Noix Vomique

Bloody thou art, bloody will be thy end

Dans son Brave New World, Aldous Huxley avait multiplié les références à Shakespeare. Cependant, il n’avait pas cité Richard III. C’est dommage, car une tirade comme « I am determined to prove a villain and hate the idle pleasures of these days » avait toute sa place dans le roman. Un vrai méchant comme on les aime, ce Richard III.

Une équipe de scientifique de l’université de Leicester vient de démontrer que le squelette découvert l’été dernier sous un parking était bien celui du roi Richard III, dernier des Plantagenêt tué en 1485, lors de la bataille de Bosworth. Le parking recouvrait les ruines du monastère de Greyfriars, démoli en 1536: le roi avait été enterré dans le chœur de l’église. Le squelette, que le carbone 14 a permis de dater entre 1450 et 1540, est celui d’un homme ayant une trentaine d’années: Richard III est mort à 32 ans. La colonne vertébrale est sévèrement déformée par une scoliose, ce qui coïncide avec l’image du « tyran bossu« . Enfin, on peut observer des blessures qui laissent penser à une mort violente sur un champ de bataille: le crâne est défoncé, la hanche et la cage thoracique sont entaillées par des coups d’épée. La Duchesse l’avait prédit à Richard: « Tu es sanguinaire, ta fin sera sanglante« . Toujours est-il que tous ces indices permettent de penser qu’il s’agit bien du squelette de Richard III. La preuve définitive a été apportée par les études d’ADN..

Les scientifiques ont pu comparer l’ADN du squelette, qui est d’excellente qualité, avec celui de lointains descendants de la mère de Richard III, Cécile Neville. Parmi ces descendants, un certain Mickael Ibsen, dont les historiens ont pu démontrer qu’il descendait en ligne directe de Cécile Neville: dix-huit générations le séparent de son aïeule. D’après le Dr Turi King, les analyses génétiques concordent et confirment sans aucun doute que le squelette est bien celui de Richard III.

Que les historiens profitent bien de la possibilité de faire des analyses ADN: les socialistes sont en train de nous construire le meilleur des mondes, un monde où les femmes loueront leur ventre pour faire des enfants, un peu comme d’autres louent leurs bras pour travailler à l’usine. Dans quelques temps, la Procréation Médicalement Assistée, qui suppose un don d’ovules ou de sperme, et la Gestation Pour Autrui, qui implique une mère porteuse, rendront les comparaisons d’ADN peu fiables. En effet, pour identifier quelqu’un à partir de l’ADN de ses descendants, la filiation par le sang est indispensable. Dans le cas contraire, la tâche de l’anthropologie moléculaire est impossible. Certes, c’est un domaine de l’histoire qui reste anecdotique mais c’est symbolique: la GPA permettra d’évacuer définitivement l’étude des grands personnages de l’histoire. Le progrès tant vanté par les socialistes va ainsi dans le sens du livre d’Aldous Huxley, où les êtres humains sont tous créés en laboratoire: on baignera dans un totalitarisme béat qui signifiera d’une certaine manière la fin de l’histoire.

Written by Noix Vomique

6 février 2013 à 10 h 53 min

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3 Réponses

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  1. Un excellent article de Catoneo qui rend justice à Richard III Plantagenêt : http://royalartillerie.blogspot.fr/2013/02/richard-iii-plantagen.html

    Pour le reste de votre billet, rien à dire. Pour les socialistes, l’homme est un être hors-sol, interchangeable, le territoire national un espace administratif que l’on doit gérer comme une copropriété. Les communautés reçoivent des droits en fonction des millièmes qu’elles possèdent ou des alliances qu’elles ont pu conclure en vue de les obtenir.

  2. Il nous restera toujours Shakespeare pour mesurer tout ce que nous avons perdu, comme le « sauvage » dans Brave New World. Et peut-être seront nous nous aussi parqués dans des réserves.

    En revanche je suis plutôt en désaccord avec votre premier paragraphe. Voilà bien longtemps que j’ai lu le roman de Huxley mais je suis à peu près sûr qu’un Richard III (celui de Shakespeare, s’entend) n’y a pas sa place. Richard a une certaine grandeur, ne serait-ce que dans le mal, or dans ce monde l’idée même de grandeur est devenue incompréhensible. Un vrai paradis socialiste en somme.

    Aristide

    6 février 2013 at 20 h 12 min

  3. Koltchak, merci pour le lien, c’est très intéressant.

    Aristide, oui, en y réfléchissant, vous avez raison. Sans doute ai-je été trahi par l’envie de voir débouler un Richard III bossu et mal foutu, plein de haine, dans le monde parfait imaginé par Huxley… Ce serait intéressant. Cela fait longtemps, également, que j’ai lu ces bouquins; peut-être faudrait-il que je m’y replonge à nouveau.

    Noix Vomique

    7 février 2013 at 12 h 57 min


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