Noix Vomique

Migrants: le talon d’Achille de l’Europe

Les routes de l'immigration vers l'Europe (Source: Le Figaro, 24 avril 2015)

Les routes de l’immigration vers l’Europe (Source: Le Figaro, 24 avril 2015)

Rendus tout mélancoliques après le naufrage d’un chalutier qui a fait 800 morts au large des côtes de Libye, les dirigeants de l’Union européenne ont donc décidé jeudi de tripler le budget des opérations de surveillance maritime. Ces moyens serviront pour que l’agence européenne Frontex, plutôt que protéger efficacement les frontières, se consacre au sauvetage en mer des migrants. Autant dire que cette décision, qui risque de produire un «effet d’aspiration», puisque les clandestins sont désormais assurés d’arriver à bon port, n’est pas à la hauteur des enjeux.

Mais que pouvait-on espérer de l’Union européenne? Ces derniers jours, n’avait-on pas entendu Gil Arias-Fernández, directeur adjoint de Frontex, déclarer qu’il serait temps d’envisager l’ouverture de «nouvelles voies d’immigration légale» et Cecilia Malstrom, commissaire européen, répéter que «l’immigration est une opportunité pour l’Europe»? Bien sûr, et c’est heureux, le droit maritime oblige tous les navires à prêter assistance aux personnes en difficulté. Mais après? Fidèle à son credo immigrationniste, l’Union européenne continue à encourager les candidats à l’immigration puisque ceux-ci, une fois sauvés, savent qu’ils auront le loisir de rester en Europe. En 2012, au motif que l’article 4 de la Convention européenne des droits de l’homme interdit les expulsions groupées, la Cour européenne des droits de l’homme n’a-t-elle pas, en effet, condamné l’Italie parce qu’elle avait refoulé des clandestins interceptés en Méditerranée? Depuis, le nombre de migrants en provenance de Libye n’a pas cessé d’augmenter -dans ces conditions, l’Union européenne va réussir à nous faire regretter l’époque du colonel Kadhafi.

4709831_ide-migrants-mediterranee-150420

Depuis le début de l’année, environ mille six cents personnes ont péri en traversant la Méditerranée vers l’Italie. C’est évidemment tragique. Mais, contrairement à ce que répètent les bonnes consciences, qui accusent l’Europe «de non-assistance à personne en danger», l’Union européenne n’est pas responsable de la mort de ces pauvres gens -elle serait plutôt responsable d’imposer aux peuples européens une immigration dont ils ne veulent pas. De fait, la responsabilité de ces tragédies n’incombe-t-elle pas d’abord aux passeurs qui, dévorés par la cupidité, embarquent les migrants sur des rafiots improbables?

Alors qu’il commentait la mort des migrants au large des côtes libyennes, François Hollande a dit quelque chose d’intéressant -c’est d’ailleurs si étonnant que l’on soupçonne un lapsus: il a qualifié les passeurs de «terroristes». Au même moment, les terroristes de l’État islamique diffusaient une vidéo mettant en scène l’assassinat de chrétiens sur une plage de Libye. Coïncidence? En février dernier, l’État islamique n’avait-il pas menacé d’envoyer 500000 migrants depuis la Libye? En ce début d’année, les flux migratoires à travers la mer Méditerranée ont augmenté de 42% par rapport à la même période de 2014 -le directeur exécutif de Frontex estime que le nombre de migrants pourrait atteindre le million en 2015. Parmi ces clandestins qui embarquent pour l’Italie, tous ne ne sont évidemment pas des djihadistes: on trouve des réfugiés, notamment de Somalie ou d’Érythrée, qui fuient la guerre ou les persécutions, et de nombreux Africains de l’Ouest en quête de conditions de vie plus faciles. Il y a une majorité de musulmans; certains d’entre eux sont si fervents qu’ils n’ont d’ailleurs pas hésité, récemment, à jeter par dessus bord leurs compagnons d’infortune chrétiens. Ceux qui réussissent à passer en Europe sont cent fois plus nombreux que ceux qui périssent et l‘État islamique, qui nous a déclaré la guerre, cherche à les instrumentaliser pour déstabiliser l’Europe. En effet, lorsque les guerres sont asymétriques, les combattants les plus faibles, qui ont recours à la guérilla et au terrorisme, ne peuvent pas projeter d’envahir militairement le territoire de leur ennemi, car ils n’en ont pas les moyens, et l’invasion doit donc prendre une autre forme. L‘État islamique a compris que la gestion des flux migratoires vers la botte italienne était le talon d’Achille des démocraties européennes. Il n’est pas impossible que les départ de bateaux vers l’Italie s’amplifient: les djihadistes utiliseront ces flottilles chargées de malheureux comme les instruments d’une invasion.

En réponse à cette menace, le «plan de sauvetage européen» n’a pas été conçu pour sauver l’Europe: il entérine, au nom de la solidarité, le fait d’être envahi. Or, soyons réalistes: l’Europe ne peut pas accueillir ces nouveaux migrants; elle n’en a pas les moyens. Mais les dirigeants européens semblent persister dans leurs erreurs, à tel point qu’on ne sait plus s’ils ont une mentalité de négriers ou s’ils sont suicidaires. Qu’ils ne s’étonnent pas, ensuite, si les peuples européens, qui se sentent méprisés, soient révoltés. Car c’est à la source qu’il faut attaquer le problème de l’immigration transméditerranéenne: pour empêcher les migrants de mourir, il faut les empêcher de partir. Aussi, la solution passe d’abord par un blocus maritime de la Libye puis, n’en déplaise au branquignol Ban Ki-moon, par une véritable intervention militaire au sol. C’est seulement ensuite, lorsque la région sera sécurisée et stabilisée, que l’on pourra envisager des aides au développement. Mais l’Union européenne n’a pas le courage de prendre de vraies décisions. On se consolera en songeant que Laurent Fabius n’a pas proposé de livrer des bateaux neufs aux passeurs. C’est déjà ça.

Written by Noix Vomique

28 avril 2015 à 11 h 13 min

Publié dans Uncategorized

37 Réponses

Subscribe to comments with RSS.

  1. Bonjour Noix vomique,

    La décision de l’UE s’explique complètement sur un terrain pragmatique.

    Analysons. L’Europe peut avoir sur le sujet deux grands ordres d’approches:

    I – Dans un premier ordre, elle se considère comme ce qu’elle est actuellement, c’est-à-dire une puissance qui n’est pas un empire, en conséquence de quoi, elle se refuse à interagir avec son environnement (ici le Proche orient, l’Afrique du Nord + Sahara + Afrique de l’ouest) au moyen de l’imperium.

    L’imperium est le pouvoir de commandement qu’exerce une puissance stratégique, dans un but de domination, à l’aide du hard power, du soft power et du smart power.

    Les Américains le font, les Russes le font, les Chinois le font, mais pas nous.

    Le résultat des courses est que dans ce cas de figure, les options qui sont ouvertes sont au nombre de 3:

    – Accueil organisé des migrants et répartition des effectifs entre pays, en vue de leur intégration durable aux différentes sociétés européennes, selon un plan voulu et consciemment assumé: cette option suppose que les opinions publiques des pays européens ne soient pas crispées sur les questions d’immigration ou identitaires. Or, elle le sont. Donc, cette option est écartée (les gouvts actuels n’ont pas envie de perdre les élections prochaines à cause des migrants).

    J’espère que vous avez compris qu’avec un FN qui frappe à la porte de la présidentielle et qui, à tout le moins dispose d’un socle électoral qui lui permet d’arbitrer la vie politique française, le gouvernement Hollande n’a aucune espèce d’envie de se mettre dans les emmerdements, à cause de migrants dont il n’a strictement rien à foutre et qui le font puissamment chier par ailleurs?

    – Refoulement des migrants à la façon australienne, avec au besoin, emploi de la force armée pour détruire les navires des passeurs et créer par la force en Libye des zones sanctuarisées où on pourra établir des camps de réfugiés, sous l’égide de l’ONU. Option très attirante puisqu’elle consiste à déguiser notre égoïsme en action humanitaire, tout en refilant le bébé à l’ONU.

    Problème: l’ONU, qui n’est jamais rien d’autre que l’ensemble de ses membres, n’a pas trop l’air d’être d’accord. Et puis cette option implique d’engager en Libye des opérations militaires pour créer les espaces sanctuarisés où installer les camps, ce qui permettra à Daech d’ouvrir un nouveau front. Enfin, il ne faut pas se leurrer: ces camps seront des prisons, puisque leur rôle est d’empêcher les gens de migrer. A qui confier leur gestion? Pas au HCR dont les statuts lui interdisent ce genre de choses.

    Cette option qui nous permet d’endosser l’habit du chevalier blanc tout en nous comportant comme des ordures (option qui a donc et de loin ma préférence) est en réalité très difficile à mettre en œuvre, pour des résultats non garantis: si les gens s’échappent des camps, il viendront directement ici.

    Il est très important de comprendre une chose: quand on vend son âme au diable, autant que ça rapporte quelque chose. Si ça rapporte rien, c’est pas la peine: on ne se damne pas pour des queues radis. C’est un fondement de la realpolitik.

    – Reste la troisième option: on sauve les gens, on les stocke provisoirement dans des structures d’accueil dont on les exfiltre progressivement en régularisant plus ou moins leur situation et on les laisse se démerder au petit bonheur la chance à l’intérieur de l’espace européen, chaque pays mettant en place sa politique d’intégration, plus ou moins volontariste, ou pas.

    C’est merdoyeux, c’est pas ce qu’il faut faire, c’est même le pire, mais c’est la seule option qui reste. Et c’est ça qui a été choisi.

    Notons tout de même qu’il y a des variantes positives à cette options: si les choses sont bien organisées, c’est peut-être la moins pires des options. On voit par exemple que les Allemands, encore eux, traitent mieux que nous ce genre de problèmes. On n’est donc pas obligés de merder complètement.

    II – Dans un deuxième ordre d’idées, l’Europe exerce son imperium.

    C’est même pas la peine que j’en parle, on n’en est pas là.

    Un autre jour, peut-être, si vous faites un post de politique fiction.

    Comme d’hab, désolé pour la longueur.

    tschok

    28 avril 2015 at 13 h 37 min

    • Intéressant.

      Mais vous évacuez beaucoup trop vite l' »accueil organisé ».
      Malgré la réticence des opinions publiques, c’est pourtant celle qui a le plus de chances d’être retenue, in fine.
      Parce que l’opinion publique est quantité négligeable en Europe (cf les référendums revotés jusqu’à obtention du résultat désiré).
      Parce que nous sommes arrivés à un tel stade de chaos en Afrique et au M.O. qu’il n’y a aucune autre solution à court terme.
      Et que la solution à long terme (ré-stabilisation du M.O. sur de nouvelles frontières, développement de l’Afrique) s’étalera sur 2 à 3 décennies.

      Alors regardons les chiffres : 1 million de migrants par an sur une période de 30 ans, c’est 30 millions d’arrivants à intégrer dans un ensemble de prés de 500 millions d’habitants.

      Il s’agit donc d’intégrer 6% d’immigrés sur 30 ans.

      La vision comptable, qui est la seule vision ayant cours dans les instances européennes, vous démontrera que c’est parfaitement réalisable.

      Ce sera donc réalisé.

      waa

      3 mai 2015 at 23 h 49 min

      • Par accueil organisé, j’entendais politique volontariste, et ça, clairement c’est non. Surtout en France où l’immigration est vécue comme une punition que nous inflige le monde. En France, on intègre, mais à reculons, dans le déni et le psychodrame.

        Sinon, une question et une remarque: 30 millions de personnes à intégrer sur 30 ans, ça vous semble impossible ou pas? En 1962, la France a digéré en quelques mois 1.2 ou 1.3 millions de Pieds-Noirs, Français musulmans, Juifs, etc. Il y a donc une capacité de résilience, non?

        La remarque: n’oublions pas que la Russie et l’Ukraine sont aussi de gros fournisseurs de demandeurs d’asile. Le problème ne porte donc pas que sur la stabilisation et le développement de l’Afrique et du Moyen-Orient (le Proche Orient en ce qui nous concerne).

        Peut-être que cette remarque pourrait nous faire comprendre pourquoi l’Europe attire les gens: elle est stable. Or, aucune des grandes régions voisines ne l’est: ça déconne partout autour de l’Europe sauf au nord (il n’y a que la banquise) et à l’ouest (il n’y a que l’Atlantique).

        tschok

        4 mai 2015 at 13 h 54 min

        • « 30 millions de personnes à intégrer sur 30 ans, ça vous semble impossible ou pas?« .

          Bien entendu, c’est possible.
          Vous donnez l’exemple des pieds-noirs, qui n’est pas très pertinent, les pieds-noirs étaient français, de culture française.
          Mais je peux vous apporter d’autres exemples :
          – l’émigration vers les États-Unis au 19°-20° siècles
          – plus récemment (années 1990), l’émigration des juifs russes vers Israël (1 million en 2 ans sur une population de 5 millions)

          Une émigration à grande échelle peut réussir, à condition de l’organiser.

          Et ce qui fait peur aux opinions publiques européennes, ce sont ces bateaux pourris, surchargés par des grappes de damnés, qui accostent les rivages de l’Italie, genre Camp des Saints.

          Si vous organisez l’accueil, si Lampedusa devient Ellis Island, si des guichets remplacent les centres de détention, si le dispatching des migrants est intelligemment fait, cette peur disparaitra.

          Encore une fois, il ne s’agit pas de nier les problèmes que cet émigration pose, il s’agit de les résoudre, le moins mal possible.

          waa

          4 mai 2015 at 15 h 47 min

          • « Une émigration à grande échelle peut réussir, à condition de l’organiser. »

            Nous sommes bien d’accord.

            « Si vous organisez l’accueil, si Lampedusa devient Ellis Island, si des guichets remplacent les centres de détention, si le dispatching des migrants est intelligemment fait, cette peur disparaitra. »

            je ne vous le fais pas dire.

            « Encore une fois, il ne s’agit pas de nier les problèmes que cet émigration pose, il s’agit de les résoudre, le moins mal possible. »

            Toutafè.

            Et en attendant, on prend l’option 3. Et je ne m’en félicite pas. Je note juste que c’est un choix pragmatique. Mais c’est, compte tenu de la situation, le choix le plus ouvert (celui qui ferme le moins les options).

            tschok

            4 mai 2015 at 16 h 04 min

  2. Rira bien qui rira le dernier

    Il existe un potentiel d’un million de clandestins, majoritairement des hommes, qui piaffent d’impatience de l’autre côté de la Méditerranée, dans les ports libyens de Tripoli et Zuwarah.

    Il faut savoir que Zuwarah a toujours été un port célèbre pour le trafic d’êtres humains. En vertu d’accords conclus avec Berlusconi et Tony Blair en 2007, Kadhafi faisait barrage aux filières de clandestins remontant de l’Afrique sub-saharienne et surveillait la côte libyenne grâce à sa force maritime.

    Ce que Sarkozy et BHL se sont bien gardés de nous dire, c’est que les trafiquants de Zuwarah se sont soulevés contre Kadhafi, non pas par soif de démocratie, mais plutôt parce que leur big business de winner était à l’arrêt et que le flouze ne rentrait plus dans les poches du sarouel.

    Et du côté de l’Irak et de la Syrie, il y a au moins 500 000 clandestins potentiels qui sont prêts à sauter dans les barcasses en direction du sud de l’eldorado européen.

    Kadhafi avait coutume de dire : « Il y en a des millions qui veulent s’introduire en Europe. Demain, il est fort probable que l’Europe ne soit plus européenne mais africaine. Le temps des invasions barbares est revenu. »

    On se souvient qu’à l’annonce de la mort de Kadhafi, Hillary Clinton s’était bidonnée comme une madeleine en se tapant sur les cuisses, et elle n’a pas des cuisses de gazelle la bougresse. Aujourd’hui, l’Europe découvre l’Afrique à Lampedusa et c’est Kadhafi qui se torboyaute sous les sables du désert. Rira bien qui rira le dernier, se dit-il in petto.

    https://atlasmonitor.wordpress.com/2015/04/27/the-curse-of-col-gadhafi/

    NoOne

    28 avril 2015 at 23 h 48 min

  3. Bravo encore pour ce rappel, plutôt complet, des derniers éléments du dossier « invasion ».
    Je ne comprends pourtant pas comment certains peuvent encore déblatérer, soupeser des options (comme si elles s’offraient à nous, mais quelle bouffonnerie…) et chercher à faire de belles phrases au vu de la situation.
    Situation qui est pourtant claire (si l’on garde en soi un minimum d’instinct de survie et de mémoire de ce que signifie depuis l’origine la marche sanglante des hommes): Ils ne veulent pas crever? Et bien nous non plus. Basta.
    Nos élites seront un jour renversées et si nous (le camp du NON) ne parvenons pas à le faire, ce seront les « nouveaux européens » qui s’en chargeront, nous foutant un grand coup de pied dans le derche à l’occasion.

    Anton

    29 avril 2015 at 3 h 31 min

    • Admettons que vous ayez raison. Vous voyez, je ne chipote pas.

      Bon. On est donc dans une situation désespérée. Ne croyez-vous pas que c’est le moment rêvé pour faire preuve d’un minimum de sang froid?

      Parce que, sans vouloir dire, entre NoOne qui nous fait sa sortie sur les cuisses d’Hillary Clinton et vous qui nous resservez le discours sur les zélites-qu’il-faut-renverser et l’instinct vital, on est plutôt dans le registre du coup de sang tonitruant, ou du dies irae devant le Picon bière.

      Bon, chacun a sa façon de réagir, je comprends bien. Mais, l’air de rien, l’analyse ça aide aussi à se projeter dans l’avenir, sans donner au catastrophisme ambiant plus d’importance qu’il n’en a.

      Par exemple, si je vous suis bien, vous estimez que nous n’avons plus aucun autre choix d’action que de faire une seule chose, que je n’ai pas très bien comprise d’ailleurs (renverser les zélites?), m’enfin bref vous nous imaginez dans la position d’un joueur d’échecs qui n’a plus qu’un seul coup à jouer.

      Comprenez bien que si tel est le cas, alors la partie est finie et elle est perdue.

      Ce style de pensée du « mono-choix », c’est les loosers qui l’ont.

      En plus je ne vois pas très bien en quoi « renverser les zélites » peut être une solution aux problèmes que nous posent les migrants. Je sais bien que cette excitation vaguement révolutionnaire qui vous étreint dans vos grands moments de détresse intellectuelle est le propre de votre façon de penser, mais dans le cas présent, je n’en vois pas la pertinence immédiate, relativement au bordel qu’on doit gérer, là, tout de suite.

      Je dirais même qu’un coup d’Etat ajouterait au désordre et ferait le jeu de nos ennemis: si vous bossez pour Daech, dites-le nous tout de suite, ça dissipera les malentendus.

      Vous m’excuserez donc, je l’espère de ne pas considérer l’option « renverser les zélites » comme un coup jouable.

      Pour le reste, je suis ouvert à toute suggestion.

      tschok

      29 avril 2015 at 13 h 09 min

    • tschok, en peu de lignes (si, si, je vous assure, c’est possible, et si vraiment vous n’y arrivez pas, vous reviendrez me parler de détresse intellectuelle et je vous offrirai un p’tit picon):
      Nos élites organisent le remplacement des populations européennes blanches et chrétiennes par des populations ethniquement et culturellement différentes, voire antagonistes (il y a un truc qui s’appelle les livres d’histoire, essayez, ça apprend l’humilité).
      L’histoire nous apprend que les peuples différents ne cohabitent pas pacifiquement et que ça devient vite le merdier. Donc ça va chier (on dira même que ça a légèrement démarré…).
      Et quand je vois la tronche des blancos aujourd’hui et ce qu’ils sont devenus, je me dis qu’ils vont en prendre plein le cul.
      C’est pas bien compliqué.

      Anton

      29 avril 2015 at 21 h 11 min

      • C’est l’automaticité du truc qui déconne.

        Quand vous discutez d’un sujet avec un réac, n’importe lequel, à un moment dans la conversation, il vous recase automatiquement le discours du grands-remplacement-renversons-les-zélites- l’histoire-nous apprend-qu’on-peut pas-vivre-ensemble, quand bien même cela n’aurait pas grand chose à voir avec la choucroute.

        Au départ, vous avez démarré sur le thème de la trahison des zélites qui nous gouvernent et qu’il faut virer: « Nos élites seront un jour renversées ». Grand rebelle, va!

        Et vous enquillez sur le thème du grand remplacement, inévitable: « Nos élites organisent le remplacement des populations européennes blanches et chrétiennes par des populations ethniquement et culturellement différentes ». Bon ok, c’est du classique.

        Enfin vous terminez sur la petite touche d’histoire, qui donne un semblant de sérieux à l’affaire: « L’histoire nous apprend que les peuples différents ne cohabitent pas pacifiquement et que ça devient vite le merdier. »

        Tout ça c’est très bien. Mais, nom de Dieu de bordel de merde, on ne refait pas le monde, là, on discute juste du fait que des gens se noient en Méditerranée et on essaye de comprendre les différents problèmes que cela pose, pour tenter de trouver des solutions sur un terrain pratique, concret et dans le feu de l’action.

        J’ai le même problème avec Aristide: il part dans ses délires et perd de vue le sujet. Il est en mode réac automatique qui débite ses âneries habituelles sur l’immigration comme il réciterait le catéchisme, sans réfléchir à son sujet.

        Qu’on parle de la GPA, du mariage homo, de l’Europe, de la crise économique, du prix du pétrole, etc, automatiquement, le réac balance sa mayonnaise, comme si la mayonnaise était une sauce qui se mangeait avec n’importe quoi. Je réclame juste un peu de sérieux.

        Noix Vomique se casse le cul à faire un post sérieux, ben je le prends au sérieux, lui. Ca demande plus que 140 caractères, navré.

        Sinon, je suis humble (j’ai conscience de ma condition), mais je suis pas modeste (j’ai conscience de mon rang).

        tschok

        30 avril 2015 at 13 h 12 min

      • On est en boucle, tschok, on n’en sort pas (et vous ne réclamez absolument pas le sérieux, vous faites votre petit numéro, comme d’hab…), mais peut-être pour vous le grand remplacement n’est-il qu’un fantasme qui a germé dans la tête de réacs friands de théories du complot?
        La question est posée.

        Anton

        30 avril 2015 at 16 h 22 min

        • @ Anton,

          J’ai comparé deux séries de photos de classe: celles qui ont été prises quand j’étais en primaire, il y a environ 35 piges, et celles de mes gosses, qui sont récentes. J’ai constaté une chose très simple: sur les miennes, les élèves étaient ultra-majoritairement blancs et européens, sur celles de mes gosses, les élèves sont « nation arc en ciel », comme on dit en Afrique du Sud.

          C’est ça qui vous préoccupe?

          tschok

          4 mai 2015 at 13 h 10 min

        • Donc vous ne niez pas l’existence du grand remplacement. Il semble même que vous vous en réjouissiez. C’est toujours mieux quand les lignes sont claires.

          La « nation arc en ciel »?, le pays dont Julius Malema (leader ANC historique) dit que la situation est devenue pire que sous l’apartheid? pays que l’Union Africaine a récemment classé parmi les cinq pays les moins performants économiquement du continent (devançant à peine les Comores, Madagascar, le Soudan et le Swaziland, en quasi faillite…), pays où l’actuel roi de l’ethnie Zulu majoritaire ainsi que le fils du président Zuma, ont multiplié les appels aux pogroms contre les immigrés? pays où ces mêmes immigrés africains sont spoliés de leurs biens, lynchés , forcés à se réfugier dans les camps militaires ou à rentrer chez eux?

          Votre « nation arc en ciel » est un pays où les noirs assassinent les fermiers blancs et dorénavant leurs propres « frères » de race. Et c’est ce genre de truc qui provoque en vous des rêves humides? Quand vous pensez à vos gosses, vous vous dites : »youpi, la nation arc en ciel ! »? C’est ça que vous leur promettez?
          Pauvres gosses… La nation arc en ciel… bouffon va.

          Anton

          4 mai 2015 at 14 h 57 min

          • Allons bon! Encore l’injure. J’étais « tête de con » chez Aristide, me voilà bouffon chez Noix Vomique.

            Vous avez du mal à discuter avec moi en conservant votre calme.

            Ok, je retire l’expression « nation arc en ciel » et je la remplace par: « élèves provenant d’origines ethniques diverses et variées », plus neutre.

            En tout cas, j’ai ma réponse: oui, effectivement, c’est ça qui vous préoccupe.

            tschok

            4 mai 2015 at 16 h 16 min

          • J’ai même rajouté louvoyant et pleurnicheur chez Aristide. J’aime bien discuter, mais avec des gens dont j’ai le sentiment qu’ils sont un minimum francs du collier. Cela n’a jamais été le cas avec vous (au fait, vous m’avez jamais répondu quand je vous ai demandé si vous étiez avocat chez Elodie). Sinon, on peut en effet en rester là.

            Anton

            4 mai 2015 at 17 h 08 min

          • @ Anton,

            J’ai dû louper le coche et c’est donc ma faute.

            J’exerce effectivement cette profession et n’en fait aucun mystère.

            Pour le reste, la franchise, je crois bien, consiste à exprimer un propos réfléchi auquel on croit, pas à épouser les thèses de son interlocuteurs.

            Si c’est effectivement cela que vous me reprochez, alors je ne suis pas franc.

            tschok

            6 mai 2015 at 13 h 36 min

  4. […] Rendus tout mélancoliques après le naufrage d’un chalutier qui a fait 800 morts au large des côtes de Libye, les dirigeants de l’Union européenne ont donc décidé jeudi de tripler le budget des opérations de surveillance maritime.  […]

  5. Le gros problème vient des complexes humanitaro-bien-pensant des Occidentaux et singulièrement des Européens, ça a donné l’intervention militaire sarkozyenne en Libye et aujourd’hui les réactions suicidaires face aux invasions barbares transméditerranéennes. Les peuples de chez nous étant infoutus de se rebiffer en dépit d’une catastrophe dont chacun voit bien à quel point elle nous pend au nez, nous allons donc encourager tranquillement les navigateurs clandestins à déverser leur cargaison délétère sur les côtes italiennes. Nous avons déjà commencé à mourir depuis au moins quarante ans, ça ne fera que hâter un peu l’échéance.
    Amitiés.

    nouratinbis

    29 avril 2015 at 15 h 24 min

    • Hé ho, on n’est pas pressé non plus!

      Après 40 piges d’agonie, moi j’dis: pourvu que ça dure!

      Bon, sinon votre requiem, vous le voulez comment? Façon oratorio ou plus liturgique, disons?

      (scusez-moi, à chaque fois que je vous lis, j’ai envie d’ouvrir une entreprise de pompes funèbres)

      tschok

      29 avril 2015 at 17 h 25 min

  6. Le drame qui se joue en Méditerranée fait toucher du doigt l’inadaptation des pouvoirs consensuels à y faire face. Les quatre « puissance » navales européennes en Méditerranée doivent prendre le problème à bras le corps avec ou contre Bruxelles, mais devant ! Sinon ça va être la boucherie.

    1. Le blocus oblige à capturer deux ports libyens pour y débarquer les prises dans le sas (cf. http://royalartillerie.blogspot.fr/2015/04/coke-en-cale.html) et l’établissement de camps de triage dans ces ports.
    2. La destruction des navires de pêche libyens en mauvais état sans emploi, résidus du plan Pêche de la Jamaria, doit être systématique et les passeurs éradiqués à chaque rencontre.
    3. La Turquie et d’autres pays douteux doivent être mis en demeure de contrôler leurs douanes qui mangent sur le départ des bateaux de passeurs.
    4. L’Egypte doit se voir octroyer la libre pratique de ses forces en Cyrénaïque pour aller au contact des Freux du califat, les exterminer et recréer un Etat en Cyrénaïque. Oublions la Libye et réduisons l’épure d’intervention. La Tripolitaine sera plus facile à traiter seule.
    D’autres choses peuvent être faites, que la liberté d’expression interdit d’expliquer.

    On peut espérer qu’un sursaut combiné de l’Espagne, France, Italie et Grèce emporte un succès qui rebattra les cartes et reclassera les camps.

    Reste le Développement. L’aide ne sert à pas grand chose. Il faut développer nous-mêmes.
    Commentaire laissé sur Vexilla :

    Il faut mettre le paquet sur l’EMIGRATION. C’est une véritable guerre à la pauvreté qui devrait être déclenchée sur le continent africain, en prenant appui sur les rares Etats gouvernés. L’aide classique au développement n’aboutit pas, le coulage des élites véreuses ET celui des agences de développement ruinent tout effort.
    Cette guerre passe par des investissements colossaux qui doivent être faits par la Banque mondiale pour la partie infrastructures, en même temps qu’on suspendra provisoirement les souverainetés nationales remises entre les mains de l’Union africaine pour sauver la face de chacun.
    Les infrastructures visés sont la grille électrique continentale apportant la force jusqu’au dernier bled ; un réseau ferroviaire interconnecté libéré des intempéries ; des réseaux de pipelines d’irrigation à partir des bassins.
    Les chantiers d’infrastructures fixeront une main d’oeuvre nombreuse et redistribueront des salaires qui permettront d’amorcer de l’artisanat industriel qui grandira à son tour etc…
    On a aujourd’hui un problème d’échelle et de masse critique à résoudre. On bricole alors que ce n’est qu’une question d’argent et de commandement.

    Catoneo

    30 avril 2015 at 17 h 14 min

    • @ Catoneo,

      Il faut être clair: l’établissement d’un blocus, la capture de ports, l’installation par la force de camps de réfugiés en zone de guerre (la Libye est en guerre civile), leur sanctuarisation, la destruction de navires civils, l’élimination physique des passeurs sont des opérations de guerre.

      La guerre coûte cher. Qui la paye?

      Pour être acceptée, elle doit être déclarée: quoi la vote?

      Pour être gagnée, elle doit être conduite avec détermination et en fonction d’une stratégie réaliste: où est la stratégie réaliste?

      Votre volet « développement » est ni plus ni moins qu’une pure entreprise coloniale: la France a rompu avec son passé colonial et vous voulez remettre le couvert?!

      Mais enfin, vous n’aurez pas de consensus en France là-dessus et vous n’en aurez nulle part en Europe, ni dans le reste du monde. C’est pas une question de masse critique, bougre d’andouille. Faut avoir conscience de ce qu’on énonce.

      Quand vous dites: « on suspendra provisoirement les souverainetés nationales remises entre les mains de l’Union africaine pour sauver la face de chacun », vous donnez l’impression qu’il suffit d’appuyer sur un bouton pour faire les choses.

      Ben voyons.

      Suspendre la souveraineté nationale d’un Etat c’est l’envahir militairement: vous avez l’intention de déclarer la guerre à combien d’Etats africains au juste?

      Vous en tenez une couche vous.

      (Anton va encore dire que je fais mon petit numéro parce que je réclame un minimum de sérieux, m’enfin là…)

      tschok

      4 mai 2015 at 13 h 31 min

  7. Je n’ai pas participé à la discussion mais c’était très intéressant de vous lire, les uns et les autres. Je regrette que des invectives aient été parfois lancées -je mettrais cela sur la passion que cette question déchaîne. Car cette histoire de clandestins qui migrent vers l’Europe mérite évidemment d’être débattue.

    La semaine dernière, le New York Times a publié d’excellentes cartes qui permettent de se faire une idée de ce qui se passe en Méditerranée. Par ailleurs, vous avez sans doute vu, ce weekend, que les flux de migrants sont en train de s’accroître de façon spectaculaire: pas moins de 6000 ont été secourus en 24 heures au large des côtes libyennes. Et ça devrait continuer à s’amplifier, puisque l’Union européenne a choisi, pour reprendre l’expression de Tschok, la solution la plus merdoyeuse. Les gars se jettent à l’eau; ils ont l’assurance d’être sauvés. Évidemment, ceux que l’on sauve ne sont pas ramenés en Libye: ils sont déposés en Italie et, ensuite, qu’ils se démerdent comme ils peuvent à l’intérieur de l’espace Schengen. Il sera difficile de transformer Lampedusa en une nouvelle Ellis Island où l’accueil serait organisé: à Ellis Island, les migrants allaient vers un pays neuf qu’il s’agissait de construire, et ils partageaient avec les Américains des racines européennes -alors que les migrants Africains se contrefoutent de l’Europe, vieille civilisation, de son histoire et sa culture. Enfin, j’ajouterai que les peuples européens ne semblent pas disposés à accueillir davantage de migrants: c’est notamment sur cette question, comme le souligne Anton, qu’un véritable fossé se creuse entre les peuples et leurs élites.

    Ne nous leurrons pas: cette immigration massive et illégale ressemble fort à une invasion. De plus, nous ne devons pas oublier qu’elle est encouragée par l’État islamique, comme une arme, pour déstabiliser l’Europe. C’est sans doute pour cela que je persiste à penser, sans être particulièrement un va-t-en-guerre que la seule réponse devrait être militaire. Des fois, ça ne ferait pas de mal à l’Europe de se conduire comme un empire. Les Européens sont intervenus pour éliminer Kadhafi: maintenant, ils doivent assumer et intervenir pour éliminer l’État islamique et stabiliser la Libye. Et ce n’est pas forcément une entreprise coloniale. Aussi, les deux premiers points présentés par Catoneo me semblent pertinents: la solution passe d’abord par un blocus maritime à l’intérieur des eaux territoriales libyennes. Évidemment, pour cela, il faudrait convaincre l’ONU. Et là…

    Noix Vomique

    6 mai 2015 at 11 h 43 min

    • @ Noix Vomique,

      Ce dont vous parlez, c’est la partie II: l’Europe exerce un imperium.

      Mais, il n’y a jamais eu de consensus européen sur ce point précis de la dimension stratégique de la puissance européenne qui, sur le papier, a quelque chose comme la première armée du monde ou peu s’en faut.

      On peut le regretter, d’autant plus que les pays européens sont suffisamment sages et instruits par la richesse de leur longue histoire pour exercer un imperium éclairé qui serait autre chose que l’impérialisme américain, russe ou chinois.

      Mais bon, c’est ainsi.

      Reste les détails: un blocus maritime à l’intérieur des eaux territoriales libyennes est une opération de guerre. Après tout la France peut la mener seule ou en coalition, puisque l’Europe refuse d’être un empire.

      Alors voyons les choses de près: les eaux territoriales sont celles qui, en gros, sont comprises entre le trait de côté et l’horizon proche (12 miles), c’est à dire très exactement la bande maritime où un navire peut être la cible d’une pièce d’artillerie ou d’un missile.

      La menace la plus mortelle est le missile, comme la marine israélienne en a fait l’expérience il y a quelques années au large du Liban.

      Les navires de guerre qui feront respecter le blocus devront donc être équipés pour contrer ces menaces, alors que la Libye est un immense arsenal d’armes en tout genre en vente libre, avec une guerre civile en cours et des milices locales qui ont fait allégeance à Daesh, plus des frontière passoires. Exactement tout ce qu’il faut pour qu’il existe un très sérieux bordel.

      Comptons les navires français équipés en missiles anti missile: sur les moins de 100 navires de combat de la marine nationale, il y en a 4 (2 Horizons, 1 FREMM, 1 porte-avions). Tous les autres seront en slip.

      Par exemple, LE navire de guerre de la marine nationale qui croise en ce moment en Méditerranée est un aviso de classe d’Estienne d’Orves A 69, entré en service en 1984, reclassé en patrouilleur hauturier et dépourvu de défense anti-missile. C’est le Cdt Birot; Un bon navire. Il paraît qu’il bouge quand la mer s’agite, mais à part ça, il marche bien.

      Comprenez moi bien Noix Vomique: que Catoneo ou vous ou un autre soit absolument persuadé que l’action de guerre est appropriée à la situation présente, c’est une chose, qu’on ait véritablement les moyens de ces ambitions guerrières en est une autre.

      Il suffit de rentrer dans le détail de ces grand rêves pour se rendre compte que ça ne tient pas vraiment la route.

      Ici, il faut changer le scénario: blocus au delà de l’horizon. Donc en eaux internationales, c’est-à-dire une zone où s’applique la jurisprudence de la CEDH que vous avez mise en lien dans votre billet. Or figurez vous que c’est ce qu’on fait: c’est l’opération Triton. A peine arrivé sur place, d’ailleurs, l’aviso Birot avait déjà secouru 217 naufragés et interpelé 2 passeurs.

      Et je ne parle même pas de la création et de la sanctuarisation de camps de réfugiés en Libye, qui supposent une action de guerre avec des troupes au sol. Ni même de leur surveillance, dont le HCR ne pourra pas se charger dès qu’ils commenceront à ressembler à des prisions.

      Tout ce que vous me dites, je le comprends fort bien (même si je ne partage pas vraiment vos opinions) mais toutes les options dont vous parlez relèvent de la guerre et je pense que vous ne saisissez pas totalement les implications.

      La vouloir est une chose, la pouvoir en est une autre. Je pense que les volontés fléchiront à l’arrivée des premiers cercueils. Les mères, les épouses, les sœurs vous demanderont alors à quoi rime cette guerre sans ennemi et sans victoire et qui ne poursuit qu’un seul objectif, qui relève de la police et de la douane: pas d’immigrés en France.

      tschok

      6 mai 2015 at 13 h 29 min

    • tschok a déjà beaucoup (et bien) argumenté contre une vision uniquement militaire de cette immigration de masse à laquelle l’Europe est confrontée.
      D’ailleurs, si le problème n’était que militaire, nul besoin d’avoir l’aval de l’ONU pour agir, le droit à l’auto-défense est reconnu pour les états membres.

      Vous soulignez avec raison que cette immigration est illégale.

      Si vous ôtez de l’équation le volet militaire, une seule solution s’impose : la légaliser.

      Mais selon les termes et les conditions fixés par l’Europe.
      Laquelle Europe n’existe pas, du moins pas au point de se saisir d’un tel problème
      Jusqu’à présent, elle se borne à laisser l’Italie se démerder, et basta.

      Nous sommes très très loin de ce qui doit être fait pour ne serait-ce qu’envisager un désamorçage de la bombe qui va nous péter au visage.

      waa

      6 mai 2015 at 14 h 30 min

      • Oui, nous sommes très loin d’envisager la moindre solution.

        Pour l’instant, nous en sommes à une expérience Milgram, façon I Comme Icare.

        Dans le film I Comme Icare, Yves Montand, jouant le rôle d’un procureur qui enquête sur l’assassinat par les services secrets d’un élu du peuple, un président, assiste à une expérience psycho-sociale. Et il ne se révolte qu’à un certain niveau de voltage. Il est confronté au problème du degré et du principe: assistant à une séance de torture, il refuse de rester spectateur à x volts. Et lorsqu’il se rebelle enfin, l’architecte de cette expérience lui fait remarquer que c’est dans le principe que c’est dégueulasse, pas dans le degré.

        Les réfugiés, il y a longtemps qu’on les laisse se noyer, à vrai dire. Donc, dans le principe, on l’a accepté. C’est le niveau de voltage qui nous a ému: des naufrages à 800 morts, c’est de trop. Mais il y en a eu plein à moins.

        Le point intéressant, est représenté par ceux qui en veulent plus:ceux qui sont capables d’aller au-delà de la dose limite (plus de 800 morts, voire autant qu’il faut).

        Ils sont dans la blogroll de vos blogs. Ils sont dans votre blogroll, Noix Vomique. Et dans les coms.

        Or, il n’y a pas de limite: on peut accepter le naufrage d’énormément de gens, c’est une affaire de circonstances. Les naufrages les plus meurtriers ont d’ailleurs eu lieu en période de guerre: le naufrage du Titanic est un petit naufrage par comparaison (un multiple de l’ordre de 5).

        Donc, nous sommes capables d’aller au-delà de la limite que notre morale nous impose.

        Comment?

        C’est assez simple dans le fond (si je puis dire): il suffit d’activer nos gènes cruels.

        Tenez, Noix Vomique, lorsque vous dites: « Les gars se jettent à l’eau; ils ont l’assurance d’être sauvés. »

        Si vous en êtes aussi sûr que cela, jetez vous à l’eau ou jetez à l’eau vos propres enfants. Perso, je le ferais pas et pourtant je suis bon nageur et mes gosses aussi. Vu les pertes que les migrants endurent dans un naufrage, j’estime mes chances de survie à… 10% max. Et la Méditerranée n’est pas une mer commode, contrairement à ce qu’on croit (les marins le disent et je leur fait confiance).

        Projeter sur un autre, en péril, des chances de survie qui sont très nettement supérieures à ses chances réelles, est une façon politiquement correcte d’activer nos gènes cruels: après tout, il n’a qu’à nager et qu’il se démerde, le migrant.

        Voilà un point d’entrée dans notre psyché qui mérite quelque attention, non pas pour battre notre coulpe une fois de plus, mais pour bien comprendre le défi qui nous est lancé: ces femmes, ces hommes, ces enfants qui endurent un risque auquel peu d’entre nous accepteraient d’être confrontés ont un instinct vital que nos envies de tranquillité ne peuvent dissuader.

        Donc, il va falloir être autre chose que ce que nous sommes si nous voulons vraiment les arrêter. En fait, pour tout vous dire, je crois qu’il va falloir accepter de les tuer tous, jusqu’au dernier.

        Si on laisse un survivant, il nous fera un procès. Je vous rappelle que la France a payé 60 millions d’euros à une association juive qui s’opposait à la SNCF aux Etats-Unis: faute d’avoir réglé la note, la SNCF ne pouvait concourir à des appels d’offres publics sur les TGV californiens.

        C’est plus qu’une guerre: c’est une extermination.

        Qui est partant?

        tschok

        6 mai 2015 at 16 h 02 min

        • Allons, Tschok, loin de moi l’idée de vouloir activer nos gènes cruels! Ni les miens, ni les vôtres d’ailleurs.

          Je disais juste que pour empêcher les migrants de se noyer, il fallait les empêcher de partir. Or, il n’y a pas beaucoup de façons de les empêcher d’embarquer à bord de ces rafiots pourris -et quand je dis qu’ils se jettent à l’eau, c’était une image, hein. Après, vous avez raison de souligner que nous n’avons peut-être pas les moyens d’intervenir. Enfin, et je conclurais là-dessus, je regrette en effet, comme vous, que l’Europe, riche de son histoire et de sa sagesse, soit aussi timorée et n’exerce pas un imperium éclairé. Mais ça, c’est une autre question.

          Noix Vomique

          6 mai 2015 at 17 h 19 min

          • A ce sujet là, un petit trait d’humour de JC Juncker, rapporté par Ph Chapleau sur son blog « Lignes de défense »:

            « Ce jeudi matin, au cours d’un débat organisé par la radio allemande WDR à Bruxelles, le président de la commission européenne a déclaré: « Une horde de poules est une formation de combat rapproché comparée à la politique étrangère et de sécurité de l’UE ». »

            (Si c’est avec cet outil militaire et diplomatique que Catoneo envisage de faire du nation building en Afrique, j’veux bien mais je trouve ça vachement gonflé)

            tschok

            7 mai 2015 at 15 h 08 min

  8. Noix Vomique, pardonnez mon manque d’urbanité, et pardonnez-moi, pour finir, d’insister sur ce que j’entends par la trahison de nos dirigeants et de nos élites; qui fait que toute discussion portant sur des options politiques, militaires, diplomatiques, humanitaires, que sais-je… ne peut avoir d’objet que si l’on part du postulat que notre invasion est voulue, programmée, organisée, etc.
    Les huit-cents morts, c’est juste la grosse tache d’huile sur la couverture des journaux et des JT, pour les types qui sont entrain de créer, aujourd’hui et avec l’assentiment de toute une galerie de belles âmes, de parfumés et d’hypocrites, les conditions d’un chaos inter-ethnique et religieux dans une grande partie du continent européen.

    Je vous livre ici, un commentaire que j’ai laissé il y a peu chez un autre blogueur:

    Dans le rapport de la division des Nations Unies sur les populations (en date du 21 mars 2000), est clairement exprimée la notion de « Migrations de Remplacement » (voir info-lettre de l’INED).
    http://www.ined.fr/fichier/s_rubrique/18804/pop_et_soc_francais_358.fr.pdf

    Peter Sutherland (conseiller du Secrétaire Général des Nations Unies en matière de migrations, mais également ancien Président de Shell, administrateur du Forum de Davos, vice-président de Goldman-Sachs) déclarait en 2012 à la Chambre des Lords: « Il faut détruire l’unité interne des nations européennes (to undermine national homogeneity of european nations) afin de les ouvrir à l’immigration de masse, changer la structure de leur population et générer ainsi plus de croissance économique »
    http://www.bbc.com/news/uk-politics-18519395

    Malika Sorel a assisté (en tant que membre du Haut Conseil à l’intégration) à des réunions interministérielles nord/sud sur le thème des migrations et rend parfaitement compte de la complicité de nos dirigeants dans cette histoire.
    http://www.malikasorel.fr/archive/2009/12/14/pour-eux-nous-n-existons-plus.html

    Anton

    6 mai 2015 at 21 h 55 min

    • Anton,

      C’est vachement exclusif comme vision: hors du complot, point de salut.

      S’agissant de cette vieille idée selon laquelle l’Europe en général et la France en particulier pourraient être submergées par des vagues de migrants qui en changeraient sa nature profonde et unique, il y a en gros trois courants qu’on voit d’ailleurs dans la littérature récente:

      – Un courant qui relie les migrations à un complot, illustrée en France par Le Grand remplacement de Renaud Camus,
      – Un courant qui relie les migrations aux dérèglements du monde, sans recourir à un complot, illustrée en France par le roman de Jean Raspail, que waa citait plus haut,
      – Un courant qui place l’analyse des causes des migrations en retrait, mais regarde plutôt ses conséquences sur le corps social et politique, soit de façon traumatisée comme Zemmour et son Suicide Français, soit de façon plutôt ironique et distanciée, comme Houellebecq et son roman Soumission.

      Ces trois courants littéraires envisagent tous, en termes différents, une transformation radicale de la civilisation européenne ou au moins de la société française.

      La religion est au centre du thème de la transformation radicale.

      Celse, philosophe romain du IIième siècle, connu pour être l’auteur du Discours Véritable, écrivait ainsi:

      « Il est une race nouvelle d’hommes nés d’hier, sans patrie ni traditions, ligués contre toutes les institutions religieuses et civiles, poursuivis par la justice, universellement notés d’infamie, mais se faisant gloire de l’exécration commune : ce sont les chrétiens […] »

      Il suffit, pour que cette phrase antique conserve son actualité, de changer le dernier mot: hier on y mettait le mot « juifs », aujourd’hui le mot « musulmans » ou Roms ». Et demain, à qui le tour?

      A vrai dire on peut mettre ce qu’on veut, alors ne vous faites pas un ulcère avec votre théorie du complot, parce que toutes ces conneries, c’est vieux comme le monde. La roue tourne, c’est tout.

      Oui, il y a une mauvaise nouvelle dans l’affaire: quelque chose dans votre identité va changer. Pas tout de suite, pas totalement, cela se fait par touches successives, des petits coups de pinceau habiles qui déposent sur la toile une nouvelle tache de couleur, en changeant imperceptiblement l’image. Mais vous-même, en l’état où vous vous trouvez actuellement, vous êtes le produit d’une identité qui n’est plus ce qu’elle a été auparavant.

      Croyez-vous vraiment que vous êtes en tous points semblable à un Gaulois du temps de Brennus ou à un Franc du temps de Clovis?

      Alors, pourquoi en faire un drame? Voulez-vous m’expliquer ce qu’il y a de si horrible que cela à changer?

      tschok

      7 mai 2015 at 16 h 51 min

    • Question de goût, tschok. Je préfère les pays et les peuples européens et chrétiens aux autres pays, peuples, et religions sur terre. Je préfère leurs villes, leur culture, leurs paysages, leur gastronomie, leurs femmes, leurs libertés, etc. Je ne vois aucune raison de changer ça pour autre chose. Mon baril de lessive me convient, je vais pas aller en chercher un autre ailleurs.

      Et vous, c’est quoi le drame? pourquoi vous voulez tout chambouler? Qu’est qui ne va pas, qu’est-ce qui ne vous plait pas en vous ou dans votre peuple (vous êtes européen, chrétien?).
      Quand on veut changer, c’est qu’on n’estime qu’il y a quelque chose qui ne fonctionne plus en nous. Qu’est que vous leur reprochez exactement aux peuples européens?

      Anton

      8 mai 2015 at 7 h 03 min

      • Réponse en trois temps:

        – Je vous parle changement (évolution, progrès, histoire, etc) et vous me répondez « préférence ». Je n’ai rien à dire de particulier sur cette construction intellectuelle, sauf qu’elle confond le changement et la préférence, ce qui revient donc à se placer sur le terrain du goût personnel, assez limitant en réalité.

        – Je ne veux pas tout chambouler, je constate simplement que le changement fait partie de la vie, donc qu’il n’est pas un mal en soi. Je pourrais vous donner mon groupe sanguin, mais tenons nous en à l’essentiel: je suis européen et de culture chrétienne (athée) et j’ai beaucoup de sympathie pour mon peuple, les Français Vous me pardonnerez d’être moins lyrique que Michelet, question de retenue.

        – Ce n’est pas une question de reproche: personne ne va être puni dans l’affaire. Les européens sont des gens adorables et d’ailleurs, j’en fait partie.

        tschok

        13 mai 2015 at 14 h 40 min

        • Si ce que vous entendez par « évolution, progrès » consiste à me faire bouffer de la merde en me faisant croire que c’est des ortolans (fmk cp), j’aurais quand même tendance à penser qu’on me prend pour une buse, ou qu’on m’en veut quelque part un petit peu.
          Surtout venant de la part de types qui conviennent qu’il y a bien là un changement de programme à la cantine, et s’offusquent néanmoins qu’on ne partage pas leur enthousiasme culinaire ou que l’on constate, à notre tour, le remplacement du menu.

          Enfin, je n’ai rien contre le changement puisque je souhaite un changement radical de notre politique migratoire. Un simple référendum sur cette question vous montrerait que ce vous présentez comme une affaire de « goût personnel » est en réalité un choix (politique=choix) beaucoup plus partagé.
          J’ai connu du temps de ma vie festive, des « petits blancs fatigués de vivre et mal dans leur peau » qui étaient persuadés d’être cools et dans le sens de l’histoire parce qu’ils avaient des copains noirs, arabes, inuits, patagons à pieds plats.

          Anton

          13 mai 2015 at 15 h 23 min

          • Sur le référendum, vous en êtes sûr? Je veux dire, sûr du résultat?

            Si vous regardez les choses en détail vous verrez que le CESEDA (le code des étrangers) est un ensemble de lois votées par le parlement et de décrets pris par des gouvernements élus.

            Je veux bien que le peuple, sur un coup de tête, désapprouve tout ce qu’ont pu faire ses vilaines zélites, qui confisquent le pouvoir pour le détourner à leur profit, mais n’empêche que tout ce qui existe au jour d’aujourd’hui en matière d’immigration, nous l’avons légalement voulu.

            Un référendum consisterait donc à demander aux Français de changer d’avis, pas d’imposer leur volonté contre celle de leurs élus. En matière d’immigration, les élus font ce que le peuple veut, ils sont même plus répressifs, par pure démagogie (la fermeture des frontières se vend mieux que l’ouverture: en politique, on dit que les verrous se vendent mieux que les portes).

            Bien sûr on peut aller encore au-delà et interdire purement et simplement toute immigration, mais un pays comme la France le supporterait combien de temps?

            tschok

            13 mai 2015 at 16 h 16 min

        • « En matière d’immigration, les élus font ce que le peuple veut ».
          Ah ouais, quand même… Et donc c’est bien entendu la raison pour laquelle ils ne le consultent jamais directement sur cette question précise…
          Pour que les français puissent changer d’avis par référendum faut-il encore qu’ils soient directement consultés. D’ailleurs, quand les instituts de sondage le font, les français ont très largement tendance à signifier qu’ils commencent à en avoir plein le cul de se faire envahir par l’Afrique et par l’islam.
          Vous en êtes conscient de ça ou bien vous fumez de la très lourde?

          Et je sais bien qu’ils font tout ça de manière légale. L’Etat peut vous faire tout un paquet de saloperies de manière tout à fait légale, comme se saisir d’une partie de votre épargne, vous racketter, vous mettre sur écoute. Si l’on suit votre logique, le régime national socialiste a été élu par le peuple allemand donc tout ce qu’il a fait serait parfaitement légal (ça c’est juste pour vous montrer que moi aussi, je peux raconter de la merde et me foutre un peu de la gueule des gens)..

          Anton

          13 mai 2015 at 20 h 42 min

          • Essayez juste de comprendre que lorsque je développe une opinion différente de la vôtre je ne me fous pas de votre gueule, ce serait bien, vous savez?

            Sinon, des Français expriment ce que vous dites (en avoir plein le cul de se faire envahir par l’Afrique et par l’islam) et il faudrait être aveugle pour ne pas le voir. Il suffit de fréquenter les blogs réacs pour constater une nette hostilité aux étrangers noirs et arabes et surtout à l’islam, ou tout simplement d’écouter un type comme Zemmour. Mais le « très largement » que vous employez dans votre phrase, en vous référant aux sondages, ne fait pas nécessairement une majorité à un référendum.

            C’est ce que j’essaye de vous expliquer, laborieusement.

            L’immigration est un sujet à la fois passionnel et qui ne fait pas consensus. Par conséquent, il est en réalité assez difficile de dégager une majorité sur un programme précis. Et je vous rappelle qu’un référendum est une réponse positive ou négative à une question courte, très spécifique.

            Chacun peut avoir l’impression qu’il synthétise la volonté du peuple et croire que les autres vont voter comme lui. Mais, même chez les réacs il y a de profondes divergences: certains sont ouvertement racistes, xénophobes, antisémites ou islamophobes et d’autres non. C’est compliqué.

            D’une façon générale, les Français sont assez schizophrènes sur les questions touchant à l’immigration et la France a des rapports complexes à son immigration: elle est capable d’élire comme président un fils de hongrois marié à une italienne et tenant des discours hostiles aux émigrés, rédigés par un intello d’extrême droite, puis de virer ce président pour, quelques années plus tard, voter massivement FN.

            Allez y comprendre quelque chose.

            Cette versatilité de l’opinion pose d’ailleurs problème par rapport à l’institution du référendum: normalement, ce type de vote est une prise d’acte de la volonté du peuple, à l’échelle historique, et sur un sujet à propos duquel la réflexion a muri. C’est, plus qu’en d’autres occasions, la sagesse du peuple législateur qui est convoquée aux urnes.

            Or, sur l’immigration, la pensée n’a pas muri, on est dans la réaction épidermique tenant lieu de pensée. Il manque de la constance.

            tschok

            18 mai 2015 at 12 h 59 min

  9. […] quelques semaines, comme si les clandestins qui débarquent dans le sud de l’Italie étaient trop noirs pour faire figure de réfugiés syriens, les médias ont déplacé leur […]

  10. […] au risque d’être envahie, sans comprendre que les flux migratoires sont également une arme qui menace de la déstabiliser. Mais que l’on rassure Nigel Farage. Les djihadistes n’ont pas attendu cette crise […]


Les commentaires sont fermés.

%d blogueurs aiment cette page :