Noix Vomique

Strabisme

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edouard-louis

Édouard Louis devrait tout-de-même se méfier de ses amis: lorsque le grand remplacement arrivera, il risque d’être balancé du haut d’un immeuble.

Le gauchisme est un strabisme. Par exemple, Jean-Paul Sartre approuva l’exécution de Robert Brasillach au nom de la responsabilité de l’écrivain et Simone de Beauvoir parce qu’il y a «des mots aussi meurtriers qu’une chambre à gaz »». Lors de son procès, accusé d’intelligence avec l’ennemi, Robert Brasillach n’avait pas essayé de fuir: ses articles violemment antisémites parus dans la presse collaborationniste constituaient un délit d’opinion qu’il ne pouvait effacer; ils l’envoyèrent à la mort. C’est comme si les écrivains devaient répondre de leurs écrits et en supporter toutes les conséquences; or, aujourd’hui, on voit avec l’affaire Mehdi Meklat que les gauchistes sont capables de produire un autre point de vue, en invoquant la littérature comme pitoyable excuse.

Durant des années, Mehdi Meklat a déversé sur Twitter sa haine des Juifs, des Blancs, ou encore de Charlie Hebdo. Mis face à ses responsabilités, le jeune homme s’est défendu dans Télérama en invoquant un « double de fiction » qui l’aurait dépassé. Les médias qui l’ont fabriqué ont repris cette échappatoire: tout cela n’était donc qu’un « travail littéraire et artistique ». Sur Twitter, Pascale Clark a volé au secours de son petit protégé -elle le lisait d’ailleurs avec bonheur car c’était le compte qu’il « était urgent de suivre »: selon elle, le personnage qui tweetait sous le pseudonyme de Marcelin Deschamps était « odieux, fictif » et « ne servait qu’à dénoncer » le racisme. Or, bizarrement, ce personnage au nom si français était uniquement raciste à l’égard des Blancs et des Juifs et il n’hésitait pas à entreprendre l’apologie de Ben Laden ou de Mohamed Merah. Un certain nombre de médias trouvaient cela très bien. Pierre Siankowski, directeur de la rédaction des Inrocks, qui jure aujourd’hui qu’il n’avait pas connaissance des fameux tweets, pleurait de rire en les lisant. Claude Askolovitch a relativisé le caractère antisémite des tweets en les réduisant à des « blagues nazes » -pourquoi ne pas avoir vu, alors, que le fameux « Durafour crématoire » dont on nous a rebattu les oreilles était également une mauvaise plaisanterie?

Une certaine gauche a des complaisances coupables pour les « jeunes de banlieue »;  elle s’accommode volontiers avec les immondices qui leur servent de pensée. À travers des médias tels que Libération, Le Monde, Les Inrocks, Télérama, Mediapart, Canal+ ou encore France Inter, elle n’a cessé d’encenser et de promouvoir Mehdi Meklat et son compagnon Badroudine Saïd Abdallah, pour en faire les porte-paroles des jeunes issus de l’immigration -on devine, comme l’explique très bien le politologue Laurent Bouvet dans Le Figaro, qu’elle les a utilisés pour se donner bonne conscience, parce qu’elle reconnaît dans leur sous-culture de racailles «une forme de dédouanement et de relais à ses engagements politiques et sociaux oubliés, à tous ses renoncements depuis des décennies ». C’est sans doute ce qui est le plus obscène dans cette histoire: le paternalisme post-colonial de journalistes prêts à pardonner à Mehdi Mekrat ce qu’ils ne pardonneraient pas à d’autres -pour eux, les Arabes sont forcément des victimes et méritent notre mansuétude. En 2015, les mêmes journalistes n’avaient pas eu de mots assez durs pour condamner l’historien Georges Bensoussan qui, invité dans l’émission Répliques d’Alain Finkielkraut, avait justement évoqué l’antisémitisme atavique des familles arabes en France. Le CSA avait alors adressé à France Culture « une mise en garde ferme » et Georges Bensoussan fut traîné devant les tribunaux, poursuivi pour « provocation à la haine raciale » par les grandes associations antiracistes –Ligue des droits de l’homme, Licra, MRAP, SOS-Racisme et le Collectif contre l’islamophobie en France. 

L’indignation à géométrie variable des journalistes n’est pas nouvelle. Dans Un paradoxe français, Simon Epstein nous parle de ces journalistes qui dénonçaient l’antisémitisme hitlérien dans les années trente puis, pendant l’occupation, écrivaient des insanités antisémites dans la presse collaborationniste. On en est là. Les journalistes si complaisants avec l’antisémitisme de Mehdi Meklat auraient sans doute applaudi l’exécution de Robert Brasillach. De Gaulle a expliqué dans ses Mémoires qu’il n’avait pas gracié l’écrivain parce que « le talent est un titre de responsabilité, il est donc une circonstance aggravante, car il accroît l’influence de l’écrivain ». Nous nous consolerons donc en pensant que Mehdi Meklat n’est pas responsable parce qu’il n’a aucun talent littéraire -les Éditions du Seuil publient ses livres comme elles publient ceux d’Édouard Louis: parce que la haine de la France est aussi un fonds de commerce.

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Written by Noix Vomique

24 février 2017 à 11 11 22 02222

Publié dans Uncategorized

23 Réponses

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  1. Cet Édouard Louis est vraiment un intellectuel de gauche ! Je sais, le terme est fort. Mais accolés à de tels personnages, « imbécile », « crapule » ou « nuisible » sont trop indulgents.

    jacquesetienne

    24 février 2017 at 12 12 17 02172

    • C’est un de ces idiots utiles ou « compagnons de route » comme les appelaient les communistes français. Généralement, ils sont liquidés dès que ceux qu’ils ont supportés prennent le pouvoir. (Les étudiants communistes iraniens furent emprisonnés et liquidés par les gardiens de la révolution islamique qu’ils soutinrent.)

      Claude

      24 février 2017 at 14 02 24 02242

    • « Intellectuel de gauche »: ah oui, vous y allez fort.

      Noix Vomique

      24 février 2017 at 22 10 43 02432

  2. A reblogué ceci sur No One Is Innocent….

    Skandal

    24 février 2017 at 13 01 46 02462

  3. A reblogué ceci sur Décadence de Cordicopolis.

    Lebuchard courroucé

    24 février 2017 at 16 04 55 02552

  4. Bonjour mon cher,
    je me suis tout simplement régalé en vous lisant même si votre billet m’a fait monté la tension ! Un peu comme ces plats épicés dont on se délecte mais qui vous procurent de sacrées bouffées de chaleur.
    Pas besoin d’ennemis étrangers avec de tels collabos gauchistes et de tels CPF ! Juste une envie réelle de faire un carton…
    Je n’ai pas le temps d’écrire sur cela donc je reblogue votre production,
    Bonne fin de semaine.
    Amitiés.

    Lebuchard courroucé

    24 février 2017 at 17 05 01 02012

  5. Et il parait que cette petite merveille de racaille et parti dans son bled, à cause, dit-il, de la facho- sphère c’est bien injuste …..pourvu qu’il y reste, c’est tout de même un grand intello….

    Boutfil

    24 février 2017 at 19 07 40 02402

    • J’ai vu que Libé et Mediapart avaient tenté de détourner l’attention en expliquant que c’était la fachosphère qui avait monté cette opération contre Mehdi Meklat. Ça devient grotesque.

      Noix Vomique

      24 février 2017 at 22 10 46 02462

  6. Edouard Louis aurait aimé être Théo…

    bebert

    24 février 2017 at 19 07 53 02532

  7. J’avais déjà compris en lisant un de vos précédents posts que vous n’appréciiez pas outre mesure Édouard Louis (né Eddy Bellegueule).

    Rupert

    24 février 2017 at 20 08 44 02442

  8. Je ne sais pas si vous êtes pervers, stupide ou tellement intoxiqué par votre verbiage que vous en perdez le sens commun, mais si Brasillach a été exécuté ce n’est pas en raison de ses écrits antisémites mais pour trahison. « Intelligence avec l’ennemi » en langage technique.

    Si, comme de Gaulle, il s’était exilé à Londres et engagé parmi les Français Libres, il n’aurait bien évidemment jamais été inquiété, tout antisémite acharné qu’il eut été. En revanche, que les traitres finissent au poteau, rien que de très normal.

    Si toutefois vous tenez absolument à faire un parallèle historique avec « l’affaire Meklat », c’est du côté de Céline qu’il faut que vous cherchiez. Voilà un auteur qui, après Voyage au bout de la nuit était le chouchou de la gauche littéraire toute tendances confondues. Bagatelle pour un massacre crée, bien entendu, un froid; mais il est des gauchistes pour saluer le talent littéraire de l’auteur, à commencer par Gide.

    Aujourd’hui comme hier, les hommes de tête cherchent à utiliser leur intelligence et leurs connaissances pour trier le bon grain de l’ivraie et mettre les choses en perspectives; parfois en se trompant. Manifestement, doté d’une fonction de réaction qui vous rapproche plus du perroquet que de la créature humaine, cela vous est impossible.

    Emile

    24 février 2017 at 20 08 57 02572

    • L’Emile : combien de Dupont Lajoie poursuivis pour moins que ça ? Combien de talentueux comiques brisés dans leur carrière pour moins que ça ? Combien de bûchers pour quelques lignes ou quelques mots impolitiquement corrects ?
      La gauche qui revendique le monopole de la bien-pensance vient de se brûler les ailes, c’est aussi simple que ça.

      Fredi M.

      24 février 2017 at 21 09 38 02382

    • Emile, très franchement, je me demande ce qui vous oblige à subir mon verbiage de perroquet. Je vais quand même vous répondre.

      J’aurais pu, en effet, évoquer Céline mais, que voulez-vous, je préfère Brasillach. Sans doute suis-je pervers; je constate cependant que cette petite provocation fonctionne. Il y a quelques années, Philippe Bilger a publié un livre où il revenait sur le procès: il démontrait que l’accusation d’intelligence avec l’ennemi ne tenait pas et que Brasillach avait surtout été condamné sur la base de ses écrits. Voilà.

      De toutes façons, le sujet de ce billet était ailleurs. Je ne vais tout-de-même pas vous faire l’affront de vous l’expliquer.

      Noix Vomique

      24 février 2017 at 22 10 49 02492

      • Noix Vomique,

        Si vous voulez bien m’expliquer le sujet de votre billet, je ne prendrais pas cela pour un affront, parce que c’est pas très clair.

        Bon, en gros ce que je comprends, c’est que pour vous, la gauche c’est la bien-pensance. Donc vous êtes dans une posture assez classique: vous dénoncez la bien-pensance du camp d’en face.

        Mais j’attire votre attention sur le fait que la bien-pensance n’est ni spécifiquement de droite ni spécifiquement de gauche, c’est une technique qui consiste à se placer toujours du côté du scandale, comme ça, on n’a jamais tort: on est toujours dans le camp si ce n’est du Bien, au moins d’un bien.

        Ce qui serait contraire à la bien-pensance: prendre la défense de Mehdi Meklat. Or, vous ne le faites pas: vous vous contentez de hurler avec les autres loups. Donc, vous êtes vous même dans la bien-pensance.

        Par ailleurs, si en 2017 vous souhaitez affirmer à la face du monde qu’il n’est pas honteux d’aimer Brasillach, je crois c’est jouable. C’est de l’histoire ancienne tout ça. Je pense donc que vous pouvez vous dispenser de cet exercice littéraire un peu laborieux qui consiste à accuser la gauche de se trainer ses propres Brasillach, pour justifier que vous aimiez vous-même Brasillach. En plus, c’est un lieu commun: tout le monde se traine ses casseroles, tout le monde a ses cadavres dans les placards. Alors…

        Sinon, Georges Bensoussan a un peu dérapé dans le virage, faut quand même le reconnaitre. Son coup de bol: il parait que la personne qui représentait l’association anti-islamophobe lors du procès était une vraie caricature de l’islamiste borné et rétrograde. Ca pourra peut-être l’aider, m’enfin il a quand même déconné. Certes pas grand-chose par rapport aux vieux dégueulasses racistes et xénophobes qui hantent la réacosphère, mais comme il l’a fait chez Finkie sur France Culture, il s’est pas aidé non plus. C’était pas discret, quoi.

        tschok

        28 février 2017 at 15 03 40 02402

        • Tschok, vous vous trompez: je ne voulais pas dénoncer la bien-pensance ni justifier mon affection pour Brasillach. C’est tout simplement l’extraordinaire complaisance d’une certaine gauche pour l’antisémitisme des jeunes arabo-musulmans de banlieue qui me gêne.

          Noix Vomique

          28 février 2017 at 17 05 27 02272

          • Ben vous voyez, vous avez eu raison de m’expliquer le sujet de votre article, parce que je n’avais pas compris que c’était ça son centre de gravité. J’avais bien vu ce thème, mais je ne l’avais pas particulièrement placé au centre du sujet.

            C’est ce qu’on appelle les « islamo-gauchistes », il me semble?

            Sauf que là, vous parlez de gens qui, je crois, ne font pas partie de ce courant de la gauche, mais de gens de la gauche intello propre sur elle qui ont fait de Meklat leur coqueluche et qui se rendent compte qu’il est un peu zarbi. Ils n’ont pas parié sur le bon canasson, quoi. Et le truc leur pète à la gueule, alors c’est le sauve-qui-peut.

            Emile a pas totalement tort: dans les sphères intellos, vous avez des gens qui sont des découvreurs de talents. Leur job consiste à lancer des personnalités, ce qui permet d’alimenter la vie culturelle de la société. Mais parfois, ils se plantent. Là, ils auraient bien aimé que Maklat soit un Monsieur Propre, un gendre idéal, quoi, sauf que le mec est glaireux.

            Mettez-vous à la place des gens qui ont lancé Dieudonné, par exemple. A l’époque, il tournait avec Eli et leur duo comique marchait bien. Et puis le type est parti en vrille. Panique à bord! Vite, couper les ponts! On le connait plus, on sait pas, on avait pas vu, etc. Ben, c’est la même chose.

            Dans ces sphères, c’est justement parce que l’antisémitisme est un tabou que la mise en quarantaine de celui par qui le scandale arrive se produit. je crois que, sur ce point, vous êtes justement dans le contre-sens. Pour eux, vous pouvez être homo, bisexuel, junkie, escroc, ancien trafiquant d’armes, etc, ça les amuse. Le seul truc à pas faire: donner dans l’antisémitisme. Ca pardonne pas. Là, vous-vous faites gicler vite fait.

            En fait, Meklat, c’est le sparadrap du capitaine Haddock, ou le bâton de merde poisseux.

            Enfin, c’est ce que j’ai compris de l’affaire. Mais je veux pas non plus vous empêcher de trouver des motifs de détester la gauche intello, hein?

            tschok

            1 mars 2017 at 14 02 26 03263

  9. or, aujourd’hui, on voit avec l’affaire Mehdi Meklat que les gauchistes sont capables de produire un autre point de vue, en invoquant la littérature comme pitoyable excuse.

    Pourtant ils n’ont plus à redouter la guillotine….

    Fredi M.

    24 février 2017 at 21 09 30 02302

  10. de ce gentil eddy bellegueule, on peut retenir le dernier pensum , honoré par vronze cul ( honoré ? encensé ! plébiscité !)
    pensum dans lequel il retrace son gross malheur , invitant un gentil estranger pour boire un coup chez lui,puis le gentil estranger une fois désaltéré et rassasié , les choses ne tournant pas à l’avantage d’eddy , avec tabassage , dépouille, viol et simulacre d’assassinat …..
    un must !
    comme on dit , ses expériences ne lui ont pas mis de plomb dans la tête
    seulement du foutre dans le cul

    kobus van cleef

    26 février 2017 at 18 06 14 02142


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