Noix Vomique

Archive for mars 2013

Incroyable! Le nouveau Pape ne plaît pas aux gauchistes!

Habemus papam franciscum

Je suis protestant. Néanmoins, l’élection d’un nouveau Pape m’intéresse car je sais que c’est un moment très important pour des centaines de millions de catholiques. Hier, lorsque François est apparu sur le balcon, l’émotion était indéniable: c’est avec beaucoup d’humilité que ce nouveau Pape s’est exprimé, avec un sourire où il donnait l’impression de s’excuser d’être là. « Les cardinaux sont allés me chercher au bout du monde » a-t-il déclaré, avant de rappeler qu’il était avant tout « l’évêque de Rome » et de demander à la foule une minute de silence: « Priez pour moi et donnez-moi votre bénédiction« . En quelques minutes, on pouvait ainsi cerner la personnalité de Jorge Bergoglio et ce matin, la presse nous confirme que c’est un homme simple, d’une grande spiritualité: il a renoncé à la luxueuse demeure de l’archevêché de Buenos Aires pour vivre dans un modeste appartement, il prend les transports en commun, il s’est engagé auprès des plus déshérités, etc.

Une fois de plus, l’élection d’un Pape a déjoué tous les pronostics navrants des vaticanistes. Certes, alors que tout le monde semblait rêver d’un Pape qui ne fût pas européen, il est américain. C’est logique, et finalement représentatif de ce qu’est aujourd’hui le catholicisme: 40% des catholiques vivent en effet en Amérique latine. Le vrai changement, c’est sans doute que, pour la première fois, le Pape est un Jésuite. Voilà qui devrait changer beaucoup de choses au Vatican. Et moi, protestant, j’ai toujours bien aimé les Jésuites; j’aurai peut-être l’occasion d’en parler. Enfin, en choisissant le nom de François, le Pape fait référence à Saint-François d’Assises, qui au XIIIème siècle avait voulu « reconstruire l’Eglise » catholique avec « les pierres vivantes que sont les pauvres« . Le message ne peut pas être plus clair.

Alors que le Saint-Siège envoyait un premier tweet en latin  « Habemus Papam Franciscum« , athées et autres bouffeurs de curé se déchaînaient sur le réseau. Leur hargne tranchait avec l’humilité du nouveau pape.

Edwy Plenel ouvrait le procès du nouveau Pape sur Tweeter:

L’Eglise catholique a choisi un Pape réactionnaire compromis sous la dictature militaire argentine (1978-1983).

Sur son blog, Jean-Luc Mélenchon, qui vient de pleurer la mort d’un type comme Hugo Chavez, nous met en garde:

L’élection de Jorge Mario Bergoglio comme nouveau pape n’est pas une bonne nouvelle pour les progressistes du monde chrétien ni pour la révolution citoyenne en Amérique du sud.

Silencieux sous la dictature militaire puis à l’heure des jugements des militaires criminels, opposant connu aux gouvernements argentins de Nestor puis de Christina Kirschner, tendre pour l’Opus Dei, hostile aux prêtres progressistes, le nouveau chef de l’église catholique devra prouver qu’il n’a pas été élu pour déstabiliser les régimes progressistes de l’Amérique latine ni pour poursuivre les persécutions contre la théologie de la libération.

Il est toujours étonnant de voir à quel point la gauche française, violemment anticléricale, est nostalgique des tribunaux de l’Inquisition. Sur Twitter, hier, tout était bon pour attaquer et salir le nouveau Pape: on fait circuler de vieilles photos sans source où l’on reconnaît Videla, l’ancien dictateur argentin, avec un prêtre difficile à identifier, mais on rappelle aussi la vieille légende stalinienne selon laquelle Pie XII aurait été le complice des nazis, etc. Enfin, on accuse le Pape d’être réactionnaire: en Argentine, Bergoglio aurait milité contre le mariage gay et l’avortement. Et ça, aux yeux des progressistes, c’est vraiment très vilain.

Bref, les gauchistes sont déçus que le Pape ne soit pas à leur image. Pour un peu, ils lui reprocheraient d’être catholique! En réalité, ils se moquent complètement que François soit un Jésuite défenseur des pauvres. Car ils n’en ont rien à battre, des pauvres. Si ça se trouve, ce Pape est un vrai gauchiste, comme l’Amérique latine sait si bien en produire. Mais travaillés par le cul et une certaine mauvaise conscience historique, les gauchistes français ont d’autres obsessions: ils préfèrent brandir les droits des homosexuels au nom de la modernité ou fouiller dans les recoins de l’histoire à la recherche d’une faute, voire d’un silence. L’essentiel, c’est d’instruire un procès.

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Written by Noix Vomique

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Larmes à gauche: empaillage et culte de la personnalité

Le Grand Chavez est mort

Alors que la gauche française enterrait deux de ses idoles et que les pleureuses se bousculaient pour inonder les médias de leurs larmes de crocodile, je me suis souvenu d’une fois, il y a au moins dix ans, où j’essayais désespérément, l’esprit vrillé par une méchante gueule de bois, de faire cours sur le culte stalinien de la personnalité. C’était laborieux: j’avais la bouche sèche et un mal de tête terrible; je cherchais mes mots avec difficulté. Maudissant cette manie de faire cours sans notes, incapable de trouver le mot pour dire que le corps de Staline avait été embaumé, j’avais finalement lâché qu’il avait été empaillé, provoquant alors une certaine stupeur chez les élèves qui se souvenaient soudain de la fouine ou du cormoran qu’ils avaient aperçu dans un quelconque museum d’histoire naturelle poussiéreux.

Réflexion faite, dans le museum d’histoire naturelle de la gauche française, l’empaillage irait très bien à Stéphane Hessel, que certains rêvent de panthéoniser, et il ira très bien à Hugo Chavez. De leur vivant, ces pantins n’étaient-ils pas déjà des hommes de paille? N’avaient-ils pas été mis en avant par des maquereaux -journalistes, universitaires et politiques- qui tentent de nous refourguer une idéologie qui commence à sentir fortement la radasse?

Tout d’abord, de façon à éviter les ballonnements, évacuons l’Hessel. Ce vieil homme indigne n’a jamais rétabli la vérité quand les médias, qui lui attribuaient un rôle dans la rédaction de la Déclaration des Droits de l’Homme, le confondaient plus ou moins volontairement avec René Cassin. On peut mettre ce silence complice sur le compte, au mieux, de la sénilité, ou, au pire, de la malhonnêteté. Mais quand Stéphane Hessel, déporté à Buchenwald, déclare en janvier 2011 dans le Frankfurter Allgemeine Zeitung  que “L’occupation  allemande était, si on la compare par exemple avec l’occupation actuelle de la Palestine par les Israéliens, une occupation relativement  inoffensive, abstraction faite d’éléments d’exception comme les incarcérations, les internements et les exécutions, ainsi que le vol d’oeuvres d’art”, on s’interroge. Apparemment, à gauche, la défense des Palestiniens, et la haine d’Israël que cela semble autoriser en parallèle, justifie tous les révisionnismes: la terreur nazie, c’était finalement le bon temps! D’ailleurs, à voir les gauchistes français traquer encore aujourd’hui le nazi, alors que la guerre est quand même terminée depuis près de soixante-dix ans, on sent bien chez eux une certaine nostalgie. Bon, voilà, l’Hessel, c’est torché.

Passons maintenant à Hugo Chavez. Ça, c’est un gros morceau, qui sent la cortisone idéologique à plein nez. Depuis l’annonce de sa mort, la gauche n’en finit pas de chougner, ce qui n’est pas sans rappeler l’émotion des communistes français lorsque Staline meurt, le 5 mars 1953. Ah, «Staline, notre maître en socialisme!». Chavez est-il l’héritier de ce bon vieux Staline? Les deux hommes ont en commun d’avoir encouragé un véritable culte autour de leur personnalité. Un culte de la personnalité qui est relayé sans complexe en France, comme on peut le vérifier à la lecture de quelques hommages.

En bonne voisine américaine, Christiane Taubira, Garde des Sceaux, fut la première à manifester son émotion sur Twitter:

Au Front de Gauche, Jean-Luc Mélenchon essaie de contenir son émotion et livre une épitaphe:

Le conseiller spécial de Mélenchon, le secrétaire national du Parti de Gauche Eric Coquerel, ne semble pas craindre de tomber quant à lui dans la grandiloquence, puisqu’il lance un « Vive Chavez » vibrant d’amour:

La palme de l’hommage le plus délirant revient cependant au ministre des Outre-Mer, Victorin Lurel, qui a comparé le Comandante au général De Gaulle et à Léon Blum. Il a expliqué: « Le monde gagnerait à avoir beaucoup de dictateurs comme Hugo Chavez, puisqu’on prétend que c’était un dictateur, il a jusqu’ici et pendant ces 14 ans respecté les droits de l’homme ».

Ainsi, Chavez aurait «respecté les droits de l’homme»! Il aurait «réconcilié le socialisme, la révolution et le suffrage universel»! Rien que cela! L’ONG Human Rights Watch est loin de partager cet avis: elle considère au contraire que « la présidence Chavez a été caractérisée par un mépris flagrant pour les garanties fondamentales en matière de droits humains »:

Après avoir promulgué en 1999 une nouvelle constitution […] Chávez et ses partisans ont entrepris de cumuler les pouvoirs. Ils ont pris le contrôle de la Cour suprême et ont limité les possibilités pour les journalistes, les militants des droits humains et les citoyens vénézuéliens en général d’exercer leurs droits fondamentaux.

Human Rights Watch a observé des atteintes à l’indépendance de la justice:

En 2004, Chávez et ses sympathisants à l’Assemblée nationale se sont assurés du contrôle politique de la Cour suprême du Venezuela, en ajoutant 12 sièges aux 20 sièges déjà existants et en les attribuant à des alliés politiques. Cette nouvelle Cour Suprême a alors cessé de fonctionner comme un organe de contrôle du pouvoir présidentiel. Ses juges ont rejeté ouvertement le principe de séparation des pouvoirs et ont promis publiquement de promouvoir le programme de Chávez. […] En 2009, Chávez a demandé publiquement qu’une peine de 30 ans d’emprisonnement soit infligée à une juge qui avait accordé la liberté conditionnelle à un détracteur bien connu du gouvernement resté près de trois ans en prison dans l’attente de son procès. La juge, María Lourdes Afiuni, a été arrêtée et a passé plus d’un an en prison en détention préventive, dans des conditions déplorables. Elle est actuellement assignée à résidence.

Enfin, personne n’ignore que la liberté de la presse a été restreinte:

Sous le régime Chávez, le gouvernement a étendu de manière spectaculaire  ses moyens de contrôle des informations diffusées par les médias audiovisuels et la presse écrite du pays. Il a adopté des lois élargissant et durcissant les sanctions pour la diffusion de propos « offensants » à l’égard des responsables du gouvernement, interdisant de diffuser des messages susceptibles de « susciter l’anxiété au sein de la population »et permettant la suspension arbitraire de chaînes de télévision, de stations de radio et de sites internet. […] Sous le régime Chávez, le gouvernement a étendu de manière spectaculaire ses moyens de contrôle des informations diffusées par les médias audiovisuels et la presse écrite du pays. Il a adopté des lois élargissant et durcissant les sanctions pour la diffusion de propos « offensants » à l’égard des responsables du gouvernement, interdisant de diffuser des messages susceptibles de « susciter l’anxiété au sein de la population »et permettant la suspension arbitraire de chaînes de télévision, de stations de radio et de sites internet.

Ceci dit, précisons que le régime de Chavez n’a jamais complètement basculé dans la dictature: les partis d’opposition étaient tolérés, même s’il était difficile pour eux d’avoir accès aux médias, et les élections se déroulaient plutôt normalement, un peu comme dans les Bouches-du-Rhône.

En politique extérieure, le Venezuela de Chavez brillait par son anti-américanisme. Il s’était opposé aux États-Unis en 2005, lors du Sommet des Amériques à Mar del Plata, en Argen­tine, en refusant leur proposition de constituer une vaste zone de libre-échange sur l’ensemble du continent. Au lieu de cela, il avait créé l’Alba (Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique) avec Cuba, l’Équateur, la Bolivie et le Nicaragua. Pour Chavez, l’anti-américanisme était un discours fort commode, qui lui a valu bien sûr l’admiration de tous les staliniens frustrés que compte la gauche française. Les ennemis des États-Unis étaient les amis de Chavez. Le Venezuela a ainsi voté systématiquement  contre les résolutions de l’Assemblée générale des Nations Unies condamnant les pratiques abusives en Corée du Nord, en Birmanie, en Iran et en Syrie. Et Chavez, ce grand démocrate, n’a jamais caché sa fascination pour les dictateurs: n’a-t-il pas décerné à Bachar al-Assad, à Kadhafi et à Mahmoud Ahmadinejad « l’Ordre du Libérateur», qui est la plus haute distinction officielle du Venezuela?

Évidemment, les gauchistes vont nous rétorquer, avec une mauvaise foi toute sartrienne, que c’est la seule intention qui compte: Chavez voulait réduire l’injustice et les inégalités, blablabla. Cela suffit à faire de lui une icône. Or, quel est le bilan économique et social de ses quatorze années à la tête du Venezuela?

À l’instar des régimes totalitaires du vingtième siècle, que ce soit le communisme ou le nazisme, Chavez était un anti-libéral: il a donc opté pour un certain dirigisme. Des entreprises furent parfois expropriées ou nationalisées, de façon arbitraire, et notammment dans le secteur du pétrole. Logiquement, les entreprises étrangères ont cessé d’investir au Venezuela. Pour lutter contre le chômage, par pur clientélisme, Chavez a multiplié le nombre de fonctionnaires: il n’y a rien de mal, direz-vous, puisqu’en France on en est là aussi. Ça a creusé le déficit budgétaire (20% du PIB). Conséquence: malgré le pétrole, le Venezuela est à cours de devises et subit une forte inflation.

Le Venezuela est le 12ème producteur de pétrole brut, avec un peu plus de 2 millions de barils produits par jour. Il vend la moitié de sa production aux États-Unis, ce qui montre d’ailleurs à quel point le discours anti-américain de Chavez était une pantalonnade. Le pétrole constitue donc une rente considérable. Pourtant, le Venezuela est resté un pays moyennement développé: selon l’indice de développement humain (IDH) défini par le Programme des Nations unies pour le développement, il occupe le 75ème rang mondial, avec un IDH de 0,695 qui ne progresse plus depuis quelques années. À titre de comparaison, le Pérou, qui est le 48ème producteur mondial de pétrole avec 100000 barils produits par jour, a un IDH de 0,723 (63ème rang mondial) et la Libye, 18ème producteur de brut, occupe pour l’IDH le 53ème rang mondial (0,755). Malgré la rente du pétrole, dont le pays est devenu complètement dépendant, les revenus moyens par habitants ont baissé au cours des dernières années.

Certes, on nous opposera que l’éducation et la santé sont gratuites. Mais avec quels résultats? L’espérance de vie à la naissance est aujourd’hui de 74 ans, ce qui est médiocre. On remarque que Chavez lui-même était condamné à aller se faire soigner à Cuba et est mort à 58 ans. Quant à la durée moyenne de scolarisation, elle est particulièrement basse: 6 ans, un résultat par exemple inférieur à celui de la Zambie, qui est pourtant le 150ème pays mondial pour l’IDH (et je précise que je n’ai rien de spécial contre les Zambiens, c’est juste un exemple). Bref, l’analphabétisme est loin d’avoir été endigué.

On le voit, le bilan de ces quatorze années de présidence Chavez n’est pas fameux. On remarquera juste, en passant et non sans rire, qu’on retrouve chez Chavez ces mêmes travers –contrôle de la justice et des médias, populisme, dérive égocentrique, amitié avec Kadhafi– que les gauchistes avaient fantasmés chez Nicolas Sarkozy. Mais voilà: Hugo Chavez est une icône de gauche. Alors, on l’aime aveuglément et on l’encense. Peu importe que l’on soit dans le mensonge. Finalement, la gauche française montre ici à quel point elle n’a pas évolué depuis la mort de Staline: elle a gardé le réflexe inconditionnel du culte de la personnalité.

Written by Noix Vomique

12 mars 2013 at 10 10 35 03353

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Je suis le vrai Laurent Obertone

D’accord.

Plein de gens ne comprennent pas quelle est la différence entre le monde libre et le monde communiste: qu’ils viennent dans la réacosphère! Plein de gens pensent que ça sent bon seulement à gauche: Lasst sie nach Reacosphere kommen! Qu’ils viennent dans la réacosphère!

C’est très gentiment que l’Amiral Woland, Skandal, Carine, Koltchak et Didier Goux essaient de détourner l’attention des journalistes qui me traquent sans relâche depuis que j’ai publié La France Orange Mécanique. Je remercie mes amis d’avoir voulu préserver ma tranquilité mais il est temps que je sorte du placard. Je suis Laurent Obertone.

Voyez-vous, les p’tits gars, il y a 2 000 ans, la plus grande des fiertés était de dire civis romanus sum. Aujourd’hui, dans le monde de la liberté, la plus grande des fiertés est de dire Ich bin ein Laurent Obertone.

Ça vous en bouche un coin, ça, non?

Written by Noix Vomique

1 mars 2013 at 17 05 15 03153

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Global War on Terror

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La reprise des combats à Gao, à l’initiative des islamistes de Mujao et de francs-tireurs embusqués, montre à quel point Laurent Fabius a été imprudent en annonçant que les troupes françaises se retireraient du Mali à partir de mars. Du coup, les images de François Hollande, acclamé  par la population de Tombouctou, ne sont pas sans rappeler le triomphalisme de George W. Bush après la prise de Bagdad : le 1er mai 2003, sur le porte-avions nucléaire USS Abraham Lincoln, le président américain avait déclaré, un peu précipitamment, que la mission en Irak était « accomplie ».

On avait à l’époque beaucoup critiqué George W. Bush : l’unilatéralisme des États-Unis, le prétexte de la guerre contre le terrorisme pour mettre la main sur le pétrole irakien, le bretzel avalé de travers, etc.  On pourrait reprendre aujourd’hui certains de ces arguments, alors que la France semble bien seule au Mali et qu’elle a besoin de sécuriser les alentours des mines d’uranium du Niger. George W. Bush et François Hollande ont donc crié victoire trop tôt; sans doute la précipitation de technocrates qui ont l’habitude de raisonner en terme de territoires –que l’on administre ou que l’on prend à l’ennemi. Ça sent la fin du dix-neuvième siècle, quand l’armée française, dirigée par les colonels Gallieni et Archinard, en remontant le fleuve Niger jusqu’à Tombouctou, mettait fin à l’épisode djihadiste – déjà – de l’Empire Toucouleur et repoussait les Touaregs vers le massif des Iforas. Aujourd’hui, on en est encore là ! Or, à travers l’idée que l’on gagne un conflit parce que l’on a conquis un territoire, on exprime une conception conventionnelle de la guerre: on oublie que des terroristes, qui n’ont pas d’uniforme et qui peuvent frapper à tout moment se trouvent sans doute encore dans les villes libérées. Comment George W. Bush et François Hollande, qui ont tous les deux déclaré la guerre au terrorisme, ont-ils pu l’oublier ?

La suite, sur Causeur.

Written by Noix Vomique

1 mars 2013 at 11 11 57 03573

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