Noix Vomique

Réforme du collège: naufrage pour tous ?

Qu'attendre d'un gouvernement qui s'adresse aux citoyens comme s'ils étaient complètement débiles?

Qu’attendre d’un gouvernement qui s’adresse aux citoyens comme s’ils étaient complètement débiles?

En se précipitant pour publier le décret et l’arrêté sur la réforme du collège, le gouvernement a donc décidé de faire un gigantesque bras d’honneur aux enseignants qui venaient de manifester. À moins que ce ne soit un début de panique, car la réforme du collège soulevait une contestation de plus en plus véhémente. La polémique s’était fixée sur la suppression des options latin et grec, la disparition des classes bilangues ou encore le caractère optionnel de certains chapitres d’histoire, comme la Chrétienté au Moyen-Âge ou le Siècle des Lumières. La ministre de l’Éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, avait tenté de balayer les critiques d’un revers de la main, en qualifiant les opposants de «pseudo-intellectuels». Les petits carriéristes qui soutiennent la réforme cherchèrent ensuite à transformer le débat en bataille idéologique qui aurait opposé le camp du progrès à celui de la réaction. Les syndicats d’enseignants, qui ont manifesté ce 19 mai et qui sont majoritairement à gauche, ont certainement apprécié d’être assimilé à des réacs -mais ne l’avaient-ils pas cherché en s’opposant à la réforme aux côtés d’un Nicolas Sarkozy? Et d’ailleurs, à l’UMP, ne sont-ils pas un peu couillons? Qu’ont-ils fait, eux-mêmes, lorsqu’ils étaient au pouvoir? Ils réclament depuis des années la fin du collège unique et davantage d’autonomie pour les établissements scolaires, et, alors que la réforme prévue par le gouvernement va dans ce sens, ils trouvent aujourd’hui le moyen de moufter? Le diable lui-même y perdrait son latin.

Très vite, les programmes d’histoire furent le prétexte pour jouer la querelle des Anciens et des Modernes: pour un peu, il aurait fallu prendre parti entre Dimitri Casali  et Laurence De Cock. Le premier prône un retour à l’enseignement du «roman national» -il tente vainement d’imiter le style d’Ernest Lavisse, sans avoir peur d’être grotesque, lorsqu’il prolonge jusqu’à nos jours le petit Lavisse, ce manuel de l’école de la Troisième République; la seconde, qui défend l’idée d’une histoire scolaire «ouverte à l’altérité», «décloisonnée et indisciplinée», soutient la réforme -le contraire eût été surprenant puisqu’elle fait partie des experts consultés par le Conseil supérieur des programme. Personnellement, je n’ai pas envie de choisir entre les certitudes de ces deux collègues. Certes, la polémique sur les programmes aurait pu rappeler cette controverse qui opposa Edmund Burke à Thomas Paine -Burke regrettait que les révolutionnaires français aient fait table rase du passé. Mais non. Le talent n’est pas au rendez-vous -sans doute la faute à l’Éducation nationale- et nous n’avons qu’un débat bidon, comme un contre-feu allumé en toute hâte. En réalité, les enjeux de la réforme se situent ailleurs.

J’avoue ne pas comprendre ceux qui, soudainement, s’inquiètent d’une éventuelle baisse du niveau des élèves: la réforme du collège s’inscrit en effet dans la continuation d’une politique qui, depuis une quarantaine d’années, a lentement déconstruit les savoirs. Que l’enseignement du français ou de l’histoire soit sacrifié, ce n’est pas une nouveauté. D’ailleurs, cette fois-ci, le contenu des programmes change peu [1]. Nous pouvons regretter, évidemment, que la chrétienté médiévale, l’humanisme ou encore les Lumières soient devenus des thèmes optionnels. Nous pouvons regretter, encore, comme le dit Pierre Nora, que les programmes d’histoire soient «l’expression d’une France fatiguée d’elle-même». Mais nous nous consolerons en songeant que la réforme laisse encore beaucoup de liberté aux professeurs. Cette liberté a toujours existé: en classe, dans le cadre fixé par le programme, je fais finalement ce que je veux. Qu’est-ce qui m’empêche, en 5ème, de parler à mes élèves de Philippe Auguste, de Saint Louis et de Jeanne d’Arc, de façon à ce qu’ils comprennent ce que représentent ces personnages, ou encore d’insister sur ce Temps des cathédrales cher à Georges Duby? Je ne vais pas me gêner! Et, contrairement à ce que semble craindre Michel Lussault, qui préside le Conseil supérieur des programmes, il n’est pas question de transformer l’histoire en une sorte de «roman national» quasi-mythologique: il s’agit de produire en classe un récit national, soucieux d’exactitude historique, où l’on peut aborder la colonisation et les traites négrières sans tomber dans la repentance, et qui permette finalement aux élèves de comprendre cette nation à laquelle ils appartiennent. N’est-il pas légitime, en effet, que les jeunes connaissent l’histoire du pays où ils vivent? Bien sûr, on ne niera pas que l’histoire doit être ouverte sur le monde: par exemple, loin d’être une nouveauté en 5ème, l’enseignement sur les débuts de l’islam est l’occasion de montrer la véritable nature de cette religion, lorsque Mahomet, en 630, s’empara de La Mecque par la force puis détruisit les idoles de la Kaaba. Les élèves pourront ainsi faire le lien avec notre époque, lorsque les djihadistes de l’État islamique anéantissent les vestiges archéologiques de Mossoul, ou peut-être lorsqu’ils déboulent au milieu des ruines de Palmyre en gueulant «rien à branler des cultures antiques, foutez-moi ça en l’air» -et oui, il existe des gens, comme ça, qui n’aiment pas ceux qui les ont précédés.

Mais cessons de discutailler sur les programmes: le vice le plus néfaste de la réforme du collège est ailleurs. Horrifiés à l’idée que certains élèves puissent mieux réussir que d’autres, Najat Vallaud Belkacem et les idéologues du Conseil supérieur des programmes ont donc décidé de s’attaquer à cette injustice en coupant les têtes qui dépassaient. Au nom de l’égalité, il s’agit d’adapter l’ensemble du collège aux élèves qui, selon la ministre, «s’ennuient». Puisque les élèves sont incapables de rester concentrés, on leur proposera des «enseignements pratiques interdisciplinaires» (EPI) pour qu’ils travaillent différemment, sur des thèmes tarte-à-la-crème définis par le ministère. Et là, il faut résister à la déprime. Pendant une dizaine d’années, dans les lycées agricoles successifs où j’ai exercé, j’ai pratiqué l’enseignement pluridisciplinaire: nous étions plusieurs professeurs à travailler avec les élèves sur des projets communs. Par rapport au temps investi, les résultats étaient souvent décevants: les bons élèves s’impliquaient volontiers et arrivaient à s’approprier quelques vagues notions; les autres, qui n’avaient pas acquis les bases suffisantes dans les différentes disciplines, glandouillaient et ne tiraient rien de ces activités. Aussi, en 1994, René Rémond rédigea un rapport sur l’enseignement agricole [2] où il concluait que «les pratiques pluridisciplinaires ne sauraient masquer la médiocrité disciplinaire». Or, la réforme du collège prévoit de systématiser des enseignements interdisciplinaires qui seront mis en place au détriment des disciplines traditionnelles. En histoire-géographie, les élèves devront travailler des compétences telles que «s’informer dans le monde du numérique» ou «coopérer et mutualiser», qui ne sont évidemment pas spécifiques à l’histoire ou à la géographie: les connaissances passent au second plan. C’est la logique perverse des compétences: les élèves doivent être de bons exécutants -peu importe qu’ils soient ignares. Chaque établissement sera chargé d’organiser ses EPI, et il est probable que le principal aura le dernier mot au moment de répartir les heures et de choisir les thèmes et les matières. Cela signifie qu’il y aura de grandes disparités d’un établissement à l’autre: selon les moyens et le bon vouloir des chefs d’établissement, les EPI seront plus ou moins fauchés. Toujours est-il que les enseignements disciplinaires vont dérouiller au nom d’un égalitarisme niveleur. De la même façon, les options de latin et grec, jugées élitistes, seront supprimées. Elles connaissaient pourtant un succès grandissant, notamment dans les établissements de ZEP où l’inspection générale avait souligné qu’elles permettaient de «donner plus à des élèves qui sont de bonne volonté et ont le désir d’apprendre et de réussir». Mes parents étaient ouvriers et ils m’ont encouragé à faire du latin, pour me donner le goût de me cultiver -c’était la fin des années soixante-dix, j’étais élève au collège Jules Ferry de Conflans et, dans un souci d’imiter les punks, nous rêvions de bousiller notre collège, nous griffonnions sur les tables de classe des «Destroy Jules Ferry» qui se voulaient furibards; quarante ans plus tard, en rompant avec la culture du mérite et en refusant aux meilleurs élèves le droit d’être les meilleurs, Najat Vallaud-Belkacem et Michel Lussault réalisent hélas ce souhait: leur réforme signe la mise à mort de l’école républicaine, les élèves issus des milieux les plus modestes seront désormais condamnés à la médiocrité et les inégalités vont immanquablement se creuser. L‘hommage que François Hollande avait rendu à Jules Ferry au lendemain de son élection était bel et bien un enterrement de première classe.

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[1] Cette fois, nous avons évité le pire. Annie Genevard, membre du Conseil supérieur des programmes, raconte dans Le Figaro, que nous avons échappé, entre autres délires idéologiques, à un thème mettant sur le même plan les invasions barbares, la colonisation et l’immigration «pour accréditer l’idée que tous les Français seraient le produit de ces mouvements migratoires».

[2] René Rémond, Commission d’évaluation de la rénovation pédagogique de l’enseignement agricole public et privé ; Rapport à Monsieur le Ministre de l’agriculture et de la pêche, 1994. – 79 p.

Written by Noix Vomique

22 mai 2015 à 21 h 42 min

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25 Réponses

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  1. Un vendredi soir après minuit, ce qui nous fait un samedi matin de bonne heure, j’ai la flemme de tout lire. (hips) mais, il me semble qu’un phase de concertation avec les profs va commencer. Il n’empêche que ce billet me semble un beau procès d’intention. On a un collège qui ne fonctionne plus (je le vois à mes collègues incapables de faire un mail avec moins de faute qu’un commentateur de gauche à un billet de blog avec trois grammes) et il ne faudrait pas bouger.

    Nicolas

    23 mai 2015 at 0 h 22 min

    • Mais pourquoi un procès d’intention ? On n’en est plus au stade des « intentions », il me semble !

      didiergoux

      23 mai 2015 at 10 h 17 min

      • Ben si, la phrase de concertation avec les enseignants n’a pas encore commencé.

        Nicolas

        23 mai 2015 at 10 h 30 min

        • Rien de tel pour bien commencer une phase de concertation que de publier d’abord le décret de la réforme sur laquelle on est censé se concerter ; tout cela est d’une logique imparable, et en dit long sur la considération que l’on a pour ces malheureux « profs » ! Quand on songe que ce sont les mêmes qui ont voté en masse pour ce gouvernement il y a trois ans, il y a vraiment de quoi rigoler…

          Emmanuel F.

          23 mai 2015 at 11 h 56 min

          • Visiblement certains ont perdu toute logique et toute cohérence dans la défense de leurs « champions » (et « campionnes »…)…

            Comment peut on encore défendre le principe qui veut qu’on consulte après avoir publié un décret ?

            Je ne parle même pas du fond de la réforme, mais uniquement de sa forme.

            Et ce sont les mêmes qui parlent à longueur de temps de « démocratie participative ».

            Skandal

            25 mai 2015 at 11 h 59 min

    • Le collège ne fonctionne pas parce que le primaire est déficient:quand on arrive en 6è sans savoir lire ni calculer ni parler un français compréhensible,ce ne sont pas des « enseignements interdisciplinaires » qui vont réparer les dégâts.Il faut:
      *repérer ces gamins.
      *leur faire des classes spéciales avec effectif limité à 10.
      *donner du pouvoir disciplinaire à leurs profs.
      *recourir à des méthodes d’apprentissage ayant fait leurs preuves et confirmées par les neuro-sciences(apprentissage syllabique,exercice de la mémoire).
      Cela signifie un examen à l’entrée en 6è.
      Même la « droite » n’est pas foutue de faire.
      CPEF.

      rocardo

      23 mai 2015 at 10 h 38 min

      • @rocardo: « Le collège ne fonctionne pas parce que le primaire est déficient »
        Il serait bon avant de refaire l’école, que vous précisiez votre hypothèse sur les savoirs en calcul, écriture et lecture des élèves sortant de primaire : Combien, où, qui, pourquoi…

        Si votre hypothèse est faible (10% en effectif ou en lieu…., « il existe des enfants » plutôt que « tous les enfants ») alors, votre solution est purement de la diversion. Pire, vous soutenez en définitive la réforme puisqu’elle ne pourrait pas aggraver les choses… et « qu’il faut faire quelque chose ! ».

        amike

        23 mai 2015 at 11 h 54 min

    • Nicolas, un procès d’intention, vraiment? Vous ne croyez pas que les djihadistes de l’État Islamique ont l’intention de détruire les ruines de Palmyre?😉

      Plus sérieusement. Évidemment que le collège ne fonctionne plus. Mais le gouvernement retire justement ce qui fonctionnait -les options latin et grec- pour les remplacer par des trucs qui ne marchent pas -les enseignements interdisciplinaires. Je l’ai moi-même expérimenté: si les élèves n’ont pas de bonnes bases disciplinaires, la pluridisciplinarité ne sert à rien. Par ailleurs, il faut savoir que les établissements innovants qui ont inspiré la réforme du collège n’obtiennent pas de meilleurs résultats que les autres!

      Il faut bien sûr faire quelque chose: d’abord, virer tous ces idéologues qui se prennent pour des pédagogues et qui encombrent le ministère de l’Éducation; ensuite, revenir sur ce qui a été fait ces dernières années, comme lorsqu’on a placé les compétences au centre des programmes -car, qu’on le veuille ou non, un élève ne peut pas développer des compétences s’il n’a pas préalablement acquis des connaissances…

      Quant à la consultation pour recueillir l’avis des profs, elle a été lancée le 11 mai dernier et devait durer jusqu’au 12 juin. Mais à quoi bon, maintenant que le décret et l’arrêté ont été publiés?

      Noix Vomique

      23 mai 2015 at 17 h 39 min

      • Bonjour Noix Vomique,

        Je n’ai pas compris grand chose à cette réforme, mais j’ai cru saisir qu’elle se divise en deux volets:

        – Un volet, non négociable, qui porte sur l’organisation des enseignements au collège: le décret et l’arrêté qui ont été publiés portent sur ce volet spécifique, qui a donné lieu à une concertation minimaliste, d’après ce que j’ai compris, toute entière contenue dans la consultation d’un machin qui s’appelle le CSE, et qui a rendu un avis favorable.

        Concernant ce volet, la messe est dite: c’est une réforme top to bottom et il n’y a rien à discuter. La tutelle a pris sa décision, si on est contre la seule façon de s’y opposer est l’affrontement. Avis aux amateurs.

        – Un volet négociable qui porte sur le contenu des programmes dans un cadre élaboré par cet autre bidule qui s’appelle le CSP. Là, oui, le ministère a lancé un processus de concertation avec les profs, les associations, etc, avec une date limite au 12 juin.

        J’ignore si cette façon de saucissonner la réforme relève de Machiavel ou de la gouvernance normale du bordel ambiant de l’éducation nationale (quand on doit gérer une usine à gaz, on est obligé de construire des usines à gaz).

        tschok

        26 mai 2015 at 12 h 33 min

        • Tschok, vous avez bien saisi le truc. Les profs sont consultés jusqu’au 12 juin sur les programmes. Or, comme je le disais, ce ne sont pas les programmes qui posent problème. Le gouvernement a voulu accélérer en publiant la semaine dernière les aspects les plus funestes et les plus débattus de la réforme -la suppression des options latin et grec et la mise en place des EPI. Cette façon de saucissonner la réforme relève bien sûr de l’enfumage: le gouvernement a été très fort pour détourner l’attention vers le contenu des programmes ou pour faire croire que la polémique se réduisait aux divergences habituelles entre la droite et la gauche. Je peux vous dire qu’en salle des profs, mes collègues qui sont à gauche sont furieux.

          Noix Vomique

          27 mai 2015 at 15 h 53 min

  2. […] En se précipitant pour publier le décret et l’arrêté sur la réforme du collège, le gouvernement a donc décidé de faire un gigantesque bras d'honneur aux enseignants qui venaient de manifester…  […]

  3. Franchement, être prof aujourd’hui, si l’on a de la conscience professionnelle et un peu de bon sens, c’est à peu près comme être membre de l’orchestre qui joue pendant que le Titanic s’enfonce dans les eaux.
    Je plains sincèrement les profs qui n’ont jamais voté à gauche et qui assistent impuissants, et la rage au coeur, au saccage de l’enseignement, à tous les niveaux.
    Les autres en revanche n’ont que ce qu’ils méritent.

    Aristide

    24 mai 2015 at 15 h 53 min

    • C’est pour cela qu’il y a de moins en moins de monde voulant être prof et certains obtiennent leur diplôme/formation avec largement moins de la moyenne aux concours…

      Des élèves mal instruits ne peuvent faire que de mauvais profs.

      Skandal

      25 mai 2015 at 12 h 03 min

    • C’est exactement cela, Aristide: l’orchestre qui joue pendant que le Titanic s’enfonce dans les eaux…

      Noix Vomique

      27 mai 2015 at 15 h 34 min

    • J’aime beaucoup votre répartition gauche/droite entre les profs qui méritent votre compassion et les autres.

      C’est vrai que vous avez une mentalité de nazi, comme le remarquait Buck Danny (sur votre blog, et sous un article où vous expliquiez de quelle façon il faut traiter l’immigration: la rejeter à la mer, non sans avoir puni tous ceux qui peuvent lui prêter secours).

      Ce qui m’intéresse, c’est comment vous arrivez à mixer cette façon nazie de voir les choses avec votre foi chrétienne. Je n’ai pas souvenir que Jésus se soit livré à de pareilles distinctions. Mais, il est vrai, j’ai lu assez superficiellement les Évangiles.

      je réclame vos lumières, mein Herr; Théologiquement parlant s’entend, puisque qu’il parait que vous êtes une pointure.

      tschok

      28 mai 2015 at 17 h 20 min

      • Tschok, je ne crois pas que ce commentaire soit très utile. Comme je ne crois pas qu’Aristide soit un nazi. Ou alors, le nazisme n’est plus ce qu’il était.

        Noix Vomique

        28 mai 2015 at 22 h 44 min

        • L’accusation que je forme contre lui a peu d’intérêt (qui, sérieusement se préoccupe de savoir si Aristide a une mentalité de SS?). C’est le constat qu’elle contient qui en a un: comment un type qui affiche sur son blog une foi chrétienne rigoureuse peut-il prétendre la rendre compatible avec un discours anti immigrés qui encourage à rejeter à la mer des chrétiens victimes de persécutions?

          Persécutions venant de surcroît de musulmans.

          Au-delà, je m’interroge sur la légitimité d’un type qui n’a manifestement pas compris un enseignement (en l’espèce celui du Christ) à émettre un jugement sur l’école (en l’occurrence celle de la république).

          Comment un mauvais élève peut-il juger une école? Même une école qui n’est pas la sienne? C’est un mauvais élève. Il est inapte à juger toute école, non?

          C’est la question que je lui pose et à laquelle il devrait répondre, s’il se sentait concerné bien sûr. Mais vous savez que la bave du crapaud n’atteint pas la blanche colombe, et votre réponse à la place de la sienne me fait croire qu’il ne trouve rien à redire.

          Dont acte.

          tschok

          1 juin 2015 at 16 h 38 min

          • Se voir traité de « nazi » à « la foi chrétienne rigoureuse ». Il a dû en mourir de rire.
            Un tschok ça ose tout, visiblement.

            Sha

            5 juin 2015 at 16 h 56 min

  4. A reblogué ceci sur No One Is Innocent….

    Skandal

    25 mai 2015 at 11 h 52 min

  5. Cette réforme a sans doute des inconvénients mais ceux-ci n’affecteront que les élèves qui arriveront en sixième en sachant lire et écrire. Pour les autres, rien de changé. J’ai fait du soutien scolaire et il m’a fallu un an (parce que l’enfant voulait apprendre) pour remettre à niveau une petite fille qui, en CM1, ne lisait que difficilement et donc ne comprenait pas ce qu’elle lisait. La solution de l’institutrice: redoublement. Ma solution: on revient sur terre, on acquiert les bases et on s’aperçoit que le reste n’est pas sorcier. Et on passe en CM2. J’ai revu mon ex-élève hier: elle réussit bien en BTS.

    Pangloss

    25 mai 2015 at 16 h 55 min

    • Oui, Pangloss, il me semble que l’apprentissage de la lecture en primaire est parfois sacrément déficient. C’est une tâche à laquelle il faudrait s’atteler sérieusement.

      Noix Vomique

      27 mai 2015 at 15 h 59 min

      • Je comprends bien, mais vous racontez des expériences perso de prof, comme si rien d’autre n’existait.

        D’un autre côté je lis que l’éducation nationale, c’est 11 millions d’élèves.

        Courageux, je suis prêt à me taper 11 millions d’expériences personnelles de profs à propos de leurs 11 millions d’élèves, ce qui à raison de 10 minutes par jour fait 110 millions de minutes dans ma vie.

        Mon existence, qui en comporte – euh, allez je tente le 50 millions – y suffira-t-elle?

        Je crois qu’il me manque un peu plus d’une vie pour comprendre vos problèmes de prof, dans toute la complexité et l’individualité du phénomène.

        Alors que quand on se fait virer du système, en tant qu’élève, ça se joue en peu de temps (moins d’un trimestre), à une période de la vie où on est jeune et qui détermine tout le reste.

        En gros, comme à chaque occasion de réforme, j’ai l’impression que les profs parlent plus d’eux que de leurs élèves.

        PS: pour me répondre, si ça vous chante, soyez brefs, je n’ai qu’une vie. Une note de synthèse serait plutôt pas mal.

        tschok

        28 mai 2015 at 17 h 11 min

        • Tschok, vous osez demander que la réponse soit brève? Mais je rêve! Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais, c’est ça? Alors je vais vous répondre: en effet, je parle de mon expérience de prof. Et alors? C’est ce que je connais de mieux. Je n’ai pas la prétention, contrairement à certains, de parler au nom de tous les profs et de tous les élèves. Quant aux élèves, n’en doutez pas: je pense à eux. Et je suis persuadé que cette réforme les méprise et leur refuse le droit d’être plus intelligents et plus cultivés.

          Noix Vomique

          28 mai 2015 at 22 h 58 min

          • « Quant aux élèves, n’en doutez pas: je pense à eux. Et je suis persuadé que cette réforme les méprise et leur refuse le droit d’être plus intelligents et plus cultivés. »

            Je n’en doute pas un seul instant (mais je parlais à Pangloss).

            Mais je me demande comment une institution ingouvernable comme l’éducation nationale, qui est un immense paquebot qui file sur son erre à toute vapeur, donc sans qu’un capitaine ne tienne vraiment la barre, peut à la fois consacrer autant de temps et d’énergie à ses problèmes de profs – qui sont réels et primordiaux – tout en prétendant s’occuper de ses élèves au mieux de leurs intérêts.

            Question qui me fait passer à une autre: quels types d’élèves produisez-vous?

            Il y a les chefs. Ceux qu’on voit sortir de nos grandes écoles. Ils sont faits pour entreprendre et diriger. En France, on en produit les meilleurs.

            Il y a les techniciens: eux, ils organisent, conçoivent les processus de production et sont issus de formations qui donnent des compétences opérationnelles dans des domaines précis. En France, on en produit ce qu’il faut.

            Il y a les ouvriers, à qui l’on apprend des savoirs faire, là encore dans des domaines spécialisés. Là, c’est plus bordélique: on voit que parfois la production d’élèves est adaptée à la demande, mais souvent, non.

            Et puis il y a ceux à qui on donne une plus grande latitude: les créatifs. Leur parcours est plus chaotique.

            Et tout le reste, c’est du déchet. Si l’élève ne rentre pas dans les cases que j’ai définies (on peut en inventer d’autres plus pertinentes, mais cela ne changera rien à l’affaire) il prend le chemin de la déchèterie.

            Et vous le savez.

            Il se trouve que par le plus grand des hasards, je suis d’accord avec vous sur la question de la culture. Mais il se trouve aussi qu’elle n’est pas une exigence qui ressortit aux missions de l’éducation, qui éduque mais ne cultive pas: l’éducation, c’est ce qu’on reçoit, la culture, c’est ce qu’on se donne.

            Comment mettre de la culture dans le processus exactement à l’endroit où la définition qu’on lui donne exige qu’on ne doive pas l’y trouver? Ou autrement dit: comment mettre de la culture dans de l’éducation?

            On a le même problème avec la religion: comment mettre de la religion à l’école, dans notre cas laïque? Pile à l’endroit où elle ne doit pas se trouver.

            Je pense pour ma part que la clé des problèmes que nous cherchons à résoudre est là.

            (Et comme d’hab je suis toujours fort long, donc scusez-moi, etc)

            tschok

            1 juin 2015 at 16 h 28 min

  6. Voulez vous que je vous dise? De toute façon c’est foutu. L’école de la République, à l’image de cette dernière a bel et bien sombré, et depuis longtemps, dans un égalitarisme diversifié qui lui interdit de jouer son véritable rôle : donner une instruction élémentaire au plus grand nombre et déceler et former dignement les élites. Dans de telles conditions, comme il faut absolument arriver à tout et à son contraire, l’échec définitif est consommé et leurs réformes à la mie de pain feront l’effet d’un emplâtre sur une jambe de bois pourri;
    Amitiés.

    nouratinbis

    2 juin 2015 at 16 h 49 min


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