Noix Vomique

Révolutionnaires

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Au nombre des singeries de la «Nuit Debout», il est cocasse de voir des historiens, spécialistes de la Révolution, se démener sur une place de la République subitement transformée en bidonville. Ils sont convaincus qu’ils vont enfin pouvoir la faire, leur révolution. Ils jouent donc à la Commune -il ne manque que l’armée prussienne pour mettre le siège devant Paris et les troupes versaillaises pour abréger l’expérience. Comme en 1871, des commissions sont créées et, l’Éducation nationale étant ce qu’elle est, une commission Éducation populaire propose à des professeurs, chose absolument inouïe, de «partager leurs savoirs». Le programme, digne d’une Fête de l’Huma, prévoit des interventions sans surprise, sur les concepts de Karl Marx, sur l’État d’urgence depuis la guerre d’Algérie, les réfugiés, le travail des femmes ou encore la révolution de 1848. L’historien Guillaume Mazeau est venu parler de la Terreur. Je me souviens d’une interview parue en 2013 dans L’Humanité, à propos de la demande de reconnaissance du génocide vendéen, où il dénonçait une instrumentalisation de la mémoire par la droite et reprenait à son compte la vieille idée de Clemenceau, pour qui «la révolution française est un bloc dont on ne peut rien distraire» :

« Discréditer l’héritage de la Révolution française peut servir à écarter des politiques égalitaires pour aujourd’hui. Dire que la Terreur n’a été que mort, violence et déclin, en oubliant toute la pensée sociale de la Terreur, même si elle est restée largement en chantier et qu’elle s’est accompagnée de politiques répressives, c’est tout jeter avec l’eau du bain ».

Quel raisonnement extraordinaire: les bonnes intentions de la Terreur, notamment en matière sociale, suffiraient donc à excuser tous les massacres commis entre 1793 et 1794. Imaginez la tête de nos bobos si un historien utilisait les mêmes ficelles et venait leur raconter qu’on ne peut pas réduire le régime de Vichy à la collaboration avec l’Allemagne nazie? S’il leur expliquait que les déportations de Juifs ne doivent pas faire oublier l’oeuvre sociale de Vichy: la Charte du travail, promulguée le 4 octobre 1941, qui posait pour la première fois le principe d’un salaire minimum vital; l’instauration en 1941 du système de retraite par répartition et la création de l’Allocation des vieux travailleurs salariés, conservée à la Libération puis transformée en minimum vieillesse en 1956; la loi du 21 décembre 1941, qui fonde l’hôpital moderne, «toutes-classes», avec la création des services hospitaliers par type de maladie; la création des comités sociaux d’entreprise, par la loi du 16 août 1940, qui favorisèrent la mise en place de crèches, de cantines, de jardins ouvriers, de coopératives de ravitaillement ou encore de colonies de vacances? Les bobos ne manqueraient pas de s’indigner, car ils ont été dressés pour cela: il est impossible que le régime de Vichy ait eu de bonnes intentions. Un certain William encouragerait alors l’assistance à rejeter tout usage de l’histoire par l’extrême-droite. Sans doute est-ce le péché mignon des historiens engagés à gauche: ils sont persuadés que l’histoire a un sens -et un seul, c’est-à-dire celui qu’ils ont choisi.

Dimanche, sur la place de la République, parce que la «Nuit Debout» a accompli le miracle de transformer l’Homo festivus en Homo erectus, certains voulaient croire que l’histoire se remettait en marche. Des universitaires, persuadés qu’ils représentaient le peuple, ont donc saisi l’occasion de jouer au Communard, oubliant au passage que la Commune fut un échec retentissant -l’histoire est pleine de culs-de-sac comme la Commune, et le régime de Vichy en est un. Mais les Communards de 2016 ne termineront pas leur aventure dans le cimetière du Père Lachaise, acculés contre le mur des fédérés; après quelques selfies, ils reprendront leur confortable petit boulot à l’université. L’avaient-ils laissé, d’ailleurs?

Written by Noix Vomique

12 avril 2016 à 15 h 59 min

Publié dans Uncategorized

27 Réponses

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  1. Bonjour très cher,
    à nouveau un excellent billet pour ne pas perdre les bonnes habitudes.
    Je vous envie car pour l’instant, je ne trouve pas le temps pour en faire de même, du billet construit, articulé et étayé. Des dizaines de brouillons dont commencés mais aucun n’arrive au stade ultime de l’édition… misère.
    Pour le reste, tout est dit à propos des révolutionnaires de pacotille 2.0 !
    Je vois mal les adeptes des droits de l’homme et de la tolérance à tout, se mettre en colère et user de violence envers d’autres humains tant ils sont embrigadés par l’aseptie contemporaine du consommateur…
    Bien à vous

    • Oh, vous savez, Lebuchard, j’ai de plus en plus de mal à terminer un billet et je commence également à accumuler les brouillons. J’en suis même à me demander si je ne vais pas mettre ce blog en sommeil: d’autres aventures me tentent et je dois avouer aussi que je n’ai pas trop envie de commenter le prochain attentat qui frappera la France.

      Noix Vomique

      13 avril 2016 at 23 h 24 min

      • ah non !
        pas vous !…
        Vous n’allez pas tous petit à petit laisser la niche écologique virtuelle libre pour tout investisseur parasite…
        Après Frenchcarcan, Fromageplus, No country for white men, Brèves 3.0,… vous n’allez pas rallonger la liste.
        Trop d’excellents blogues ont fermé ou sont en sommeil. Que l’on se lasse, c’est normal mais n’arrêtez pas tout, pour le bien de la réacosphère et de l’information.
        Allez vers d’autres aventures (édition d’un livre,…), soit mais revenez alimenter cet excellent établissement dès que vous le pourrez.

        Lebuchard courroucé

        14 avril 2016 at 0 h 02 min

  2. Le plus drôle, c’est quand ils disent « le monde nous regarde ».
    Le plus triste, c’est quand un petit malin chute du haut de la statue (Quel symbole!) : même pas la faute des flics!
    Excellent billet.

    Aiguille Verte

    12 avril 2016 at 22 h 39 min

    • Qu’ils disent « le monde nous regarde » ou qu’ils se cassent la gueule du haut de la statue de la République: dans les deux cas, c’est le drame du shit.
      Bienvenue ici, Aiguille Verte!

      Noix Vomique

      13 avril 2016 at 23 h 26 min

  3. On ne saurait mieux écrire !

    Estelle92

    13 avril 2016 at 6 h 18 min

  4. On a le droit à tout dans cet article.. les bobos, le point de Godwin. Bref, c’est du très haut niveau… vous avez oublié toutefois le mot « droit de l’hommiste » qui est quand même la base d’un bon article de la reacosphère.

    Ceci dit, vous avez raison, après s’être fait un petit frisson en manifestant, ils rentreront chez eux un jour. Un peu comme les veilleurs de la manif pour tous, finalement.

    Piotr

    13 avril 2016 at 11 h 03 min

    • Sauf qu’ils n’auront même pas eu le frisson de la GAV.
      C’est d’un morne, la Révolution, quand il n’y a personne en face et que le pouvoir adoube le désordre !

      carine005

      13 avril 2016 at 12 h 42 min

    • Piotr…
      Un point Godwin? Où? On ne peut plus rien dire sans qu’un gugusse ne vienne distribuer ses petits points Godwin. Qu’est-ce qui vous chiffonne? Que Pétain ait mené une politique sociale plus ambitieuse que François Hollande, c’est ça? Quant aux bobos, vous voulez les appeler comment? C’est un terme que le géographe Christophe Guilluy utilise dans Fractures française sans qu’on puisse le soupçonner d’appartenir à la réacosphère. Regardez les photos de @nuitdebout: on voit surtout de jeunes bourgeois blancs diplômés. Il n’y a pas beaucoup de diversité: les enfants de l’immigration ne se sentent-ils pas concernés par la loi El Khomri? Mais ce n’était pas le sujet de mon billet. Si vous aviez fait un petit effort, vous auriez compris que je parlais de ces historiens engagés qui prétendent faire l’histoire. Mais bon, je ne vais pas, non plus, vous faire une explication de texte.

      Noix Vomique

      13 avril 2016 at 23 h 48 min

  5. Excellent billet!
    Il est aussi très drôle de constater que ce mouvement est encadré la journée par des policiers et crs qui empêchent ces révolutionnaires en peau de lapin de se faire attaquer par les casseurs!

    lenonce

    13 avril 2016 at 15 h 24 min

    • Lenonce, j’ai l’impression qu’il y a sur la place de la république deux types de révolutionnaires qui cohabitent: les bobos et les punks à chien. Ce qui m’étonne, c’est cette tendance à transformer la place en bidonville.

      Noix Vomique

      14 avril 2016 at 0 h 03 min

  6. Bonjour Noix Vomique,

    Opposer une lecture nécessairement positive de la Révolution à une lecture nécessairement négative du régime de Vichy est un truc un peu éculé de nos jours, non? Aujourd’hui je pense que les gens sont assez philosophes sur ces deux épisodes de notre histoire et ils ont bien compris que tout n’est pas blanc ou noir.

    Tenez, quand j’ai appris récemment que René Belin – qui a été quelque chose comme le numéro 2 de la CGT avant guerre – a aussi été ministre du travail dans le gouvernement Laval et qu’il a signé la loi portant statut des Juifs et pris le décret du 9 novembre 1940 portant dissolution des syndicats, dont la CGT, je n’en suis pas tombé de ma chaise.

    L’histoire de France m’a en effet habitué à ses paradoxes: https://fr.wikipedia.org/wiki/Ren%C3%A9_Belin

    Sinon, pour revenir à l’actualité de Nuit Debout, vous aurez certainement compris que les manifestations populaires du temps présents peuvent contenir trois ingrédients:

    – Un ingrédient de contestation physique dans le cadre d’un rapport de force, vecteur d’une revendication à caractère social, politique ou économique (c’est le moment où la manif sent le gaz lacrymogène et les coups de matraques)
    – Un ingrédient festif, voire ludique ou convivial (là, ça sent la merguez et les frittes et on passe Joan Baez dans la sono)
    – Un ingrédient plus intellectuel, la manif devenant alors une sorte de laboratoire à idées, un lieu de discussions politiques ou philosophiques (c’est à ce moment que Frédéric Lordon débarque).

    Nuit Debout contient beaucoup plus des deux derniers que du premier. Il ne s’agit donc pas d’un peuple en colère qui se lève pour prendre le pouvoir par le soulèvement populaire de masse et la mobilisation des forces vives de la révolution selon Saint Marx, alors même que ce mouvement a bel et bien été initié par des militants qui appartiennent à la gauche de la gauche et qui baignent dans la mystique de l’aube des grands soirs et des lendemains qui chantent, façon Lénine ou Trotski.

    En clair vous pouvez être peinard.

    tschok

    14 avril 2016 at 14 h 22 min

    • Ah, Tschok, ça faisait longtemps! J’étais inquiet, figurez-vous, et j’ai même imaginé un instant que vous vous étiez fait descendre au Bataclan. En tous les cas, je me réjouis de retrouver vos commentaires interminables.

      Oui, vous avez raison: «Nuit Debout» ne cherche pas à prendre le pouvoir par la force. C’est justement pour cela que ces historiens de gauche qui jouent à la Commune me font marrer. «Nuit Debout» est un mouvement qui se limite, comme vous l’avez souligné, à des éléments festifs et intellectuels (si on peut, bien sûr, considérer le verbiage d’extrême-gauche comme quelque chose d’intellectuel). Aussi, ça ne m’empêche pas de dormir -je ne passe pas mes nuits debout, moi. Il y a tout-de-même quelques analyses qu’il faudrait faire. Visiblement, «Nuit Debout» est surtout porté par de jeunes blancs diplômés: cela est révélateur, d’une certaine façon, d’une fracture au sein de la jeunesse. Ensuite, ce mouvement, qui pose évidemment la question du marché du travail, montre les limites de la politique éducative en France: l’Éducation nationale a menti aux gamins en leur faisant croire qu’ils étaient tous géniaux, qu’ils pouvaient tous avoir le bac et aller en fac sans se soucier des débouchés. Or, il serait peut-être temps d’avoir une réflexion sérieuse sur l’éducation et sur l’évolution du travail en France…

      Noix Vomique

      14 avril 2016 at 15 h 15 min

  7. Bonjour,

    lorsque tu dis que la Commune a été un échec, pour compléter je rappelle toujours à ces frustrés de la Révolution qui se rallient sous le cri de « No pasarán », que en fait ils étaient bel et bien passés et y sont restés un moment.

    cherea

    14 avril 2016 at 16 h 41 min

  8. C’est très gentil à vous.Les attentats du 13 novembre ne m’ont occasionné aucune autre blessure qu’un grand émoi et une profonde tristesse.

    Je ne serai pas aussi cruel que vous avec les gens qui se réunissent le soir place de la République. Après tout, ils se posent à peu près les mêmes questions que vous pour à peu près les mêmes raisons et en faisant des constats très similaires, notamment sur l’éducation, dont vous avez bien raison de souligner les limites, et l’évolution du marché de travail, qui ne satisfait réellement personne (même les employeurs, c’est dire!).

    On ne pourra jamais empêcher un gauchiste français de nourrir l’espoir d’allumer enfin la mèche du tonneau de poudre, il y a tellement longtemps qu’il en rêve que j’ai même des scrupules à vouloir doucher son enthousiasme.

    Mais l’omniprésence des habituels agitateurs dans les rangs de ce mouvement ne doit pas faire oublier que les gens qui y participent sont très… normaux, si je puis dire.

    tschok

    14 avril 2016 at 17 h 37 min

    • Tschok, allons, allons, je ne suis pas si cruel que cela. Juste un peu taquin. Avouez que ces universitaires qui se prennent pour des révolutionnaires méritent tout-de-même qu’on les raille un peu. Mais c’est vrai: au-delà de l’aspect folklorique de «Nuit Debout», il y a de vraies préoccupations que beaucoup de français normaux partagent. Et ce n’est pas la prestation pitoyable du président de la république à la télévision ce soir qui va les rassurer.

      Noix Vomique

      14 avril 2016 at 22 h 57 min

  9. Alors raillons les universitaires! Sport dans lequel, étudiant, j’excellais.

    Mais les universitaires, c’est-à-dire le personnel enseignant des universités titulaire d’une chaire académique, aptes à conduire des doctorants vers leur diplôme et à faire des cours ex cathedra aux étudiants des degrés inférieurs, et les personnels subalternes dûment chargés d’une mission de service public dans ce cadre-là, il ne m’a pas semblé en entendre beaucoup.

    Il faut élargir le cercle de la cible vers des personnages plus médiatiques, du coup moins « universitaires ».

    Cercle qui va inclure nos stars habituelles. Et, précisément, assez peu d’universitaires. Oui, c’est bizarre.

    Avez-vous des noms à proposer, qu’on s’exerce au tir?

    Faut-il, vu le manque de cibles, ajouter à la liste des personnalités du CNRS, à un titre ou un autre? Mettons ceux qui ont, ou ont eu, grade de directeur de recherche?

    Dans ce cas, j’en vois un qui, en s’époumonant pour la grande cause a tant et si bien sollicité ses cordes vocales qu’on le l’entend plus: sa majesté Frédéric Lordon, en personne. Nous le trouverons près d’une tasse de tisane et un pot de miel, en charentaises, accablé par l’effort, lové autour d’un poêle, le cou drapé dans une écharpe, maudissant le temps qui passe si vite en chassant la force de sa jeunesse, à deux doigts de saisir les aiguilles et la pelote de laine pour se faire un tricot. En somme, une petite vieille enrhumée qu’une poignée de fans inconditionnels somme de revenir encore place de la république lui faire de ces discours qui la transportent, alors qu’il n’en peut plus.

    Voilà une cible de choix sur laquelle je me délecte d’avance à faire feu. Mais une cible pas facile. Il excelle dans son genre.

    Vous voyez qui d’autre?

    tschok

    15 avril 2016 at 17 h 35 min

    • Ah ah ah, Lordon, une petite vieille enrhumée! Excellent!

      Vous voulez des noms, pour vous entraîner au tir? Je vais vous décevoir: je rechigne à dresser des listes. Je ne suis pas comme Daniel Lindenberg, ce vieux maoïste, qui vient de rééditer son navet, «Le Rappel à l’ordre», où il livre en pâture le nom d’intellectuels prétendûment réactionnaires. Mon billet ne moquait ici que deux jeunes maîtres de conférence, inconnus du public, parce qu’ils se prennent soudain pour des révolutionnaires: le discours sur la Terreur de l’un et les tweets de l’autre m’ont amusé. Je vous avouerai même que je ne suis pas loin de trouver sympathique leur côté «No future»: n’est-il pas fascinant que les références de «Nuit Debout» soient les Communards de 1871 ou encore Yanis Varoufakis, c’est-à-dire d’authentiques losers?

      Noix Vomique

      17 avril 2016 at 16 h 10 min

      • C’est votre côté « punk » qui refait surface. Mais méfiez-vous du chien: ne devenez pas un punk à chien!

        La Commune est une référence fascinante. Mais elle est très parisienne et cesse d’exercer son attractivité dès la porte de Versailles, et passé la province, elle l’exerce au-delà des frontières du pays. Il y a donc un énorme angle mort: c’est une référence parisienne et internationale, mais pas « France profonde ».

        Yanis Varoufakis, qui sort un livre de taille mondiale dont il fait actuellement la promotion, mérite, je crois, une considération plus spéciale, car il reste assez énigmatique. Un authentique looser? Le titre de son livre « Et Les Faibles subissent ce qu’il doivent? » suggère en tout cas qu’ils s’intéresse au sort des loosers, authentiques ou, ce qui nous ruine, d’emprunt.

        Toujours est-il que, sans avoir vos pudeurs, Nuit Debout s’est exercé au tir contre notre Finkie national, qui en a été fort marri (normal il était accompagné de son épouse, comme Macron dans Paris Match). Il regrette de ne pas avoir été plus casanier.

        Sauf erreur de ma part, il est académicien, mais ce n’est pas un universitaire. Je vous l’ai dit: il fait élargir le cercle de la cible.

        Mais qu’est-ce qu’il glande Eric Zemmour, Pourquoi ne va-t-il pas place de la République? Depuis le 8ième, c’est direct, en plus?

        tschok

        18 avril 2016 at 16 h 54 min

  10. Dommage qu’on ne se serve plus du Mur des fédérés…Dieu merci, comme vous dites, nos petits communards d’aujourd’hui se contenteront de quelques selfies et de quelques crachats sur le premier Finkielkraut venu, après quoi ils reviendront à leur petite rente de situation bien pépère. le progrès social a du bon!
    Amitiés.

    nouratinbis

    17 avril 2016 at 17 h 31 min


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