Noix Vomique

Archive for avril 2017

La dure réalité

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Ce jeudi, au moment où David Pujadas et Léa Salamé, sur France 2, demandaient aux différents candidats à l’élection présidentielle de nous présenter leurs doudous, une attaque terroriste sur les Champs-Élysées tuait un policier et en blessait deux autres. L’assaillant était connu des services de police depuis longtemps ; il avait déjà été condamné et était visé par une enquête antiterroriste confiée à la Direction générale de la sécurité intérieure. L’État islamique a aussitôt revendiqué l’attentat.

À deux jours du premier tour, la fiction de la campagne électorale a volé en éclats.

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Résurrection

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Pelerins au saint sépulcre

Pèlerins au Saint-Sépulcre (Guillaume de Tyr, Historia, XIIIème siècle, BnF)

Le chemin de Compostelle commença à se développer au début du XIème siècle, lorsqu’il était devenu difficile d’aller à Jérusalem, après la destruction de l’église du Saint-Sépulcre en 1009 puis la prise de la ville par les Turcs Seldjoukides en 1078. Jérusalem était depuis longtemps la destination la plus prestigieuse pour les pèlerins -depuis que les Romains s’étaient massivement convertis au christianisme; et on conserve d’ailleurs le récit d’un Bordelais, qui avait fait le voyage au début du IVème siècle et qui avait visité l’édifice que l’empereur Constantin venait de faire construire dans le jardin où le Christ avait été crucifié puis enseveli : «une église de beauté merveilleuse, ayant à ses côtés des réservoirs d’où l’on tire de l’eau et un bassin à l’arrière, où les petits enfants sont baptisés». Après la prise de Jérusalem par le calife Omar en 637, les pèlerins ne se découragèrent pas et continuèrent à affluer. Ils empruntaient le plus souvent la route maritime, qui reliait Marseille, Gênes ou Venise aux ports de Terre sainte tels que Jaffa ou Acre; la route terrestre traversait les Balkans jusqu’à Constantinople, passait le Bosphore puis longeait la côte vers le sud. Arrivés à Jérusalem, les pèlerins visitaient les principaux lieux en rapport avec la vie du Christ -parmi lesquels, bien sûr, l’église du Saint-Sépulcre. Charlemagne, qui avait noué de bonnes relations avec le calife de Bagdad Haroun al-Rachid, avait obtenu que les pèlerinages chrétiens fussent autorisés vers Jérusalem et deux monastères furent fondés, sur le Mont-Sion et près du Saint-Sépulcre, pour héberger les Palmieri. La situation se détériora après que les Fâtimides prirent Jérusalem en 969: le calife al-Hâkîm fit détruire l’église du Saint-Sépulcre en 1009. À partir de ce moment, les persécutions des Chrétiens en Terre sainte se multiplièrent, à tel point que l’empereur de Byzance, Michel VII Doukas, fit appel au pape en 1074 pour que les chrétiens d’Occident vinssent au secours des chrétiens d’Orient. Il fallut cependant attendre 1095 pour que le pape Urbain, lors du concile de Clermont, appelât à intervenir en Terre sainte.

Les barons Godefroy de Bouillon, Robert de Flandre et Raymond de Saint-Gilles, avec douze mille hommes, s’emparèrent de Jérusalem le 15 juillet 1099 -Godefroy de Bouillon fut choisi pour prendre la tête du Royaume de Jérusalem. Les pèlerins pouvaient alors revenir en Terre sainte: leur sécurité était garantie par les « Pauvres Chevaliers du Christ », qui, installés à partir de 1119 dans l’ancien temple de Salomon, prirent le nom de Templiers. L’Ordre du Saint-Sépulcre fut créé par Godefroy de Bouillon: les chanoines qui le composaient avaient pour mission de protéger la sépulture sacrée et ses biens. Le chroniqueur Guillaume de Tyr rapporte que la basilique du Saint-Sépulcre fut reconstruite, en essayant de garder ce qui existait, et inaugurée le 15 juillet 1149, pour commémorer le cinquantenaire de la prise de Jérusalem. Le pèlerinage à Jérusalem connut alors un regain d’intérêt: des milliers de chrétiens achevaient leur périple devant le Saint-Sépulcre, le lieu où, selon les Évangiles, Jésus mourut puis ressuscita:

Il y avait un conseiller, nommé Joseph, homme bon et juste, qui n’avait point participé à la décision et aux actes des autres ; il était d’Arimathée, ville des Juifs, et il attendait le royaume de Dieu. Cet homme se rendit vers Pilate, et demanda le corps de Jésus. Il le descendit de la croix, l’enveloppa d’un linceul, et le déposa dans un sépulcre taillé dans le roc, où personne n’avait encore été mis. C’était le jour de la préparation, et le sabbat allait commencer. Les femmes qui étaient venues de la Galilée avec Jésus accompagnèrent Joseph, virent le sépulcre et la manière dont le corps de Jésus y fut déposé, et, s’en étant retournées, elles préparèrent des aromates et des parfums. Puis elles se reposèrent le jour du sabbat, selon la loi. Le premier jour de la semaine, elles se rendirent au sépulcre de grand matin, portant les aromates qu’elles avaient préparés. Elles trouvèrent que la pierre avait été roulée de devant le sépulcre ; et, étant entrées, elles ne trouvèrent pas le corps du Seigneur Jésus. Comme elles ne savaient que penser de cela, voici, deux hommes leur apparurent, en habits resplendissants. Saisies de frayeur, elles baissèrent le visage contre terre ; mais ils leur dirent : Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant ? Il n’est point ici, mais il est ressuscité. Souvenez-vous de quelle manière il vous a parlé, lorsqu’il était encore en Galilée, et qu’il disait : Il faut que le Fils de l’homme soit livré entre les mains des pécheurs, qu’il soit crucifié, et qu’il ressuscite le troisième jour. Et elles se ressouvinrent des paroles de Jésus. À leur retour du sépulcre, elles annoncèrent toutes ces choses aux onze, et à tous les autres. Celles qui dirent ces choses aux apôtres étaient Marie de Magdala, Jeanne, Marie, mère de Jacques, et les autres qui étaient avec elles. Ils tinrent ces discours pour des rêveries, et ils ne crurent pas ces femmes. Mais Pierre se leva, et courut au sépulcre. S’étant baissé, il ne vit que les linges qui étaient à terre ; puis il s’en alla chez lui, dans l’étonnement de ce qui était arrivé.

Évangile de Luc, 23:50 – 24:12

Je souhaite aux lecteurs de ce blog une joyeuse fête de Pâques. N’oublions pas dans nos prières les Chrétiens d’Orient qui vivent un véritable calvaire.

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Si j’étais à gauche

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La campagne électorale n’a jamais démarré, sans doute parce que la gauche n’a rien à dire. Le travail ne fait plus partie de son projet: qu’a-t-elle à proposer aux millions de personnes qui cherchent un emploi? La fumisterie du revenu universel? Même Benoît Hamon donne l’air de ne pas y croire. Si j’étais socialiste, j’aurais eu l’audace de défendre l’idée de la semaine de quatre jours ; j’aurais invoqué la nécessité de partager le travail avec ceux qui sont au chômage ou qui doivent se dépatouiller avec des petits boulots. Mais le parti socialiste a préféré abandonner le thème de la réduction du temps de travail à Philippe Poutou, cette caricature d’ouvrier révolté qui plaît tant aux petits bourgeois, un peu comme on a laissé au Front national l’exclusivité du discours critique sur l’immigration.

Si j’avais été socialiste, et sans doute aussi parce que je suis une feignasse, j’aurais donc mis la semaine de quatre jours au centre de la campagne -quatre journées de huit heures, loin de la journée de trois heures, que Paul Lafargue, le gendre de Karl Marx, préconisait en 1880 dans Le droit à la Paresse. Max Weber m’aurait sans doute dit que la semaine de quatre jours n’est pas vraiment conforme à l’éthique protestante et que la damnation me guette. Peu importe, soyons utopiste: alors que Lafargue veut transformer un vice, la paresse, en moteur d’une société nouvelle, imaginons plutôt que les salariés auraient davantage de temps pour se cultiver et s’occuper de leurs moutards. J’aurais justifié cette avancée en expliquant que la productivité, grâce aux progrès de l’informatique et de la robotique, a augmenté de façon inouïe au cours des dernières décennies. En France, où les gains de productivité, immenses, sont en partie responsables du chômage, la réduction du temps de travail amènerait les entreprises, si elles veulent fonctionner cinq jours par semaine, à engager de nouveaux salariés. Soyons libéraux: la loi ne serait pas obligatoire mais incitative: elle prévoirait de baisser considérablement les charges et les cotisations sociales des entreprises qui embauchent. Le défi serait de rester compétitif et de maintenir le niveau des salaires ; je ne suis pas un économiste, mais j’imagine que c’est possible.

Évidemment, la droite s’opposerait à une telle mesure. Depuis la mise en place calamiteuse des trente-cinq heures par Martine Aubry, elle s’est en effet figée dans une posture idéologique et répète qu’on ne peut pas être productif si l’on travaille moins. Certes, si on adoptait la semaine de trente-deux heures, chacun travaillerait un jour de moins par semaine, mais, globalement, le chômage serait réduit et la France travaillerait davantage. La droite ne semble pas avoir vu que le travail a évolué et, pour plaire à son électorat, François Fillon propose donc de revenir aux trente-neuf heures -c’est l’un des points faibles de son programme, avec le recul de l’âge de la retraite. Il oublie que la droite, dans le passé, fut favorable à une réduction du temps de travail: en 1996, Gilles de Robien, inspiré par la réflexion de Pierre Larrouturou, avait fait adopter une loi sur l’aménagement du temps de travail, pour aider les employeurs qui le souhaitaient à alléger les horaires de leurs salariés. Les résultats furent encourageants: plus de 400 entreprises étaient alors passées à la semaine de quatre jours, sans perdre de leur compétitivité, et plus de 10 % de salariés supplémentaires avaient été embauchés. La loi Robien fut ensuite abrogée avec la promulgation des lois Aubry. Aujourd’hui, face à François Fillon, le parti socialiste se désintéresse totalement de ceux qui travaillent, qui ont travaillé ou qui veulent travailler. Il ne comprend pas que notre modèle social est menacé et qu’il faudrait peut-être, pour le sauver de la faillite, limiter les conditions du regroupement familial, durcir l’accès aux prestations sociales des étrangers et supprimer l’aide médicale d’État réservée aux immigrés clandestins. Ces mesures ne peuvent pas être de gauche ; tant pis pour nos acquis sociaux.

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8 avril 2017 at 17 05 46 04464

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Les derniers jours de la présidence Hollande

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Au Palais de Tokyo, François Hollande visite un artiste contemporain qui couve des oeufs.

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