Noix Vomique

Archive for février 2017

Président des mickeys

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« Vive la France, vive la République et vive Eurodisney. »

Samedi, François Hollande a bredouillé qu’en France « il n’y a pas de personnes qui prennent des armes pour tirer dans la foule » et nous avons aussitôt cru qu’il avait boulotté le Bataclan, les terrasses et la Promenade des Anglais. Or, plus tard, lorsqu’il a annoncé qu’il était prêt à envoyer un billet à Donald Trump « pour qu’il vienne au moins à Eurodisney et qu’il comprenne ce qu’est la France », son raisonnement devenait limpide: le président américain pourra en effet vérifier que personne, à Disneyland, n’arrose la foule à la kalachnikov. Au sommet de son art, le président Hollande répondait aussi, à demi-mots, à Emmanuel Macron, qui avait affirmé que la culture française n’existe pas : comment le jeune et fringant candidat à l’élection présidentielle avait-il pu dire une telle ânerie et oublier Disneyland ?

Written by Noix Vomique

27 février 2017 at 13 01 09 02092

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Strabisme

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Édouard Louis devrait tout-de-même se méfier de ses amis: lorsque le grand remplacement arrivera, il risque d’être balancé du haut d’un immeuble.

Le gauchisme est un strabisme. Par exemple, Jean-Paul Sartre approuva l’exécution de Robert Brasillach au nom de la responsabilité de l’écrivain et Simone de Beauvoir parce qu’il y a «des mots aussi meurtriers qu’une chambre à gaz »». Lors de son procès, accusé d’intelligence avec l’ennemi, Robert Brasillach n’avait pas essayé de fuir: ses articles violemment antisémites parus dans la presse collaborationniste constituaient un délit d’opinion qu’il ne pouvait effacer; ils l’envoyèrent à la mort. C’est comme si les écrivains devaient répondre de leurs écrits et en supporter toutes les conséquences; or, aujourd’hui, on voit avec l’affaire Mehdi Meklat que les gauchistes sont capables de produire un autre point de vue, en invoquant la littérature comme pitoyable excuse.

Durant des années, Mehdi Meklat a déversé sur Twitter sa haine des Juifs, des Blancs, ou encore de Charlie Hebdo. Mis face à ses responsabilités, le jeune homme s’est défendu dans Télérama en invoquant un « double de fiction » qui l’aurait dépassé. Les médias qui l’ont fabriqué ont repris cette échappatoire: tout cela n’était donc qu’un « travail littéraire et artistique ». Sur Twitter, Pascale Clark a volé au secours de son petit protégé -elle le lisait d’ailleurs avec bonheur car c’était le compte qu’il « était urgent de suivre »: selon elle, le personnage qui tweetait sous le pseudonyme de Marcelin Deschamps était « odieux, fictif » et « ne servait qu’à dénoncer » le racisme. Or, bizarrement, ce personnage au nom si français était uniquement raciste à l’égard des Blancs et des Juifs et il n’hésitait pas à entreprendre l’apologie de Ben Laden ou de Mohamed Merah. Un certain nombre de médias trouvaient cela très bien. Pierre Siankowski, directeur de la rédaction des Inrocks, qui jure aujourd’hui qu’il n’avait pas connaissance des fameux tweets, pleurait de rire en les lisant. Claude Askolovitch a relativisé le caractère antisémite des tweets en les réduisant à des « blagues nazes » -pourquoi ne pas avoir vu, alors, que le fameux « Durafour crématoire » dont on nous a rebattu les oreilles était également une mauvaise plaisanterie?

Une certaine gauche a des complaisances coupables pour les « jeunes de banlieue »;  elle s’accommode volontiers avec les immondices qui leur servent de pensée. À travers des médias tels que Libération, Le Monde, Les Inrocks, Télérama, Mediapart, Canal+ ou encore France Inter, elle n’a cessé d’encenser et de promouvoir Mehdi Meklat et son compagnon Badroudine Saïd Abdallah, pour en faire les porte-paroles des jeunes issus de l’immigration -on devine, comme l’explique très bien le politologue Laurent Bouvet dans Le Figaro, qu’elle les a utilisés pour se donner bonne conscience, parce qu’elle reconnaît dans leur sous-culture de racailles «une forme de dédouanement et de relais à ses engagements politiques et sociaux oubliés, à tous ses renoncements depuis des décennies ». C’est sans doute ce qui est le plus obscène dans cette histoire: le paternalisme post-colonial de journalistes prêts à pardonner à Mehdi Mekrat ce qu’ils ne pardonneraient pas à d’autres -pour eux, les Arabes sont forcément des victimes et méritent notre mansuétude. En 2015, les mêmes journalistes n’avaient pas eu de mots assez durs pour condamner l’historien Georges Bensoussan qui, invité dans l’émission Répliques d’Alain Finkielkraut, avait justement évoqué l’antisémitisme atavique des familles arabes en France. Le CSA avait alors adressé à France Culture « une mise en garde ferme » et Georges Bensoussan fut traîné devant les tribunaux, poursuivi pour « provocation à la haine raciale » par les grandes associations antiracistes –Ligue des droits de l’homme, Licra, MRAP, SOS-Racisme et le Collectif contre l’islamophobie en France. 

L’indignation à géométrie variable des journalistes n’est pas nouvelle. Dans Un paradoxe français, Simon Epstein nous parle de ces journalistes qui dénonçaient l’antisémitisme hitlérien dans les années trente puis, pendant l’occupation, écrivaient des insanités antisémites dans la presse collaborationniste. On en est là. Les journalistes si complaisants avec l’antisémitisme de Mehdi Meklat auraient sans doute applaudi l’exécution de Robert Brasillach. De Gaulle a expliqué dans ses Mémoires qu’il n’avait pas gracié l’écrivain parce que « le talent est un titre de responsabilité, il est donc une circonstance aggravante, car il accroît l’influence de l’écrivain ». Nous nous consolerons donc en pensant que Mehdi Meklat n’est pas responsable parce qu’il n’a aucun talent littéraire -les Éditions du Seuil publient ses livres comme elles publient ceux d’Édouard Louis: parce que la haine de la France est aussi un fonds de commerce.

Written by Noix Vomique

24 février 2017 at 11 11 22 02222

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