Noix Vomique

Archive for février 2013

Rêves d’Afrique (les origines du colonialisme)

Gallieni_1887-88

En cette fin du XIXème siècle, on habitait Paris, dans le dix-huitième arrondissement, dans ces immeubles flambant neufs que l’on devait au Baron Haussmann. Le Second Empire était mort mais les grands travaux n’en finissaient pas, à Paris comme ailleurs. Ainsi, on avait confié une partie de ses économies à la Compagnie universelle du canal interocéanique de Panama, pour permettre à Ferdinand de Lesseps de creuser un nouveau canal. Les travaux semblaient prendre du retard mais on restait confiant. On était positiviste. Et de toute façon, on préférait l’Afrique et l’Orient aux Amériques.

On était curieux de tout et on dévorait tous les récits de voyages que l’on pouvait trouver: ceux du début du siècle, Chateaubriand et Lord Byron, mais surtout René Caillé, qui fut le premier européen, au grand dam des Rosbifs, à revenir vivant de Tombouctou. On partageait avec les enfants le même plaisir à la lecture du Tour du Monde en 80 jours, de Jules Verne et on s’abonnait au Bulletin de la Société de géographie pour découvrir de nouvelles contrées, toujours plus extraordinaires, et tellement, tellement riches en bois et métaux précieux. Les officiers de l’armée coloniale, tels Gallieni, Savorgnan de Brazza ou encore Marchand, faisaient le récit de leurs expéditions. Ah, quand Brazza atteint le fleuve Congo et propose au roi des Tékés de mettre son royaume sous la protection de la France! Ah, quand Brazza tombe par hasard sur les sources de l’Ogooué! Ah, l’arrivée triomphale de Galliéni à Bafoulabé, au Mali, quand il va conclure avec les chefs locaux un traité qui établit le protectorat de la France! Et on conservait précieusement les numéros de L’Illustration qui relataient ces exploits.

Et Jules Ferry, ce grand républicain épris de progrès, qui parlait d’apporter la civilisation à tous ces peuples inférieurs! La civilisation, c’est bien, mais on rêvait surtout de l’Afrique et de ses dangers. D’ailleurs, on ne manquait pas de visiter le jardin d’acclimatation du bois de Boulogne où l’on pouvait frémir à la vue de la ménagerie africaine, avec des Noirs extraordinaires, à la chevelure bizarre et au corps de bronze, drapés de blancs.

Ainsi, en cette fin du XIXème siècle, dans le dix-huitième arrondissement de Paris, on rêvait de l’Afrique. Elle était si sauvage. Si lointaine et exotique. Certes, aujourd’hui, cent vingt ans plus tard, il suffit de descendre dans la rue, au pied d’un immeuble haussmannien décrépit, pour être au contact de l’Afrique. Ce n’est plus la peine d’entreprendre de longs voyages. En cherchant bien, au marché Dejean, on peut même trouver de la viande de singe.

Rêver de l’Afrique aujourd’hui, quand on est Français, n’est-ce pas rêver aux mines d’uranium du Niger? N’est-ce pas rêver d’être acclamé comme un empereur romain à Tombouctou? Être acclamé par des Africains, comme au soir d’une élection présidentielle? N’est-ce pas rêver d’être un chef de guerre en plein désert? Rêver de buter une poignée d’islamistes invisibles au fond du Sahara, et ne pas voir que leurs correligionnaires fanatisés sont sans doute plus nombreux en France? On vire la charia, on vous apporte les droits de l’Homme et vous nous laissez l’uranium. Voilà le rêve qu’on réenchante.

.

Publicités

Written by Noix Vomique

15 février 2013 at 9 09 51 02512

Publié dans Uncategorized

La page 3 du Sun

Les-huit-membres-du-mouvement-feministe-Femen-ont-celebre-seins-nus-dans-la-nef-le-depart-du-pape_scalewidth_961

Quelqu’un, qui confond un blog avec un cours de Science-Po, me reprochait récemment d’être populiste et d’écrire, en gros, les mêmes merdes que l’on peut lire dans The Sun. Il ajoutait même à propos de ce tabloïd britannique que c’était la presse des «petits blancs». Comme un  blog est un peu le Café du commerce, et que je n’ai jamais prétendu rivaliser avec La Vie des Idées, dont la lecture est d’ailleurs recommandable, j’ose imaginer que ces « petits blancs » dont il est question sont ceux que l’on boit au comptoir. Sinon, je subodore des relents de racisme -je peux avoir moi aussi l’odorat délicat.

Ce qui a fait la popularité du Sun, et qui en fait le torchon le plus lu au monde, c’est sa page 3, qui expose des jeunes femmes dénudées. De quoi faire bondir les féministes. Sauf que des féministes telles que les Femen sont en train de devenir un phénomène de mode justement parce qu’elles protestent les nichons à l’air. Ainsi, hier, elles ont investi Notre-Dame de Paris, apparemment pour célébrer l’annonce de la démission du Pape. L’acte est particulièrement courageux car, au vu des tétons qui pointaient, il ne devait pas faire chaud dans la Cathédrale! [Attention: je préviens les âmes sensibles que je vais maintenant sortir une remarque terriblement nauséabonde] Mais pourquoi s’attaquer seulement à l’Église catholique? J’attends avec impatience le moment où elles viendront exhiber leurs petits seins dans la Grande Mosquée de Paris. [Vous pouvez reprendre votre respiration] Hier, à Notre-Dame, les badauds n’en croyaient pas leurs yeux et les flashes crépitaient: c’était comme la page 3 du Sun, mais en vrai. Et ce blog, tel un tabloïd à la recherche d’un sensationnalisme vil, ne pouvait manquer de publier des photos dignes de cette fameuse page 3. C’est quand même beau, des petits nichons, je suis sûr que ça rappelle à certains leurs petites escapades au bordel.

Femen1

Written by Noix Vomique

13 février 2013 at 11 11 39 02392

Publié dans Uncategorized

I’ll Be Your Mirror

Written by Noix Vomique

10 février 2013 at 22 10 31 02312

Publié dans Uncategorized

L’ensauvagement d’une nation

Non, non, je ne vais pas vous parler du Nigeria, de la Somalie ou du Mali, ces modèles de pays multiculturels qui fonctionnent si bien, comme chacun sait. Lisez plutôt cet extrait de l’interview, par Sophie Flamand, du journaliste Laurent OBERTONE, qui vient de publier La France Orange Mécanique (Ring éditions):

Votre essai s’appuie sur des chiffres différents de ceux du ministère de l’Intérieur. En quoi sont-ils plus fiables que les statistiques officielles ?

En France, toutes les 24h, on compte 13 000 vols, 2 000 agressions et 200 viols. Ces chiffres sont ceux de l’Office national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP), institut public qui réalise depuis plusieurs années des enquêtes de victimisation auprès de 17 000 personnes. Ces enquêtes jugées fiables par les criminologues (et désormais par Manuel Valls) recensent 12 millions de crimes et délits, soit trois fois plus que les chiffres avancés par le Ministère de l’Intérieur, basés uniquement sur les plaintes, et sujets à quantité de manipulations. L’enquête de l’ONDRP y échappe, et échappe donc aux indécentes petites querelles politiciennes autour d’oscillations infimes d’un taux de criminalité qui a explosé depuis les années 60, et qu’aucune politique n’a su ou voulu contenir.

[…]

En pointant le multiculturalisme comme source de la délinquance, ne redoutez-vous pas de radicaliser certaines personnes, soit vers l’extrême droite soit vers un fanatisme de type salafiste?

L’hétérogénéité d’une nation est non seulement un facteur de criminalité, mais aussi un facteur d’incivisme, de précarité, d’effondrement du “capital social”, comme l’a démontré le célèbre sociologue -de gauche- Robert Putnam, duquel je parle longuement dans La France orange mécanique. C’est un constat : les pays hétérogènes sont plus violents que les pays homogènes. Il n’est pas question de réécrire cette réalité sous prétexte qu’elle pousserait des gens à se radicaliser. Aujourd’hui, dans notre pays, des milliers de criminels radicaux agressent, violent et tuent d’honnêtes gens sans que ça n’intéresse personne. Ceux qui fuient cette réalité en brandissant le fantasme de l’extrême droite se font les complices de ces criminels. Mais ils n’ont plus le choix : leur idéologie est boiteuse, et ce fantasme de l’extrême droite est leur seule béquille.

[…]

Vous expliquez que, contrairement à une idée bien ancrée, la délinquance et la criminalité ne sont pas liées à des facteurs économiques. Mais peut-on sérieusement comparer des départements ruraux, certes classés parmi les plus pauvres et des zones hyper urbanisées comme le 93?

Je constate que les villes aux populations homogènes, qui comportent leur lot d’habitants pauvres, sont très peu criminelles. Le Paris du début  du XXe siècle ou même du XIXe était particulièrement pauvre et surpeuplé. Pourtant, il était beaucoup moins violent qu’il ne l’est depuis les années 60. La ville ne fait pas le criminel, disons qu’elle lui sert de refuge. Ce qui fait le criminel, c’est la sous-adaptation culturelle, la tribalisation du pays, le laxisme judiciaire, la morale de l’excuse.

[…]

L’interview est à lire dans son entier chez Causeur. Quant au livre de Laurent Obertone, La France Orange Mécanique (Ring éditions), il est en vente libre, ce serait dommage de ne pas en profiter.

Written by Noix Vomique

8 février 2013 at 13 01 33 02332

Publié dans Uncategorized

Bloody thou art, bloody will be thy end

Dans son Brave New World, Aldous Huxley avait multiplié les références à Shakespeare. Cependant, il n’avait pas cité Richard III. C’est dommage, car une tirade comme « I am determined to prove a villain and hate the idle pleasures of these days » avait toute sa place dans le roman. Un vrai méchant comme on les aime, ce Richard III.

Une équipe de scientifique de l’université de Leicester vient de démontrer que le squelette découvert l’été dernier sous un parking était bien celui du roi Richard III, dernier des Plantagenêt tué en 1485, lors de la bataille de Bosworth. Le parking recouvrait les ruines du monastère de Greyfriars, démoli en 1536: le roi avait été enterré dans le chœur de l’église. Le squelette, que le carbone 14 a permis de dater entre 1450 et 1540, est celui d’un homme ayant une trentaine d’années: Richard III est mort à 32 ans. La colonne vertébrale est sévèrement déformée par une scoliose, ce qui coïncide avec l’image du « tyran bossu« . Enfin, on peut observer des blessures qui laissent penser à une mort violente sur un champ de bataille: le crâne est défoncé, la hanche et la cage thoracique sont entaillées par des coups d’épée. La Duchesse l’avait prédit à Richard: « Tu es sanguinaire, ta fin sera sanglante« . Toujours est-il que tous ces indices permettent de penser qu’il s’agit bien du squelette de Richard III. La preuve définitive a été apportée par les études d’ADN..

Les scientifiques ont pu comparer l’ADN du squelette, qui est d’excellente qualité, avec celui de lointains descendants de la mère de Richard III, Cécile Neville. Parmi ces descendants, un certain Mickael Ibsen, dont les historiens ont pu démontrer qu’il descendait en ligne directe de Cécile Neville: dix-huit générations le séparent de son aïeule. D’après le Dr Turi King, les analyses génétiques concordent et confirment sans aucun doute que le squelette est bien celui de Richard III.

Que les historiens profitent bien de la possibilité de faire des analyses ADN: les socialistes sont en train de nous construire le meilleur des mondes, un monde où les femmes loueront leur ventre pour faire des enfants, un peu comme d’autres louent leurs bras pour travailler à l’usine. Dans quelques temps, la Procréation Médicalement Assistée, qui suppose un don d’ovules ou de sperme, et la Gestation Pour Autrui, qui implique une mère porteuse, rendront les comparaisons d’ADN peu fiables. En effet, pour identifier quelqu’un à partir de l’ADN de ses descendants, la filiation par le sang est indispensable. Dans le cas contraire, la tâche de l’anthropologie moléculaire est impossible. Certes, c’est un domaine de l’histoire qui reste anecdotique mais c’est symbolique: la GPA permettra d’évacuer définitivement l’étude des grands personnages de l’histoire. Le progrès tant vanté par les socialistes va ainsi dans le sens du livre d’Aldous Huxley, où les êtres humains sont tous créés en laboratoire: on baignera dans un totalitarisme béat qui signifiera d’une certaine manière la fin de l’histoire.

Written by Noix Vomique

6 février 2013 at 10 10 53 02532

Publié dans Uncategorized

Le progrès et l’égalité ne sont-ils pas le viagra de la gauche?

Image

Si elle ne pouvait pas voter des lois dites sociétales, au nom du progrès et de l’égalité, la gauche banderait-elle encore? Finalement, elle n’est pas si loin, cette époque où des idéologues grabataires se roulaient des palots bien baveux: incapables de voir que leur modèle économique et social tournait à la Bérézina, ils préféraient se convaincre que le socialisme construisait un monde meilleur.

Written by Noix Vomique

5 février 2013 at 10 10 48 02482

Publié dans Uncategorized