Noix Vomique

Archive for the ‘Uncategorized’ Category

La dure réalité

leave a comment »

1808186659_B9711784099Z.1_20170421001543_000_GOG8TUKSH.3-0

Ce jeudi, au moment où David Pujadas et Léa Salamé, sur France 2, demandaient aux différents candidats à l’élection présidentielle de nous présenter leurs doudous, une attaque terroriste sur les Champs-Élysées tuait un policier et en blessait deux autres. L’assaillant était connu des services de police depuis longtemps ; il avait déjà été condamné et était visé par une enquête antiterroriste confiée à la Direction générale de la sécurité intérieure. L’État islamique a aussitôt revendiqué l’attentat.

Il ne reste que deux jours avant le premier tour et la fiction de la campagne électorale a volé en éclats.

Written by Noix Vomique

21 avril 2017 at 9 09 21 04214

Publié dans Uncategorized

Résurrection

with 6 comments

Pelerins au saint sépulcre

Pèlerins au Saint-Sépulcre (Guillaume de Tyr, Historia, XIIIème siècle, BnF)

Le chemin de Compostelle commença à se développer au début du XIème siècle, lorsqu’il était devenu difficile d’aller à Jérusalem, après la destruction de l’église du Saint-Sépulcre en 1009 puis la prise de la ville par les Turcs Seldjoukides en 1078. Jérusalem était depuis longtemps la destination la plus prestigieuse pour les pèlerins -depuis que les Romains s’étaient massivement convertis au christianisme; et on conserve d’ailleurs le récit d’un Bordelais, qui avait fait le voyage au début du IVème siècle et qui avait visité l’édifice que l’empereur Constantin venait de faire construire dans le jardin où le Christ avait été crucifié puis enseveli : «une église de beauté merveilleuse, ayant à ses côtés des réservoirs d’où l’on tire de l’eau et un bassin à l’arrière, où les petits enfants sont baptisés». Après la prise de Jérusalem par le calife Omar en 637, les pèlerins ne se découragèrent pas et continuèrent à affluer. Ils empruntaient le plus souvent la route maritime, qui reliait Marseille, Gênes ou Venise aux ports de Terre sainte tels que Jaffa ou Acre; la route terrestre traversait les Balkans jusqu’à Constantinople, passait le Bosphore puis longeait la côte vers le sud. Arrivés à Jérusalem, les pèlerins visitaient les principaux lieux en rapport avec la vie du Christ -parmi lesquels, bien sûr, l’église du Saint-Sépulcre. Charlemagne, qui avait noué de bonnes relations avec le calife de Bagdad Haroun al-Rachid, avait obtenu que les pèlerinages chrétiens fussent autorisés vers Jérusalem et deux monastères furent fondés, sur le Mont-Sion et près du Saint-Sépulcre, pour héberger les Palmieri. La situation se détériora après que les Fâtimides prirent Jérusalem en 969: le calife al-Hâkîm fit détruire l’église du Saint-Sépulcre en 1009. À partir de ce moment, les persécutions des Chrétiens en Terre sainte se multiplièrent, à tel point que l’empereur de Byzance, Michel VII Doukas, fit appel au pape en 1074 pour que les chrétiens d’Occident vinssent au secours des chrétiens d’Orient. Il fallut cependant attendre 1095 pour que le pape Urbain, lors du concile de Clermont, appelât à intervenir en Terre sainte.

Les barons Godefroy de Bouillon, Robert de Flandre et Raymond de Saint-Gilles, avec douze mille hommes, s’emparèrent de Jérusalem le 15 juillet 1099 -Godefroy de Bouillon fut choisi pour prendre la tête du Royaume de Jérusalem. Les pèlerins pouvaient alors revenir en Terre sainte: leur sécurité était garantie par les « Pauvres Chevaliers du Christ », qui, installés à partir de 1119 dans l’ancien temple de Salomon, prirent le nom de Templiers. L’Ordre du Saint-Sépulcre fut créé par Godefroy de Bouillon: les chanoines qui le composaient avaient pour mission de protéger la sépulture sacrée et ses biens. Le chroniqueur Guillaume de Tyr rapporte que la basilique du Saint-Sépulcre fut reconstruite, en essayant de garder ce qui existait, et inaugurée le 15 juillet 1149, pour commémorer le cinquantenaire de la prise de Jérusalem. Le pèlerinage à Jérusalem connut alors un regain d’intérêt: des milliers de chrétiens achevaient leur périple devant le Saint-Sépulcre, le lieu où, selon les Évangiles, Jésus mourut puis ressuscita:

Il y avait un conseiller, nommé Joseph, homme bon et juste, qui n’avait point participé à la décision et aux actes des autres ; il était d’Arimathée, ville des Juifs, et il attendait le royaume de Dieu. Cet homme se rendit vers Pilate, et demanda le corps de Jésus. Il le descendit de la croix, l’enveloppa d’un linceul, et le déposa dans un sépulcre taillé dans le roc, où personne n’avait encore été mis. C’était le jour de la préparation, et le sabbat allait commencer. Les femmes qui étaient venues de la Galilée avec Jésus accompagnèrent Joseph, virent le sépulcre et la manière dont le corps de Jésus y fut déposé, et, s’en étant retournées, elles préparèrent des aromates et des parfums. Puis elles se reposèrent le jour du sabbat, selon la loi. Le premier jour de la semaine, elles se rendirent au sépulcre de grand matin, portant les aromates qu’elles avaient préparés. Elles trouvèrent que la pierre avait été roulée de devant le sépulcre ; et, étant entrées, elles ne trouvèrent pas le corps du Seigneur Jésus. Comme elles ne savaient que penser de cela, voici, deux hommes leur apparurent, en habits resplendissants. Saisies de frayeur, elles baissèrent le visage contre terre ; mais ils leur dirent : Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant ? Il n’est point ici, mais il est ressuscité. Souvenez-vous de quelle manière il vous a parlé, lorsqu’il était encore en Galilée, et qu’il disait : Il faut que le Fils de l’homme soit livré entre les mains des pécheurs, qu’il soit crucifié, et qu’il ressuscite le troisième jour. Et elles se ressouvinrent des paroles de Jésus. À leur retour du sépulcre, elles annoncèrent toutes ces choses aux onze, et à tous les autres. Celles qui dirent ces choses aux apôtres étaient Marie de Magdala, Jeanne, Marie, mère de Jacques, et les autres qui étaient avec elles. Ils tinrent ces discours pour des rêveries, et ils ne crurent pas ces femmes. Mais Pierre se leva, et courut au sépulcre. S’étant baissé, il ne vit que les linges qui étaient à terre ; puis il s’en alla chez lui, dans l’étonnement de ce qui était arrivé.

Évangile de Luc, 23:50 – 24:12

Je souhaite aux lecteurs de ce blog une joyeuse fête de Pâques. N’oublions pas dans nos prières les Chrétiens d’Orient qui vivent un véritable calvaire.

Written by Noix Vomique

16 avril 2017 at 10 10 49 04494

Publié dans Uncategorized

Si j’étais à gauche

with 19 comments

Le-droit-a-la-paresse

La campagne électorale n’a jamais démarré, sans doute parce que la gauche n’a rien à dire. Le travail ne fait plus partie de son projet: qu’a-t-elle à proposer aux millions de personnes qui cherchent un emploi? La fumisterie du revenu universel? Même Benoît Hamon donne l’air de ne pas y croire. Si j’étais socialiste, j’aurais eu l’audace de défendre l’idée de la semaine de quatre jours ; j’aurais invoqué la nécessité de partager le travail avec ceux qui sont au chômage ou qui doivent se dépatouiller avec des petits boulots. Mais le parti socialiste a préféré abandonner le thème de la réduction du temps de travail à Philippe Poutou, cette caricature d’ouvrier révolté qui plaît tant aux petits bourgeois, un peu comme on a laissé au Front national l’exclusivité du discours critique sur l’immigration.

Si j’avais été socialiste, et sans doute aussi parce que je suis une feignasse, j’aurais donc mis la semaine de quatre jours au centre de la campagne -quatre journées de huit heures, loin de la journée de trois heures, que Paul Lafargue, le gendre de Karl Marx, préconisait en 1880 dans Le droit à la Paresse. Max Weber m’aurait sans doute dit que la semaine de quatre jours n’est pas vraiment conforme à l’éthique protestante et que la damnation me guette. Peu importe, soyons utopiste: alors que Lafargue veut transformer un vice, la paresse, en moteur d’une société nouvelle, imaginons plutôt que les salariés auraient davantage de temps pour se cultiver et s’occuper de leurs moutards. J’aurais justifié cette avancée en expliquant que la productivité, grâce aux progrès de l’informatique et de la robotique, a augmenté de façon inouïe au cours des dernières décennies. En France, où les gains de productivité, immenses, sont en partie responsables du chômage, la réduction du temps de travail amènerait les entreprises, si elles veulent fonctionner cinq jours par semaine, à engager de nouveaux salariés. Soyons libéraux: la loi ne serait pas obligatoire mais incitative: elle prévoirait de baisser considérablement les charges et les cotisations sociales des entreprises qui embauchent. Le défi serait de rester compétitif et de maintenir le niveau des salaires ; je ne suis pas un économiste, mais j’imagine que c’est possible.

Évidemment, la droite s’opposerait à une telle mesure. Depuis la mise en place calamiteuse des trente-cinq heures par Martine Aubry, elle s’est en effet figée dans une posture idéologique et répète qu’on ne peut pas être productif si l’on travaille moins. Certes, si on adoptait la semaine de trente-deux heures, chacun travaillerait un jour de moins par semaine, mais, globalement, le chômage serait réduit et la France travaillerait davantage. La droite ne semble pas avoir vu que le travail a évolué et, pour plaire à son électorat, François Fillon propose donc de revenir aux trente-neuf heures -c’est l’un des points faibles de son programme, avec le recul de l’âge de la retraite. Il oublie que la droite, dans le passé, fut favorable à une réduction du temps de travail: en 1996, Gilles de Robien, inspiré par la réflexion de Pierre Larrouturou, avait fait adopter une loi sur l’aménagement du temps de travail, pour aider les employeurs qui le souhaitaient à alléger les horaires de leurs salariés. Les résultats furent encourageants: plus de 400 entreprises étaient alors passées à la semaine de quatre jours, sans perdre de leur compétitivité, et plus de 10 % de salariés supplémentaires avaient été embauchés. La loi Robien fut ensuite abrogée avec la promulgation des lois Aubry. Aujourd’hui, face à François Fillon, le parti socialiste se désintéresse totalement de ceux qui travaillent, qui ont travaillé ou qui veulent travailler. Il ne comprend pas que notre modèle social est menacé et qu’il faudrait peut-être, pour le sauver de la faillite, limiter les conditions du regroupement familial, durcir l’accès aux prestations sociales des étrangers et supprimer l’aide médicale d’État réservée aux immigrés clandestins. Ces mesures ne peuvent pas être de gauche ; tant pis pour nos acquis sociaux.

Written by Noix Vomique

8 avril 2017 at 17 05 46 04464

Publié dans Uncategorized

Les derniers jours de la présidence Hollande

with 20 comments

0d473ea82425e6a14a4477ffe1dacf97a65e21c7

Au Palais de Tokyo, François Hollande visite un artiste contemporain qui couve des oeufs.

Written by Noix Vomique

4 avril 2017 at 9 09 24 04244

Publié dans Uncategorized

Drôle de campagne

with 14 comments

BH24032017

Nous sommes en train de vivre une campagne électorale étrange où les médias évitent soigneusement d’aborder les questions de fond. L’autorité de l’État ? Les déficits ? Le chômage? L’éducation nationale? La santé ? Les flux migratoires ? La menace islamiste ? L’avenir de l’Union européenne ? C’est comme si la France n’avait pas de défis à relever et, depuis deux mois, les médias préfèrent passer la vie de François Fillon au peigne fin, à la recherche de la faute qui le fera définitivement tomber. Une sorte de feuilleton judiciaire s’est donc opportunément substitué à la campagne. Pour enfoncer le clou, Christine Angot est invitée sur les plateaux de télévision pour hurler sur le candidat. C’est comme si nous étions en train de vivre la fin de la politique. Où sont les grands débats d’idées qui opposaient la gauche et la droite ? Dans ce contexte, l’émergence d’Emmanuel Macron n’est pas une surprise: l’ancien ministre de l’économie de François Hollande, qui entend profiter de la décomposition des appareils politiques traditionnels, se veut consensuel. Il a l’air brillant et parle beaucoup; mais on ne retient pas grand chose de ses discours. Ce n’est pas un problème: d’après les instituts de sondages, il serait devenu le favori de l’élection présidentielle et les Français auraient même oublié qu’il appartenait encore, il y a quelques mois, à l’équipe calamiteuse de François Hollande.

Emmanuel Macron a-t-il déjà gagné l’élection ? À quatre semaines du premier tour de la présidentielle, les enquêtes d’opinion nous montrent qu’un électeur sur deux est encore indécis. Les électeurs qui ont l’intention de voter Benoît Hamon ou Emmanuel Macron sont les moins sûrs de leur choix. À l’inverse, ceux qui sont prêts à voter pour Marine Le Pen et François Fillon semblent décidés et ne changeront pas d’avis. Cela veut dire que la droite est mobilisée et que son socle électoral est plus solide que celui de la gauche. Mais, surtout, que l’issue du scrutin est incertaine. Pour la première fois, la campagne ne se fera pas sur une idée forte mais sur une impulsion. Tout se jouera au dernier moment. Emmanuel Macron et les nombreux médias qui le soutiennent l’ont bien compris: ils sont en train d’utiliser la stratégie de vente qui vise normalement à provoquer un achat d’impulsion -ils veulent que le vote soit « machinal ». En nous répétant que Marine Le Pen est dangereuse et François Fillon corrompu, les médias sont en train de créer une situation d’urgence autour de la candidature d’Emmanuel Macron. Au dernier moment, les électeurs voteront pour Macron, sans savoir pourquoi, un peu comme on achète une confiserie lors du passage en caisse.

Written by Noix Vomique

28 mars 2017 at 15 03 30 03303

Publié dans Uncategorized

La grandeur d’un gramophone

with 10 comments

Alep-JosephEid-AFP-2017

Alep, Syrie, 2017 (source: Joseph Eid / AFP)

Written by Noix Vomique

14 mars 2017 at 12 12 50 03503

Publié dans Uncategorized

Hauts-de-forme

with 5 comments

1925319-2644171

Quand le parti communiste s’inspirait des codes graphiques de Mandrake le magicien.

François Fillon est mal barré s’il se répand en excuses dès que la gauche essaie de l’intimider avec des polémiques débiles. Il a donc rambiné parce que certains ont vu, dans une infographie publiée sur le compte Twitter des Républicains, un nez crochu et un haut-de-forme qui puiseraient dans l’imaginaire antisémite. Mais pour que cette caricature fût antisémite, il eût déjà fallu qu’Emmanuel Macron soit juif. Sans doute est-ce l’évolution naturelle d’un antiracisme devenu délirant: on n’a plus besoin d’être juif pour prétendre être victime d’antisémitisme.

Ceux qui prétendent que la caricature d’Emmanuel Macron est affublée d’un nez crochu devraient se rafraîchir la mémoire et examiner les vieilles caricatures antisémites produites dans les années trente puis pendant l’occupation -ils verraient la différence:

exposition le juif et la france (michel jacquot -1941)

Quant au haut-de-forme, en quoi ce galure permet-il d’identifier un juif ? Ce n’est pas une kippa ni un schtreimel. En revanche, et c’est la raison pour laquelle le dessin des Républicains est stupide, le haut-de-forme reprend les codes d’un anti-capitalisme suranné: dans les années trente, lorsque les communistes voulaient dénoncer les méfaits de la finance internationale, ils montraient des huiles en hauts-de-forme. Les gauchistes qui ont essayé d’assimiler François Fillon à Vichy ne s’en souviennent-ils pas? Peut-être ont-ils été trahis par leur inconscient?

Car il était une époque où les socialistes associaient volontiers le capitalisme au judaïsme. Puisqu’ils luttaient contre le capital, Charles Fourier, Pierre-Joseph Proudhon, Auguste Blanqui et Georges Vacher de Lapouge étaient naturellement antisémites. Au moment de l’affaire Dreyfus, socialistes et radicaux avaient d’abord été anti-dreyfusards: Léon Blum raconte qu’ils considéraient en effet « que Dreyfus [était], d’une part, un riche bourgeois, d’autre part un quasi-étranger, et que le défendre ne [relevait] pas de leur combat anticapitaliste et jacobin ». Aujourd’hui, sans doute parce qu’elle croit que les musulmans ont remplacé le prolétariat historique, la gauche ferme les yeux sur l’antisémitisme qui gangrène les banlieues françaises : elle préfère chercher querelle à François Fillon pour une mauvaise caricature.

Finalement, les vrais antisémites ne sont-ils pas ceux qui voient un juif quand il n’y a qu’un capitaliste en haut-de-forme?

Written by Noix Vomique

12 mars 2017 at 11 11 49 03493

Publié dans Uncategorized