Noix Vomique

Mauvais genre

Mengele

Ce médecin, fasciné par l’hermaphroditisme, se targuait d’être un esprit scientifique. C’est sans doute pour cela qu’il se livra à des expériences parfois épouvantables sur des enfants, comme celle qu’il fit subir à Bruce Reimer, un jeune garçon âgé de deux ans. L’enfant, qui avait un frère jumeau, était juif et une circonscision maladroite avait convaincu le médecin qu’il n’avait finalement rien à perdre à tenter une expérience de réassignation sexuelle. Le médecin procéda d’abord à une ablation des testicules et Bruce Reimer, renommé Brenda, reçut un traitement hormonal à base d’œstrogènes. C’était l’occasion ou jamais de prouver que la masculinité et la féminité s’acquièrent, indépendamment de la biologie.

Dès le départ, l’enfant refusa de se féminiser. Il déchirait les robes qu’on l’obligeait à porter et voulait à tout prix partager les jeux de garçon de Brian, son frère jumeau. Le médecin insista et lors de certaines séances de travail, il obligea les jumeaux à regarder des photos pornographiques puis à se déshabiller et mimer l’acte sexuel. À l’adolescence, après que le médecin lui présenta un transsexuel, Brenda menaça de se suicider et demanda à ce qu’on l’appelât désormais David. Malgré cela, le docteur John Money publia de nombreux articles dans lesquels il affirmait que l’expérience, présentée comme « Le cas John/Joan« , était concluante: ces articles constituent aujourd’hui le corpus central de ce que l’on appelle les Gender studies.

Car John Money, médecin d’origine néo-zélandaise et professeur de pédiatrie à l’Université John Hopkins de Baltimore, est considéré comme l’un des pionniers des études sur le «genre»: il est le créateur de l’expression «gender role» et fonde en 1966 à Baltimore la première Gender identity clinic, où il réalise des changements de sexe à la chaîne -un commerce qui ne manqua pas de devenir lucratif. En 1972, John Money présente sa théorie au grand public dans un livre intitulé Man & Woman, Boy & Girl. Peu importe que le genre soit un pseudo-concept. C’est l’époque des hippies, et les milieux gauchistes sont infestés de féministes et de militants de la cause homosexuelle qui s’emparent des travaux de John Money: la libération sexuelle ne consiste-t-elle pas en effet à libérer le sexe de ses contraintes- et de ses conséquences- biologiques? Plus tard, John Money a d’ailleurs poursuivi dans cette voie et s’est déclaré favorable à une pédophilie affective, qu’il oppose à la pédophilie sadique: il explique ainsi en 1991 dans la revue pédophile PAIDIKA qu’il ne voit pas où est le problème si l’attirance entre un adulte et un enfant est réciproque.

On ignore si John Money était toujours impeccablement habillé sous sa blouse blanche et s’il se parfumait abondamment à l’Eau de Cologne. Mais en 1997, David Reimer, alors âgé de 31 ans, décida de révéler le calvaire que lui a infligé John Money. Un livre d’entretien avec le journaliste John Colapinto est publié. On découvre alors que le médecin avait falsifié les résultats de son expérience et que le garçon ne s’était jamais identifié à une femme. Mais la vie des jumeaux Reimer est détruite: Brian, qui était soigné pour schizophrénie, meurt d’une overdose de médicaments en 2002 et David se suicide deux ans plus tard, peu de temps après avoir rompu avec sa femme.

Bon, mais pourquoi je vous parle de ça, moi? Eh bien, parce que Philarête vient de sortir de son long silence et a publié sur son blog le troisième billet d’une série consacrée au « genre »: «Stoller et le sexe dit biologique». Et c’est drôlement bien. Que Philarête me pardonne de l’avoir ici associé à John Money. John Money… Hum… En y réfléchissant, je me demande si la photo ci-dessus, trouvée sur Google, est bien celle du père des Gender studies. Najat Vallaud-Belkacem pourrait peut-être me renseigner?

Written by Noix Vomique

25 septembre 2013 à 16 h 14 min

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10 Réponses

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  1. […] Ce médecin, fasciné par l'hermaphroditisme, se targuait sans doute d'être un esprit scientifique. C'est sans doute pour cela qu'il se livra à des expériences parfois épouvantables sur des enfant, c…  […]

  2. Merci pour ce billet, ça fait frissonner… Le mot genre peut avoir plusieurs sens, dont certains très convenables (une meilleure égalité des genres, comprendre homme-femme, pourquoi pas, l’étude des garçons manqués, pourquoi pas). Mais utiliser un mot qui peut conduire à ce que vous décrivez procède soit de l’imbécilité la plus crasse soit de la subversion la plus malsaine.
    Bref, il faut bannir l’usage du mot genre pour éviter d’en subir « toutes les potentialités »

    droitedavant

    25 septembre 2013 at 21 h 27 min

    • Oui, les gender studies peuvent être utilisées pour défendre l’égalité entre les sexes, pourquoi pas. Le problème, c’est que le « genre » est un pseudo concept, faussement scientifique, qui relève davantage du combat idéologique et qui peut conduire à des dérives véritablement catastrophiques. Quand on y réfléchit, c’est quand même pathétique de voir les gauchistes confondre l’égalité avec l’hermaphroditisme.

      Noix Vomique

      27 septembre 2013 at 11 h 03 min

  3. Vous savez, la Gauche ne s’attarde jamais sur cette sorte de détail. Dès l’instant qu’un dogme est instauré, il convient de le faire vivre à l’instar d’un vérité révélée et de l’imposer par tous le moyens disponibles, lesquels sont immenses dans un état inféodé tel que la France.
    Alors, l’histoire de ces pauvres David et Brian…ils passeront discrètement par pertes et profits.
    Amitiés.

    NOURATIN

    26 septembre 2013 at 18 h 42 min

    • Nouratin, bien sûr que les gauchistes n’ont rien à battre du calvaire des jumeaux Reimer! Ils prétendront qu’ils préfèrent les travaux de Robert Stoller à ceux de John Money. Et de toute façon, ce n’est pas une anecdote comme cela qui va ébranler la certitude qu’ils ont d’incarner le progrès!

      Noix Vomique

      27 septembre 2013 at 11 h 16 min

  4. Et les parents de ces jumeaux ? de gauche ? la gauche américaine est effrayante, le dogme au carre …
    circoncis les jumeaux ? il devrait y avoir une relation entre leur circoncision et leur famille ! c’est vertigineux l’absence de leur environnement familial dans cette histoire. On peut encore lui écraser la figure a coup de rangers a ce John Money et il s’appelle money en plus…

    Dan

    27 septembre 2013 at 10 h 18 min

    • En fait, Dan, d’après l’enquête de John Colapinto, les parents des jumeaux étaient de pauvres gamins, à peine âgés de 20 ans et complètement paumés, et ils firent confiance à John Money, au point de se laisser manipuler par lui.

      Noix Vomique

      27 septembre 2013 at 11 h 22 min

    • Aux E.U.,la circoncision pour raison hygiénique est très fréquente.Tant pis pour les phobiques du peuplélu.

      rocardo

      30 septembre 2013 at 16 h 16 min

      • @ Rocardo
        J’avais complètement oublie qu’aux USA la circoncision était aussi répandue, même chez les juifs (peuplélu en un seul mot ?), je n’ai pas compris le reste de votre message. « Phobique » comme dans Islamophobie et Homophobie, phobie de quoi ? Il reste une question intéressante, est-ce que cette histoire aurait été possible dans une famille solide, du genre un père camionneur et sa matrone surveillant jalousement sa progéniture ? ou chez un plombier irlandais et catholique bref des conservateurs non inscrits veillant a conserver leurs valeurs conservatrices de dureté a la peine, de rigueur d’intégrité d’honnêteté ? conserver ….

        Dan

        3 octobre 2013 at 9 h 30 min

  5. cette histoire est effrayante, c’est ce qu’ils veulent faire de nos gamins, des gens sans mémoire de leur personnalité, je ne sais pas si les parents actuels se rendent bien compte de ce qui se trame , il faut dire aussi que la plupart ne savent même pas de quoi l’on parle

    BOUTFIL

    28 septembre 2013 at 12 h 10 min


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