Noix Vomique

Archive for the ‘Uncategorized’ Category

Noël

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Autel de Santa Maria de Cardet, signé par un certain «Iohannes», XIIIème siècle. Actuellement conservé au Museu Nacional d’Art de Catalunya.

Je vous souhaite à tous un joyeux Noël.

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Written by Noix Vomique

24 décembre 2017 at 19 07 31 123112

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Perdition

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Épave du Mars, le navire-amiral de la flotte du roi de Suède Erik XIV, coulé en mer Baltique par la marine danoise en 1564.

Ce blog est en perdition. Je vous propose dès maintenant une petite sélection de débris: c’est ici.

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17 décembre 2017 at 12 12 47 124712

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Le plus bel hommage

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Ne cherchez pas. C’est ici, chez Fredi, que Johnny a reçu son plus bel hommage.

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9 décembre 2017 at 19 07 43 124312

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Égalitarisme d’illettrés

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Source: Le blog à dessins de Xavier Gorce. http://xaviergorce.blog.lemonde.fr/2017/11/24/ce-genre-daneries/

L’écriture « inclusive » semble se répandre comme la vérole sur le bas-clergé, sans doute parce que ses sectateurs ont une certaine influence à l’Université, dans l’administration et, évidemment, dans les médias. Ils sont imités par des mutins de panurge qui se croient sans doute modernes, ou plus intelligents que le commun des mortels, convaincus que notre langue doit être soumise à leurs lubies égalitaristes, convaincus que cette réécriture va dans le sens du progrès. Or, rien n’est moins naturel qu’un tel charabia, venu de nulle part et impossible à lire à haute voix. C’est en effet l’usage, et lui seul, qui doit permettre à la langue d’évoluer, et tout le monde sait bien que l’écriture inclusive est un artifice forcé, un caprice idéologique que seuls quelques adeptes utilisent réellement. Leur féminisme d’analphabètes voudrait nous faire croire que la langue française oppresse les femmes mais ils confondent volontairement le sexe et le genre grammatical, un peu comme si une personne était une femme et un paillasson, un homme. Ce contresens fut déjà dénoncé en 1984 par Georges Dumézil et Claude Lévi-Strauss -alors que la féminisation des noms de métiers faisait débat, les deux grands académiciens avaient publié un texte où ils défendaient l’esprit de la langue française:

Il convient de rappeler qu’en français comme dans les autres langues indo-européennes, aucun rapport d’équivalence n’existe entre le genre grammatical et le genre naturel. Le français connaît deux genres, traditionnellement dénommés « masculin » et « féminin ». Ces vocables hérités de l’ancienne grammaire sont impropres. Le seul moyen satisfaisant de définir les genres du français eu égard à leur fonctionnement réel consiste à les distinguer en genres respectivement marqué et non marqué. Le genre dit couramment « masculin » est le genre non marqué, qu’on peut appeler aussi extensif en ce sens qu’il a capacité à représenter à lui seul les éléments relevant de l’un et l’autre genre. Quand on dit « tous les hommes sont mortels », « cette ville compte 20 000 habitants », « tous les candidats ont été reçus à l’examen », etc., le genre non marqué désigne indifféremment des hommes ou des femmes. Son emploi signifie que, dans le cas considéré, l’opposition des sexes n’est pas pertinente et qu’on peut donc les confondre. En revanche, le genre dit couramment « féminin » est le genre marqué, ou intensif.

Ainsi, la langue française est déjà inclusive lorsque le « ils » inclut à la fois des hommes et des femmes. À l’inverse, la marque du féminin est clairement distinctive: les femmes sont ici différenciées, comme des êtres à part, un peu comme lorsqu’elles mettent un voile pour sortir dans la rue. Mais notre bonne vieille grammaire reste condamnable aux yeux des précieuses ridicules du progressisme: des professeurs et des universitaires ont récemment déclaré qu’ils n’enseigneraient plus la règle selon laquelle « le masculin l’emporte sur le féminin » -ils n’ont pas précisé si les erreurs de leurs pauvres élèves seraient considérées comme des fautes d’orthographe ou comme des crimes sexistes. Dans ces conditions, il va être de plus en plus difficile de transmettre l’amour de la langue française. L’écriture inclusive pourrait n’être qu’absurde ; elle est surtout le symptôme d’une entreprise de déconstruction de notre langue et, plus avant, de notre identité. Elle rappelle la « novlangue » décrite par George Orwell dans 1984 : nous sommes dans une sorte de délire totalitaire et révisionniste qui prétend tout réécrire. La langue sera nettoyée de tous les signes d’une supposée oppression patriarcale -les écologistes de la Ville de Paris ont d’ailleurs proposé que les Journées du Patrimoine soient rebaptisées « Journées du Matrimoine et du Patrimoine ». Tout ce vent de démence ne résoudra évidemment pas les inégalités salariales ou la précarité dont souffrent les femmes: à force d’être patraque, le féminisme est simplement devenu une matraque.

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3 décembre 2017 at 16 04 20 122012

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Ludique

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Lombricomposteurs

La Ville de Paris distribue des lombricomposteurs aux parisiens. « Cela rend le tri ludique, on ne jette plus, on donne à manger aux vers! »

L’argument devrait faire réfléchir les hygiénistes du deuil car, vu sous cet angle, l’inhumation est autrement plus amusante que la crémation.

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26 novembre 2017 at 16 04 09 110911

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Mélancolie catalane

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La marche hispanique, au début du IXème siècle.

Après la récente proclamation d’indépendance de la Catalogne, mes sentiments sont partagés entre la sympathie, pour une nation qui défend son identité et cherche à proclamer sa souveraineté, et le scepticisme, à l’égard de l’extrême-gauche catalane qui se met en avant et pousse à la rupture. Les indépendantistes de l’Esquerra Republicana de Cataluny (ERC) et de la Candidatura d’Unitat Popular (CUP) sont en effet prêts à créer une nouvelle frontière qui diviserait l’Espagne alors que, dans le même temps, ils claironnent qu’il faut ouvrir les frontières aux migrants. C’est assez paradoxal. En réalité, ils sont grossièrement indépendantistes: ils rejettent Madrid plus qu’ils n’aiment la Catalogne.

En 2005, la Generalitat de Catalunya, c’est-à-dire le gouvernement autonome catalan, avait décerné à Claude Lévi-Strauss le Prix international Catalunya. Le grand ethnologue aimait rappeler que le majorquin Raymond Lulle, inventeur du catalan littéraire, avait, le premier, au XIIIème siècle, esquissé le mode de raisonnement de l’anthropologie structurale: il s’attachait toujours à étudier les différences entre les concepts ou les êtres, de façon à mettre en évidence, au moyen d’opérations logiques, des liens jusque-là insoupçonnés. Les indépendantistes devraient en prendre de la graine: ils comprendraient peut-être que les identités politiques de la Catalogne et de l’Espagne, au-delà de leur dissemblances, sont solidaires depuis l’origine -elles se sont en effet construites ensemble, dans le contexte historique bien précis de la Reconquista. Aussi, pendant longtemps, jusqu’au vingtième siècle, l’attachement des Catalans à leur langue et à leurs traditions ne les empêchait pas d’avoir également un sentiment d’appartenance à la nation politique espagnole. Cette double identité était parfaitement assumée.

L’identité catalane, véritablement ancienne, remonte aux temps des Carolingiens, au début du IXème siècle. Évidemment, à l’époque, ce n’était pas une identité nationale telle que nous l’entendons aujourd’hui -le nationalisme actuel n’est finalement que très récent. Depuis le début du VIIIème siècle, les Arabes exerçaient leur domination sur la plus grande partie de la péninsule ibérique. Seul le nord leur avait résisté – le royaume chrétien des Asturies s’était constitué après la victoire de Pelayo à Covadonga, en 722, et du côté des Pyrénées, la Navarre, le Sobrarbre, la Ribagorce et le Pallars avaient réussi à échapper à leur emprise. En 778, Charlemagne franchit les Pyrénées avec la ferme intention de repousser les Sarrasins: il occupa Pampelune et Huesca avant d’échouer aux portes de Saragosse -c’est au retour de cette expédition que son arrière-garde fut attaquée à Roncevaux par des Basques. En 801, après que Gérone, Urgell et la Cerdagne s’eurent placé spontanément sous sa protection, Charlemagne envoya Louis d’Aquitaine en direction de la mer des Baléares et Barcelone fut reprise aux Arabes. La région pyrénéenne qui s’étend de Jaca à Ampurias fut alors partagée en dix comtés: elle constituait la Marche hispanique, une zone tampon chargée de protéger les frontières de l’Empire d’Occident. De nombreuses abbayes furent fondées, de façon à bien marquer que ces terres étaient à nouveau chrétiennes. Cependant, les comtes catalans montrèrent très vite qu’ils tenaient à s’émanciper du pouvoir carolingien -ils n’hésitèrent pas, lorsque cela les arrangeait, à conclure des accords de bon voisinage avec les Arabes installés à Lérida ou Tortosa. Peu à peu, ils se placèrent sous l’autorité du comte de Barcelone, Guifred le Velu, qui posa ainsi les fondements d’un État féodal. En 987, après une offensive d’Almanzor sur Barcelone, le comte Borrell II reprocha au Roi des Francs Hugues Capet de ne pas avoir défendu la Marche ; il saisit ce prétexte pour faire de la Catalogne un État indépendant. De leur côté, les populations du pays de Jaca et de la rivière Aragón avaient constitué un comté indépendant, quoique d’abord lié au royaume de Navarre, qui allait devenir en 1035 le royaume d’Aragon. Ce nouvel État passa sous l’autorité du comte de Barcelone après que la fille du roi d’Aragon, Pétronille, eut épousé en 1137 Raymond Bérenger, le fils du comte de Barcelone, et après que leur héritier eut pris le titre de roi d’Aragon en 1162: la puissante couronne d’Aragon, sorte de confédération au sein de laquelle se trouvait la Catalogne, était née.

À cette époque, l’Espagne –Spania en langue vulgaire- n’existait pas: c’était davantage une idée à laquelle les chrétiens se rattachaient ; celle d’un pays dérobé illégitimement à lui-même par les musulmans. Il faut croire qu’on avait la nostalgie de l’ancien royaume wisigothique: on avait longtemps pleuré sa perte et on voulait désormais le reconquérir. Les royaumes du nord de la péninsule n’existaient donc que dans l’espoir de reconstituer l’Espagne dans son unité: ils furent évidemment les foyers de départ de la Reconquête. Au début du XIIIème siècle, ils répondirent à l’appel du Pape Innocent III qui avait confié à l’archevêque de Tolède le soin d’organiser une nouvelle croisade pour bouter les musulmans hors d’Espagne. Une armée puissante, composée de chevaliers venus de tout l’Occident et conduite par les rois de Castille, de Navarre et d’Aragon écrasa les forces du calife almohade à Las Navas de Tolosa en 1212. Les Arabes, refoulés dans le sud de la péninsule, formèrent alors le royaume de Grenade qui subsistera jusqu’en 1492. Les quatre royaumes chrétiens de Castille et León, du Portugal, de Navarre et d’Aragon étaient alors tous reconnus comme espagnols: par delà les coutumes locales, ils étaient régis par les mêmes règles -celles de la loi coutumière de l’Espagne. À cette époque, alors que Raymond Lulle s’employait à convaincre les musulmans de se convertir au christianisme, la Catalogne était la région la plus dynamique de la péninsule. Les Catalans étaient ambitieux et s’étaient lancés dans une politique expansionniste: ils s’étaient emparés du royaume de Majorque, du royaume de Valence, puis, en Méditerranée, de la Sicile, de la Sardaigne et, plus tard, du royaume de Naples. Barcelone n’était pas seulement un port très actif, c’était aussi un grand foyer industriel. La bourgeoisie de la ville, entreprenante, essentiellement composée de banquiers, d’armateurs, de drapiers et de marchands, voyait ses affaires prospérer. Cette réussite contrastait avec la situation du reste du royaume d’Aragon: à la campagne, la noblesse s’accrochait à des pouvoirs exorbitants et les paysans finirent par se révolter, ce qui plongea la Catalogne, à la fin du XVème siècle, dans une crise profonde.

C’est précisément à la fin du XVème siècle que l’Espagne, telle que nous la connaissons aujourd’hui, devint une réalité. Pour les Espagnols qui ont encore une conscience historique, les Rois Catholiques sont un véritable mythe fondateur: l’unité de l’État est en effet une conséquence du mariage, en 1469, d’Isabelle, reine de Castille, et de Ferdinand, roi d’Aragon. La titulature qu’utilisaient Isabelle et Ferdinand ressemble à une douce litanie, pleine de rêves; elle n’en est pas moins significative: « Roi et reine de Castille, d’Aragon, de León, de Tolède, de Valence, de Galice, de Majorque, de Séville, de Sardaigne, de Cordoue, de Corse, de Murcie, de Jaen, des Algarves, d’Algeciras, de Gibraltar, comte et comtesse de Barcelone, seigneurs de Biscaye et de Molina, ducs d’Athènes et de Néopatrie, comtes de Roussillon et de Cerdagne, marquis d’Oristan et de Gociano ». La prééminence de la Castille était désormais évidente ; il était cependant établi que la Catalogne et les autres entités territoriales constituant la Couronne d’Aragon garderaient leur langue, leur monnaie, leur organisation politique, leurs cours de justice, leur droit privé et public. L’unité de l’Espagne sera parachevée quelques années plus tard, en 1492 avec la prise de Grenade, puis en 1512 avec la soumission du royaume de Navarre.

Ces vieilles histoires ont probablement laissé quelques traces dans l’inconscient de la Catalogne. Elles nous enseignent que les États ne sont pas éternels: ils apparaissent, ils disparaissent. Elles nous montrent également qu’aucune nation n’est méprisable. Aujourd’hui, sans doute parce que l’Europe a contribué à affaiblir les États, le catalanisme est de moins en moins un régionalisme et de plus en plus un nationalisme. Face au manque d’envergure intellectuelle de Madrid, les Catalans semblent désormais déterminés à défendre l’idée qu’ils se font d’eux-mêmes et nous ne les blâmerons pas: cela nous change des nations qui renoncent docilement à leur souveraineté.

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16 novembre 2017 at 13 01 25 112511

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Jusqu’au-boutiste

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Chez Tom Gauld.

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6 octobre 2017 at 15 03 45 104510

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