Noix Vomique

Archive for janvier 2013

Pascal Boniface n’est pas un spécialiste du monde arabe

Mais combien de temps encore devrons-nous supporter Pascal Boniface? Entre ses interventions à la télévision pour justifier la guerre au Mali, comme si elle avait pour but de faire plaisir aux Maliens vivant en France, et la promotion du livre qu’il vient de coécrire avec le rappeur Médine, Pascal Boniface nous explique, dans une tribune parue dans Le Nouvel Obs, qu’il ne présidera pas l’Institut du Monde Arabe.

Pris dans son élan, après avoir sauvé de l’euthanasie les éléphants de je ne sais quel zoo, François Hollande a en effet décidé de faire nommer son vieux camarade Jack Lang, 73 ans, à la tête de l’Institut. Du coup, Pascal Boniface noie sa déception dans la flagornerie et passe la pommade à Jack Lang, qu’il présente sans rire comme un « bourreau de travail« : « Je ne serai pas président de l’Institut du monde arabe : Jack Lang était mieux placé« . Dans la flatterie, n’est-ce pas, on ne va jamais trop loin. Et là, sans doute pour justifier l’échec de sa propre candidature, Pascal Boniface, qui est quand même directeur de l’IRIS, nous avoue qu’il n’est pas un « spécialiste du monde arabe« ! Quel aveu! Pourtant, dernièrement, dans les medias ou sur son blog, mais aussi dans des rapports qu’on lui commande, il n’a cessé de nous parler du monde arabe: à quel titre, s’il n’est pas spécialiste? Certes, à propos de la Syrie, il est juste capable de marmonner une évidence, crampronné au comptoir de zinc du café du commerce:  « il est parfaitement illusoire de penser que Bachar al-Assad pourra restaurer sa pleine autorité sur le pays« . Le Qatar l’inspire davantage et il en fait régulièrement la promotion, à croire qu’il est rémunéré par l’émir. Et que je défends l’organisation de la Coupe du monde de foot en 2022, et que je regrette que les Français aient plein de préjugés sur le Qatar, et que j’explique que le Qatar, qui pénalise l’homosexualité chez lui, a quand même renouvelé chez nous la convention avec le Paris Foot Gay, blablabla.

Bref, Pascal Boniface n’est pas un spécialiste du monde arabe. Un tel argument porte à penser, a contrario, que Jack Lang, lui, est un spécialiste du monde arabe. C’est vrai que les vacances à Marrakech, ça, Jack, il connaît. D’ailleurs, tiens, c’est peut-être le point faible de Pascal Boniface. Pour être nommé à la tête de l’Institut du monde arabe, les accusations d’être un imposteur ne suffisent pas: de Dominique Baudis à Jack Lang, il faut aussi avoir été victime d’une méchante rumeur sur de supposées pratiques pédophiles. Donc, Pascal, la prochaine fois que tu vas chez tes amis Qatari, tu sais ce qu’il te reste à faire.

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François Hollande, prêt à buter les terroristes jusque dans les chiottes ?

En février dernier Najat Vallaud-Belkacem, alors porte-parole de François Hollande, avait comparé Nicolas Sarkozy à Vladimir Poutine: selon elle, on retrouvait chez les deux hommes la même « brutalité des méthodes« . Pour les socialistes, Vladimir Poutine fait en effet figure de croquemitaine: il est vilain, méchant et brutal. On se souvient avec effroi des prises d’otages au Théâtre de Moscou, en 2002, et dans l’école de Beslan en 2004: les forces spéciales russes n’avaient pas hésité à donner l’assaut, causant ainsi la mort de plusieurs centaines d’otages.

Samedi, après la prise d’otage sur le complexe gazier d’In Amenas, alors que tous les gouvernements étrangers, de Washington à Tokyo, critiquent sévèrement l’assaut mené par l’armée algérienne, François Hollande s’est montré très conciliant avec le gouvernement algérien: pour lui, l’Algérie «a eu les réponses adaptées». Peu importe que plusieurs dizaines d’otages aient été tués. Ainsi, nous découvrons ébahis que François Hollande apprécie des méthodes brutales dignes de Vladimir Poutine! Pour un peu, il ajouterait que la négociation, c’est pour les homos qui veulent se marier les lâches. Pour un peu, il se dirait prêt à aller buter les terroristes jusque dans les chiottes! Comme quoi, la guerre, ça vous change un homme.

Encore un petit effort et François Hollande, chef de guerre, n’aura plus la trouille au moment de nommer l’ennemi contre lequel nos troupes se battent. Car il est trop facile de ne parler que de « terroristes« , un peu comme on parle de « rebelles » en Syrie. Encore un petit effort, donc, et il aura enfin le courage de préciser que les terroristes sont des islamistes et qu’ils se réclament de l’islam. N’en déplaise au Conseil français du culte musulman qui s’est félicité, dans un communiqué, que le Président de la République « évite de qualifier d’islamistes les éléments terroristes visés par l’intervention« . Alors, à l’instar de Vladimir Poutine qui ne veut pas aider les rebelles en Syrie mais propose son aide à la France au Mali, François Hollande désignera clairement l’ennemi sans craindre de froisser les uns ou les autres, et il commencera peut-être à ressembler, vaguement, à un chef d’État.

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Le mariage homosexuel est un non-sens

Le projet de mariage homosexuel semble avoir renforcé le clivage entre ceux qui se prétendent modernes et ceux qui veulent résister à tout processus d’acculturation. Qui se souvient que Hollande et sa clique de bras cassés reprochaient au président précédent d’être clivant et de diviser les Français? C’était au moment du débat sur l’identité nationale: pourtant, ce débat n’intéressait personne, à l’exception notable des seuls gauchistes, chez qui il avait suscité des passions finalement prévisibles. Le mariage homosexuel est un sujet autrement plus sensible parce qu’il touche à l’une des structures fondamentales de notre société, et il divise bien au-delà du simple clivage gauche-droite: à gauche aussi, on affiche son opposition, comme Georgina Dufoix qui regrette que « François Hollande supprime les mots père et mère du 
droit civil français et des codes qui régissent la famille« . En transformant le mariage, le gouvernement va en effet modifier l’idée même de la famille. Or, l’anthropologie, qui s’intéressent aux liens de parenté, parce qu’ils conditionnent l’organisation sociale, nous a montré combien la famille est une institution importante: elle détermine des droits et des statuts, régit la transmission des biens, assure une partie de la socialisation des individus et contribue ainsi largement à la reproduction de l’ordre social.

Une discussion à ce sujet avec des collègues, à la cantine du lycée, m’a laissé un goût amer. Au milieu de toutes ces belles âmes éprises de modernité et de progrès, seul à défendre mon point de vue, je sentais bien qu’on me prenait pour un abominable rétrograde. Un réac. Pire: un homophobe. Pour un peu, je me serais senti coupable. Je n’ai pourtant tenu aucun propos déplacé à l’égard des homosexuels: contrairement à Najat Vallaud-Belkacem, je ne suis pas obsédé par les pratiques sexuelles des autres. C’est sans doute mon côté libéral, ça: chacun peut bien tringler qui il veut, du moment que cela reste une affaire privée. Loin de moi l’idée de vouloir discriminer qui que ce soit: je ne suis pas musulman et n’ai jamais souhaité la pendaison pour les homosexuels.

Lorsqu’on écoute Najat Vallaud-Belkacem, les moeurs sexuelles semblent être devenues un critère d’identité et une façon d’obtenir un statut. Ainsi, reléguant l’identité nationale dans les oubliettes du quinquennat précédent, l’enculage ou le bouffage de cramouille, qui ne devraient pourtant relever que de la sphère privée, sont devenus des enjeux de société. Car bizarrement, les préoccupations dites sociétales prennent le pas sur les préoccupations sociales. C’est le résultat du clientélisme de nos politiques qui, en tenant un discours différent à chaque fraction de la population, sont en train d’atomiser la nation. N’est-il pas préoccupant de voir le gouvernement sacrifier l’intérêt général pour satisfaire les intérêts égoïstes de lobbies extrémistes? On s’éloigne ici de la notion de démocratie héritée des Lumières et de la conception de Rousseau, selon laquelle la société est une communauté d’individus qui œuvrent tous ensemble pour le bien commun: l’autorité d’un gouvernement repose sur la conception partagée du bien commun. Or, comme Aristide l’a expliqué sur son excellent blog, le mariage ne sert-il pas le bien commun?

Mais le bien commun est aujourd’hui sacrifié par les modernes sur l’autel de l’égalité et de la lutte contre les discriminations. Pourtant, aligner les droits des homosexuels sur ceux des hétérosexuels, c’est comme si les joueurs de football, au nom de l’égalité, revendiquaient le droit d’utiliser les mêmes règles que les joueurs de rugby.

Contrairement à ce que les gauchistes veulent nous faire croire, le mariage pour tous, on admire au passage l’euphémisme, n’est pas un progrès en matière de lutte contre les discriminations. Le mariage n’a jamais été discriminatoire à l’égard des homosexuels car il a été créé pour unir deux personnes de sexe opposé, dans le but de reproduire un modèle familial. Ainsi, on n’a jamais interdit aux homosexuels de se marier: ils peuvent bien entendu se marier, mais avec une personne du sexe opposé. Sur son blog, Philarête, toujours excellent, apporte un éclairage philosophique: l’instituion du mariage repose sur une règle «constitutive» qui veut qu’on épouse une personne de l’autre sexe. Si on modifie la règle constitutive du mariage, c’est le mariage lui-même que l’on détruit et l’on invente une nouvelle institution.

Ceci dit, les obsédés de l’égalité, qui voient de la discrimination partout, ne peuvent pas comprendre que le mariage a été créé pour les hétéros, pour reproduire un modèle familial, et qu’il n’y avait aucune intention de discriminer les homosexuels. À l’époque, d’ailleurs, on ne parlait pas d’homosexuels: l’homosexualité était juste une pratique honteuse et taboue, du même ordre que la branlette.

Dans toutes les sociétés humaines, et la littérature anthropologique est suffisammment riche à ce sujet, le mariage unit des personnes opposées parce qu’il a pour objectif, à travers la fondation d’une famille, la reproduction du groupe. Le mariage, indissociable de la complémentarité des sexes, est donc dicté par la nature. Dans ces conditions, n’est-il pas étonnant de voir les écologistes, qui défendent le mariage homosexuel, manquer autant de respect à la nature? Dans son blog, Koltchak avait très bien montré à quel point les progressistes ont horreur de l’ordre naturel des choses.

Le mariage homosexuel induit la question de l’homoparentalité, c’est-à-dire de l’adoption et de la filiation, et là est le vrai problème: dans ce domaine, comme Corto l’a dit sur son blog, le projet du gouvernement est terriblement aventureux. On nous parle de « droit à l’enfant » pour les couples homosexuels. Or ce droit n’existe pas: un enfant n’est pas un objet et le désir d’avoir un enfant, que l’on soit hétéro ou homo, n’entraine aucun droit. Parler de « droit à l’enfant » ne revient-il pas à faire de l’enfant un objet de consommation? On le voit: le sujet est bien plus vaste que la simple union entre deux personnes du même sexe. Tous les anthropologues savent que les règles de parenté constituent le fondement de la culture humaine. Le fait qu’elles deviennent n’importe quoi, que tout le monde se marie avec tout le monde et adopte tout le monde, au nom de l’égalité, est évidemment suicidaire. À partir du moment où les gauchistes nous parlent de « mariage pour tous » et qu’ils sont dans la logique du « et pourquoi pas« , on ne voit plus pourquoi le mariage ne s’étendrait pas aux frères et soeurs, etc.

Tels des Talibans qui, au nom de la religion d’amour, dynamitent des statues millénaires de Bouddha, le moderne fait table rase du passé. Il veut créer un homme nouveau et  rejoint ainsi les motivations et le mode de fonctionnement des régimes totalitaires du vingtième siècle, que ce soient le fascisme et sa variante nazie ou encore le communisme. Du coup, avec les modernes, il n’y a pas de débat possible. Ou alors, comme Aliocha le fait remarquer sur son blog, le débat n’est possible que si tout le monde est d’accord sur les vertus du mariage homosexuel. Les gauchistes confondent les opposants avec des catholiques-intégristes-fachos-homophobes, encouragés en cela par le gouvernement, qui cherche délibérément à réduire l’opposition à des catholiques arriérés et intégristes. C’est tellement commode. Alors que le mariage homosexuel, par ce qu’il implique, intéresse bien évidemment toutes les religions. Ce n’est pas pour rien que les juifs, les musulmans, les protestants s’y opposent. On lira à ce sujet le texte de Gilles Boucomont, qui est pasteur de l’Eglise Réformée de France, en poste dans la paroisse du Marais à Paris. Mais on préfère caricaturer les opposants à l’extrême. C’est comme cela que l’on renforce les clivages. C’est comme cela que l’on fait passer les manifestants de dimanche pour des homophobes. Alors que leur opposition n’a rien à voir avec l’homophobie. Ceux qui s’opposent au projet du gouvernement défendent juste leur culture et la conception de l’humain et de la vie qu’elle véhicule: ils ont compris que le mariage homosexuel était un non-sens.

Written by Noix Vomique

12 janvier 2013 at 14 02 13 01131

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Ministre de caniveau

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Bon, d’accord, on n’en a rien à battre qu’une personne aussi insignifiante passe ses vacances de Noël sur l’île Maurice. Rien à battre, non plus, qu’elle ait menti comme une débile: après un premier démenti, elle a finalement reconnu qu’elle avait passé une semaine sur l’île Maurice sans en informer son cabinet mais qu’elle était restée « joignable« . Rien à battre, également, qu’elle pisse à la raie du président de la République, lequel avait demandé à ses ministres de séjourner à moins de deux heures de Paris. Rien à battre, encore, qu’elle préfère l’île Maurice à l’île de la Réunion. Rien à battre, toujours, qu’elle prenne autant de vacances, en août et en décembre, alors qu’elle ne bosse que depuis le mois de mai. Rien à battre, enfin, qu’elle fasse la Une de Voici et tant pis si elle se prend des coups avec cette histoire.

Ce qui importe ici, c’est qu’elle ne retire pas ses lunettes noires quand elle se baigne dans l’océan. Ça fait rock’n’roll. Ou star de ciné qui veut passer inaperçue. Mais si c’était pour cacher autre chose, comme des traces de violences conjugales? Non, impossible, on n’ose pas imaginer que celle, si prudente, qui avait déclaré qu’elle s’arrangeait pour ne jamais se retrouver seule avec Domique Strauss-Kahn dans un endroit fermé, soit victime de telles violences. Ceci dit, ce ne serait pas la première fois que des jeux entre adultes consentants dégénèrent, Non, non, non: elle se baigne juste avec ses lunettes de soleil. Comme une star de ciné. C’est tout.

Mais quand même: ce qui est pénible, c’est que cette vitrine à torgnoles soit ministre de la République.

Written by Noix Vomique

10 janvier 2013 at 22 10 31 01311

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