Noix Vomique

Quelque chose de pourri au royaume de Danemark

Au moins 500 personnes ont participé à l’enterrement du terroriste de Copenhague (Photo: Jens Alstrup)

Au moins 500 personnes ont participé à l’enterrement du terroriste de Copenhague. (Photo: Jens Alstrup)

Foreign Policy, prestigieuse revue américaine créée en 1970 par Samuel Huntington, a publié le 21 janvier dernier un article intitulé The French Colonialist’s Comeuppance, ce que l’on pourrait traduire par La punition méritée des colonisateurs français. On peut y lire que les attentats islamistes qui ont ensanglanté Paris en janvier sont la conséquence directe de l’histoire coloniale de la France. En effet, les Français, incapables de s’adapter aux flux migratoires venant de leurs anciennes colonies, auraient continué à se comporter en colonisateurs: du coup, les enfants d’immigrés, humiliés d’être discriminés, toujours ramenés au rang de colonisés, trouveraient dans le djihad une façon d’exprimer leur rage. L’auteur de cette tartine n’est pas un obscur scribouillard de Mediapart: il est professeur d’université -avec de tels experts en relations internationales, on comprend maintenant que les États-Unis n’aient pas vu venir les attentats du World Trade Center puis qu’ils aient attaqué l’Irak de Saddam Hussein sans en mesurer les conséquences.

C’est donc la faute au général Bugeaud si des attentats meurtriers ont été commis à Paris contre Charlie Hebdo et le supermarché casher de la Porte de Vincennes. En France, ceux que l’historien Daniel Lefeuvre appelait les Repentants rabâchent le même discours: l’islamophobie, qui empêcherait l’islam de s’insérer dans la société française, est un héritage du colonialisme. À les entendre, l’ethnicisation des banlieues, qu’ils comparent à une ghettoïsation, s’inscrirait également dans le prolongement du sectarisme colonial. Ils ont donc bu du petit lait lorsque Manuel Valls a dénoncé, le 20 janvier dernier, l’existence d’un «apartheid territorial, social, ethnique», laissant penser que ces territoires sont délibérément marginalisés par la République -alors qu’ils bénéficient, comme le géographe Christophe Guilluy l’a expliqué, d’une densité d’équipements publics supérieure à la moyenne des zones périurbaines et rurales. Le Premier ministre n’est pas crédible: comment peut-il parler d’apartheid et, ensuite, nous servir l’habituel boniment sur les valeurs républicaines? N’y a-t-il pas une contradiction? De la même façon, l’histoire coloniale est liée à celle de la République: lorsqu’ils accusent le colonialisme de tous les maux, les bobos anticolonialistes du vingt-et-unième siècle remettent finalement en question les fondements d’une République porteuse de Lumières, d’universalisme et d’égalité- et c’est Jules Ferry qui doit se retourner dans sa tombe.

Mais voilà. Le weekend dernier, les attentats de Copenhague, qui ont fait deux morts et cinq blessés, ont apporté un démenti cinglant à l’idéologie gauchiste de la repentance coloniale. Car le Danemark n’a pas de passé colonial. Le seul territoire qu’il n’ait jamais colonisé est le Groënland. Or, ce n’est pas un Inuit qui ouvert le feu, à deux reprises, sur les participants d’un débat consacré à la liberté d’expression puis sur une synagogue. Ce ne sont pas, non plus, des Inuits qui sont venus déposer des fleurs en hommage au terroriste, sur le trottoir où il a été abattu par la police. Enfin, ce ne sont pas 500 Inuits qui ont participé vendredi aux funérailles du tueur. L’explication coloniale ne tient donc pas. Reste à savoir pourquoi le Danemark, pays prospère qu’on nous présentait comme un modèle, à la fois en matière d’intégration et d’État-providence, a échoué. Je me souviens de cette jeune Danoise, rencontrée au début des années quatre-vingt dix lorsque je vivais à Séville. Elle s’appelait Issa, blonde, mignonne comme tout, avec de longues jambes. Le Danemark venait de voter non au traité de Maastricht. Faisant fi du politiquement correct, elle m’avait raconté -déjà- les difficultés liées à l’immigration musulmane. Aujourd’hui, ce qu’elle pressentait se vérifie: la distribution des aides sociales, loin de favoriser l’intégration, a encouragé le parasitisme et le communautarisme. Edwy Plenel aura beau sangloter sur «l’enfance malheureuse des frères Kouachi», force est de constater que les attentats islamistes de Paris et de Copenhague sont moins une conséquence du passé colonial que le résultat de l’immigrationnisme, du laxisme et du padamalgamisme. Les gauchistes nous ont mis en garde pendant des décennies contre les dangers de la xénophobie et du fascisme; nous nous retrouvons aujourd’hui avec une menace djihadiste sur le sol européen. Et, comme par hasard, au moment des attentats de Copenhague, l’État islamique nous envoyait sa nouvelle vidéo: sur une plage libyenne, sous un ciel tempétueux, l’égorgement et la décapitation de vingt-et-un coptes égyptiens. Le chef des djihadistes, qui s’adresse à la caméra, semble défier les «nations chrétiennes», fanfaronnant qu’ils vont «conquérir Rome», là, juste derrière lui, de l’autre côté de la Méditerranée. Nous y sommes. Ça se précise; l’ennemi est . Et le vivre ensemble, ce n’est pas son truc. Si nous ne voulons pas le voir, nous sommes fichus.

Written by Noix Vomique

21 février 2015 à 12 h 07 min

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30 Réponses

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  1. 100% sur la même ligne que vous. Je viens d’ailleurs de mettre en ligne un billet où il est question du déniaisement du sieur Pelloux, Charliste émérite, bisounours de compétition. J’ai ajouté la vidéo de sa participation à « C à Vous », non pas que ce soit un grand moment de télévision, mais son expression, lorsqu’il découvre le cortège funèbre d’Omar je-ne-sais-plus-quoi, vaut le détour.

    J’ai beau savoir que cela sera difficile et nécessitera que la France désigne à sa tête un homme vraiment fort, à moins que ce soit à la suite d’un putsch militaire, que nous serons mis au ban des nations, mais je ne vois que la remigration, indemnisée ou forcée, pour résoudre le problème.

    Arnaud D

    21 février 2015 at 12 h 24 min

    • Ah oui, je viens de voir la vidéo! Excellent! C’est trop drôle de voir les gauchistes se prendre la réalité en pleine figure!

      Noix Vomique

      21 février 2015 at 12 h 48 min

      • Le pire, c’est qu’ils n’en tirent aucune conséquence. Ils continuent sur le mode gauchiste classique : « il faut encore plus de vivre-ensemble, encore plus de bisous, etc. » Ils sont incapables de voir l’ennemi, de le nommer, de se rendre compte qu’il n’est pas à nos portes, mais déjà dans la maison et que c’est l’islam. Ils veulent désespérément croire qu’il y a un islam modéré. Pour ça, ils sont prêts à tout, gober le double langage du recteur Dalil Boubakeur, la mythomanie d’Hassen Chalgoumi qui dans les faits n’a jamais été imam de Drancy et est rejeté par les musulmans dits modérés à cause de ses propos hérétiques notamment au sujet des juifs qu’il considère comme frères.

        Même un type comme Pelloux, qui est pourtant passé pas loin de la mort, est incapable de retirer ses œillères idéologiques.

        Ils représentent un beau sujet pour un doctorant en psychiatrie.

        Arnaud D

        21 février 2015 at 13 h 49 min

        • On a été en Libye dernièrement pas avec des bisous mais avec des rockets… On a été en Irak, pas avec des bisous, mais avec des rockets….
          et Daech, c’est quoi ??? des sunnites qui veulent retrouver le pouvoir et qui ont mis la main sur les armements de Saddam… en Libye, pareil, on a fait n’importe quoi, et on a laissé des milliards d’armes dans la nature. Armes qu’on retrouve au Mali, en Algérie, chez Bocco Aram, en Centrafrique.
          Alors, peut être que les bisous, c’est pas mal finalement…

          Jacko

          24 février 2015 at 16 h 43 min

  2. C’était écrit que nous serions les seuls coupables…
    Mais le contre exemple du Danemark en effet est bien vu.
    Ces attentats ne sont pas le fruit de la misère sociale. La misère sociale peut entraîner des révoltes mais pas au nom de Dieu, pas pour des caricatures.
    Et puis les ricains avec leur hypocrite ségrégation n’ont aucune leçon à nous donner.

    fredi maque

    21 février 2015 at 14 h 13 min

  3. L’exemple du Danemark est en effet parlant. Le premier enseignement est que ce climat qu’imposent les terroristes n’est pas la conséquence de la présidence de FH, du gouvernement socialiste ou de je ne sais quel gauchiste ( ce terme me fait sourire car le gauchisme, ce n’est pas ça….voir ceux des annees 70 en comparaison). La maladie de nos sociétés occidentales est bien identifiée, il s’agit de la folie religieuse qui aujourd’hui a la couleur de l’islam fondamentaliste ou radical. C’est contre ça qu’il faut lutter et non contre les émigrés, même si, je vous l’accorde l’intersection de ces deux ensembles est loin d’être nulle.
    Par ailleurs, etre Bisounour au sens où certains l’emploient, c’est aimer son prochain et croire en l’humanité, donc des humanistes. Ce n’est pas un vilain défaut.
    Enfin, j’ai la faiblesse de penser qu’une manifestation de ce type aurait été interdite en France.
    L’herbe n’est pas toujours plus verte ailleurs.

    Didstat

    21 février 2015 at 14 h 48 min

    • Didstat, j’aime bien utiliser le terme gauchiste. Certes, les gauchistes d’aujourd’hui sont différents de ceux des années soixante-dix; ils se laissent cependant aveugler par l’idéologie de la même façon… Sinon, nous sommes à peu près d’accord -une fois de plus, ça devient franchement inquiétant. Car ce n’est évidemment pas François Hollande qui est responsable de cette poussée islamiste à l’échelle de toute l’Europe. Ce sont tous ces hommes politiques, de droite comme de gauche, qui, depuis quarante ans, ont encouragé et manipulé l’immigration parce que cela leur permettait de déconstruire l’idée de la nation… Je pense aussi que les manifestations dans la rue en hommage au tueur de Copenhague n’auraient pas été possible en France. C’est sans doute une question de temps; pour l’instant on a seulement vu ce genre d’hommage, pour les frères Kouachi et Coulibaly, sur les réseaux sociaux.
      Sinon, euh, comment dire… L’humanisme, le vrai, c’est quand même autre chose que les niaiseries des bisournours. C’est un calviniste, par ailleurs admirateur de Montaigne, qui vous le dit!

      Noix Vomique

      24 février 2015 at 14 h 43 min

  4.  » j’ai la faiblesse de penser qu’une manifestation de ce type aurait été interdite en France. »

    Bonjour le respect de la liberté d’expression et de réunion. La démocratie à la française en somme. C’est grâce à toutes ces interdictions que non seulement certains peuvent se poser en victimes, mais que les citoyens tombent des nues lorsque la merde commence à pleuvoir. Personne ne pouvait la voir venir. Seulement voilà, la république française est une vaste blague qui repose sur une arnaque. Elle prétend avoir inventé la liberté, 13 ans après la rédaction de la déclaration d’indépendance des Etats-Unis d’Amérique, quand même. Texte qui a été odieusement pompé par les révolutionnaires au petit pied, mais quad même malins. Ils ont certes posé le principe que les droits naturels sont inaliénables, mais à chaque fois ils ont pris la précaution de préciser que la loi était là pour permettre au pouvoir de les limiter à sa guise.

    Notez bien que ce que je pose là, c’est ce que devrait penser tout vrai et sincère démocrate. Ce n’est pas ma position. En tant que monarchiste, je suis pour l’extension du Concordat au pays, ce qui implique la pénalisation du blasphème pour toutes les religions, la restauration du catholicisme en tant que religion d’Etat, etc. Mais j’aime bien me mettre dans la peau de l’ennemi et montrer ses faiblesses, ses contradictions, ses hypocrisies.

    Arnaud D

    21 février 2015 at 18 h 32 min

    • Vous êtes etonnant les monarchistes, alliant tout et son contraire. Votre monde doit être fascinant. Je dis ça avec tout le respect que je vous dois.
      Je me demande toujours, quand vous vous déplacez pour voter, vous faites comment ? Tous les partis se veulent républicains meme ceux qui ne le sont pas …alors, c’est compliqué.

      Didstat

      21 février 2015 at 18 h 52 min

      • Je me contente de relever les incohérences et les poses des bons petits démocrates républicains. On défile pour défendre la liberté d’expression, mais on traîne devant les tribunaux le moindre type qui sort une connerie imbécile, comme Dieudonné par exemple. Certes, ce type est un con, odieux, tout ce qu’on veut, mais la vraie liberté d’expression consiste à pouvoir dire des choses qui dérangent, sinon mon gros, votre liberté d’expression c’est juste du flan. Parce que c’est quand même ça le principe. Tant qu’on n’appelle pas au passage à l’acte, tout devrait pouvoir être dit sans le moindre risque. Regardez au Danemark, les musulmans se sont librement exprimés quant à ce qu’ils pensent des actes d’Omar al-Hussein.

        Sinon, vous devriez savoir qu’un monarchiste ne se déplace pour voter que pour les scrutins locaux. Respect du principe de subsidiarité. Hors de question de participer aux guignolades nationales. Je me contente d’observer et de me marrer. Et il y a de quoi en ce moment.

        Arnaud D

        21 février 2015 at 20 h 29 min

        • Vous dites plein de choses intéressantes mais c’est trop bête, je me suis bloqué sur « mon gros ». C’est dommage. Cela dit, c’est peut être un titre de noblesse, je ne sais pas, je dis ça mais je n’y connais rien.
          Il me faudrait plusieurs heures pour débattre avec vous de la liberté d’expression. C’est un concept pas simple, il faut le sentir mais ce serait trop long. Je vais juste vous dire une limite, voire la limite : le respect de la vie humaine.

          Didstat

          21 février 2015 at 21 h 25 min

          • Dans « je me sens Charlie Coulibaly », qui à plus d’un titre est une grosse connerie, je ne vois pas où il y a manque de respect de la vie humaine. Bon, allez, dans l’intérêt de la discussion, admettons que cela marque un manque de respect de la vie humaine. Et alors ? Y-a-t’il là-dedans le moindre appel au passage à l’acte ? Non, bien évidemment. Ce qui montre que vous ne défendez pas la liberté d’expression, mais la conception que vous en avez à partir de vos présupposés idéologiques. Ce qui est un sacré distingo. Que vous le vouliez ou pas, la liberté telle qu’elle est chantée par les démocrates actuels n’est jamais qu’une pièce de tissu que l’on détaille en coupons au gré des lubies idéologiques de tel ou tel camp. Ils veulent bien tout entendre, enfin presque tout, sauf ce qui choque leurs petites oreilles délicates.

            Et puis sincèrement, en guise d’aparté, si ceux de votre camp se préoccupaient à ce point de respecter la vie humaine, ils ne chercheraient pas à étendre l’accès à l’avortement, ils ne chercheraient pas à promouvoir l’euthanasie. Parce que le premier droit naturel qui conditionne l’existence de tous les autres, sans la moindre exception, c’est justement le droit à la vie.

            Arnaud D

            21 février 2015 at 23 h 18 min

        • mais dieudo n’est pas un con odieux
          c’est un brave zigue , un provocateur , un mec qui a saisi le sens du truc, on est dans une société de la dérision, il en profite
          ha bien sûr , lorsqu’il s’attaque aux éléphants blancs , ça chie velu pour lui !
          mais c’est totorisé , hein , c’est totorisé de se moquer des gens ?

          kobus van cleef

          6 mars 2015 at 15 h 11 min

  5. Bonjour Noix Vomique,

    Hélas des exemples récents nous ont montré qu’on ne pouvait pas toujours compter sur la clairvoyance des journalistes américains – et même des chercheurs en sciences sociales américains – pour porter sur notre société un regard neuf qui ne soit pas ridiculement décalé par rapport à la réalité.

    Là, c’est une peuso journaliste, très carré Hermès, qui nous explique que la France meurt de ses aides sociales, ici c’est un journaliste de la Fox qui dessine sur la carte parisienne des zones « musulmanes » où les femmes portent le tchador (mince! J’habite dans une de ces zones et je n’en ai pas vu une seule!).

    Nos amis américains on semble-t-il perdu de leur regard incisif: « l’œil neuf » américain ferait mieux de se payer des lunettes.

    Cela dit, l’auteur de cet article n’a peut être pas totalement tort: le terrorisme musulman se construit localement en fonction des mythologies et de la psyché collective de la société dans lequel il opère. C’est même le B A BA de la lutte subversive (s’adapter aux circonstances locales).

    Sur un plan global, s’il y a sans doute un socle commun au terrorisme musulman, dans lequel on peut trouver un anti-occidentalisme viscéral, un esprit de secte totalitaire, et une conception intransigeante de la religion, les agents locaux de ce terrorisme se forment néanmoins dans le moule de leur société d’accueil: le terroriste musulman français n’est pas identique à son homologue danois ou belge, ou allemand, etc.

    S’il y a toujours le soleil et la lune dans leur ciel, leur voûte céleste n’est pas exactement peuplée des mêmes constellations.

    Maintenant, là où ça ne colle plus, c’est qu’on ne retrouve pas dans le discours de nos terroristes musulmans à nous les éléments d’un discours anti-colonialiste, ni même de références explicites à la période coloniale ou post coloniale. Nos terroristes voulaient venger le prophète et tuer des Juifs. La colonisation, rien à foutre. C’était pas leur problème.

    Mais ce n’est peut être qu’une question de temps: la France agit militairement en Afrique noire en donnant l’impression qu’elle renoue avec une vieille politique post coloniale. Il est possible que son action militaire suscite une réaction terroriste non plus sur place, comme c’est déjà le cas, mais ici, en métropole. Cette réaction terroriste pourrait alors s’appuyer sur des populations immigrées originaires de l’ouest africain, en reprenant à son compte un discours anti-colonial, qui ferait peut-être mouche. Allez savoir.

    Le terrorisme moderne, c’est beaucoup une question de marketing: le jihad, par exemple, est un produit. On ne vend pas le jihad de la même façon à n’importe quelle population. On ne le vend pas à un Yéménite de la même façon qu’à un Tchadien ou à un Français.

    En ce qui concerne votre affirmation centrale: « les attentats islamistes de Paris et de Copenhague sont moins une conséquence du passé colonial que le résultat de l’immigrationnisme, du laxisme et du padamalgamisme »

    Le terrorisme musulman n’est pas le résultat des conduites intellectuelles des gens dans les sociétés occidentales, quel que soit le jugement qu’on puisse s’en faire. Le terrorisme musulman d’aujourd’hui est le résultat d’une volonté d’agir de gens qui sont extérieurs à nos sociétés et qui ont leur propres plans politiques, en règle générale, à l’échelle de leur pays, ou groupe de pays, ou branche de l’islam.

    Le terrorisme est pour eux la poursuite de la politique par d’autres moyens. Dans le cadre de leur stratégie, ces gens recrutent, forment et manipulent des agents pour commettre des attentats dans les sociétés occidentales, en fonction de leurs besoins.

    Dans leurs besoins, il y a la nécessité de répandre l’esprit de sédition dans les sociétés occidentales, afin de les affaiblir par la division

    L’esprit de division s’obtient par la pensée victimaire: lorsque vous dites que le terrorisme islamiste est le résultat « de l’immigrationnisme, du laxisme et du padamalgamisme » vous imputez le tort non pas aux terroristes, mais à vos contemporains, dans votre société.

    En somme, vous avez la même réaction qu’une femme violée, qui se croit coupable de ce qui lui arrive.

    Disons-le clairement: ceux qui sont coupables de terrorisme, ce sont les terroristes, pas la société française ou une parcelle de cette société quelle qu’elle soit.

    N’entrez pas dans leur jeu, ils sont malins. Il ne faut rien leur céder. Quand on est en guerre contre des gens dangereux, il ne faut pas monter sur le ring en se disant « c’est de ma faute », c’est le meilleur moyen de se prendre une peignée.

    Dire que c’est de leur faute, et uniquement la leur, est non seulement une question principe, mais une question de survie. Après la victoire, on fera les mea culpa d’usage, mais en attendant, je crois vraiment qu’il faut tenir cette ligne-là.

    tschok

    23 février 2015 at 13 h 37 min

    • Bonjour Tschok, vous avancez là de beaux arguments auxquels je vais essayer de répondre.

      En effet, comme vous l’écrivez, les terroristes musulmans ne tiennent pas de discours anticolonialistes. Car leur motivation est d’abord religieuse. Le discours anticolonialiste est en revanche fréquent à gauche, au sein de ce que Finkielkraut appelle très justement le «parti de l’Autre», et il alimente la culture de l’excuse. Après les attentats de janvier, Edwy Plenel, lors d’une soirée-débat avec Tariq Ramadan, n’a-t-il pas assimilé le djihadisme à «la triste moisson semée par la colonisation»?

      Certes, le terrorisme musulman n’est pas le résultat des conduites intellectuelles des gens dans les sociétés occidentales; il est le résultat d’une volonté d’agir de gens qui sont extérieurs à nos sociétés. Je suis d’accord. Mais on peut justement reprocher aux élites occidentales d’avoir sciemment favorisé l’immigration et d’avoir ainsi provoqué l’importation du terrorisme islamique sur notre sol. J’espère que l’Histoire les jugera sévèrement. En attendant, et là, je vous rejoins, les vrais coupables du terrorisme sont évidemment les terroristes: ce sont eux que nous devons combattre. Ne nous divisons pas, ce serait dommage de rejouer aux Armagnacs et aux Bourguignons face aux Anglais.

      Noix Vomique

      24 février 2015 at 15 h 19 min

      • Pardonnez-moi, mais Edwy Plenel tient strictement le même discours que vous, sauf qu’il est sur l’autre rive du fleuve qui vous sépare: il impute le tort à celui d’en face.

        Les deux discours s’organisent en miroir.

        Quand on est de gauche, on reproche aux gens de droite d’avoir créé les conditions de l’affrontement avec « l’autre », le choc des civilisations. Plenel prend appui sur la colonisation, mais il pourrait se référer à n’importe quoi d’autre, du moment que c’est porteur d’une idée d’hostilité à l’égard des étrangers. En France, pays traditionnellement méfiant à l’égard des étrangers, autant qu’il est accueillant, cela ne manque pas. Par ex: les contrôles d’identité au faciès.

        Quand on est de droite, on reproche aux gens de gauche d’avoir été trop laxiste avec « l’autre » et d’avoir par inconscience, ou au contraire tout à fait volontairement, favorisé l’intrusion de l’étranger dans la maison France, au risque de mettre en péril les fragiles équilibres de la société française, voire la civilisation française toute entière (théorie du grand remplacement).

        C’est ce discours d’imputation mutuelle des torts qui me lasse, car je le trouve partial – par définition – et partiel.

        Ce qui nous amène à votre seconde partie: « on peut justement reprocher aux élites occidentales d’avoir sciemment favorisé l’immigration et d’avoir ainsi provoqué l’importation du terrorisme islamique sur notre sol. »

        D’abord j’ignore si les élites, comme vous dites, on une vision aussi nette. La France a un rapport complexe à son immigration: elle la désire autant qu’elle la refuse. Sur ce point j’ai eu une discussion assez instructive avec un internaute sur le blog de la Lime, que vous avez dans votre blogroll.

        Il me semble que mon interlocuteur et moi-même étions d’accord pour convenir qu’il n’y avait pas de politique systématique d’immigration et que c’était plus compliqué que ça.

        Ensuite, le terrorisme tend à s’internationaliser, quelque soit le modèle auquel il appartient.

        Un pur produit du terroir français comme Action Direct avait des connexions avec la FAR ou les Brigades Rouges. Le terrorisme français d’extrême droite était lui aussi en cheville avec ses homologues européens. Même les terroristes corses se démerdent pour gagner à l’extérieur les appuis qui leur sont utiles et ils le font par la pègre. Et les Basques, c’est pareil: ils sont à cheval sur les Pyrénées.

        Un produit d’importation, comme le terrorisme palestinien, kurde ou iranien s’est parfois invité sur le territoire français alors même qu’il n’y avait pas à l’époque de forte communauté palestinienne, kurde ou iranienne en France. Un type comme Carlos, par exemple, était un vénézuélien qui roulait pour un peu tout monde dans les pays arabes. Un vénézuélien, vous vous rendez-compte?

        Un produit mixte, comme le terrorisme islamiste, s’appuie sur un vivier d’agents locaux, alors que les directives proviennent de réseaux internationaux, souvent très lointains, ayant leurs propres stratégies.

        Alors, vous me dites: le terrorisme, c’est la fautes de l’immigration.

        Je vous réponds: bof, l’internationalisation est une des modalités favorites des terroristes. Parce que les frontières arrêtent les polices (enfin, de moins en moins).

        Ce que l’immigration permet, c’est deux choses:

        – Elle offre un vivier où les réseaux peuvent puiser des candidats
        – Elle offre un « maquis » où les candidats peuvent se dissimuler pour préparer leur action

        L’immigration offre des facilités que nos ennemis emploient à leur profit. Ils auraient bien tort de s’en priver puisque c’est une guerre. Mais ils pourraient tirer profit de n’importe quelle autre facilité pour commettre leurs crimes. Internet est un exemple. Les aéroclubs où on apprend à piloter des avions en sont un autre. Encore un autre exemple: les camions, les voitures et les scooters. Ou les drones. N’importe quoi, en fait.

        Alors, vous voulez quoi? Supprimer l’immigration, Internet, les aéroclubs, interdire les camions, les voitures, les scooters et les drones au motif que les terroristes de tous poils en font leur choux gras? Même une bombonne de gaz peut servir à faire une bombe. Alors on l’interdit? Mais il faut tout interdire à ce moment là.

        Si on en arrive là, je vous fiche mon billet que les armes seront en vente libre; Ce serait drôle, non?

        PS: dsl pour la longueur.

        tschok

        24 février 2015 at 18 h 10 min

        • Je vous pardonne, Tschok, je vous pardonne.

          Je suis bien conscient que les deux discours s’organisent en miroir et je conçois que l’on puisse s’en lasser -d’ailleurs, moi-même… Bref.

          À propos de l’immigration, bien sûr, que c’est foutrement compliqué. Les entreprises avaient besoin d’une main-d’œuvre bon marché, puis il y a eu le regroupement familial… Ce n’est pas une conspiration et aucun plan n’a évidemment été conçu pour remplacer la population française. Mais on peut regretter que nos politiciens, de gauche comme de droite, aient laissé faire, en nous serinant que c’était forcément une richesse. Aujourd’hui, il serait temps de se poser des questions: ce laxisme nous vaut d’avoir un FN à 30%.
          Enfin, je suis entièrement d’accord avec vous sur le caractère international du terrorisme -j’en ai déjà parlé. Ça complique évidemment les choses.

          Noix Vomique

          25 février 2015 at 14 h 50 min

  6. […] article très pertinent chez Noix Vomique. On ne saurait mieux dire. Les explications journalistiques de tout ce qui nous arrive sont une […]

  7. A reblogué ceci sur No One Is Innocent….

    Skandal

    24 février 2015 at 16 h 07 min

  8. J’ai un collègue Marocain (athée, buvant de l’alcool et bouffant du porc) qui m’expliquait qu’en vacances, quand il rentrait aux bleds voir ses cousins, il retrouvait également les cousins de Hollande. (attention, il y a beaucoup de cousins dans mon histoire, il va falloir suivre).
    Et donc les cousins restés au pays, ne comprenait pas le radicalisme des cousins Hollandais qui étaient devenus complètement tarés (port de la barbe, fanatisme). Le collègue et ses cousins marocains étaient habitués à un islam à la cool, très hypocrite, où on boit de l’alcool en cachette et où on fait l’amour aux nanas avant le mariage (certes, les rapports sont principalement anaux).
    Il y a bien un problème d’intégration… pourquoi ces types sont devenus plus radicaux que les pauvres bougres restés au pays ???

    Jacko

    24 février 2015 at 16 h 53 min

    • Jacko, je ne sais pas pourquoi, mais WordPress envoie systématiquement vos commentaires dans la corbeille des indésirables.

      J’ai eu un peu peur lorsque vous avez parlé des cousins de Hollande; je croyais que c’étaient ceux de notre président. Pour répondre à votre question, j’imagine que ceux qui se radicalisent sont probablement en quête d’une identité, plus ou moins fantasmée, que l’islamisme met à leur disposition…

      Sinon, votre histoire me rappelle une petite anecdote. Il ya quelques années, je dînais dans une cidrerie, près de Saint-Sébastien, au Pays basque espagnol. Assis à la même table que moi, il y a avait deux Pakistanais qui ne cessaient d’aller au tonneau pour boire du cidre. À un moment, je leur proposai une assiette de chorizo qu’ils refusèrent, au prétexte que c’était du porc. Nous engageâmes la conversation, ils m’expliquèrent que la liberté, pour eux, c’était de pouvoir boire de l’alcool sans se cacher et ils me racontèrent qu’à Islamabad, ils étaient obligés de se rendre dans des débits de boisson clandestin pour picoler et que c’était dangereux. Voilà. Nous terminâmes la soirée saouls… comme cochons.

      Noix Vomique

      25 février 2015 at 15 h 05 min

      • Puisqu’on est au stade des anecdotes, en voilà une autre.

        En 89 et 90, j’étais au lycée avec lui :
        http://www.7sur7.be/7s7/fr/3007/Bruxelles/article/detail/1605078/2013/03/28/Le-lourd-passe-de-Hakim-Benladghem.dhtml

        Et j’étais au lycée Poincaré qui est probablement le plus prestigieux de Nancy avec des sections prépas. Et ce brave Hakim ne venait pas des quartiers du Haut du Lièvre (d’où est originaire la terrible Nadine Morano). Bref, là encore, comme au Danemark, il ne venait pas du Bronx, et sa priorité à l’époque n’était pas l’islam mais de sauter des gonzesses, il ne s’habillait qu’en fringues de marques et se cocotait comme un petit minet.
        Donc j’ai du mal aussi avec le discours « social » pour expliquer le radicalisme de certains.

        Par contre, je ne sais pas si c’est lié à la culture musulmane, mais il était fier comme un artaban, donc impossibilité de le chambrer, et si un prof lui faisait une remarque provoquant le rire de toute la classe, c’était un drame national et il voulait déjà venger son honneur bafouée. Bref, c’était un sacré fouteur de merde. Et comme scolairement, ce n’était pas une terreur, il en voulait à la terre entière, une mauvais note était fatalement la faute du prof raciste mais pas par manque de travail.

        En tout cas, quand il s’est fait shooter par les belges, j’ai vu sa photo en première page de l’Est Républicain, et ça m’a quand même surpris. Ce mec était complètement la caricature du beau gosse qui se la pète. Jamais je ne l’aurais imaginé avec une barbe cradasse, en robe avec un petite toque sur la tête.

        Mais du coup, je me méfie effectivement grandement des sociologues, ou de la théorie de l’apartheid. Ce mec avait surement des parents modestes mais pas plus, pas moins que la plupart des gamins de ce lycée. Il y a autre chose qui provoque le radicalisme.

        Jacko

        25 février 2015 at 16 h 24 min

  9. Et malgré les évidences, criantes à nous en bousiller les tympans, nous continuons à faire l’autruche. Ainsi lorsque le sieur Cukierman constate à haute voix que les violences antisémites sont le fait exclusif de jeunes musulmans, tout le monde lui vole dans les plumes (enfin si j’ose ainsi m’exprimer, bien sûr). Autant dire que si un tel homme, personnalité éminente, baptisé au sécateur et tout et tout, est vilipendé aussitôt qu’il profère une vérité universellement connue, on voit mal comment nous pourrions encore croire à un sursaut salvateur. Nous sommes bel et bien foutus et dépourvus de toute chance de nous tirer de ce guêpier.
    Amitiés.

    nouratinbis

    24 février 2015 at 17 h 23 min

    • A Sarre Union, à priori, ils ne s’appelaient pas Abdul….

      Jacko

      24 février 2015 at 20 h 23 min

      • Oui, Jacko, c’étaient, comme notre président l’a souligné, des français de souche. Et d’après Le Monde, ce seraient des enfants d’enseignants -l’un deux serait même antifa!

        Noix Vomique

        25 février 2015 at 15 h 07 min

    • Parlez pour vous.

      On n’est pas tous obligés d’avoir une mentalité de vieux grincheux réac.

      Il y a des gens qui aiment l’intelligence en France. Si vous ne voulez pas en goûter, n’en dégoûtez pas les autres.

      Mais vous devriez tenter, juste un peu, l’optimisme. A petite dose. N’en abusez pas, votre organisme pourrait ne pas le supporter, mais forcez vous quand même à en prendre un fond de verre à dent, mettons, une fois par jour avant de vous coucher avec mémé.

      Si les symptômes persistent, consultez votre médecin.

      tschok

      25 février 2015 at 11 h 24 min

      • Allons, allons, Messieurs, je ne veux pas de ces chamailleries ici.

        Tschok, il ne vous aura pas échappé que la devise de l’ami Nouratin est «On est foutus». Il est donc fidèle à ses convictions et c’est très bien. Vous n’aviez donc pas remarqué que le pessimisme est consubstantiel à l’humeur de la réacosphère? Ceci dit, je serais personnellement plus enclin à l’optimisme, à l’instar d’un Denis Tillinac. Et puis je suis persuadé que la France est un grand pays; elle s’en sortira. En fait, la réacosphère est un vaste monde: j’attends d’ailleurs que Didstat nous ponde une vraie analyse, avec plein de statistiques, évidemment.

        Noix Vomique

        25 février 2015 at 15 h 24 min

        • Le problème de la reacosphère, c’est qu’ils pensent qu’il y a eu un age d’or où le crime n’existait pas, où tout le monde avait un travail sympa, vivait dans l’opulence, et dans une grande moralité.
          Les royalistes ont donc oublié que leurs rois triquaient à tout va, avec de nombreux bâtards, mais en veulent encore à ce dépravé Mitterrand qui nous a caché sa Mazarine. Si on leur donne les stats des homicides sur 100 ans (en baisse constante), foutaise, il vous répondront car les stats viennent d’une officine gauchiste.

          Je veux bien croire à la théorie du c’était mieux avant mais je n’arrive pas à connaitre la date exacte de quand c’était mieux et que l’on ne vivait pas dans la chienlit actuelle.

          Après, toutes les études semblent démontrer que la France est le pays le plus déprimé de l’univers. Même les afghans et les irakiens qui vivent sous les bombes se déclarent plus optimistes que nous. Bon, ce genre d’étude est surement un peu bidon, m’enfin, c’est quand même surprenant que le Français ait le moral si bas.

          Je pense que la solution serait d’emmener la réacosphère au pays de Poutine, leur nouveau modèle et ils verraient de plus près ce qu’est réellement un personnel politique corrompu, ce qu’est réellement des conditions misérables avec une inflation de 100% sur les produits alimentaires ces 6 derniers mois. Mais là encore, pour connaitre intimement une russe, elle ne se plaint pas comme nous autres. C’est un peuple assez fataliste, « c’est comme ça ». Alors que notre âme révolutionnaire bouillonne toujours. Nous sommes un pays d’insatisfaits.
          Là, où je rejoins la droite, c’est dans notre culture de l’assistanat qui fait que les gens attendent tout de l’état Français… et donc si un français est dans le caca, il en voudra au pays plutôt que de se sortir les doigts du c… et se remettre en cause.

          Jacko

          25 février 2015 at 17 h 00 min

          • Je suis royaliste, légitimiste de surcroît, c’est dire si je suis viscéralement réac. Pour autant, je ne suis pas un père la pudeur, et la gauloiserie et le libertinage ne me font jamais froncer le nez, ça, c’est un truc de bourgeois du XIXème siècle. En revanche, ce qui me dérange vraiment, ce sont les types qui affectent une moralité bon teint mais qui mentent et trompent, et en plus ont recours aux moyens de l’Etat pour entretenir une fiction.

            Je pense effectivement qu’il y a eu un âge d’or, mais que tout n’y était pas parfait. D’ailleurs, qu’est-ce qui peut être parfait en ce bas monde ? Le crime y existait certes et dans des proportions plus importantes que celles que nous connaissons, mais les Français avaient la possibilité de s’en défendre sans se retrouver à la barre des accusés. Le paysan du XVIIème ou du XVIIIème siècle était autrement plus libre que le citoyen de notre république, et surtout il était protégé par une foule de corps intermédiaires qui limitaient l’arbitraire royal, qui quoi qu’on en pense était rarement utilisé.

            Arnaud D

            6 mars 2015 at 20 h 33 min

  10. […] monté le bourrichon à cause des caricatures de Mahomet (ce qu’ils ont clairement dit) ou du passé colonial de la France (ce que d’autres affirment à leur place). Ce serait en effet leur chercher des […]


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