Noix Vomique

L’ensauvagement d’une nation

Non, non, je ne vais pas vous parler du Nigeria, de la Somalie ou du Mali, ces modèles de pays multiculturels qui fonctionnent si bien, comme chacun sait. Lisez plutôt cet extrait de l’interview, par Sophie Flamand, du journaliste Laurent OBERTONE, qui vient de publier La France Orange Mécanique (Ring éditions):

Votre essai s’appuie sur des chiffres différents de ceux du ministère de l’Intérieur. En quoi sont-ils plus fiables que les statistiques officielles ?

En France, toutes les 24h, on compte 13 000 vols, 2 000 agressions et 200 viols. Ces chiffres sont ceux de l’Office national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP), institut public qui réalise depuis plusieurs années des enquêtes de victimisation auprès de 17 000 personnes. Ces enquêtes jugées fiables par les criminologues (et désormais par Manuel Valls) recensent 12 millions de crimes et délits, soit trois fois plus que les chiffres avancés par le Ministère de l’Intérieur, basés uniquement sur les plaintes, et sujets à quantité de manipulations. L’enquête de l’ONDRP y échappe, et échappe donc aux indécentes petites querelles politiciennes autour d’oscillations infimes d’un taux de criminalité qui a explosé depuis les années 60, et qu’aucune politique n’a su ou voulu contenir.

[…]

En pointant le multiculturalisme comme source de la délinquance, ne redoutez-vous pas de radicaliser certaines personnes, soit vers l’extrême droite soit vers un fanatisme de type salafiste?

L’hétérogénéité d’une nation est non seulement un facteur de criminalité, mais aussi un facteur d’incivisme, de précarité, d’effondrement du “capital social”, comme l’a démontré le célèbre sociologue -de gauche- Robert Putnam, duquel je parle longuement dans La France orange mécanique. C’est un constat : les pays hétérogènes sont plus violents que les pays homogènes. Il n’est pas question de réécrire cette réalité sous prétexte qu’elle pousserait des gens à se radicaliser. Aujourd’hui, dans notre pays, des milliers de criminels radicaux agressent, violent et tuent d’honnêtes gens sans que ça n’intéresse personne. Ceux qui fuient cette réalité en brandissant le fantasme de l’extrême droite se font les complices de ces criminels. Mais ils n’ont plus le choix : leur idéologie est boiteuse, et ce fantasme de l’extrême droite est leur seule béquille.

[…]

Vous expliquez que, contrairement à une idée bien ancrée, la délinquance et la criminalité ne sont pas liées à des facteurs économiques. Mais peut-on sérieusement comparer des départements ruraux, certes classés parmi les plus pauvres et des zones hyper urbanisées comme le 93?

Je constate que les villes aux populations homogènes, qui comportent leur lot d’habitants pauvres, sont très peu criminelles. Le Paris du début  du XXe siècle ou même du XIXe était particulièrement pauvre et surpeuplé. Pourtant, il était beaucoup moins violent qu’il ne l’est depuis les années 60. La ville ne fait pas le criminel, disons qu’elle lui sert de refuge. Ce qui fait le criminel, c’est la sous-adaptation culturelle, la tribalisation du pays, le laxisme judiciaire, la morale de l’excuse.

[…]

L’interview est à lire dans son entier chez Causeur. Quant au livre de Laurent Obertone, La France Orange Mécanique (Ring éditions), il est en vente libre, ce serait dommage de ne pas en profiter.

Written by Noix Vomique

8 février 2013 à 13 h 33 min

Publié dans Uncategorized

18 Réponses

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  1. J’ai toujours entendu et lu que Paris, au début du siècle, était un authentique coupe-gorge.
    Alors Paris plus sûr au début du siècle; je suis dubitatif.
    En revanche, la politique laxiste en matière de sécurité, cela fait depuis Giscard qu’on la subit.

    L'hérétique

    8 février 2013 at 17 h 18 min

    • Sans être un spécialiste, il me semble que la criminalité, à Paris au début du vingtième siècle, était surtout circonscrite à quelques quartiers bien précis, connus pour être mal famés.

      Dans la seconde édition du Dictionnaire de pédagogie de Ferdinand Buisson, l’entrée « Criminalité« , qui analyse les statistiques criminelles de 1905, dresse un tableau fort intéressant. Il semble que les crimes et délits, après un net recul à la fin du dix-neuvième siècle, auraient augmenté au début du vingtième siècle. Pourtant, dans le même temps, le nombre des mineurs qui comparaissaient devant les tribunaux correctionnels diminuait. Toujours à partir des chiffres de 1905, l’article met en évidence deux phénomènes significatifs qui méritent réflexion. D’abord, la part des illettrés n’est pas négligeable chez les criminels. Ensuite, les départements les plus riches offrent le plus gros contingent à la criminalité.

      Ceci dit, c’est une autre époque, et un autre contexte, et il est toujours délicat de faire des comparaisons à un siècle d’intervalle. Mais je partage complètement l’analyse de Laurent Obertone quand il pointe l’hétérogénéité comme facteur de criminalité et quand il dit que « ce qui fait le criminel, c’est la sous-adaptation culturelle, la tribalisation du pays, le laxisme judiciaire et la morale de l’excuse« .

      Noix Vomique

      8 février 2013 at 18 h 23 min

      • Je ne fais pas si cela le fait mais il est clair que cela y contribue grandement.

        l'hérétique

        8 février 2013 at 22 h 37 min

  2. Statistiques criminelles qui ont eu pour effet la création en 1907 des fameuses Brigades du Tigre, montées notamment pour lutter contre cette criminalité qui, déjà, usait des nouvelles technologies à son avantage.

    On pourrait également se rappeler qu’à cette époque il y avait une forte progression de l’immigration intérieure. Les grandes villes attiraient les cadets des familles nombreuses de campagne. Or, la forte concurrence sur le marché de travail que cela a créé, l’arrivée d’italiens, de polonais, entre autres, a contribué à l’accroître. Laissant, de fait, sur le carreau un nombre non négligeable d’hommes qui se tournèrent vers la délinquance, et de femmes vers la prostitution. A noter que la violence ouvrière n’est pas non plus négligeable à cette époque. Violence qui était aussi combattue que la criminelle à l’époque, alors qu’aujourd’hui, elle est non seulement comprise mais excusée par les médias, les intellectuels et dans une large mesure par les politiques.

    Moi aussi, dans mon jeune temps j’avais toujours entendu et lu que Paris était alors un coupe-gorge. Puis, en creusant on s’aperçoit que la réalité était autrement plus nuancée. Montmartre, Belleville, Ménilmuche étaient des quartiers-repères de certaines bandes. Cela a marqué les esprits, mais c’est aussi et surtout parce que la police n’avait plus les moyens de s’imposer. Comment lutter contre des truands qui disposent des premiers Mauser ou Lüger automatiques quand on est armé d’un M.A.S. 1892 rangé dans son étui « jambon » en cuir fermé par une languette peu pratique ? A noter qu’il continuera à équiper certaines unités de police/gendarmerie/armée jusque dans les années 60, ça donne une idée de la réactivité de nos hauts fonctionnaires.

    On se rappellera aussi que la justice était dans la panade. Incapable, engoncée dans une organisation hors d’âge, de traiter les dossiers dont bon nombre se perdront purement et simplement.

    Sinon, je suis d’accord également sur le facteur hétérogénéité. Et plus largement avec l’ensemble du propos d’Obertone, comme bon nombre de mes collègues d’ailleurs. Certains politiques de ma connaissance écartent mes analyses arguant qu’ayant le nez dans le guidon, au contact quotidien de ce qui est décrit dans le livre, mon avis n’est pas objectif. C’est a priori imparable si j’en crois ces messieurs/dames. D’un autre côté, que savent-ils de la vie de certains quartiers où ils ne mettent jamais les pieds, sauf encadrés d’un staff important en période électorale ? Que savent-ils du désespoir des français, pas ceux qui ont reçu des papiers, condamnés à rester dans leurs quartiers parce qu’ils n’ont pas les moyens d’aller vivre ailleurs ?

    Ayant grandi dans un quartier populaire parisien dans les années 60/70, je ne suis pas plus que cela opposé à la mixité sociale, qui était d’ailleurs plutôt naturellement pratiquée à l’époque. En revanche, lorsqu’elle sert à cacher la mixité raciale qu’on cherche à nous imposer, avec son important lot de délinquance, de violence raciale ou religieuse, là je dis stop. La côte d’alerte a été atteinte dans les années 80. On se rappellera que le PCF à cette époque avait des positions que ne renierait pas le FN. Entré dans le gouvernement il a adopté, par obligation, les vues du PS. La suite, on la connait. C’est l’ensauvagement du pays.

    koltchak91120

    8 février 2013 at 23 h 16 min

  3. Il me semble que les truands de l’époque, sans être des enfants de choeur à idéaliser, suivaient une certain code de l’honneur. Les gangsters « à l’ancienne » n’auraient pas violé une dame de 80 ans, ni tué pour 10 sous.
    J’embellis peut-être l’époque, à cause des films comme Casque d’or entre autres. Mais les récits de commissaires de police du siècle dernier témoignent d’une certaine tenue des malfrats de l’époque.
    On était des truands, on n’était pas des sauvages sans foi ni loi.
    Le grand banditisme était bourgeois et politique.
    Enfin, il me semble.

    carine005

    9 février 2013 at 0 h 11 min

    • Sans parler de code d’honneur, ce qui laisserait entendre que les truands savent ce qu’est l’honneur, il y avait une certaine morale qui devait être respectée sous peine de se voir ostracisé.
      Le viol par exemple était considéré comme un truc de lavedu, ceux qui s’y livraient n’étaient pas considérés comme des hommes. Non pas parce que la victime était une femme, après tout, il n’était pas rare de voir des harengs avoiner leurs gagneuses, mais parce qu’un homme devait séduire. Question de prestige.
      Quant à l’emploi des armes, rare dans le grand banditisme jusque dans les années 60/70, il s’agissait moins d’honneur que de ne pas se mettre inutilement la justice à dos, sans compter que dézinguer un condé ça pouvait vous conduire à la veuve.
      Il s’agissait moins d’honneur que d’une forme de bon sens additionnée d’une bonne dose de pose. La presse a toujours aimé ça et puis ça faisait gamberger la bourgeoise qui lisait le journal.

      koltchak91120

      9 février 2013 at 9 h 57 min

      • Tout à fait !
        Oui, j’ai sans doute poussé mémère dans les orties en parlant de code d’honneur. C’est vrai que la veuve donnait à réfléchir.
        Bel argot que vous avez là !

        carine005

        9 février 2013 at 16 h 15 min

        • Merci pour le compliment. Autant je déteste le sabir des banlieues, particulièrement vulgaire, autant j’aime l’argomuche des truands, imagé, qui grâce à des auteurs comme Audiard ou Simonin a gagné une certaine poésie.

          koltchak91120

          9 février 2013 at 18 h 12 min

        • Oui, Koltchak manie fort bien l’argot. Chapeau!

          Noix Vomique

          10 février 2013 at 22 h 12 min

  4. Article sans surprise de ta part, cher noix vomique. Le contraire eût été étonnant😉
    On s’en serait douté : c’est parce qu’on a trop de descendants de goumiers marocains et autres tirailleurs algériens ou sénégalais que tout se délite en France ! Bon sang mais c’est bien sûr ! Comment n’y aurait-on pas pensé plus tôt ? Le « faux impertinent » Eric Zemmour ne l’avait-il pas fait avant toi d’ailleurs ?
    Sans nier la part réelle de la délinquance « ethnique » dans notre pays, il serait également plus honnête, sur un plan intellectuel, de la replacer voire même de la comparer à une autre dont tu ne parles pas, soit à dessein parce qu’elle ne va pas dans le sens de ta démonstration, soit parce que tu l’ignores. La délinquance « bien de chez nous », celle des « gens normaux » comme tu les aimes (voire envies un peu), « propres sur eux » (pas comme ces noirs et ces arabes, beurk !), en « cols blancs » : la délinquance économique et financière dont le coût financier et moral est tout aussi voire même bien supérieur à la précédente. Je te renvoie à un rapport qui fait « plutôt » autorité (réserves méthodologiques habituelles mises à part) : le rapport Bichot de 2010 sur le coût du crime et de la délinquance :
    (http://www.bichot.net/doc/2010/NotesSynthesescoutducrime.pdf)
    Le coût économique et financier de la délinquance financière de nos élites « propres sur elles » y est estimé à près du double de celle relative aux biens et aux personnes qui, dans ton imaginaire délirant et angoissant, est sans doute le fait exclusif des noirs et des « gris ».
    Au fait, selon toi, Madoff était délinquant parce que juif ou bien parce qu’il y a trop de juifs aux Etats-Unis ? Idem, chez nous à l’époque avec Stavisky comme le disait déjà en son temps l’extrême-droite française à propos d’une des deux branches de la « race sémitique ».
    Et, les banquiers suisses de l’UBS, c’est parce qu’ils sont Suisses ou bien protestants (une minorité qui « faisait problème » à l’époque de la … Saint Barthélémy ; heureusement, nos Rois catholiques veillaient) qu’ils sont des délinquants en cols blancs ? Le caractère a contrario endogamique de leur groupe expliquerait-il, selon toi, leur délinquance et plus largement le climat de crise socioéconomique et de défiance généralisé qui caractérise le monde depuis le triomphe de l’idéologie néolibéralisme depuis 30 ans et, plus largement, de ce turbo-capitalisme mondialisé porté notamment par le « péril jaune » (tiens, tu ne l’as pas encore dénoncé celui-là) ?
    Sacré noix vomique ! Toujours la bonne vieille rhétorique rance et réactionnaire qui sied si bien aux adeptes du pessimisme généralisé (dans sa variante de droite dans ton cas, celle de gauche n’est pas mal non plus dans le genre mais ne m’intéresse pas car je n’en suis pas) dont tu es un cas « cliniquement » représentatif à mon point de vue.
    « Cliniquement » me semble être en effet l’adverbe le plus adéquat pour te définir. On retrouve là en effet tous les « tics » et toute la mauvaise foi du bon vieux (ou du … « vieux avant l’âge » dans ton cas ?) « néocons » (dans tous les sens du terme) actuel.
    Quelle chance pour toi qu’il y ait encore dans ce monde des socialistes, des profs de l’IUFM, des arabes et des musulmans forcément incultes et barbares, des Mohammed Merah et des Hezbollah (tes « idiots utiles » en somme, comme aurait dit Lénine), et last but not least, des …. « sodomites » ! En un mot, des … boucs émissaires ! Et tu dois être content, Hollande est encore à l’Elysée pour encore au moins quatre ans ! De quoi occuper ton temps durant des heures voire des journées entières pour dénoncer la « bien-pensance » des bobos de gauche au nom du gros « bon sens » (le symétrique du précédent) qui sied à ta droite … populaire (ou populiste ?)
    D’où te vient ainsi cette fixation quasi obsessionnelle par rapport au mariage homosexuel alors même que cela ne concerne qu’à peine plus de 1% de la population totale si l’on s’en tient à l’enquête Contexte de la sexualité en France de 2007 ? Donc pas de quoi fouetter un chat (ou à défaut de pendre un homosexuel … musulman de préférence) et menacer l’immense majorité de tes chers « normaux » (garantis hétéro à 99% … hallal) à moins que les « normaux » dont tu te targues ne souffrent d’une forme de complexe obsidional, non pas tant géographique que … psychique !
    J’ai en fait une hypothèse ou un élément de réponse te concernant, mais je ne sais s’il te conviendra.
    Je crois en effet que tous tes boucs émissaires t’offrent ainsi l’opportunité de croire que tu … existes encore et que, surtout, tu vaux mieux qu’eux. Situation parfaitement bien décrite, en leur temps, par les sociologues interactionnistes (Goffman entre autres) : taraudé par ce nouveau complexe obsidional des sociétés « ouvertes » sur la mondialisation et par un certain sentiment de déclassement social (peut-être n’as-tu pu être le brillant historien que tu ambitionnais d’être dans ta jeunesse ? et oui, que veux-tu, le lycée et a fortiori le collège n’ont rien à voir avec le … Collège de France ! ), le conservateur frustré en pantoufles n’a souvent d’autres planches de salut (en dehors de ses pantoufles et de son pavillon en banlieue ou dans son trou perdu) que de se raccrocher à un « autre » volontiers fantasmé, à un « ennemi » intérieur de classe, de sexe ou de race pour le rendre responsable du malaise de sa propre existence. En bref, la situation classique du « petit blanc » qui pense se rehausser en se focalisant exclusivement et « maladivement » sur les tares fantasmées et travers supposés des « autres » infériorisés.
    En somme, un … Anders Breivik, encore au stade du verbe ou du verbiage, fort heureusement !
    Tu me fais penser, cher noix vomique, à ce que la légende colporte sur une prétendue rencontre entre représentants du KGB et leurs homologues de la CIA à la fin de la guerre froide ; en gros, vous avez peut-être gagné la guerre, mais on va vous faire le pire des cadeaux : vous priver d’ennemis. Les néocons américains n’ont pas tardé à en chercher et à s’en trouver. Les néocons à la sauce française en font de même.
    Vos anciens repères sont morts et vous ne pouvez plus vous définir (qui sommes « nous » encore ?). Il reste la solution, classique, de la bonne vieille focalisation outrancière sur ce « eux » infériorisés, pensant ainsi que cela vous aidera à vous (re)définir dans le présent. Tout juste cette « solution » vous permet-elle de meubler le vide de votre pensée voire de vos existences. Le débat sur « l’identité française » lancée en son temps par le « décomplexé » Copé (au plan du fric surtout) ou Guéant le « franchouillard du Nord » en fut la meilleure illustration : un flop, un bide relégué au fin fond d’un hôtel, certes 4 ou 5 étoiles.
    Notons au passage qu’en son temps, un historien de la trempe de Fernand Braudel s’était essayé à définir ce qu’était l’identité française : ce fut peut-être son plus … mauvais livre (ou le moins bon si tu préfères), précisément parce qu’il n’y a pas en soi une identité française figée et essentialisée, sauf à refuser de considérer qu’elle se renouvelle sans cesse de l’intérieur et de l’extérieur, parfois au prix ou grâce à des crises au final salutaires, et souvent aussi de façon silencieuse.
    De fait, tu me fais penser, cher noix vomiques, à ces conservateurs rancis qu’on a toujours connus en France (après tout, France sonne curieusement avec … rance dans votre cas).
    Ceux perpétuellement en retard d’une guerre, braqués sur leur ligne Maginot mentale quand le présent est à la guerre éclair.
    Ceux qui dans le parlement du début de la 5e République, défendaient mordicus l’Algérie française quand leur chef De Gaulle percevait déjà que cela allait contre le cours de l’histoire (on peut aussi penser à Leclerc avec le Viet Minh face à un d’Argenlieu), ceux qui, à droite toujours, insultaient Simone Veil lors de la loi sur l’avortement, et ceux qui, maintenant, défendent le PACS (80 % des Pacsés sont d’ailleurs des … hétéros !) après s’y être opposés comme des hystériques plus d’une décennie auparavant.
    En bref, ceux qui, comme le dit le proverbe chinois, regardent le doigt qui leur montre la lune et non pas la lune elle-même.
    Des peureux, toujours prompts à grossir exagérément des angoisses et des problèmes relativement mineurs face aux vrais problèmes du monde. Tout, sauf des visionnaires, car regardant le futur avec les yeux dans le rétroviseur ! Et surtout, jamais constructifs !
    Tout le contraire d’une France forte et innovante que vous invoquez tout le temps, mais qui dans vos actes et paroles, ressemblent davantage à une France recroquevillée sur elle-même, poussiéreuse et étriquée car ne parvenant précisément pas à se réinventer.
    Tout le contraire d’une droite audacieuse et pleine de panache façon La Fayette ou De Gaulle en leurs temps. En somme, rien à voir avec ton candidat de 2012, Nicolas Sarkozy ! La désespérance d’une grosse partie de ton camp ne vient-elle pas d’ailleurs du fait que vous êtes finalement passés de l’homme du 18 juin à l’homme du … Fouquet’s ?
    Plus généralement, je me demande si tu ne … t’emmerdes pas ferme dans ta cambrousse ou dans ton trou perdu pour n’avoir rien d’autre à faire que de chercher uniquement le « négatif » et la détestation à l’égard du monde et de la France en particulier. Il est vrai qu’il est plus facile de chercher les mauvaises nouvelles (c’est plus « vendeur », y compris voire surtout pour les médias où tu t’abreuves), passer son temps à se plaindre que de chercher des nouvelles intellectuellement enrichissantes dans un monde qui continue à tourner (rond ou pas rond, c’est une autre affaire) en dépit de vous.
    Toi qui manie si bien (et aussi tendancieusement) les références à l’histoire ou à l’anthropologie, ne pourrais-tu pas « positiver » un peu et te livrer à d’autres commentaires que ceux qu’on trouve habituellement dans le fameux « courrier des lecteurs » du Figaro, du Bild en Allemagne ou du Sun en Angleterre, bref dans la presse des « petits blancs » ?
    Je croyais que le savoir et l’instruction rendaient … gai (oops, quelle horreur !) ; chez toi, ce serait surtout démoralisant, aigre et étriqué.
    A titre personnel, je vois en fait une double utilité à ton blog.
    Primo, me permettre de « prendre la température » d’une partie de la France qui ne me parait plus tourner trop rond (celle de droite comme de gauche, qui voit la bouteille toujours à moitié ou au trois quart vide) et qui m’inquiète (on retrouve là les mêmes peurs de certaines franges de la société française des années 30, incapables de comprendre la radicale nouveauté des changements de leurs temps et qui se sont précipitées ensuite dans les bras de Pétain ; voire, actuellement, des Breivik encore en parole).
    Et secundo (surtout), filer vite chercher l’antidote à ton … vomi, sur des sites bien plus instructifs et positifs tels que « la vie des idées » ou sciences humaines.
    Car vois-tu, le problème avec des blogs tels que le tien, c’est qu’ils me font le même effet que Hollande exerce sur ce toi : à forte dose, c’est en effet fort écœurant, voire merdique.
    Edouard Herriot avait coutume de comparer la politique à l’andouillette : elle serait d’autant meilleure qu’elle sentirait un peu la merde. Dans le cas de ton blog, je ne vois pas trop la politique, mais je sens indubitablement la merde.

    Henri de Kérillis

    9 février 2013 at 17 h 19 min

    • Merci cher Henri de Kérillis de sortir de votre tombe pour cette longue diatribe; c’est toujours intéressant de lire ce que les gens -même morts- pensent de ce que l’on écrit. En même temps, vous imaginez bien que je n’en ai à peu près rien à foutre.

      Alors, donc, voilà, dans ma cambrousse, où je m’emmerde forcément comme un rat mort, j’ai dressé la liste de mes boucs-émissaires, ces fameux boucs-émissaires qu’il me faut détester pour avoir la sensation d’exister: les socialistes, les profs de l’IUFM (c’est marrant, là, je sens comme une réflexe corporatiste, comme si vous vous sentiez visé), des arabes et des musulmans forcément incultes et barbares. D’ailleurs, tiens, où ai-je dit que ces derniers étaient forcément incultes et barbares? Quant à Mohamed Merah, que vous citez, je vous laisse la responsabilité d’en prendre la défense. Et, pendant qu’on y est, où est ma fixation quasi obsessionnelle par rapport au mariage homosexuel? Combien de billets ai-je écrit à ce sujet? Cela fait de moi un homophobe, c’est ça? Et où ai-je tenu des propos antisémites? De la même façon, vos comparaisons avec Breivik ou avec les années trente m’ont bien fait rire. Alors OK, j’attends de me jeter dans les bras d’un nouveau Pétain. OK, ma rhétorique est rance et réactionnaire. OK, je sens la merde. Et je vous promets que je ne manquerai pas de faire un jour un billet sur le péril jaune.

      Ceci dit, puisque vous me reprochez de ne pas être positif, je vais vous faire un aveu. Vous n’aurez pas perdu votre temps à écrire ce long, très long, commentaire. Ce blog n’a jamais eu la prétention de rivaliser avec La Vie des Idées. De plus, je reconnais volontiers que vous avez mis le doigt sur un aspect dont je suis bien conscient: je suis un pessimiste et il faudrait sans doute, oui, que je porte un regard plus positif sur le monde. C’est vrai qu’il y a plein de gens extraordinaires et que le monde connaît des bouleversements très stimulants pour l’esprit. C’est vrai qu’il y a plein de choses qui m’enthousiasment. Mais bon, si je devais en parler, mon pseudo n’aurait plus aucun sens. Enfin, viendra sans doute un jour où je serai moi-même lassé d’écrire ce blog: je le saborderai sans aucun état d’âme. Vous ne serez plus obligé de le lire et j’imagine que, soudainement, comme par enchantement, ça sentira bon chez vous. Donc, ne perdez pas espoir.

      Noix Vomique

      9 février 2013 at 22 h 04 min

    • A ces cols blancs, ces Madoff, ces banquiers suisses, quelles racailles ! On ne compte plus leurs agressions, leurs viols, leurs meurtres.

      koltchak91120

      10 février 2013 at 1 h 54 min

      • Oui, Koltchak.
        Je n’ai jamais nié la délinquance financière. L’argent qui disparaît ainsi est d’ailleurs un peu comme celui du déficit de l’État. C’est évidemment condamnable mais ce type de délinquance ne touche pas les gens dans leur chair et ne leur ôte pas le sommeil. Je vais vous raconter une anecdote qui me touche personnellement. En 2005, mes parents, qui sont de paisibles ouvriers à la retraite, ont été sauvagement agressés en plein jour devant chez eux. Pendant que mon père essayait de se défendre et se battait avec l’un des agresseurs, les deux autres s’acharnaient sur ma mère qui étaient tombée à terre, en lui donnant de nombreux coups de pieds dans le visage. Cette histoire a bien sûr été traumatisante pour mes parents. Quelle est donc cette société où des retraités doivent se battre avec des gamins d’une quinzaine d’années -lesquels, d’ailleurs auraient dû être, à cette heure, à l’école? Quelle est cette société où les victimes, quand la police leur demande une description des agresseurs, hésitent à dire qu’ils sont noirs, de peur de paraître racistes? Quelle est cette société, enfin, où des pseudo-sociologues vont toujours trouver des excuses à des comportement inexcusables? Et quand j’écris cela, ce n’est pas aux petites racailles que j’en veux, mais à tous ceux, notamment les politiques, qui font l’autruche et qui laissent cette situation se développer.

        Noix Vomique

        10 février 2013 at 21 h 30 min

  5. Tout est encore conforme à ce que je pensais. Je perdrai donc un peu moins de temps à t’expliquer les profondes et étonnantes similitudes qu’on peut trouver entre le climat de crise économico-sociale et politique des années 30 et celui actuel. Tu te draperas dans ton autorité d’historien pour arguer du fait que les situations historiques sont incommensurables, et blablabla.
    Idem avec la comparaison établie entre les pétainistes, Breivik et toi. Je ne te ferai d’ailleurs pas l’honneur de te balancer l’anathème de « fasciste » (tu n’attendrais que cela), tu n’as rien en effet d’un descendant de corps franc ou de SS Charlemagne : trop pétochard pour cela me semble-t-il. Mais juste un « petit blanc » qui contribue à sa manière à la banalisation de certaines idées aussi nauséabondes que politiquement inefficaces, ce qui fait de vous les « idiots utiles » du populisme ambiant.
    Dans le genre, ton pote Koltchak (encore un mort sorti de sa tombe, tu vois) n’est pas mal non plus. Le proverbe chinois que je citais lui va à merveille : il en fait quoi des milliers d’entreprises qui ont fermées leurs portes (sans compter les suicides de certains chefs d’entreprises) suite aux malversations de banques irresponsables, des milliers voire millions de ménages mis à la rue (par exemple en Espagne) avec les crédits hypothécaires ? Tu as raison Koltchak, tout cela ne correspond pas en soi à des agressions ni des meurtres. Tout va donc pour le mieux dans le meilleur des mondes … des endogames blancs. Regarde le documentaire Inside Job, cher Koltchak, mais peut-être n’avez-vous pas de DVD à la …. Cour de Nicolas II ?
    Pour en revenir à toi, cher noix vomique, je vois que tu n’as pas tout compris (ou voulu comprendre) la teneur de mon message, mais ce n’est pas bien grave. Aucune défense de ma part de Merah ou du Hezbollah (dommage pour toi). Mais juste le constat qu’ils servent ta cause et qu’ils sont donc tes « idiots utiles ». Et, plus généralement, qu’est-ce que tu serais emmerdé si le Nigeria, la Somalie ou le Mali étaient effectivement des modèles de pays multiculturels fonctionnant bien ! Vous n’auriez plus alors d’arguments pour justifier le fait qu’on fait tout pour que cela ne fonctionne pas bien chez nous (encore le vieil artifice minable des « petits blancs » : en gros, « regardez ce que fait l’Arabie Séoudite ou l’Iran … » en bref les contre-exemples venus d’en bas pour justifier qu’on puisse se comporter alors parfois comme eux).
    Mauvaise pioche pour toi concernant mon réflexe corporatif. Je n’en suis pas, la mentalité CAMIF ne m’ayant jamais trop intéressé. Par contre, j’ai horreur des gens comme toi qui crachent dans la soupe tout en continuant à profiter du système de l’intérieur, et pire, en se réfugiant dans l’anonymat pour critiquer les collègues avec lesquels ils travaillent.
    Enfin, ravi de savoir que tu n’en as rien à foutre de tout cela. Ce pseudo-cynisme dont tu fais montre est bien le reflet de cette époque, un peu à la manière ce que Claude Autant Lara avait déjà si bien décrit dans la Traversée de Paris. Les « salauds de pauvres » me paraissent avoir socialement monté. Mais ils n’ont pas trop changé dans le fond.
    Et comme s’amuse à le faire Jean Gabin, ils méritent parfois une leçon. On devrait rejouer la fameuse scène auprès de tes collègues « Tu t’appelles Martin ! C’est pas vrai, Marcel, hein ? » ou bien l’autre, tout aussi fameuse « Jambier, 45 rue de Poliveau » … auprès de tes collègues ? Avec toi dans le rôle de Bourvil et De Funès et moi dans celle de Gabin. Ça pourrait être marrant, non, cher …. noix vomique (ton prénom allait m’échapper, sorry)

    Henri de Kérillis

    10 février 2013 at 23 h 02 min

    • Bon, si tu veux, un jour où l’on coïncide tous les deux à Paris, on pourrait se retrouver chez Lipp et en parler devant… une bonne andouillette qui sent bien la merde.

      Noix Vomique

      11 février 2013 at 11 h 04 min

    • Henri,
      juste un « petit blanc »; dans le meilleur des mondes … des endogames blancs; le vieil artifice minable des « petits blancs »…
      Bon, votre truc ressemble plus à un réglement de comptes avec le taulier, sinon faudra nous expliquer quel est votre problème avec la race blanche. Vous n’aimez pas les blancs?

      Albert

      12 février 2013 at 0 h 48 min

  6. HdK dit : « la délinquance économique et financière dont le coût financier et moral est tout aussi voire même bien supérieur ».

    J’entends bien le discours qui consiste à se « reconstruire » de manière bien supérieure et plus coûteuse après le non-remboursement d’un emprunt russe qu’une petite chirurgie réparatrice de la face consécutive à un échange de regard ou à une absence d’échange de cigarettes contre un peu d’amitié intersociale.

    Oui, c’est tellement vrai.

    Le portulan te ment

    15 février 2013 at 11 h 12 min


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