Noix Vomique

Sismologie

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Après l’attentat de Manchester, qui a fait 22 morts et 59 blessés, le New York Times a publié une carte des attaques terroristes en Europe depuis 2015. C’est comme une carte sismique, qui représente les tremblements de terre selon leur intensité: avec le temps, la récurrence des attentats semblent transformer les médias en sismographes -ces appareils qui enregistrent la moindre secousse. Il est possible d’évaluer le risque à partir de la cartographie des incidents, qui présente des cercles plus ou moins grands selon le nombre de victimes, de Nice à Copenhague, de Manchester à Berlin, en passant bien sûr par Paris, qui est la ville la plus touchée. Le New York Times a également publié un petit graphique montrant la fréquence des attentats, un peu comme on appréhende la période de retour des séismes. On réalise alors que le risque est élevé ; le niveau de vigilance a d’ailleurs été remonté. Mais le jour, le lieu et la magnitude d’un attentat, comme d’un séisme, restent impossibles à prédire. Face à cette impossibilité, qui pourrait nous condamner à un certain fatalisme, la prévention est la meilleure façon de diminuer la vulnérabilité des populations. Par exemple, pour minimiser les effets d’un tremblement de terre, les constructions doivent respecter des normes parasismiques. Or, pour prévenir des attentats, on ne va tout-de-même pas se contenter d’élargir les trottoirs et améliorer l’éclairage public. Aussi, à l’instar des sismologues, qui s’appuient sur de nombreux appareils de mesure, pour mieux connaître la sismicité et peut-être identifier des signes précurseurs, les autorités et les services de renseignements européens analysent des millions de données et surveillent les individus suspects; ils n’empêcheront pourtant pas de nouveaux attentats d’être commis. Manuel Valls avait raison, hélas, lorsqu’il disait que « La France va devoir vivre avec le terrorisme pour longtemps ». Nous ne devons pas nous résigner pour autant. Certaines personnes acceptent de vivre sur la faille de San Andreas, en espérant que le Big One n’aura jamais lieu; d’autres préfèrent changer de paroisse. On ne lutte pas contre une rupture de l’écorce terrestre. En revanche, il est possible de combattre le terrorisme, et d’en éradiquer les causes. La sauvegarde de la civilisation européenne est une question de volonté politique ; il est temps de faire trembler l’engeance islamiste et de la renvoyer outre-Méditerranée.

Attaques terroristes en Europe depuis 2015

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Written by Noix Vomique

25 mai 2017 à 15 03 21 05215

Publié dans Uncategorized

12 Réponses

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  1. Oulala. Votre conclusion va encore vous attirer des commentaires indignés 🙂

    Rupert

    26 mai 2017 at 12 12 12 05125

    • Même pas! Bizarrement, les trolls ont disparu, après s’être déchainés sur un seul billet, entre les deux tours de l’élection présidentielle. Ma conclusion est ici plutôt soft -j’avais d’abord pensé à quelque chose de plus radical…

      Noix Vomique

      27 mai 2017 at 11 11 03 05035

  2. Bonjour Noix Vomique,

    Vouloir renvoyer outre-Méditerranée l’engeance islamiste est une idée un peu bizarre, car elle s’y trouve déjà, vu qu’elle y est née (en donnant à l’outre-Méditerranée une acception large incluant le PMO).

    De même, centrer la carte des attentats sur l’Europe est assez réducteur: c’est l’ensemble du monde qui est touché, bien que les principaux attentats soient concentrés dans quelques pays du monde.

    En 2016, il y a ainsi eu, selon un décompte parmi d’autres, 921 attentats islamistes pour environ 8.000 morts. La grande majorité des victimes est musulmane et l’essentiel des attentats est concentré en Syrie, Irak, Somalie, Yémen, Turquie, Nigéria, Egypte, Pakistan, etc.

    Bien sûr, nous sommes plus intéressés par les attentats qui se commettent en Occident, plus particulièrement en Europe, et en ce qui nous concerne, évidemment en France. De ce point de vue-là (l’intérêt pour les choses qui nous sont immédiates) une carte centrée sur l’Europe et la France se justifie.

    Néanmoins, le biais cognitif qu’introduit une telle carte peut nous faire oublier que le phénomène est mondial et qu’il s’inscrit dans un temps historique (Cf la citation de Valls, qu vous rappelez).

    Dès lors, les solutions plus radicales auxquelles vous aviez d’abord pensé (je suppose que c’est quelque chose comme la « remigration »?) ne présentent pas d’utilité stratégique. Mais le fait de les évoquer publiquement peut calmer, dans une certaine mesure, un ressentiment ou une anxiété bien naturels.

    Mais là encore, il faut s’en méfier: ressasser toujours les mêmes obsessions entretient les gens dans l’illusion que les solutions simples et même simplistes à un problème complexe existent, alors que ce n’est pas vraiment le cas. On aimerait tous, je crois, qu’il existe quelque part un bouton « solution » sur un pupitre, et qu’il suffise d’appuyer dessus pour vivre dans un monde meilleur.

    Tenez, je vous donne un exemple: voici un problème apparemment simple, mais qui en réalité est complexe. Peut-on à la fois combattre le terrorisme et, en même temps, en éradiquer les causes, sachant que lorsque l’on combat le terrorisme, le plus souvent, on en entretient et on en amplifie les causes?

    De ce point de vue, par exemple, l’intervention de l’Arabie Saoudite au Yémen est assez terrible. Mais avant cela, il y a eu l’intervention américaine en Irak, dont on sais aujourd’hui qu’elle a indirectement engendré Daesh, à qui ont attribue aujourd’hui la moitié de la létalité des attentats islamistes commis dans le monde.

    Je reste preneur de solutions simples et radicales si vous en avez, mais j’ai des doutes quant à leur efficacité.

    tschok

    29 mai 2017 at 14 02 00 05005

    • Bonjour Tschok, je suis heureux d’avoir de vos nouvelles. Avec Kobus, nous étions inquiets.

      Pourquoi est-il bizarre de vouloir renvoyer les islamistes outre-Méditerranée, c’est-à-dire dans tous ces pays qui vont du Maghreb au Proche-Orient? Ce serait un véritable retour aux sources, qui devrait assurément combler de bonheur les fondamentalistes.

      Je ne suis pas choqué par la carte du New York Times, qui se limitait aux seuls attentats commis en Europe, alors que le terrorisme touche également, comme vous le soulignez, des pays de culture musulmane. En y réfléchissant, il est certes curieux que des Américains insistent davantage sur l’échelle européenne, alors qu’ils auraient pu relativiser, en disant que le phénomène est mondial. Tant mieux: alors qu’on nous parle de construction européenne, il faudrait peut-être que les Européens prennent conscience de ce qu’ils sont et songent à se défendre.

      L’islamisme doit être combattu. D’une façon ou d’une autre. Si cela alimente le terrorisme, c’est que nous sommes face à un problème énorme, que nous avons laissé se développer et qui dépasse le seul islamisme. Il faut que les Musulmans cessent de finasser: ils ne sont pas tous complices mais il est indéniable que les terroristes appartiennent à leur communauté. S’ils ne veulent pas faire le ménage parmi leurs coreligionnaires, ils devront en assumer les conséquences. Ils doivent comprendre qu’ils sont en Europe, et qu’il y a ici une tradition et des valeurs. À nous de mettre en avant notre identité. Les djihadistes nous attaquent non seulement pour ce que nous sommes, mais aussi parce qu’ils sentent que nous le sommes mollement.

      Noix Vomique

      29 mai 2017 at 15 03 21 05215

      • mais j’étais pas inquiet , moi
        qu’est ce que vous racontez ?
        non non , j’étais bénaise , à recharger mes cartouches , comme tout bon souchard devrait le faire

        kobus van cleef

        29 mai 2017 at 19 07 27 05275

  3. « La sauvegarde de la civilisation européenne est une question de volonté politique. »

    Je vous suis mais comment réagir à son niveau modeste quand on a le sentiment de ne plus avoir de levier efficace ? Je suis conscient de l’état d’urgence que vous vivez en France mais notre petite Helvétie est aussi concernée par le processus de désagrégation de la civilisation européenne. Le diagnostic établi, avec quelques amis, on balance entre la réactivité lucide, la colère et une forme d’aquabonisme (ou la tentation du dégagement), il faut être honnête. Quand je me trouve dans une phase réactive positive, le souverainisme redevient une sensibilité politique dont je me sens proche mais a-t-il un avenir réaliste ? La nation souveraine qui se réinvente un futur en intégrant des sensibilités apparemment opposée mais complémentaires dans un corpus dynamique a de quoi séduire des esprits exigeants et lucides mais je bute sur mon constat initial : comment rassembler des énergies dispersées en proie à la désillusion pour faire levier ?

    CLAUDE

    1 juin 2017 at 11 11 30 06306

    • Claude, je crains qu’il soit difficile, individuellement, d’inverser la vapeur. Et, soyons honnête, il m’arrive aussi de céder à l’aquoibonisme. Malgré tout, à notre niveau, dans la vie de tous les jours, nous pouvons refuser tout compromis -l’amie Boutfil, sur son blog, racontait hier comment elle avait refusé de lire certains livres pour enfants qui étaient ouvertement islamisants. Mais ce n’est pas suffisant. Le combat doit aussi se situer au niveau politique: le souverainisme, la fin d’une politique migratoire fondée sur le regroupement familial et la distribution des prestations sociales, et, enfin, la remise à niveau de l’école. Car je suis convaincu que l’école doit jouer un rôle essentiel dans la sauvegarde de notre civilisation.

      Noix Vomique

      1 juin 2017 at 14 02 35 06356

  4. Après avoir lu « La confession négative » de Richard Millet, tous les livres me tombaient des mains. Le 24 mai de cette année, il a mis en ligne une chronique qui débute par ces mots :
    « Qu’est-ce que l’Occident ? De la pornographie et des attentats : la guerre civile comme évènement pornographique, et la pornographie comme accomplissement extra-moral du narcissisme d’État. »
    http://richardmillet.wixsite.com/siteofficiel/single-post/2017/05/24/Pornographie

    CLAUDE

    1 juin 2017 at 20 08 23 06236

  5. Après Manchester, Londres. Une nouvelle fois, les médias, tels des sismographes, ne peuvent que constater la catastrophe. Peu à peu, l’idée s’impose que le terrorisme est une fatalité -d’ailleurs, le maire de Londres n’a-t-il pas affirmé que les attaques terroristes « font partie de la vie des grandes villes »? Comme si un attentat terroriste était un séisme, comme s’il était impossible de lutter contre.

    Noix Vomique

    4 juin 2017 at 20 08 08 06086

    • Il y a une manière de lutter contre le terrorisme mais elle implique des gouvernants des pays occidentaux qu’ils prennent leur responsabilité :

      « L’islam radical a déclaré la guerre aux infidèles et procède par des attentats n’ayant d’autre but que de tuer le plus grand nombre de non-musulmans possible.
      L’unique parade face à cette agression d’une violence inouïe consiste à relever le défi et à déclarer la guerre aux assaillants.
      La contre-offensive passe par des schémas connus, développés par le Shin-Bet (le contre-espionnage) israélien. Elle implique la nécessité de connaître, à tout moment et très précisément, ce qui se déroule dans chaque quartier, chaque immeuble et chaque appartement.
      Pour y parvenir, il est obligatoire de posséder une très large base de données active. Celle-ci s’obtient par recoupement (croisement) du plus grand nombre d’informations disponibles. En procédant par des opérations commandos, pratiquement chaque nuit ou plusieurs fois par nuit, aboutissant à des arrestations administratives, suivies d’interrogatoires et permettant le recoupement des données d’origines variées.
      C’est uniquement par ce procédé qu’il est possible d’exercer une pression efficace sur le terrorisme islamique. Le temps du choix de la réplique est révolu, de la création d’une base de données active, augmentée et entretenue pendant plusieurs années, dépend la sécurité des Européens.
      Les dirigeants des Etats européens peuvent désormais soit faire face à leurs obligations, soit exposer la population dont ils ont la charge au danger. Ce n’est plus une question politique, mais une affaire de responsabilité. »

      Stéphane Juffa in La Mena/Metula News Agency, le 5 juin 2017

      Oseront-ils prendre leur responsabilité ?

      CLAUDE

      5 juin 2017 at 17 05 14 06146


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