Noix Vomique

Le Chemin des Dames

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Pour Pénélope Fillon, cette élection présidentielle est certainement un véritable chemin de croix. Elle rêvait sans doute de tranquillité, d’une campagne dans l’ombre de son mari, et elle se retrouve prise dans une véritable guerre de tranchée, sous un déluge de feu. À la suite d’un article du Canard enchaîné, elle est donc soupçonnée d’avoir occupé entre 1998 et 2013 un emploi fictif d’attachée parlementaire, parce que son époux, lorsqu’il était député, l’avait recrutée comme collaboratrice, comme la loi le permettait, sur la base d’un contrat de travail de droit privé -il la rémunérait en utilisant un crédit collaborateur qui lui était de toute façon acquis. Moralement, c’est condamnable : quelle besoin Pénélope Fillon avait-elle d’être la salariée de son mari? Elle ne pouvait pas se contenter d’être une femme au foyer, dévouée et désintéressée? Ça ne lui plaisait pas de répondre au téléphone pour son mari lorsqu’il était à Paris, réserver ses billets de train, prendre ses rendez-vous, tenir son agenda, repasser ses chemises, faire le pied de grue quand les réunions s’éternisaient? Elle voulait être payée pour cela? Une femme doit savoir rester dans son rôle gracieux de bobonne : il n’y pas de raison qu’elle touche un salaire ménager. Voilà pourquoi le Parquet national financier s’est dressé sur le chemin de Pénélope et de son patron. La défense risque d’être épuisante, car le travail de petite main est difficile à discerner. Imagine-ton Ulysse mis en examen? Sa femme eût-elle pu prouver qu’elle avait vraiment travaillé durant vingt ans, alors qu’elle défaisait la nuit la tapisserie qu’elle avait tissée le jour?

Cette triste histoire montre à quel point la France est un pays misogyne et rétrograde, toujours prêt à renvoyer les femmes à leurs travaux domestiques. Cependant, le camp du progrès, acquis à la cause du féminisme, trouvera une raison de sécher ses larmes : en accablant Pénélope Fillon, les médias et la justice n’ont pas vu que leur offensive était vouée à l’échec ; ils ont ouvert un peu plus le chemin de l’Elysée à une autre dame. Ce serait une révolution, et les progressistes doivent certainement frétiller de joie à l’idée qu’une femme, enfin, puisse être élue à la présidence de la République !

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8 mars 2017 at 8 08 24 03243

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Président des mickeys

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« Vive la France, vive la République et vive Eurodisney. »

Samedi, François Hollande a bredouillé qu’en France « il n’y a pas de personnes qui prennent des armes pour tirer dans la foule » et nous avons aussitôt cru qu’il avait boulotté le Bataclan, les terrasses et la Promenade des Anglais. Or, plus tard, lorsqu’il a annoncé qu’il était prêt à envoyer un billet à Donald Trump « pour qu’il vienne au moins à Eurodisney et qu’il comprenne ce qu’est la France », son raisonnement devenait limpide: le président américain pourra en effet vérifier que personne, à Disneyland, n’arrose la foule à la kalachnikov. Au sommet de son art, le président Hollande répondait aussi, à demi-mots, à Emmanuel Macron, qui avait affirmé que la culture française n’existe pas : comment le jeune et fringant candidat à l’élection présidentielle avait-il pu dire une telle ânerie et oublier Disneyland ?

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27 février 2017 at 13 01 09 02092

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Strabisme

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Édouard Louis devrait tout-de-même se méfier de ses amis: lorsque le grand remplacement arrivera, il risque d’être balancé du haut d’un immeuble.

Le gauchisme est un strabisme. Par exemple, Jean-Paul Sartre approuva l’exécution de Robert Brasillach au nom de la responsabilité de l’écrivain et Simone de Beauvoir parce qu’il y a «des mots aussi meurtriers qu’une chambre à gaz »». Lors de son procès, accusé d’intelligence avec l’ennemi, Robert Brasillach n’avait pas essayé de fuir: ses articles violemment antisémites parus dans la presse collaborationniste constituaient un délit d’opinion qu’il ne pouvait effacer; ils l’envoyèrent à la mort. C’est comme si les écrivains devaient répondre de leurs écrits et en supporter toutes les conséquences; or, aujourd’hui, on voit avec l’affaire Mehdi Meklat que les gauchistes sont capables de produire un autre point de vue, en invoquant la littérature comme pitoyable excuse.

Durant des années, Mehdi Meklat a déversé sur Twitter sa haine des Juifs, des Blancs, ou encore de Charlie Hebdo. Mis face à ses responsabilités, le jeune homme s’est défendu dans Télérama en invoquant un « double de fiction » qui l’aurait dépassé. Les médias qui l’ont fabriqué ont repris cette échappatoire: tout cela n’était donc qu’un « travail littéraire et artistique ». Sur Twitter, Pascale Clark a volé au secours de son petit protégé -elle le lisait d’ailleurs avec bonheur car c’était le compte qu’il « était urgent de suivre »: selon elle, le personnage qui tweetait sous le pseudonyme de Marcelin Deschamps était « odieux, fictif » et « ne servait qu’à dénoncer » le racisme. Or, bizarrement, ce personnage au nom si français était uniquement raciste à l’égard des Blancs et des Juifs et il n’hésitait pas à entreprendre l’apologie de Ben Laden ou de Mohamed Merah. Un certain nombre de médias trouvaient cela très bien. Pierre Siankowski, directeur de la rédaction des Inrocks, qui jure aujourd’hui qu’il n’avait pas connaissance des fameux tweets, pleurait de rire en les lisant. Claude Askolovitch a relativisé le caractère antisémite des tweets en les réduisant à des « blagues nazes » -pourquoi ne pas avoir vu, alors, que le fameux « Durafour crématoire » dont on nous a rebattu les oreilles était également une mauvaise plaisanterie?

Une certaine gauche a des complaisances coupables pour les « jeunes de banlieue »;  elle s’accommode volontiers avec les immondices qui leur servent de pensée. À travers des médias tels que Libération, Le Monde, Les Inrocks, Télérama, Mediapart, Canal+ ou encore France Inter, elle n’a cessé d’encenser et de promouvoir Mehdi Meklat et son compagnon Badroudine Saïd Abdallah, pour en faire les porte-paroles des jeunes issus de l’immigration -on devine, comme l’explique très bien le politologue Laurent Bouvet dans Le Figaro, qu’elle les a utilisés pour se donner bonne conscience, parce qu’elle reconnaît dans leur sous-culture de racailles «une forme de dédouanement et de relais à ses engagements politiques et sociaux oubliés, à tous ses renoncements depuis des décennies ». C’est sans doute ce qui est le plus obscène dans cette histoire: le paternalisme post-colonial de journalistes prêts à pardonner à Mehdi Mekrat ce qu’ils ne pardonneraient pas à d’autres -pour eux, les Arabes sont forcément des victimes et méritent notre mansuétude. En 2015, les mêmes journalistes n’avaient pas eu de mots assez durs pour condamner l’historien Georges Bensoussan qui, invité dans l’émission Répliques d’Alain Finkielkraut, avait justement évoqué l’antisémitisme atavique des familles arabes en France. Le CSA avait alors adressé à France Culture « une mise en garde ferme » et Georges Bensoussan fut traîné devant les tribunaux, poursuivi pour « provocation à la haine raciale » par les grandes associations antiracistes –Ligue des droits de l’homme, Licra, MRAP, SOS-Racisme et le Collectif contre l’islamophobie en France. 

L’indignation à géométrie variable des journalistes n’est pas nouvelle. Dans Un paradoxe français, Simon Epstein nous parle de ces journalistes qui dénonçaient l’antisémitisme hitlérien dans les années trente puis, pendant l’occupation, écrivaient des insanités antisémites dans la presse collaborationniste. On en est là. Les journalistes si complaisants avec l’antisémitisme de Mehdi Meklat auraient sans doute applaudi l’exécution de Robert Brasillach. De Gaulle a expliqué dans ses Mémoires qu’il n’avait pas gracié l’écrivain parce que « le talent est un titre de responsabilité, il est donc une circonstance aggravante, car il accroît l’influence de l’écrivain ». Nous nous consolerons donc en pensant que Mehdi Meklat n’est pas responsable parce qu’il n’a aucun talent littéraire -les Éditions du Seuil publient ses livres comme elles publient ceux d’Édouard Louis: parce que la haine de la France est aussi un fonds de commerce.

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La mixité sociale selon Benoît Hamon

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Devant la mosquée En-Nour, gérée par l’Union des musulmans de Trappes (Photo Paris-Match)

Ce n’est pas facile d’être député. Certains utilisent leur épouse comme attachée parlementaire, un peu comme un boucher met sa femme à la caisse pendant qu’il est occupé à faisander des pigeons; d’autres sont obligés de choisir entre leurs électeurs et leur femme. Prenez Benoît Hamon, député de Trappes, c’est-à-dire la onzième circonscription des Yvelines. Dans Madame Figaro, il explique que sa femme aime la discrétion et il précise: « elle n’est jamais venue dans ma circonscription ». Après tout, elle a le droit de ne pas s’intéresser aux activités de son époux -elle n’est pas attachée parlementaire, elle travaille pour LVMH, le leader mondial du luxe. Mais si elle n’est jamais venue à Trappes, c’est qu’elle n’y vit pas. On imagine alors que Benoît Hamon s’agite dans ce dilemme: doit-il habiter dans sa circonscription, ou avec sa femme?

Comme nombre de députés, il ne vit pas là où il a été élu. Sa bourgeoise n’a jamais eu l’occasion d’entrer dans un café de sa circonscription. Et leurs filles ne sont certainement pas scolarisées à Trappes, cette ville « où il fait bon vivre ». De la part d’un candidat qui veut favoriser la mixité sociale, notamment à l’école, c’est tout-de-même dommage. Certes, Benoît Hamon est aux petits soins pour ses électeurs: comme le fait remarquer le député socialiste Malek Boutih, il est toujours prêt à s’accommoder avec l’islamisme. Mais il est regrettable qu’un homme politique de gauche ne donne pas l’exemple et qu’il laisse le vivre-ensemble aux autres. Il ne faudra pas se plaindre ensuite que la population, à Trappes, devienne de plus en plus uniforme.

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Après les émeutes de juillet 2013 (photo: Le Parisien)

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Une rumeur de cirque et de demi-débauche

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Ce week end, en visite dans le Pas-de-Calais, Emmanuel Macron avait envie de rencontrer des « gens vaillants ». Il se rendit donc dans un supermarché, où il félicita Sandrine, une caissière, ou encore Fabrice, qui s’occupe du rayon conserves:  «  Sur cette terre qui a souffert et que je connais bien, le sursaut n’est possible que par le travail  » expliqua-t-il alors à la petite cour de journalistes qui l’entourait. Le lendemain, en meeting à Lille, il insistait: « Dans les secteurs miniers où j’étais hier, ils veulent du travail, rien d’autre ». Pour lutter contre l’alcoolisme et le tabagisme, il espère créer des emplois dans les grandes surfaces: elles ouvriront le dimanche et pourront fourguer des tranquilisants à ceux qui ne bossent pas ce jour-là. Puisqu’il était dans le coin, le candidat à l’élection présidentielle aurait pu faire un saut jusqu’à l’hypermarché Auchan de Roncq: il aurait dialogué avec les salariés, qui sont assurément au comble de la félicité -ce n’est pas comme Auchan, à Tourcoing, où une caissière fut licenciée pour « un préjudice de 85 centimes », où une autre fit une fausse couche sur son poste de travail parce qu’on lui avait interdit de le quitter.

L’hypermarché de Roncq a récemment célébré son cinquantième anniversaire ; pour l’occasion, un petit film fut diffusé sur les réseaux sociaux, qui préfigure un monde où le bonheur sera obligatoire. On voit les salariés rangés en haie et, tels des intermittents du spectacle, sourire aux lèvres, ils applaudissent les premiers clients qui, ce matin-là, entrent dans le magasin. Une sorte de Disneyland, un monde où les liens sociaux sont radicalement simplifiés. La sympathique animatrice, qui devrait tout-de-même songer à faire décoller sa carrière en Corée du Nord, ne parle pas d’employés ou de salariés, mais de « collaborateurs ». Or la collaboration ressemble parfois à une soumission. Comment ne pas plaindre, en effet, ces salariés, condamnés, s’ils veulent survivre, à feindre l’enthousiasme lors d’une fête sans consistance? Les responsables du marketing, véritables maîtres de ces attractions, rêvent sans doute que la foule prenne date: les gens passeraient la nuit dehors dans l’espoir d’être les premiers, le lendemain matin, à profiter des soldes, ils se rueraient sur les écrans de télévision, se battraient pour des boîtes de conserve et brandiraient triomphalement des rouleaux de papier-cul à 50% -une telle frénésie ne s’empare-t-elle pas des acheteurs chaque fois qu’Apple commercialise un nouveau produit? Mais il faut croire qu’un hypermarché Auchan n’est pas un Apple store, et Roncq ne sera pas le théâtre d’un mouvement de foule semblable à une avalanche de réfugiés franchissant la frontière macédonienne : les clients ne sont pas si nombreux à avoir attendu l’ouverture des portes, ils ont presque l’air contrariés d’être infantilisés et, sans perdre de temps, visiblement très concentrés, ils cavalent vers leurs achats. On cherche en vain « la joie dans leur regard ».

Un non-événement de cet acabit entretient l’idée que l’histoire ne se déroule plus, qu’il n’y a plus de passé ni d’avenir: alors que Roncq était connue jadis pour ses filatures, les gens vivent désormais dans un présent de friches industrielles. L’hypermarché organise des événementiels pour les distraire de ce qui n’existe plus et de ce qui ne se produira pas ; aucun caddy fou ne viendra gâcher la fête. N’en déplaise à Emmanuel Macron, cette perspective donne sacrément envie de se précipiter sur le rayon des alcools pour s’arsouiller consciencieusement. Comme si une rumeur de cirque et de demi-débauche montait des rayonnages.

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19 janvier 2017 at 15 03 59 01591

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Retape électorale

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« Une politique des quartiers »… « Vivre ensemble »…
Aucun doute, Vincent Peillon a des idées neuves!
Depuis trente ans, combien de ministres de la ville ? Combien de milliards engloutis ? Pour quels résultats?

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L’énergie du désespoir

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Je n’ai jamais été punk: il eût fallu l’être précisément en 1976 ; ensuite, au début des années quatre-vingts, j’avais beau collectionner fébrilement des disques, me gominer les cheveux comme Paul Simonon, pogoter en concert ou saborder avec application tout ce que j’aurais pu réussir, c’était trop tard, et tout cela était déjà un anachronisme. Au moment de l’explosion punk, j’avais onze ans, je n’avais pas de grand frère pour me dévergonder et je ressemblais finalement à ces mômes, que l’on aperçoit, assis au second plan, pacifiques et bien élevés, dans cette séquence filmée à Pithiviers durant l’été chaud et sec de l’année 1976.

Cette séquence, extraite d’une obscure émission de télévision, est tout simplement extraordinaire. Le hasard d’une découpure maladroite la fait démarrer abruptement, à la fin d’une première chanson, sur un plan décallé -un homme avec un attaché-case qui poireaute au pied d’un arbre. Puis nous avons un magnifique plan-séquence de plus de trois minutes qui se suffit à lui-même, sans doute le chef d’oeuvre que Jean-Luc Godard n’aura finalement jamais réussi à signer : après avoir reçu quelques applaudissements polis, Dr.Feelgood, filmé de trois-quarts dos, attaque une seconde chanson, “Going Back Home”, extraite de l’album Malpractice. La caméra balaie ce qui ressemble à une cour d’école plantée d’arbres, et s’attardera même sur un tronc en premier plan, mais surtout elle zoome et rezoome sur Lee Brilleaux : le chanteur et harmoniciste de Dr.Feelgood se donne à fond, avec toute l’énergie du désespoir -c’est à peine si un doute l’a effleuré lorsqu’il a toisé brièvement le public, pendant l’introduction de “Going Back Home”. Wilko Johnson gratte les cordes de sa guitare comme à son habitude, si particulière, c’est-à-dire sans mediator, et danse une sorte de menuet pressé -quatre pas en avant, quatre en arrière. On a l’impression qu’ils jouent le concert de leur vie ; il y a de l’électricité dans l’air -comme l’envie d’en découdre.

Car, visiblement, le public n’est pas venu pour leur rythm’n’blues énervé. Certes, nous apercevons dans le fond un gars, en pantalon rouge, qui bat la mesure en martelant une caisse claire imaginaire, un autre qui plaque des accords sur une guitare invisible, ou encore une fille en jean qui se trémousse. Mais les spectateurs, dans leur grande majorité, semblent davantage habitués à écouter les chansons de Joe Dassin, Johnny Hallyday ou encore Brotherhood Of Man. Des gamins sont sagement assis en tailleur, et derrière eux, les mères de famille papotent ou ont les bras croisés, comme pour afficher leur scepticisme ; certaines rajustent le bob sur la blonde tête de leur petit pour qu’il ne chope pas d’insolation ; d’autres sont venues avec le filet des commissions. Tout ce joli monde ignore sans doute que Dr.Feelgood, qui a sorti deux albums en 1975, Down By The Jetty puis Malpractice, est le porte-drapeau de la scène pub-rock anglaise; en rupture avec l’avachissement des hippies, il annonce le mouvement punk. C’est d’ailleurs grâce à Lee Brilleaux, qui leur prêta 400 livres, que Dave Robinson et Jake Riviera purent créer Stiff Records et publier dès ce mois d’août 1976 un premier single, le “So It Goes” de Nick Lowe, avant d’être le premier label, en octobre, à sortir un single punk en Angleterre, le “New Rose” des Damned. Mais comment les hommes en noir de Dr.Feelgood s’étaient-ils retrouvés à Pithiviers? S’étaient-ils égarés, alors qu’ils étaient censés descendre à Mont-de-Marsan pour participer au premier festival punk? Combien de chansons ont-ils joué? Toujours est-il que leur performance, ce jour d’été, devant un public qui ne leur était pas acquis, impose le respect -le mois suivant, un premier album live, Stupidity, immortalisera l’énergie qu’ils étaient alors capables de déployer sur scène.

Je ne suis jamais allé à Pithiviers ; en 1976,  je passais mes vacances d’été, comme toutes les autres, en Normandie, à Saint-Aubin-sur mer. Sur la digue en bordure de mer, un bar un peu cradingue, le Royal, attirait tous les loulous de la côte: pour des hippies, ils avaient l’air agités et écoutaient une musique bruyante -ma petite soeur et moi, qui passions devant pour aller à la guigui, nous trouvions cela vaguement intrigant, sans plus. La petite séquence de Dr.Feelgood à Pithiviers me rappelle de but en blanc le gamin que j’étais à cette époque. Mais elle a surtout le mérite de montrer la France des années soixante-dix. C’est une époque révolue; même le rock n’existe plus. Et Lee Brilleaux est mort depuis longtemps, dans sa quarante-deuxième année : il n’a pas eu, lui, le conformisme d’attendre 2016.

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“Going Back Home”

I wanna live the way I like
Sleep all the morning
Goin’ get my fun at night
Things ain’t like that here
Workin’ just to keep my payments clear
I bought a brand new motor

And I’m waitin’ for a loan
So I can fill her up and start her
Then I’m going back home

I got a girl a man’s best friend
I’d have her now if she’d just come back again
But she left me in the fog
Told me that I treat her like a dog
The last time that I saw her she was buryin’ a bone
I’m tired of whistlin’ for her

Then I’m going back home

Old Johnny Green he asked me in
We watched his TV and we drank a little gin
Then I float on down the street
Smilin’ at the faces that I meet
That was back this morning
Now I’m dizzy sick and stoned
When the world stops turning
Then I’m going back home

Written by Noix Vomique

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