet avec leur argent que collectivités territoriales et établissements publics proposeront des emplois d’avenir à des jeunes définitivement infantilisés. Ces contrats, d’une durée maximale de trois ans, seront pris en charge par l’État, à hauteur de 75% de la rémunération brute du smic. La gauche a beau répéter aux contribuables que ces jeunes sans diplômes sont une chance pour la France, on peut raisonnablement douter que ces emplois d’avenir remettent la France sur le chemin de la croissance et de la compétitivité.

Written by Noix Vomique

9 novembre 2012 at 15 03 05 110511

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