Noix Vomique

Archive for décembre 2015

Nazis dans le métro

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Décidément, ils sont forts, ces nazis. Ils nous ont fait croire qu’ils avaient perdu la guerre et, soixante-dix ans après, nous les voyons triompher partout. Alors qu’ils obtenaient 30% des voix aux dernières élections régionales en France, ils ont crânement tapissé le métro new-yorkais de la Croix de fer et de l’Aigle allemand -nous avons échappé de peu à la croix gammée. Cette magnifique opération de propagande n’était toutefois pas orchestrée par le bon Docteur Goebbels: c’était une campagne publicitaire d’Amazon pour sa nouvelle sérieThe Man In The High Castle, inspirée du fameux roman de Philip K. Dick.

Au début des années soixante, Philip K. Dick avait imaginé que l’Allemagne nazie et l’empire japonais avaient vaincu les Alliés. Japonais et Allemands s’étaient donc partagé le monde: tandis que l’ouest des États-Unis est en voie de japonisation, les nazis contrôlent la côte est. Là, ils essaient vainement de censurer un mystérieux livre qui rencontre un succès grandissant, La sauterelle pèse lourd, qui raconte que les Alliés ont gagné la guerre -mais le monde que ce roman-dans-le-roman décrit ne correspond pas tout-à-fait au nôtre, il est en léger décalage.

Tels des personnages de roman à qui l’on révèle que leur monde n’est pas le bon, les voyageurs du métro de New York ont, semble-t-il, éprouvé un malaise lorsqu’ils ont découvert les symboles du Verdienstorden vom Deutschen Adler dans les wagons de la ligne S: nombre d’entre eux se sont donc plaint auprès de la MTA, l’organisme qui gère les transports publics de New York. Une passagère a même expliqué qu’elle avait été obligée d’offrir ses fesses: «La moitié des sièges étaient recouverts d’insignes nazis. L’autre moitié portait le drapeau japonais, dans un graphisme qui rappelle celui de la Seconde guerre mondiale. J’avais donc le choix, et je me suis assise sur l’aigle nazi, parce que je n’avais vraiment pas envie de le regarder

Ainsi, le pouvoir de séduction du nazisme est tel que nous devons détourner le regard. En France, alors que Mein Kampf tombera dans le domaine public en 2016, la maison Fayard ayant annoncé la publication d’une nouvelle traduction, Jean-Luc Mélenchon, saisi d’horreur, n’a pu s’empêcher de ramener sa poire: selon lui, le livre d’Adolf Hitler, qui «est l’acte de condamnation à mort de 6 millions de personnes dans les camps nazis», pourrait faire le jeu de l’extrême-droite -il ne doit donc pas être réédité. Peu importe que cette réédition soit chapeautée par un vrai travail d’historiens. Jean-Luc Mélenchon a trouvé son Yi King: il est convaincu que Mein Kampf annonce les abominations qui arriveront ensuite; que c’est un livre qui exerce un étrange maléfice sur ses lecteurs, qu’il a le pouvoir de transformer ipso facto en nazis.

En fait, à l’instar de l’écrivain dans le roman de Philip K. Dick, comme si les gauchistes avaient des fulgurations d’oracle, Jean-Luc Mélenchon nous dévoile que nous sommes les personnages d’une uchronie. La France n’a jamais cessé d’être pétainiste -d’ailleurs, âgé de 159 ans, le vieux maréchal bande encore, et ce n’est pas un hasard si François Hollande se fait traiter de vichyste lorsqu’il propose la déchéance de nationalité pour les djihadistes. Nous vivons dans un monde où les nazis n’ont pas perdu la guerre, un monde où la démocratie libérale était vouée à l’échec, un monde où le péril islamiste n’existe pas.

 

Written by Noix Vomique

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Noël

Nativité - Guido da Siena

Guido da Siena: « Nativité »
(seconde moitié du XIIIème siècle, Musée du Louvre).

Je vous souhaite à tous un joyeux Noël!

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Uchronie (4)

Rue Soufflot

Rue Soufflot.

Depuis l'Arc de Triomphe

Vue depuis l’Arc de Triomphe.

Montparnasse

La tour Montparnasse.

Quand le Paris de la Belle-Époque se toquait d’architecture et imitait New York. Ces photos sont extraites de Haussmanhattan.

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Une nation de Croisés

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Bernard Grasset publia en 1930 un essai passionnant qui dépeignait la France comme un «paradis négligé» [1]. L’auteur, Friedrich Sieburg, un Allemand qui avait combattu les Français sur le front de la Somme, était revenu en France après-guerre pour vivre à Paris. Ses observations d’une «France têtue», qui prétend à l’universalité mais préfère finalement le bonheur à la modernité, sont savoureuses; les pages où il place Jeanne d’Arc au coeur de l’identité française sont étonnantes, notamment lorsqu’il compare la Pucelle de Domrémy à Robespierre. Il explique que «tout Français est de naissance un Croisé, et cette vertu fait parfois de lui aujourd’hui un citoyen assez peu commode de l’Europe». Or cette appréciation trouve un écho inattendu dans le communiqué qui revendique les attentats du 13 novembre. En effet, dans la terminologie de l’État islamique, les Français sont généralement désignés comme les «Croisés». De cette façon, les djihadistes nous rappellent ce que nous nous efforçons d’oublier: notre civilisation est d’abord chrétienne et c’est précisément pour cette qualité qu’ils l’attaquent. Mais nombre de Français ne peuvent l’admettre, car l’idée même de religion leur est devenue étrangère -comme ils refusent d’ailleurs de préciser que les terroristes sont islamistes, et donc musulmans.

Au Moyen-Âge, nous aurions attribué la neutralisation d’Abdelhamid Abaaoud et la foirade des kamikazes aux abords du stade de France à l’intervention miraculeuse de ce bon vieux saint Denis. Mais aujourd’hui, il n’y a guère que les djihadistes pour se croire au Moyen-Âge et signaler Paris comme la capitale «qui porte la Croix en Europe». Certes, dans son discours d’hommage, le 27 novembre, le Président de la république, en parlant des «martyrs du 13 novembre», a utilisé un terme religieux, calquant involontairement son vocabulaire sur celui des djihadistes, comme si les victimes des attentats avaient été tuées parce qu’elles avaient refusé d’abjurer leur foi. Il nous susurre qu’elles se sont sacrifiées pour la liberté. Avaient-elles seulement le choix? En buvant un verre en terrasse d’un café ou en allant écouter un concert de rock, avaient-elles l’intention de souffrir un quelconque martyre?

Lorsque l’État islamique essaie de nous attirer sur le terrain d’une guerre de religions, nous ne savons pas quoi lui opposer, si ce n’est, comme l’a annoncé le Président de la république, le 27 novembre, que «nous multiplierons les chansons, les concerts, les spectacles ; nous continuerons à aller dans les stades.» L’Homo festivus a claironné, non sans grandiloquence, qu’il allait donc résister en fréquentant davantage les terrasses de café -Abou Bakr al-Baghdadi doit être terrifié. C’est désolant, mais je ne jetterai pas la pierre à ces résistants de la dernière heure: moi aussi, je traîne volontiers au bistro et il fut un temps où j’allais régulièrement m’assourdir dans les salles de concert -la dernière fois que je suis allé au Bataclan, c’était un concert des Posies, en 1994. Bizarrement, ce 27 novembre, en observant François Hollande, assis sur sa petite chaise dans la cour des Invalides, qui surjouait l’émotion tout en présumant du regain de sa popularité, j’ai pensé à Néron, lorsqu’il contemple, seul, et vêtu de son costume de comédien, l’incendie qu’il a contribué à allumer. La situation de la France ne semble tourmenter notre président d’aucun remords.

Au moment où ces attentats épouvantables ont ensanglanté Paris, j’étais justement en train de lire le dernier livre de Pierre Manent [2]. C’est une lecture stimulante mais également éprouvante, car elle nous oblige à regarder la vérité en face: la France d’avant, telle que nous l’aimons, appartient au passé; nous ne la retrouverons jamais. Nos concitoyens musulmans sont désormais trop nombreux, persuadés de leur bon droit, pour que nous puissions espérer un retour en arrière. Pierre Manent nous explique que l’islam, pour la France comme pour les pays européens, est à la fois un phénomène de politique intérieure et de politique extérieure -l’intrication des deux est perceptible lorsque les pays du Golfe financent en France la construction de mosquées et rémunèrent les imams. Par complaisance ou aveuglement, notre classe politique n’a jamais pris au sérieux la poussée de l’islamisme; elle préférait nous répéter que l’unique danger venait de ceux qui remettaient en question l’immigration. Pour cette raison, il est impossible aujourd’hui de sangloter avec les François Hollande et les Alain Juppé; il est juste exaspérant qu’ils préconisent dans l’urgence ce qui les révulsait hier -la déchéance de la nationalité, le rétablissement des contrôles aux frontières ou encore la fermeture des mosquées salafistes. Ces politicards n’ont cessé d’affaiblir la nation; qu’ils brûlent en enfer.

Les attentats du 13 novembre ont-ils dissipé le mirage d’un multiculturalisme heureux? Si tous les Musulmans ne sont évidemment pas complices, il est indéniable que les terroristes appartiennent à leur communauté. Or, nous savons bien qu’il y aura d’autres giclures de sang et de cervelle, d’autres vies brisées. Aussi, pour Pierre Manent, il est temps «de nous défendre et de préserver autant que possible ce qui est nôtre, nos biens matériels, moraux et spirituels.» Mais la République ne nous sauvera pas, car ce n’est finalement qu’un régime politique, et les valeurs dont on nous rabat les oreilles, telles la laïcité, sont trop abstraites pour transformer l’islam: plutôt que la République, c’est donc la France que notre coeur doit aimer. La France, bordel.

Les djihadistes nous attaquent non seulement pour ce que nous sommes, mais aussi parce qu’ils sentent que nous le sommes mollement. Pour nous défendre, nous avons donc besoin de restaurer un vrai sentiment national. N’est-il pas temps, en effet, de réaffirmer la grandeur de la France? Dans Dieu est-il Français? Friedrich Sieburg expliquait que la France se distinguait non seulement par son art de vivre et son amour de la liberté, mais aussi parce qu’elle est une nation chrétienne: «Comprendre que la Marseillaise continue les prières de Jeanne, c’est comprendre la France.» Cette dimension est essentielle: le christianisme, parce qu’il est à l’origine de notre identité nationale, doit continuer à former un cadre, notamment pour éviter que l’islam, profitant du vide, n’introduise sur notre sol le radicalisme et les conflits du Moyen-Orient. Il est heureux que nous donnions aux Musulmans de France la liberté de pratiquer leur culte mais nous devons également poser des conditions à leur présence: ils ne peuvent pas vivre en France comme s’ils vivaient dans un pays arabo-musulman. Pour être français, il leur faudra donc se comporter comme des Français et rompre avec leur folklore et leurs superstitions de bédouins. Cela dépend de leur bon vouloir -Friedrich Sieburg rappelle joliment que l’on peut devenir Français «comme on se fait baptiser. On entre dans la nation française comme dans une communauté religieuse constituée non par le sang, mais par l’esprit.» Si par aventure ils refusaient d’appartenir à une «une nation de Croisés», il faudrait qu’ils soient conséquents et qu’ils partent ailleurs, dans un pays plus approprié à leurs moeurs -ils nous éviteraient ainsi d’envisager la solution extrêmement brutale de la remigration. Comme le dit Pierre Manent: «Donc c’est dans un pays de marque chrétienne que les musulmans français doivent trouver leur place. Cela ne rend pas l’opération plus difficile, mais au contraire plus facile car c’est toujours dans ces termes que les musulmans considèrent les pays européens et en général occidentaux. Certains d’entre eux, on le sait, désignent Européens et Américains comme les croisés. Il y a plus de vérité dans cette exagération que dans nos dénégations.»

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[1] Friedrich Sieburg. Dieu est-il français? Grasset, 1930, 335 pages.

[2] Pierre Manent. Situation de la France, Desclée de Brouwer, 2015, 173 pages. Lisez l’excellent compte-rendu d’Aristide.

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11 décembre 2015 at 18 06 27 122712

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Cécité

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L’Humanité et Le Figaro semblent d’accord. Mais de quel choc parlent-ils? Le résultat de ce premier tour des élections régionales n’était-il donc pas prévisible?

Written by Noix Vomique

7 décembre 2015 at 10 10 40 124012

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