Noix Vomique

Archive for juin 2013

Le Rom est l’avenir de l’homo

On a trop stigmatisé les Roms. Et c’est mal. Vraiment, c’est comme si les poètes, seuls, étaient capables de saisir la beauté d’un camp de roms. Or, le poète a toujours raison, lui qui voit plus haut que l’horizon. Les Roms nous montrent l’avenir et ce n’est pas la Garde des Sceaux qui nous contredira. Ainsi, dans le camp rom de Champs-sur-Marne, un bébé de trois semaines a été vendu par sa mère et sa grand-mère à un couple infertile. Montant de la transaction: 15.000 euros. Pas cher. Franchement, au lieu d’être mises en examen, ces deux femmes devraient être montrées en exemple. Pierre Bergé devrait se réjouir qu’elles ouvrent ainsi la voie, lui qui déclarait en décembre dernier qu’il était pour toutes les libertés: «Louer son ventre pour faire un enfant ou louer ses bras pour travailler à l’usine, quelle différence ? C’est faire un distinguo qui est choquant». Manuel Valls, qui a eu l’impudence de déclarer que les Roms « ne souhaitent pas s’intégrer dans notre pays » devrait y réfléchir: les Roms trouveront peut-être leur place dans notre société en devenant les spécialistes de la GPA. Les camps de roms deviendront des unités de production de bébés à vendre. Et les jeunes mariés homosexuels s’y rendront comme ils vont chez Ikéa, le sourire aux lèvres, pour prendre livraison de leur progéniture. Quel bonheur, d’avoir un bébé rom! On réalisera soudain que ce n’est pas la première fois que les Roms et les homosexuels se croisent dans des camps: cela signifie sans doute que leurs destins étaient liés depuis longtemps.

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20 juin 2013 at 10 10 12 06126

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Whatever happened to all the heroes ?

The Stranglers, No More Heroes, 1977.

They watched their Rome burn / Whatever happened to all the heroes.

Ah, les Stranglers! Alors que les Clash, en criant haut et fort qu’ils étaient socialistes, alimentaient le cliché d’une subversion forcément de gauche, les Stranglers ne semblaient pas avoir de convictions politiques et ne donnaient aucun signe d’allégeance. Cela les rendait évidemment suspects aux yeux de la presse. Que Jean-Jacques Burnel casse la gueule à un critique du magazine Sounds n’avait rien arrangé: les journalistes ne cessèrent par la suite de reprocher aux Stranglers d’être brutaux, fascistes, racistes ou encore misogynes. Mais les Stranglers s’en foutaient, c’était le moindre de leurs soucis d’être bien vus, du moment qu’ils pouvaient continuer à enregistrer des albums somptueux. C’est aussi pour cela qu’on les aime.

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18 juin 2013 at 14 02 10 06106

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Shopping tragique à Saint-Lazare: 1 mort

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Une discussion; le ton monte. L’étudiant brillant se prend un violent coup de poing et tombe. Dans sa chute, il se blesse grièvement à la tête. Il est mort à l’hôpital des suites de ses blessures. Les médias nationaux n’en parleront pas. Les politiques ne réagiront pas. Ils nous expliqueront que la mort de François Noguier, 22 ans, élève ingénieur des Arts et Métiers, est un fait divers banal. Et que la mort de Clément Méric, elle, est différente, car elle est « politique« .

La mort d’un gamin, quel qu’il soit, qu’il soit promis à un bel avenir ou pas, qu’il soit militant politique ou non, est un drame épouvantable. On ne peut que partager la peine des parents. Dans le cas de Clément Méric, les médias et les politiques sont en train de se livrer à une récupération totalement obscène qui sent la profanation de tombe dans le cimetière de Carpentras. On nous parle donc d’un gamin qui est mort à cause de son engagement politique. Clément Méric était en effet un militant d’extrême-gauche, membre du mouvement Antifa, ce groupuscule loin d’être pacifique qui est régulièrement venu provoquer les cortèges de la Manif pour Tous.

On a très vite connu les circonstances de la mort de Clément Méric. Le Monde nous explique que « La victime et trois de ses amis se trouvaient dans un appartement de la rue de Caumartin pour participer à une vente privée de vêtements de plusieurs marques appréciées par les jeunes militants issus à la fois de l’extrême gauche et de l’extrême droite« . En fin d’après-midi, trois skinheads accompagnés d’une fille font irruption dans l’appartement: les militants d’extrême gauche les chambrent. On s’insulte et les deux groupes se retrouvent ensuite dans la rue pour en découdre, à quatre contre quatre: « Mais la rixe ne dure pas longtemps. Clément Méric reçoit un « violent coup de poing« , selon les témoins. Le jeune homme chute et sa tête heurte un poteau. Il perd connaissance. Rapidement transféré à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière (Paris 13e), il ne se réveillera pas ».

Voilà pour les faits. Franchement, il est difficile d’y voir le signe que la République est en danger. On nous ressort l’éternel épouvantail de la menace fasciste. Pourtant, ce n’est pas la peine d’avoir lu l’excellent Subculture: the meaning of styles, de Dick Hebdige, pour savoir que skinheads et antifa sont comparables à des tribus urbaines, avec leurs codes vestimentaires, et que leur antagonisme singe la lutte des classes. Pas forcément dans le sens que l’on croit, d’ailleurs. À l’inverse du skinhead, qui est souvent un prolo -et la gauche ne se prive pas de railler son manque d’éducation, l’ultra-gauchiste est ici un petit bourgeois bien propre sur lui, fils d’universitaires et étudiant à Science-Po. Par charité, on évitera d’ironiser sur le fait que des militants d’extrême-gauche, par essence anti-capitalistes, se rendent à des ventes privées pour acheter des fringues Fred Perry et Ben Sherman qui coûtent la peau du cul. En revanche, on se posera des questions sur la formation intellectuelle qui est dispensée à Science-Po. Les journalistes, sans doute parce qu’ils en sont eux-mêmes souvent issus, ont en effet beaucoup insisté sur le fait que Clément Méric était étudiant dans la vénérable maison de la rue Saint-Guillaume. Or, voilà que ce brillant élément était d’extrême-gauche et antifa. Qu’est-ce qu’on leur enseigne, à Science-Po? On ne leur a pas dit que le fascisme était mort avec la défaite de 1945 et qu’il se réduisait aujourd’hui à quelques marginaux? On n’ose imaginer que les professeurs préparent leurs cours en copiant-collant les articles du Nouvel Obs!

Les vrais responsables de la mort de Clément Méric sont d’ailleurs là: ce sont tous ces gens qui, depuis trente ans, et souvent dans un but électoral, laissent croire qu’il existe une menace fasciste en France. Certes, l’auteur présumé du coup mortel a été interpelé -il se prénomme Esteban et le réac que je suis, forcément xénophobe, se gardera bien de faire un commentaire sur ce prénom qui n’a pas une consonnance très française. On estime à plusieurs centaines le nombre de skinheads comme lui en France: ils sont marginaux mais ça suffit à alimenter les fantasmes des gauchistes. Non, les vrais responsables de ce drame insupportable sont ceux qui divisent les Français, hurlent au loup et manipulent des jeunes comme Clément Méric. Lionel Jospin l’avait d’ailleurs admis en 2007 lors d’un entretien avec Alain Finkielkraut: «  »Durant les années du mitterrandisme, tout antifascisme n’était que du théâtre » car « il n’y a jamais eu de menace fasciste« . Clément Méric est la victime de cette mascarade de gauche, qu’il repose en paix. Et que François Noguier repose en paix, également.

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7 juin 2013 at 13 01 56 06566

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La Syrie aux Syriens?

Une manifestation contre le mandat français en Syrie (Alep, 1936).

Une manifestation contre le mandat français en Syrie (Alep, 1936).

J’aime ces vieilles photos en noir et blanc qui renvoient à des époques révolues. Ce cliché d’une manifestation à Alep, en 1936, évoque les origines du nationalisme syrien: le démembrement de l’Empire ottoman; la création d’un éphémère royaume arabe syrien en 1918, alors que les accords Sykes-Picot, signés en secret à Downing Street en 1916, prévoyaient que la France et le Royaume-Uni se partageraient le Proche-Orient; la bataille de Maysaloun et l’entrée du général Goybet à Damas en 1920… Les Syriens n’ont jamais accepté le mandat français et l’Université de Damas fut le point de départ, en janvier 1936, de manifestations hostiles à la France. Le mouvement s’étendit aux autres grandes villes et une grève générale paralysa la Syrie pendant deux mois. Cette première démonstration du nationalisme syrien aboutit la même année à des négociations dans le but de rédiger un traité d’indépendance. Une indépendance qui n’interviendra finalement qu’après la Seconde guerre mondiale, après le ralliement de la Syrie à la France Libre. Toutes ces histoires de nationalisme au Proche et au Moyen-Orient, et le rôle parfois trouble de la perfide Albion, m’ont toujours captivé: pas seulement parce que Lawrence d’Arabie est un excellent film; également parce que j’eus un temps un directeur de thèse anglais, qui avait été le précepteur du jeune Fayçal II et qui avait toujours de bonnes anecdotes à raconter. Aujourd’hui, dans la guerre civile qui ensanglante la Syrie, on peut se demander qui sont les héritiers de ces nationalistes syriens de l’entre-deux-guerres: le régime de Bachar al-Assad ou les rebelles?

Le Conseil de sécurité de l’ONU vient d’inscrire les rebelles syriens du front djihadiste Al-Nosrasur sur la liste des organisations terroristes et la vidéo d’un rebelle découpant le cadavre d’un soldat au couteau fait oublier les atrocités commises par le régime de Bachar Al-Assad: l’image des rebelles est ternie et la communauté internationale a du mal trouver un point d’accord sur les modalités d’une solution diplomatique. L’Union européenne, à la demande de la Grande-Bretagne et de la France, a voté la levée de l’embargo européen sur les armes vers la Syrie. La Russie reste un allié indéfectible de Bachar Al-Assad et elle espérait, avec les États-Unis, organiser au mois de juin une conférence internationale, dite « Genève-2« . L’opposition, par la voix du président par intérim de la Coalition nationale syrienne (CNS), a déjà annoncé qu’elle boycotterait la conférence qui sera donc reportée. Bref, il est difficile de voir clair dans un conflit qui se caractérise par son extrême brutalité, d’autant plus que les enjeux ont évolué avec le temps. Alors qu’au départ, il semblait qu’il s’agissait d’une révolution pour davantage de libertés, dans la continuité du Printemps arabe, on se retrouve aujourd’hui avec une guerre confessionnelle, notamment entre chiites et sunnites. Un rapport de l’OTAN, révélé la semaine dernière par le World Tribune, souligne cette évolution mais montre également que la majorité des Syriens vivent mal la récupération de l’insurrection par des combattants qui viennent du Qatar et d’Arabie Saoudite. Est-ce un sursaut du vieux nationalisme syrien, par delà les différences confessionnelles? Une enquête a été menée auprès de la population et, même s’il faut prendre les résultats avec précaution, le rapport conclut que « les Syriens sont fatigués de la guerre et ont encore plus d’aversion pour les djihadistes que pour Bachar Al-Assad. » Et l’on nous livre ce chiffre étonnant: 70% des Syriens soutiendraient Bachar Al-Assad! De quoi se demander, comme en rêve Daoud Boughezala, s’il n’est pas temps, pour Assad, d’organiser un référendum…

Written by Noix Vomique

4 juin 2013 at 9 09 14 06146

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